L’objet du délit

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    • #55107
      insolite06
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      L’objet du délit

      Il n’y a rien de plus triste que l’objet du délit vendu tout cru et exposé dans la lumière, sans jeu et  sans nuances…

      je me souviens d’un film «  l’homme qui aimait les femmes » où les caméras de Truffaut calaient leurs plans au niveau des jambes des femmes . Il y avait un suivi , un mouvement , une vie… et c’est alors que naissaient les chevilles, les galbes des mollets, et comme des petits anges ces instants volatiles où l ‘on pouvait deviner que le drapé du bas de robe ou de la jupe faisait naître… LA femme.

      Inutile d’en rajouter sur les choix d’escarpins qui élançaient le tout et faisaient pétiller les neurones de tous les pauvres petits hommes qui avaient « par hasard » la chance de passer par ces sortes de paysages là…bien vivants !

      C’est un peu au dessus, au niveau des cuisses et des hanches que naît « la démarche ». Mes pauvres congénères, que ce soit au bistrot ou au vestiaire, vont toujours parler « cul » ou « fesses » sans saisir les nuances de vie que la notion implique. Oui , je le dis , un cul n’existe pas s’il n’est pas élancé par le mouvement , la grâce , et un zeste d’innocence qui exclut tout à fait que sa propriétaire en ai vraiment conscience.

      J’ai croisé une demoiselle un jour ( ou une dame peut être mais demoiselle de toute façon c’est bien plus sonore) , qui avait intégré sans le savoir ce sens du mouvement. Elle était vêtue de rouge et de noir et avait le seul défaut de marcher un peu trop vite.

      Je l’ai perdu du regard en quelques secondes mais sont restés gravés en moi comme un parfum brut et sans nuance les notes de son mystère .

      Comme je ne l’avais pas vue au sens strict du mot, je l’ai appelé pour moi « la femme sans tête ». Il m’a semblé la redécouvrir de nombreuses fois dans le quartier avec ce sentiment Verlaine du «  ni tout à fait une autre , ni tout à fait la même » . A chaque fois ses tenues changeaient sans que le choix du jean ou du taffetas n’influe vraiment sur l’onde de son pas . Je crois qu’elle aurait été aussi élégante en jupon de bergère si elle n’était née en ville . Je crois aussi qu’elle aurait pu naître à tous les siècles de l’histoire, sans que le sens de sa marche n’en soit plus altéré .

      Je n’ai jamais eu le temps de la fesser … le temps d’ôter une jupe, une robe renaissait et à chaque bouton dégrafé un zip s’interposait …

      Je crois bien qu’elle m’a fait quand même découvrir le vrai parfum du plaisir … un soir quand dans cette lumière idéale, ambrée , celle que cherche tous les photographes j’ai entraperçu une broderie dessous … bien vite évaporée…

      C’est là que je me suis dis :

      Il n’y a rien de plus triste que l’objet du délit vendu tout cru et exposé dans la lumière, sans jeu et  sans nuances…

    • #55133
      Dundee
      Participant


      Bonjour, je vous trouve poète ! Et oui tout se mérite, à bas la facilité !

      Épicurien, grand voyageur, adepte de la fessée OTK

    • #55148
      insolite06
      Participant


      @dundee   Il y a des jours où je me demande si la poésie n’est pas plus “sulfureuse” que la facilité…  😉

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