Mieux que Berlutti (1er essai)

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  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Nush, le il y a 12 mois.
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  • #86767
    Victor
    Participant


    Mieux que Berlutti

    Je m’étais laissé convaincre. Pourtant, je partais de loin. Loin de moi cette idée. Mais, elle avait su trouver les mots. Et, hasard, une jolie production rose, pour ne pas dire pornographique, même, avait fini d’affuter ma curiosité. Alors, pour joindre l’utile à l’agréable, je lui avais demandé de mélanger nos passions et ainsi, de faire don se son séant avant de prendre son pied.

    J’étais donc dans assis dans ce confortable Chesterfield chocolat, costumé, chaussé — luxueusement chaussé. Sur le côté, une cheminée. Son foyer maintenait à température un chaudron d’eau. Seules les braises de chêne et quelques bougies dispersées çà et là nous éclairaient. Chopin nous accompagnait. 

    Elle, coudes et mains au sol, cuisses ouvertes, reposant sur la flanelle du pantalon de mon ami, me regardait avec envie. Lui n’avait d’yeux que pour le cuir de son cul qu’il colorait progressivement, à deux mains, ne manquant pas, de temps à autre, de vérifier l’humidité de son intimité. Et même, quelques fois, pour mon plus grand plaisir, il osait effleurer, ici entre ses fesses, ce petit anneau. Il se plaisait, au fur et à mesure que ses frontières se couvraient de carmin, à l’assouplir, au point que quand son derme put vaporiser la banquise, il le sublima d’un joli jouet paré de saphir. Et, quand enfin, elle ne put plus contenir ses gémissements, il la claqua, par dessous et maintint sa paume sur sa peau réchauffée. Ses doigts glissèrent en arrière et son majeur se perdit en elle. Elle me regarda plus passionnément encore. Voir ses muscles bombés colorés m’emplissait de désir, tandis que le sien brulait dans ses iris. J’étais prêt à l’accueillir et à découvrir son art. Elle se crut libérée du joug des deux lourds battoirs de chair et d’os qui marquaient son cul. Mais, il la retint quelques secondes de plus. Surprise. Il crocheta ses muqueuses et plaqua le talon de sa main contre son périnée, et puis, tout en la libérant, il la commanda d’une sensuelle expiration : « Va ! ».

    Autour de lui, il souffla quelques bougies. Il disparut. Elle, à présent à quatre pattes devant moi, avançait à pas de velours. Elle tendit ses mains vers mon pied droit. Comme si on lui avait ôté la vue, et comme si elle voulut le mémoriser, elle effleura tous les contours de mon soulier. Elle remonta ses doigts sur ma cheville et découvrit sous ses phalanges la douceur des mi-bas de soie qu’elle m’avait recommandés. Comme promis, l’étoffe démultiplia la sensualité de ses caresses et j’en frissonnai. Elle demeura prosternée, et ses doigts firent ensuite connaissance de ma chaussure gauche. Ses mains sures n’hésitaient pas à appuyer ici plutôt que de palper là. En pleine maitrise, je la laissais me cajoler. 

    Tandis que le piano s’emballait fortissimo, autour de moi, les bougies s’éteignirent une à une. Et bientôt, seul le rouge des braises sous le chaudron nous  fit l’honneur d’une lueur. Mais, les caresses cessèrent. Alors, mon sentiment de relaxation s’estompa une seconde. Je crus bien qu’une impression d’abandon me gagna. Je ne la voyais plus. Je la cherchais. Ici ? Non. Une ombre. Et là ? Dans l’obscurité. Oui. Sa silhouette. Non. Je ne sais pas. Ma curiosité s’était mue en intense désir. Et, cette pause tout aussi soudaine qu’inattendue avait installé une effroyable frustration. Où était-elle ? Que faisait-elle ? Pourquoi était-elle partie ? L’angoisse me guettait. Et entre les mesures des sonates, seuls quelques bruits parasites me parvinrent : une chute d’eau dans un bol, puis un bol contre le parquet. Et, soulagement, les caresses reprirent.

    Dans l’obscurité quasi totale, j’apercevais seulement sa tête se pencher sur mes Berlutti. Je fermai les yeux et me concentrais sur mon ouïe. Entre les notes de musique, je distinguai un instant l’effleurement de sa langue sur la peau patinée de mes richelieux. Et puis, je focalisai toute mon attention sur le toucher, encore — un vent de fraicheur sur ma cheville. Avait-elle retroussé mon ourlet ? Probable. Et, je sentis ses lèvres au bas de mon tibia, puis ses baisers sur mes soyeuses chaussettes. J’entendis brièvement ses baisers sur le cuir de mes souliers. Et, je me plus à découvrir toute l’affection qu’elle portait à mes pieds. J’en voulus davantage. Elle délia mes lacets et experte me déchaussa. Ses mains enveloppèrent un pied, puis l’autre. Elle me massa, posa ses lèvres dessus et puis sa langue pointa. Chaleur. Curieuse et humide chaleur qui remonta des orteils aux malléoles. Elle m’envoutait — doucement, surement. Et, je ne sais pourquoi, de drôles de sensations apparurent un peu plus haut. Vous voyez… oui… ici… Des tressaillements parcoururent mon corps, ici et là. Mes mains s’enfoncèrent dans le cuir de mon fauteuil alors que la tendresse de Chopin berçait de mieux en mieux mes oreilles. Et bientôt, ses mains épluchèrent mes bas. Ses lèvres se posèrent à nouveau sur mon coup de pied. Des baisers tracèrent un chemin jusqu’à mes orteils. Et, par une miraculeuse combine, sa bouche qui avait enveloppé mon pouce ne mordit que l’extrémité de la soie qui glissa sur ma peau. Une délicieuse caresse d’étoffe déshabilla ma peau avant que, de nouveau, ses lèvres reviennent à l’œuvre. Sa joue se posa sur ma jambe. Instant suspendu. Et, encore, des baisers coururent sur mes malléoles, mon pied, mes orteils et ses mains les accompagnèrent. Et puis, un linge humide parcourut ma peau, sillons mes orteils et lustra mes ongles. Je me perdais dans mes pensées. Ses lèvres suivirent les caresses de cette éponge parfumée.

    Je m’enfonçai dans le dossier de mon siège, paisible.

    Elle se grandit et vint se blottir contre moi. Ses fesses, encore tièdes et roses, supposais-je, se posèrent sur ma cuisse. Sa joue chercha la mienne. Mes mains l’enveloppèrent. Et, nous nous soufflâmes au creux de l’oreille un mutuel et chaleureux « merci ».

    • Ce sujet a été modifié le il y a 12 mois par Victor.
    • Ce sujet a été modifié il y a 12 mois par Victor. Raison : Amélioration, Correction
    #86773
    Cyrille Francillon
    Participant


    C’est un joli récit. Le souci du détail est présent, moi qui d’habitude ne goûte que peu les descriptions trop longues, là je les trouve d’une agréable lecture.

    #86786
    Nush
    Maître des clés


    Le récit d’un moment particulier et précieux. Il n’y a que ceux qui ont vécu cette mise en valeur des ‘extrémités’ qui peuvent les deviner sensuelles et d’un érotisme torride.
    La description est très juste, très soucieuse du détail et m’emporte dans le moment que vous partagez avec nous.
    Je vous remercie de si bien raconter.

    Bien sûr, j’ai été la « porteuse » de souliers et de bas en soie. Pas des Berlutti….

     

    Car le feu qui me brûle est celui qui m'éclaire .

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