Notre premier baiser

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  • #38819
    Chess
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    Il était devenu très vite celui qui me donnait envie de me lever le matin. Ce collègue que j’allais retrouver avec plaisir au café, pour voler une gorgée dans le sien. Cet ami avec qui je me bagarrais au hasard des couloirs, entre deux interventions, qui m’attachait sur une chaise avec du gros scotch pour plaisanter, à qui je dessinais des cheveux au marqueur noir parce que ça lui allait bien quand même. Notre complicité était légendaire dans l’entreprise, elle faisait naître sur les visages des sourires, naître dans notre dos des chuchotements, ou bien faisait parfois rouler des yeux, mais nous nous en fichions. Nous nous donnions avec plaisir en spectacle et cela ne faisait qu’augmenter notre complicité.

    Je ne sais pour quelle raison je l’eus provoqué ainsi. Sans doute une plaisanterie qui avait mal tourné. C’est lors d’une visite de notre patron dans le bureau que nous partagions que cela devint sérieux. Sur demande du patron, il décrocha son téléphone, le posa sur son oreille et le retira immédiatement. Le combiné était en effet gluant de miel, “emprunté” à notre chef.

    – Vous voyez ? Vous voyez ce que j’ai à subir avec elle au quotidien ? Tu vas nettoyer ce combiné !

    Je refusai, me levai de ma chaise et montrai le siège.

    – Il a commencé, Monsieur le Directeur. Il a renversé une bouteille d’eau sur ma chaise !

    Ce dernier, impatient, nous répondit que désormais, les bagarres auraient lieu dans notre bureau, la porte fermée, et en silence. Et cette autorisation fut la plus belle et la plus douce des invitations.

    – Tu vas te prendre une de ces fessées, un jour, me prévint-il.
    – Mais je t’en prie, très cher, tu t’y casseras la main bien avant que je n’aie mal aux fesses, lui répondis-je, provocante.

    La menace plana pendant des jours. Il la répétait à qui voulait bien l’entendre, le plus fort possible, dans le but de m’humilier. Et moi, je ne sentais que l’excitations monter, encore et encore. Je m’imaginais sur les genoux du Monsieur, je l’imaginais me prendre ensuite dans ses bras, me serrer contre son torse chaud…

    Un matin où j’étais tombée du lit, j’arrivai très tôt au travail, avec dans l’idée de profiter pour prendre un petit déjeuner dans la salle commune, et peut-être de me confier à un ou deux collègues comme nous avions l’habitude dans ces moments là. Mais j’étais arrivée tellement tôt que seul le Directeur, que je soupçonnais dormir sur place, était présent. Après l’avoir salué, j’allai donc dans la cuisine nettoyer ma tasse. C’est à ce moment là que silencieusement, quelqu’un surgit derrière moi, s’empara de l’éponge savonneuse et me lava vigoureusement la face avant de partir en courant.

    – SALOPARD ! criai-je à la silhouette qui fuyait, tout en partant à sa poursuite.
    – Ah, ils sont réveillés, commenta le Directeur au loin.

    Je poursuivis celui qui, je l’avais bien deviné, était mon coéquipier, jusqu’au bureau où nous nous enfermâmes. Je m’emparai immédiatement d’un marqueur noir et me lançai à l’offensive. Il fit de même. Une heure après, couverts de feutre l’un et l’autre, nous décidâmes de faire la paix et d’aller nous nettoyer, l’heure officielle du début de notre service commençant. Nous traversâmes les couloirs jusqu’aux toilettes, sous les quolibets des collègues amusés par notre visage orné de symboles peu gracieux au feutre de tableau. Je ressortis quelques minutes plus tard, la figure rouge mais exempte de marques. Lui ne ressortit pas.

    Une demi-heure après, je m’inquiétais quand je le vis surgir dans le bureau, le visage rouge brillant, des restes de marques encore visibles sur sa peau. Et je compris… Je m’étais trompée de feutre. Il s’agissait du marqueur permanent que j’avais utilisé et non du feutre de tableau…

    Il claqua la porte et ferma le verrou.
    – Cette fois, tu vas l’avoir ta fessée ! Tu vas avoir mal au cul ma pauvre !
    Je souris bravement.
    – Tu vas te casser la main, je te dis. Tu ne peux pas fesser du béton armé.

    Sans rire une seule seconde, il se dirigea vers son siège et m’attrapa par le bras, me fit basculer sur ses genoux, sans que je ne me débatte, et m’infligeais une demi douzaine de claques légères, hésitante. Ça y est, ça arrivait enfin.

    – C’est tout ce que tu sais faire ? Alors papy, on a mal à la main, le provoquai-je pour lui signifier mon consentement, et l’inciter à poursuivre.
    – Non mais tu rigoles !!

    L’inquiétude à l’idée de frapper sa collègue de bureau disparut. A chaque volée, je le provoquais encore et encore, et les claques tombaient sur mon jean. Ce délicieux jeu dut se terminer car le travail nous appelait, mais je savais que désormais, cela ne pouvait que continuer.

    Dans notre jeu de provocation mutuel, nous en vînmes à parler apéritif. Je l’invitai chez moi, le soir, en rentrant du boulot. Le jeu repris, sur mon jean, alors que je ne semblais jamais sentir la moindre claque, et bien évidemment, je ne sentais pas grand chose par rapport à des partenaires expérimentés. Je finis par suggérer l’idée qu’il faille d’abord baisser mon pantalon plutôt que de se faire mal par-dessus le tissu épais de mon jean, plaignant sa pauvre main inutile. Je ne me souviens pas de la fessée qui a suivi, mais je me souviens bien, je ne sais trop comment, avoir fini sans vêtements, allongée sur le canapé, tandis que lui, encore habillé de son style de bon élève inimitable, chemisette et pantalon noir terminé par ses indémodables chaussures italiennes, me surplombait, pinçant mes seins, caressant ma vulve trempée.

    Je me souviens de notre premier baiser.

    Chat sauvage ayant trouvé une main pour la guider.

    #38830
    Lee Funambule
    Participant


    Joli récit, j’aime beaucoup même si je reste un peu sur ma faim.. je suis bien curieuse de savoir comment il l’a déculottée ?…
    Mais la question qui me turlupine, c’est est-ce que cela est inspirée d’une histoire vraie croustillante ? Suspense ?

    #38831
    Chess
    Participant


    Joli récit, j’aime beaucoup même si je reste un peu sur ma faim.. je suis bien curieuse de savoir comment il l’a déculottée

    ?


    Mais la question qui me turlupine, c’est est-ce que cela est inspirée d’une histoire vraie croustillante ? Suspense

    ?

    C’est tout du vrai… Mais j’attends la suite pour l’écrire. Et puis dans l’émotion du moment… Il se peut que j’aie tout oublié. ?

    Chat sauvage ayant trouvé une main pour la guider.

    #71386
    Chess
    Participant


    Je souhaite déposer un hommage à celui qui est au centre de ce récit, qui, je l’ai appris tout récemment, est malheureusement très malade et en fin de vie. Nos chemins se sont éloignés, c’est la vie, et il a tenu à ce que je continue à vivre la mienne sans m’associer à son déclin. Même si j’aurais voulu au contraire le soutenir, être là pour lui, je respecte son choix et je sais qu’il le fait pour me protéger de sombrer avec lui.

    Personne ici ne le connaît car s’il m’a parfois suivie sur internet par curiosité, il n’était pas du genre à faire partie d’une communauté, et pourtant, il fut l’un de nous, fesseur invétéré pendant tout le temps où je l’ai fréquenté, avec sa discrétion et son respect.

    Nous oublions souvent que derrière les profils parfois osés, parfois muets, se cachent de vraies personnes qui méritent d’être connues. J’en ai rencontré bon nombre au fil des années et je remercie chacun(e) qui m’a confié un petit bout de lui/d’elle.

    Prends soin de toi autant que tu peux, et merci pour tous ces moments magiques que nous avons partagés.

    Chat sauvage ayant trouvé une main pour la guider.

    #71387
    Tendre Spankeur
    Participant


    Très bel hommage Chess, très touchant

    #71391
    lunapower
    Participant


    bel hommage @chess

    https://lesaventurescuisantesdecamille.blogspot.com/

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