Sale menteur, va !

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  • #76431
    Sacha
    Participant


    Mentir, c’est mal. Vos parents vous l’ont dit et beaucoup d’autres personnes vous l’ont répété ensuite. Pourtant, il y a des mensonges qu’on admet plus volontiers que d’autres et dont, finalement, on s’accomode sans réellement savoir pourquoi. Quand j’avais vingt ans, je voulais donner la fessée et écrire des livres. Dans les deux cas, je suis rapidement arrivé à la conclusion que j’allais devoir m’accommoder des principes que la société s’était échinée à m’apprendre.

    Quand je me suis retrouvé célibataire et que la fessée se réduisait pour moi aux premiers chapitres des 120 journées de Sodome (la furie des dernières pages me plaisait aussi mais j’y trouvais une saveur nettement moins érotique…), je me suis mis en tête de donner une vraie punition. Une vraie punition, comme j’en voyais dans les livres, comme je l’imaginais avant de m’endormir. J’avais déjà eu l’occasion de donner à mes amies de l’époque des fessées occasionnelles pendant l’“acte” (pendant le premier acte surtout) mais rien de ce que j’imaginais. Qu’est-ce que j’imaginais, d’ailleurs ? Je me représentais entrant dans l’appartement d’une jeune femme habillée avec une élégance et un soin tout particulier, probablement en jupe, avec un collier de perles et un parfum assorti (cela impliquait donc de trouver une jeune femme maitrisant l’art d’assortir jupe et collier, art difficile s’il en est). J’imaginais qu’elle oserait à peine me regarder du haut de mon autorité de fesseur, tout habillé de majesté et de la superbe dont on s’imagine porteurs ces hommes (surtout quand on les a encore jamais rencontré) à qui les femmes acceptent de remettre leur fantasme. J’imaginais ensuite que, dans un silence à peine troublé par ses gémissements et le bruit sourd de mes mains sur son corps, je vivrai des moments absolument fabuleux.

    Un rapide coup d’oeil autour de moi à l’époque m’avait ramené à la réalité : j’avais déjà du mal à demander la monnaie à la boulangerie, je me voyais mal proposer à mes copines de l’époque de mettre leurs mains sur la tête pendant que je le déculotte.

    Je m’étais alors inscrit sur un site du genre de celui-ci et j’étais entré en contact avec plusieurs personnes cachées derrière des pseudos plus ou moins évocateurs. En lisant les descriptions de certaines d’entre elles, je m’étais rendu compte que les critères qui revenaient le plus souvent – âge avancé et expérience en matière de fessée digne d’un directeur d’internat anglais au XVIIIe siècle – me plaçaient dans la catégorie des éternels soupirants. Après une entrée matière catastrophique mais assez bien rattrapée par une volonté farouche de parvenir à mes fins, la discussion avec M., 25 ans, faillit, malgré tout, s’arrêter nette.

     

    Elle : T’as quel âge ?

    Moi : … 28 ans.

    Elle : C’est un peu jeune mais bon, ça pourrait le faire.

     

    Intérieurement, je me repasse ma garde-robe en tête en espérant pouvoir trouver l’attirail d’un type de vingt-huit ans, enfin ce que j’en imagine. Si je pique les Richelieux de mon défunt père et une chemise un peu sérieuse, j’aurai juste à pas trop rigoler et à parler lentement et j’aurai l’air sorti d’un bouquin de Manara.

     

    Elle : Et tu as de l’expérience ?

    Moi : Oh oui, tu sais, j’ai commencé à vingt ans.

    Elle : Si jeune ? Moi, je pourrais pas me faire fesser par un type de vingt ans.

     

    Hé bah, mon pauvre, te voilà bien mis. Dans le reflet de l’écran de l’ordinateur, je me regarde : il me reste un peu d’acné et j’ai beau fumer un paquet de gitane par jour, j’ai l’impression d’avoir encore mes dents de lait. Heureusement, j’ai déjà une barbe relativement abondante. Si je force un peu sur les soirées quelques jours avant, je pourrais m’en sortir avec assez de cernes pour avoir l’air vieux et occupé.

     

    Moi : Je comprends. La fessée, ça nécessite de l’expérience. On ne confie pas ses fesses à n’importe qui.

    Elle : Carrément. Ça te dit qu’on s’appelle ?

     

    Voilà, je suis fait. RIP myself. Je vais devoir attendre dix ans avant de connaître les plaisirs de la fessée.

     

    Moi : Désolé, je suis au travail là et ce soir, il y aura ma femme et mon fils.

     

    Mytho, il y aura surtout ta mère et ton frère.

     

    Elle : Je comprends. Raconte-moi ce que tu voudrais me faire, alors.

     

    Dieu merci, les hommes préfèrent les images et les femmes, les mots.

     

    Moi : Je veux que tu m’attendes chez toi, M. Tu te seras apprêtée comme il convient à une jeune fille qui sait qu’elle a fait des bêtises. Ces bêtises, tu les auras sagement consignées dans un carnet à spirales (j’insiste).

    Elle : J’aime que tes ordres soient précis.

     

    Ah ouais ? Bon bah écoute, allons-y pour la précision.

     

    Moi : C’est tout naturel. La précision est mère de vertu comme l’oisiveté est celle de tous les vices.

     

    J’y vais un peu fort là, non ?

     

    Elle : Oh ? Tu as tellement raison… Je crois que je suis trop oisive…

     

    Étant moi-même l’incarnation de l’oisiveté la plus chronique, je sais de quoi je parle ! La seule chose que je pratique avec plus d’assiduité que l’oisiveté, c’est le vice alors fais moi confiance, ma chérie.

     

    Moi : Tu m’attendras à genoux devant le canapé, là où je m’assierai en arrivant. Tu auras le carnet déposé devant toi, avec un stylo rouge que j’utiliserai pour barrer tes bêtises après chaque punition.

    Elle : Comment je pourrai t’ouvrir la porte si je suis à genoux dans le salon ?

     

    Hé m****e ! Je suis vraiment un dom raté ! Évidemment, espèce d’idiot, tu crois pas qu’elle va te faire un double des clés avant votre première rencontre. Bon, trouve une solution sinon tu vas vraiment passer pour une grosse baltringue avant même que ça ait commencé.

     

    Moi : Cesse de me contredire, M., et laisse moi finir. Bien sûr que j’y ai pensé. Quand je sonnerai à l’interphone, tu ouvriras la porte et tu iras te mettre en position. Le temps que je monte, je veux que tu te mettes en position. Comme si tu méditais tes erreurs.

    Elle : Tu as raison. J’en aurai bien besoin de cette méditation avec ce que tu vas m’infliger…

     

    Dans ma chambre de post-adolescent, j’éponge sur mon front quelques gouttes de sueur avec l’assurance du type qui vient de réussir un coup de maître. Bon, me dis-je, fais gaffe maintenant. Je me lève et je m’allume une cigarette en étendant mon corps endolori par l’absence d’effort. Je me regarde dans la psyché. Je redresse mon dos, je me fixe avec un œil sévère. « Tu as fait des bêtises, tu as été vilaine et maintenant tu vas devoir en subir les conséquences, c’est bien clair, M. ? ». Je souffle au visage de mon reflet l’épaisse fumée de ma cigarette. Je me dirige vers la bibliothèque, je retire la première couche de livres de philosophie que je dépose par terre pour accéder derrière à ma bibliothèque secrète, constituée de tous les livres érotiques que j’ai pu dénicher ici et là. Si là-dedans je n’arrive pas à lui trouver de quoi la convaincre que je suis le fesseur le plus expérimenté de la place de Paris, autant abandonner immédiatement et ma carrière d’écrivain et celle de fesseur…

    À SUIVRE.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 4 mois et 4 semaines par Sacha.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 4 mois et 4 semaines par Sacha.
    #76446
    Nush
    Maître des clés


    Encore un texte à “suivre”.
    Quelle fichue ‘mode’ 🙂

    J’attends…. impatiemment.

    C'est la nuit qu'il est beau de croire en la lumière.
    #76452
    Sacha
    Participant


    Encore un texte à “suivre”. Quelle fichue ‘mode’

    🙂

    J’attends…. impatiemment.

    Patience ! Même quand on est très entraîné, mentir demande un peu d’effort et de la créativité.

    Ou alors, cette mode n’est qu’une manière coquette de susciter le désir, allez savoir…

    #76503
    Jeannette
    Participant


    J attends la suite avec impatience

    #76505
    Chelonia
    Participant


    Hahaha j adore 🥰

    Tellement stéréotypé et tout le contraire de ce que je rechercher…

    #76506
    Sacha
    Participant


    Sur le quai de Montebello, en face de Notre-Dame, Pauline fait semblant d’être choquée. 

     

    – Tu lui as dit que t’avais vingt-huit ans ? 

    – Bah évidemment. Elle veut pas d’un mec de vingt ans. Vous êtes super chiantes à projeter vos complexes d’autorité sur des vieux chefs d’entreprise lubriques. On fait comment nous pour se faire la main ? 

    – Bah vous vous branlez, comme tous les gosses.

     

    Rencontrée sur le site, Pauline était devenue une excellente confidente à défaut de devenir la partenaire de jeu dont je rêvais en regardant ses photos. Armée d’une solide culture littéraire, travaillant dans le monde de l’édition et dotée d’un fessier qu’on devinait parfait sous les jupes crayons qu’elle enfilait avant ses séances, elle avait d’abord constituée un objet de fantasme parfait. Mais elle m’avait clairement éconduit : « moi, m’avait-elle dit, en dessous de cinquante ans, y’a pas moyen. Mon fantasme paternel est beaucoup trop ancré ». J’ai toujours trouvé d’un courage sans nom ces personnes qui arrivent à se jouer des tabous psychanalytiques de notre nature profonde. 

     

    – Remarque, tu pourrais faire vingt-huit ans, dit-elle l’oeil scrutateur. 

    – Bien sûr. Je vais l’embrouiller en lui disant que je suis prof de philo. 

    – Fais gaffe. La règle des vrais mythos : cache la vérité avec d’autres vérités sinon tu vas t’embrouiller. Les femmes ont besoin de croire très profondément à ce que leurs doms racontent et elles ont un sixième sens pour déceler les petits mensonges. Moi, si je crame qu’il ment, ça me fera débander direct. 

     

    Depuis que Pauline était passé du stade du fantasme potentiel à celui de confidente-meilleure amie, elle mettait un point d’honneur à s’exprimer comme une poissonnière des Lilas. Je savais qu’elle faisait aussi cela pour atténuer le désir que j’avais encore pour elle et qui transparaissait à cet instant dans les coups d’oeil que je jetais sous sa jupe.

     

    – T’as déjà menti toi ?

    – Bah évidemment. J’ai commencé à me faire fesser bien avant l’âge légal, tu crois quoi, minus ? Bon, tu veux savoir quoi ? Je dois aller me faire fesser dans trente minutes donc dépêche. 

     

    Pauline devait avoir un cul en kevlar, elle recevait quatre fessées par semaine, passait ses dimanches dans un donjon à se prendre des coups de fouets et des coups de rasoir et ses vacances dans d’improbables gang-bangs en Bourgogne. Ou alors, elle avait juste le goût de l’exagération, pensais-je à l’idée de cette surhumaine interprétation. Un jour, elle m’avait montré de fines coupures de rasoir sur son sein gauche. Définitivement, je n’avais pas le niveau. 

     

    – Bah, dis moi quoi lui dire pour la rendre un peu folle. 

    – C’est quoi son pseudo ? 

    – Elle m’a dit de pas le dire. 

    – Allez, je la connais, je suis sûre, tu sais on parle entre filles sur le site. 

    – Ah bon ? Pour quoi faire ? 

    – Bah parce qu’on se méfie de vous, bande de nazes. 

    – Je te dirai pas, inutile d’insister. 

    – Bah, je finirai par le savoir de toute façon. Bon, écoute l’important, c’est que tu sois directif mais vague. Commence pas à lui faire un menu trop détaillé parce que je te connais, sous le coup de l’excitation, tu vas rien faire dans l’ordre. 

    – Je note. 

    – Tu as envie de quoi, toi ? 

    – Bah j’ai envie de mettre une fessée. J’ai envie de rentrer dans un appartement dont j’ignore tout, l’odeur, la décoration, la vie de la personne qui s’y trouve. Et que, quelques instants plus tard, cette personne soit sur mes genoux. Qu’en silence, je découvre ses fesses et la culotte qu’elle aura enfilée quelques secondes avant en remontant sa jupe. J’ai envie de glisser mon doigt sous sa culotte et la faire glisser jusqu’à ses genoux. J’ai envie de voir si, entre ses jambes, cela a suffit à la faire mouiller. 

     

    Je bandais. 

     

    – Tu bandes, dit Pauline. Bon, écoute, j’ai juste un doute sur tes capacités à te contenir. 

    – Comment ça ? 

    – Je te connais un peu, Sacha, t’es pas un vrai sadique. 

    – Tu as pas vu ma collection de gravures des 120 jours de Sodome.

    – Mouais… Tu sais ce qu’on va faire ?

    – Non.

    – On va répéter. 

    – Hein ? 

    – Ce soir, viens chez moi. 20 heures. 

    – Mais tu vas pas te faire fesser cet après-midi ? 

    – Si mais il est comme toi, c’est une espèce de type tout vanille, tout mignon, je vais rien sentir.

    – Pourquoi tu y vas ? 

    – J’adore me toucher sur ses genoux pendant qu’il essaye de me faire mal. La dernière fois, ça l’a tellement énervé que je me branle, il a fini par casser un paddle sur mon cul. Je suis sûr que toi, tu vas pas m’abimer non plus, idiot. Donc viens et on va répéter. Ramène une bouteille de rouge et j’ai plus de pilon. 

     

    Elle se leva, exhibant impudiquement une culotte de dentelle rouge, et plongea dans le métro. Je ne bandais plus mais j’avais du coton entre les oreilles. Je vais fesser Pauline. Mais elle n’a pas précisé. Ce sera juste une répétition ? Est-ce que je vais la déculotter ? Si je dois la fesser avec son jean, ce sera probablement la séance la plus frustrante de l’histoire de la discipline érotique. Je vais lui dire que l’autre veut que je la fesse en jupe et que je dois m’entraîner à relever une jupe. Ça a l’air de rien de relever une jupe mais si je me foire sur ce point crucial, j’aurai l’air d’un piêtre fesseur. Si cette répétition doit aboutir à quelque chose, elle doit absolument prendre en compte le déculottage. Je suis sûr que Pauline sera sensible à cet argument. 

    Bon. Une bouteille de rouge. Et j’ai plus de pilon non plus d’ailleurs. Si je fume pas avant, j’ai le crâne qui va exploser avant même d’avoir eu le temps de découvrir les fesses de Pauline, je me connais. 

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 3 semaines par Sacha.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 3 semaines par Sacha.
    #76514
    Sacha
    Participant


    Je sonnais à l’interphone. Une voix masculine me répondit avec un fond de musique.

     

    – Ouais ?, fit la voix.

    – C’est qui ?, fis-je.

    – Bah, c’est toi, c’est qui, non mais.

    – Heu… Bah c’est Sacha.

    – Ah ok. Pauline, c’est le gars. 4ème droite. 

     

    Le trajet en ascensceur me parut infiniment long. Pauline était devenue une amie chère mais, en réalité, je la connaissais depuis très peu de temps. Un autre mec ? C’est quoi ce traquenard ?

    Quand j’arrive devant la porte, un grand type un peu dandy, avec un beau visage triste et des yeux flous m’ouvre avec un grand sourire.

     

    – Salut. Joris, enchanté.

     

    Ah, Joris. Elle m’en a parlé. C’est son ami “pute”. Professionnellement pute. Ça m’a un peu choqué au début, le mot pute utilisé de façon si légère. « C’est lui qui se décrit comme ça », m’avait dit Pauline, « il se décrit comme pute et pédé et il dit qu’il trouve ça plus beau que prostitué homo ». Joris était journaliste, pique-assiette, commissaire d’exposition, une espèce de ravissant mélange de plusieurs semi-métiers qu’on ne peut exercer avec brio que dans les 7 premiers arrondissements de Paris. 

     

    – Alors tu viens prendre un cours, il paraît, me fit-il en me retirant ma veste en cuir. 

     

    Putain, elle lui a dit ? Je sens que je rougis comme si j’avais pris une gifle. 

     

    – Heu… Bah il paraît, oui.

    – Haha, ne rougis pas. Tu sais, le cul, c’est comme tout, c’est mieux quand on apprend avec les bonnes personnes. Pauline, c’est la bonne personne. 

     

    La bonne personne était précisément en train d’agiter son corps dans une jupe boule et un haut outrageusement décolleté. Elle danse bien, Pauline.

    ————————————————

    – J’y vais habillé comment ? J’ai un pote qui a un gilet croisé, je crois que je pourrai lui demander. Ça fait un peu « Lord anglais », tu vois ?

    – Alors, non. Hors de question. Première règle à mettre dans ta petite tête de fouine : les costumes, c’est hyper périlleux. Comme le style, l’élégance consiste avant tout à adapter ton âge et ta stature à tes chiffons.

    – Quoi ? 

    – Si tu y vas en chapeau haut-de-forme et frac, t’auras juste l’air d’un con. Une fois, y a un type pour m’impressionner qui avait loué un trois-pièces alors que visiblement, d’habitude, c’était plutôt ambiance polo-short-veja. Il ressemblait à un cintre articulé, je ne pouvais plus m’arrêter de rigoler, il m’a fessé une heure à la cuillère en bois et il est parti en boudant en me traitant de connasse irrespectueuse. 

     

    Je notais mentalement la maxime « élégance = adapter style, âge et stature ». 

     

    – Moi, une fois, quand j’ai commencé à faire le trottoir, dit Loris en léchant la goutte de vin rouge qu’il avait sur les lèvres, y’avait un type qui venait habillé en clochard et qui voulait que je l’humilie avant de le baiser. Mais il avait une démarche tellement élégante, tellement fine, que ce n’était juste pas possible d’imaginer qu’il était vraiment clodo. Hé bah, un jour, il m’a invité, rue Saint Louis en l’Île, c’était le fils d’une des plus grosses fortunes de France. 

    – Voilà, surenchérit Pauline, le style, ça ne ment pas. Alors vas y habillé comme tu veux, évite juste les t-shirts, les baskets, les sweats à capuche, les pantalons troués, les ourlets à mi-mollets, les polos, c’est moyen aussi, les vestes en tweeds que tu trouves dans les fripes du Marais et qui sentent le vinaigre, les claquettes, je précise quand même, les…

     

    La liste continua et je perdais le fil. À mesure qu’elle parlait en s’agitant et en riant, ses seins soyeux ondulaient dans son haut sans façon. 

     

    – Oh, Raskolnikov, fit-elle en claquant des doigts, ça, c’est pareil, les gros yeux de pervers, t’as le droit mais attends qu’elle soit dans le même état d’excitation que toi. Si tu en imposes rapidement, elle va dévorer ta bite avec les yeux à travers ton futal. Mais si tu lui mates les bzez dès qu’elle ouvre la porte, elle va juste te prendre pour le mytho que tu es. 

    – Raskolnikov ? interrogea Joris.

    – C’est mon pseudo sur le site. 

    – C’est le type de Crimes et Chatiments ? 

    – Oui, fis-je, conscient a posteriori du ridicule de ce sobriquet. Oui, bah je me suis inscrit vite pour mater la galerie d’une fille sur le site, trouver un pseudo intelligent quand on a une érection, je sais pas si t’as déjà essayé mais c’est pas super facile. 

    – I feel you, mec, me fit Joris avec un clin d’oeil. C’est juste un peu grandiloquent, non ? T’as pas peur que ça effraie les meufs ?

    – Bah c’était ça ou Chacha77.

    – Bon assez bavardé, les filles, je travaille demain, on passe aux travaux pratiques, fit Pauline en claquant des mains. 

     

    Joris tira sur sa cigarette électronique pendant de longues secondes et répandit un énorme nuage de vapeur dans la salle. 

     

    – Je vous laisse, les petits coeurs, j’ai des hommes à rendre heureux. La bise.

     

    Il posa un léger baiser sur les lèvres de Pauline et m’envoya un clin d’oeil lubrique et amical avant de tourner les talons. J’étais soulagé de ne pas avoir à subir cette ordalie en public. Pauline me prit par la main et m’assit sur le canapé. Elle se mit à genoux devant moi et m’écarta les jambes d’un coup sec. 

     

    – Bon, tu te poses dans le canapé et tu écartes les jambes avec autorité. Le phallus symbolique, le totem autoritaire, blablabla. Si tu veux passser pour un type entrainé et réveiller sa compétitivé interne, essaye de pas bander. Pense à… Pense à des trucs pas excitants.

    – Genre ? 

    – Pense à ta mère. Ou à ton père. Pense à Dostoievski, Chacha77.

     

    Elle se mit en position. Ses mains nouées sur ses cheveux au carré, la façon dont elle se mordait la lèvre, la façon dont ses seins lourds pesaient en avant et dont son bassin ressortait vers l’arrière. J’aurais pu penser à la guerre en Irak ou à des bébés morts de froid, ça ne m’aurait pas empêcher de…

     

    – Monsieur, fit-elle en singeant une voix adolescente de fausset, je suis désolé d’avoir fait autant de bêtises et de vous avoir aussi mal parlé. 

    – Heu… balbutiais-je, heu bah oui, c’est pas bien.

    – « Pauline, je suis très inquiet de ton comportement et je pense qu’il va falloir corriger ces écarts avant qu’ils ne deviennent trop inquiétants », me corrigea-t-elle en passant de la voix de fausset à une voix de baryton sévère. 

    – Voilà, déglutis-je. 

    – Vous savez déjà ce que vous allez me faire ? Ne soyez pas trop sévère avec mon petit corps. J’ai les fesses sensibles parce que la supérieure de mon internat m’a puni hier pour m’être masturbée dans le dortoir en écrivant mes bêtises dans mon carnet.

    – Quoi ? 

    – Quoi quoi ?, répondit-elle de sa voix normale. Mec, la tête des vilaines, c’est un labyrinthe chelou, faut que tu sois prêt à toutes les éventualités. Si elle t’emmène sur le terrain « discipline anglaise », faut que tu réagisses au quart de tour, pas que tu fasses le hibou avec tes yeux de défoncé là. Imagine que t’es un acteur et que ton partenaire part sur une improvisation, tu dois trouver un moyen de répondre de façon naturelle quitte à revenir sur le script de départ. Tu vois ? Bon si tu galères, tu prends son poignet et tu lui dis « j’en ai assez entendu » et tu la tires sur tes genoux d’un coup sec. 

     

    Sur ce, Pauline réussit le prodige de mettre son poignet dans ma main et, par un mouvement agile, à donner l’illusion que c’est moi qui la manoeuvrait. 

     

    – Monsieur, qu’est-ce que vous faites ?, gémit-elle.

    – Je… Je… 

    – Accouche, abruti. 

    – J’en ai assez entendu… Maintenant, tu vas payer pour tes bêtises. J’en ai assez de supporter tes conneries.

    – Oh Monsieur, comme vous y allez avec vos grossièretés. 

    – Ferme-la, Pauline. Tu parleras quand je te le dirai. 

    – Très bien, ça. À mon avis, tu arriveras à rien avec le discours de Lord anglais, autant y aller directement avec ton langage habituel et…

     

    Enhardi par une force mystérieuse, je lui décochais une première claque. Ses fesses étaient charnues mais souples et la claque leur imprima un mouvement ample. La voix de Pauline s’était cassée ou plutôt une vibration érotique avait modulé la fin de sa phrase de façon terriblement excitante. 

     

    – Dis donc, Monsieur a la main lourde… pour un minot. 

    – Donne moi tes mains, Pauline. 

     

    Pauline me jeta un regard où son habituelle hardiesse commençait à se teinter d’une espèce de sentiment nouveau, d’abandon aveugle. Elle tendit ses poignets dans son dos. Je les saisissais et les bloquais dans le creux de ses reins. J’avais l’impression qu’un bourdon s’était coincé entre mes deux oreilles. Je n’entendais plus rien. La pression de ses poignets dans son dos fit lever ses fesses et sa jupe se souleva de quelques centimètres laissant apparaître son sexe bombé à travers sa culotte.

     

    – Vous n’allez quand même pas m’inspecter, Monsieur ? Ce n’était pas du tout prévu… Je suis à peine entretenue…

     

    J’eus l’impression soudaine que quelqu’un avait remplacé mon sang par de la glace bouillante. J’avais l’impression de ne plus pouvoir bouger mais ma main droite, devenue indépendante de mon corps, remontait la chair des cuisses, rejetait la jupe de Pauline, attrapait le fil de sa culotte et découvrait l’intimité luisante de ma prof de vice.

     

    A SUIVRE (il reste plus qu’une partie, c’est en train de partir en soap opera, cette affaire).

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 3 semaines par Sacha.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 4 mois et 3 semaines par Sacha.
    #76519
    Yves
    Participant


    A SUIVRE (il reste plus qu’une partie, c’est en train de partir en soap opera, cette affaire).

    Eh ben vas-y , lâche-toi, la suite, la suite… J’aime bien l’apprentissage du novice…

    Mesdames, mesdemoiselles, mon propre plaisir passe par le vôtre

    Blog : histoires-jr33.blogspot.com

    #76524
    Eva
    Participant


    J’aime beaucoup et ai beaucoup ri. Tes récits sont rocambolesques. Mais on sourit au côté authentique de tes personnages^^

    Se révèle être "comme une boule de flipper,qui roule qui roule...".

    #76525
    Nush
    Maître des clés


    Une suite intéressante avec l’arrivée du troisième larron.

    Et la description du moment de bascule du pouvoir est parfaite.

    La ‘glace bouillante’ faudra m’expliquer la recette Chacha77 🙂

    C'est la nuit qu'il est beau de croire en la lumière.
    #76528
    Sacha
    Participant


    @falbalas pour la glace bouillante, il faut prendre une femme qui sait précisément dissimuler jusqu’au moment opportun, l’étendue de ce qu’elle désire, un homme assez faible pour se laisser prendre au jeu, semi-consciemment, mais assez fort pour la pousser à se révéler quand elle l’y pousse, de la chair et une (ou deux) main(s). Tu mélanges à la cuillère et ça crée un moment suspendu qui ressemble à de la glace bouillante, du feu gelé, en tout cas à un moment de jouissance intégrale.

    @sevy-ryjackan j’arrive, j’arrive, j’ai plus de café et je me souviens plus à quel point Pauline était humide à l’idée de se faire inspecter. Enfin, si, elle était très humide. Mais elle se tortillait un peu, pour le cacher. Enfin, bref, il faut que je me rappelle et j’ai plus de café.

    #76550
    Chelonia
    Participant


    La suite svp 😁😇

    #76567
    Sacha
    Participant


    La suite svp 😁😇

    Lundi ! Soyons sérieux, on ne va pas commencer à écrire ou à fesser le dimanche, enfin…

    #76571


    La suite svp

    😁
    😇

    Lundi ! Soyons sérieux, on ne va pas commencer à écrire ou à fesser le dimanche, enfin…

    Et pourquoi pas ?!

    On veut la suite, on veut la suite, on veut la suite ! :p

    Fesse-moi, si tu peux !

    #76572
    Sombrelle
    Participant


    Oui ! La suite!!!!

    https://sombressensuelle.blogspot.com/

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