Les couturières.

Accueil Forums Discussions générales Récits Les couturières.

  • Ce sujet contient 2 réponses, 3 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Badine79, le il y a 6 mois.
3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Auteur
    Messages
  • #67441
    Confessius
    Participant


    L’action se déroule en 1894 , dans un atelier de couture quelque part dans une ville de province.
    C’est la fin de l’après-midi. L’atelier est moyennement grand, éclairé au plafond par une verrière. De multiples paniers de linges sont disséminés de toute part. Dans un coin deux vieux mannequins en bois sont partiellement habillés. Six filles assises sur des tabourets travaillent.

    _____________________________________________________________________

    Après avoir déposé son paquet de linges dans la corbeille Valérie se dirigea droit vers Élise, qu’elle regarda de ses yeux fixes, un peu bovin et le sourire en coin.

    – Tu sais pour ta tâche, et bien la cliente a gueulé dans le magasin. Mais tu pense bien que la patronne l’a dégagée, et vite fait  !  Si tu l’avais vue sortir, une dinde en furie.

    Mais là par compte, tu vas te prendre une de ces branlées, ça j’peux tel’dire  ! 

    Élise devint plus blanche que le drap qu’elle reprisait.

    Germaine aussitôt intervint.

    – Et ça te fait plaisir on dirait ! Allez, retourne dans la boutique avec la patronne. Je suis sûr que t’en a remis une couche pour accabler la petite…. tu n’es qu’une vicieuse ! 

    – Ah toi, tu la ramène sans arrêt, mais t’en menais pas large à l’époque ou Mr Claude s’occupait de tes fesses  !  Aussitôt dit, Valérie prit le chemin du couloir qui mène à la boutique

    Mais avant qu’elle n’ait disparu Germaine l’interpella.

    – Fais attention que çà ne te revienne pas par ricochet. Monsieur Claude pourrait bien s’occuper un jour des tiennes et pas qu’un peu  !  Là on rira toutes, à s’en tordre les boyaux  ! 

    Sitôt que Valérie eut fermé la porte de la boutique, dans l’atelier l’atmosphère retrouva un semblant de sérénité . Elles reprirent vite leur tâches de coutures : Sauf Élise qui sous le coup de l’émotion réalisait que ses craintes d’être châtiée étaient maintenant justifiées, elle éclata en sanglots.

    – La pauvrette, en plus ça va être sa première ramonée ici, elle aura tenu trois semaines  ! 

    Henriette prenait toujours partie des nouvelles et d’une manière générale des punies. On l’appelait Sainte Henriette, non sans la railler de toutes les manières possibles.

    Pour les autres c’était simple, une fessée même la plus cuisantes qui soit, restait acceptable tant qu’elle était justifiée. Même si on pouvait contester le droit que se donnait la patronne de les faire administrer par monsieur Claude d’une façon un peu trop systématique, et parfois pour un oui ou pour un non. Et même si ce dernier prenait  son rôle de fesseur, un peu trop à cœur et même “beaucoup trop” selon certaines filles. “On dirait qu’il y prend du plaisir à nous fesser” disaient elles souvent.

    – Tu vas faire connaissance avec la main de M. Claude, elles est redoutable, ça on ne pourrait pas te le cacher. D’ailleurs t’as bien vu l’autre jour quand Gisèle a critiqué la patronne.

    – Et nous on va connaître tes fesses  ! Se croyant irrésistible en prononçant cette phrase Jeannette éclata d’un rire nerveux.

    Germaine lui lança un regard furieux. Arrête un peu toi, ou je ferai en sorte qu’elle découvre aussi les tiennes, et très vite. Qu’il te fasse encore répéter la danse du martinet, comme l’autre fois. Tu vois ce je veux dire ? 

    Jeannette ne pu s’empêcher de rougir en se remémorant ce souvenir tellement cuisant que ses fesses semblaient le revivre à l’instant, elles aussi.

    – Tu parles, 200 coups de martinet d’une traite, sans compter sa main avant et le battoir après. Il était en forme ce jour là !  j’aurais voulu vous y voir  ! 

    – Et après on t’a plus entendue pendant trois jours, ça nous a fait des vacances au moins. Henriette jubilait, comme si elle réglait par ces mots un vieux contentieux.

     Élise pleurait maintenant encore plus fort. Elle ne parvenait plus à se contrôler. 

    Germaine l’observa.

    – Calme-toi petite, ce n’est quand même pas la mer à boire.  Comme tu l’entends et tu as déjà commencé à le voir, il ne se passe pas une semaine sans qu’au moins une ne dérouille. On en a toutes reçues, comme toutes des couturières placées en apprentissage. Vas donc voir ailleurs, ça ne sera pas mieux, et des fois pire ! Et j’en ai fait des maisons, je peux te le dire, jusqu’à tes trente ans tu en verras d’autres ! C’est comme ça dans notre métier, c’est une tradition et ça fait  des générations que ça dure, même la révolution a rien changé, et c’est pas près de finir.

    Mais dis toi bien que si en en bave mais on n’en meurt pas. Au contraire on se ressaisit et ne recommence pas les même erreurs. Grand bien nous fasse !  Comment crois-tu que j’ai tant appris du métier. Il faut s’y faire et travailler. Maintenant si c’est fini pour moi, toi tu commences à peine, mais un jour viendra ou ce sera ton tour d’être épargnée, pense à ça quand tu es en larmes.
    Et puis ce n’est pas la première fois que tu te prends des torgnoles quand même  ?

    Il y eut un gémissement hoqueteux

    – Si, justement !

    Germaine en écarquilla les yeux. 

    – Comment, tu veux dire que tes parents ne t’ont jamais roustée  ? Ta mère    Ton père  ? 

    – Mon père est mort quand j’étais petite.

    –  Mais ta mère…jamais  ? 

    – Non je crois pas ou il y a longtemps ! 

    – Et ben au fond, il aurait mieux fallu, elle aurait été préparée au moins. On sentait que cette phrase venait du fond de son  cœur à Jeannette.

    – Ben moi, mon père qu’était forgeron, c’est tout dire, avec lui chacune valait au moins le double, je vous jure. Et je saurais même pas compter combien il y en a eu. On avait les fesses en feu quasi tous les jours que le bon Dieu nous donne. 

    Toutes les filles sentirent que Mariette était à nouveau partie pour ressasser des kyrielles de souvenirs déjà tant de fois racontés.

    – On devrait peut-être le signaler à la patronne ou M. Jean pour qu’ils en tiennent  compte ? 

    – Pense-tu ! Il serait capable d’en rajouter, rien que pour fêter ça. Une vraie brute ce type  ! 

    – Une brute  ? Moi je ne trouve pas. Il a du charme et il est fort. Je comprends même la patrone qui se le paie. Je suis sûr que c’est un bon parti au lit.

    – Vous croyez qu’il la claque aussi ? 

    – S’il le fait, c’est pas comme avec nous !  Et surtout ils font aussi bien d’autres choses, ça c’est sûr. Y a qu’a voir comment qu’elle le regarde. Avec les torgnoles qu’il nous met à nous, on est pas prêt de le regarder pareil .

    Tout à coup une forte voix masculine se fit entendre dans la boutique. Élise sursauta et regarda avec inquiétude les filles.

    Jeannette se crut le devoir de commenter.

    – Ça y est il est revenu, Élise ça va être ton moment. Prépare-toi  ! 

    Élise jeta un regard implorant aux filles qui restaient insensibles à sa détresse.

    – Avec un peu de chance il va t’emmener dans le cagibi.

    – Avec de la chance  ?  Non mais tu plaisantes  ! Je préfère ici, même à poil devant vous toutes. Là-bas, seule avec lui, on sait pas ce qui pourrait se passer  !  Pour rien au monde j’accepterais.

    – Tu crois qu’il va te demander ton avis toi ?  Si tu dis non c’est la porte et illico ! 

    La porte qui menait à la boutique s’ouvrit et il en sorti une sorte d’armoire à glace qui se dirigea vers le groupe des travailleuses. C’était Monsieur Claude.

    Par réflexe et terreur Élise lâcha son ouvrage et ses mains s’accrochèrent aux rebords son tabouret. Comme si le fait de s’en rendre indissociable pouvait la protéger.

    Mais à la surprise générale Mr. Claude ne se dirigea pas vers elle, au contraire il s’arrêta au milieu de la pièce, il semblait chercher quelque chose du regard. Il paraissait même inquiet, comme il peut se montrer dans les grands moments.

    Puis il repartit.

    – Un petit répits pour tes fesses Élise, profites en ! 

    – Mais qu’est ce qu’il cherchait ? La trique  ? 

    – Non, la trique, le martinet, enfin tout le bazar, c’est dans le placard qu’ils sont. Non il voulait quelque chose de spécial.

    – Un nouvel instrument pour la petite ?

    Élise n’en pouvait plus.

    – Non je crois pas  ! 

    Il y eut des paroles échangées fortement dans la boutique mais impossible de savoir ce qu’il se disait.

    Puis la porte s’ouvrit à nouveau et la patronne et M. Claude sortirent, suivis d’une dame bien habillée. De concert, le groupe se dirigea vers les filles qui se remirent au travail, comme si de rien n’était. Si les discussions étaient admises, elles n’étaient pas sensées ralentir leur travail, encore moins l’interrompre. Les conséquences pouvaient en être funestes.

    Mesdemoiselles, je vous présente Mme de Béchamel qui nous soumet un drôle de problème  : 

    Elle avala sa salive.

     Pas plus tard qu’hier après midi elle nous a rapporté un drap à repriser,  dans lequel elle a oublié par mégarde un bijou de valeur. Avez-vous remarqué quoique ce soit ? 

    Mme de Béchamel, l’air pincé et droite comme un i ajouta : 

    – C’est une bague non seulement de valeur mais aussi de famille, à laquelle je tiens tout particulièrement. Il représente pour moi une valeur inestimable, je ne saurais m’en passer.

    Les filles comme interloquées se regardèrent les unes les autres. 

    Et comme cela arrivait généralement c’est Germaine qui prit la parole.

    – Non, nous n’avons rien remarqué. Si nous avions vu quelque chose nous serions venu immédiatement vous en faire part.

    Quelques secondes embarrassées se succédèrent quand tout à coup le doigt de Mme de Béchamel pointa Élise qui n’en menait pas large.

    – Mon drap, je reconnais mon drap. Mademoiselle vous êtes en train de repriser mon drap !

    Affolée Élise se leva, laissant tomber à terre son ouvrage qui soudain parut lui brûler les mains. Aussitôt la patronne se précipita pour le ramasser, le secoua dans l’espoir de faire tomber ce fameux bijou. Mais rien ne se produisit.

    – Élise, ou est la bague  ? 

    – Je sais pas madame, j’ai rien vu ? 

    Aussitôt, suivie de Monsieur Claude elle se mis a chercher par terre. Pour qu’ils en arrive là, l’enjeu était de taille.

     Les filles s’y mirent aussi, non par politesse mais par peur d’éventuelles représailles, Tout le monde était à quatre pattes a chercher dans tous les coins. Sauf, bien sûr Mme de Bechamel qui observait d’un œil hautin et sévère ce spectacle.

    Au bout de quelques minute la patronne se redressa et s’adressa à la bourgeoise.

    – Ne vous inquiétez pas Mme de Béchamel je vais tout mettre en œuvre pour régler cette affaire et je vous assure qu’on va vous le retrouver votre bijou. Revenez pas plus tard que demain matin !

    Elle raccompagna Mme Béchamel jusqu’au magasin. En marchant elles discutaient de l’honnêteté “qui malheureusement se  perd de nos jours. Les gens n’ont plus peur de rien.”

    Pendant ce temps, les filles s’étaient remises sur pied et s’observaient les unes les autres, inquiètes.

    Monsieur Claude de son côté, bougonna des paroles incompréhensibles. Tendu et contrarié il rangea ce fameux drap dont le travail de reprise exécuté par Élise,  n’était pas même terminé.

    Puis la patronne revint suivie de la “vicieuse” Valérie.

    Bon, mesdemoiselles, l’heure est grave, alignez-vous devant moi, j’ai à vous parler.

    Une fois que toutes les filles furent alignées elle prit une profonde respiration.

    D’abord je veux que vous sachiez que s’il arrivait à l’une de vous ait commis quelque chose de répréhensible, elle serait punie en conséquence. 

    Cependant, si la faute était tout de suite avouée, la punition sera sévère mais juste et je passerai l’éponge. Le renvoi serait immédiat bien sûr, car je ne peux me permettre d’employer une voleuse dans mon établissement, mais  je ne préviendrais pas la police. 

    Par contre, si je découvre le méfait sans qu’aucun aveu n’ait été fait, alors je vous laisse imaginer l’ampleur de la correction qui s’appliquera avant que la maréchaussée ne mette les pieds dans ce magasin pour emmener la coupable.

    Donc je vous demande de réfléchir. Dites vous bien que pour l’instant vous êtes toutes suspectes à mes yeux et personne ne sortira d’ici tant que cette affaire ne sera pas réglée et le bijou retrouvé.

    Puis son regard se porta sur Élise.

    Avec toi, j’ai déjà un contentieux à régler pour cette histoire de mouchoir, avec cette tache que tu as faites. Je ne  sais pas ce que tu as bien pu fabriquer mais impossible de la faire partir, c’est une faute inexcusable. Je n’ai pas cédé dans la boutique mais nous avons perdu une cliente et depuis ton arrivée c’est ta deuxième erreurs grave. Il est temps pour toi de payer tes dettes. Attends-toi à une fessée à la hauteur de tes méfaits. Et elle  ne sera pas de trop pour t’apprendre à travailler proprement.

    Et maintenant, réfléchis bien à la question que je vais te poser : où a-tu transporté ce drap au moment ou tu l’as pris ? 

    Plus livide que jamais Élise commença à marmonner quelques mots.

    – Mais elle l’a prise comme nous le faisons toutes, dans la corbeille d’arrivée. Avec tout le boulot qu’on a, vous croyez qu’on a le temps de nous promener avec le linge  ? 

    La patronne regarda Germaine d’un œil sévère. La doyenne de l’équipe pouvait seule se permettre de parler comme cela. Du haut de ses trente ans, si elle était désormais depuis quelques mois à l’abri des corrections, elle n’était pas à l’abri d’un renvoi pur et simple. Si seulement la patronne n’avait pas tant besoin de son savoir faire, “hors pair” il fallait le reconnaitre,, elle l’aurait remerciée depuis longtemps et sans ménagement. Il ne faut pas malgré tout pousser le bouchon trop loin. Elle mériterait bien une raclée “hors classe” pour la remettre d’équerre. Elle ne désespérait pas qu’une occasion se présente malgré tout 

    Mais ou a pu passer cette bague ? 

    Puis elle se tourna à nouveau vers Élise.

    Avant d’aller plus loin dans les recherches, je veux m’assurer de toute éventualité et vais devoir te fouiller. Avance donc et enlèves tous tes habits, je dis bien TOUS  ! 

    Élise, complètement déstabilisé regarda ses collègues, aucuns ne semblait vouloir dire quoique ce soit.

    Morte de honte elle du enlever un par un tous ses habits que M. Claude s’empara pour les triturer comme si par magie la bague pouvait réapparaître d’elle même dans quelque recoin caché.

     Sentant tous regard porté sur elle, Élise, était à présent entièrement nue se tenait au milieu de la pièce sa main protégeant ses partie intimes. Elle pensait à la réflexion de tout à l’heure, si les filles n’avaient pas eu encore  l’occasion de voir ses fesses, voilà qui était fait, et elles étaient  bien servies. Aucun membre de l’atelier ne manquait de l’observer de haut en bas, M. Claude le premier. Il faut dire que son corps, dans la pleine fraicheur de sa jeunesse, à peine sorti de l’adolescence ne manquait pas de charme. Mais comme elle le regrettait. Jamais elle ne s’était senti aussi humiliée. 

    Et Il fallu se rendre compte que rien  ne fut découvert. Rien n’avançait.

    La voix de la patronne se raidit encore davantage.

    Bon, ce peut être quelqu’une d’autre. Mesdemoiselles chacune a votre tour avancez et faites comme votre camarade.

    Cela prit de longues minutes pour que toutes les filles se retrouvent elles aussi entièrement dénudées, même Valérie pour qui le travail dans la boutiques lui valait pourtant certains privilèges. 

    Monsieur Claude n’en menait pas large dans son travail d’investigations. Il ne cessait de tourner et retourner chaque linge. S’occupant généralement de chacune des filles quand la patronne le lui ordonnait. Il n’avait encore jamais eu l’occasion de les voir toutes dévêtues à la fois.

    Mais là encore, l’opération se réveilla un échec.

    La patronne revint sur Élise.

    – Enlève donc tes mains, pas de sainte Nitouche avec moi, tu en verras d’autres.

    Quand Élise eu allongé les bras le long de ses hanches, comme le faisait les autres filles la patronne qui observait son intimité fit une moue.

    C’est pourtant bien toi qui t’es occupé de ce drap. Je dois m’assurer jusqu’au bout que tu ne l’aies pas dissimulé. Qui sait ce qu’une fille comme toi peut être capable de faire, je vais devoir te fouiller encore plus sérieusement. Suis moi dans le cagibi ! 

    Quand la porte du cagibi se referma sur les deux femmes on entendit la voix énervée de la patronne. 

    Laisse-toi faire, ou je demande à Monsieur Claude de s’en charger. Je suis sûr que tu ne le voudrais pas. Détends-toi, c’est un ordre !

    Il y eu quelques gémissements de douleur et la porte s’ouvrit à nouveau.

    Retourne à ta place lui ordonna la patronne qui se dirigea vers la lavabo pour se nettoyer les mains.

    Élise semblait complètement démontée.  Des larmes glissait le long de ses joues plus rouges qu’elle ne les avait jamais eu au cour de sa vie. Cette journée virait au cauchemar.

    Puis la patronne reprit sa place devant les filles.

    Bon, vous autres je vous épargne cet examen pour le moment. Maintenant nous allons procéder à la fouille complète du magasin et de l’atelier et cette fois-ci  aucun recoin ne sera épargné. Et si cette bague reste encore introuvable je me verrais dans l’obligation de vous interroger une par une, bien sûr avec l’aide de Mr. Claude. Et si vous avez la moindre chose à me cacher, on saura vite vous le faire avouer. Je répète, personne ne sortira d’ici tant que le bijou ne sera retrouvé, et nous avons toute la nuit devant nous. J’espère que je suis claire  ? 

    Toutes les filles pâlirent à l’idée de ce que pourrait signifier un interrogatoire poussé avec Monsieur Claude. 

    Mais Germaine prit la parole.

    – Mais comment pouvons nous être sûr que ce bijou était dans le drap , il aura pu tomber avant qu’on l’ait apporté ?

    ‘ Il n’est pas question de mettre en doute la parole de Mme de Béchamel qui est une dame très organisée et son intégrité est au dessus de tout soupçon. Pensez bien, son mari c’est le chef du cabinet à la mairie ! Si elle en avait après nous, notre réputation serait faite et je n’aurais plus qu’a fermer la boutique. Non, une fois pour toute nous allons retrouver cette bague et vous avez intérêt à faire chacune votre maximum, je vous l’assure ! 

    Une fois que les filles furent habillées la recherche reprit.

    Ce fut une opération d’envergure, menée sous  le regard impitoyable de la patronne et M. Claude qui semblaient épier le moindre de leur geste, la moindre négligence. Tous les meubles furent déplacés et chaque morceau de tissus et de lingerie examiné, même le coin confection, fierté de l’établissement, fut examiné des plus soigneusement. On inspecta aussi les tuyaux du lavabo et tous les tiroirs du bureau qui n’avaient aucun rapport avec les travaux de couture.

    A un moment, quand la patronne était avec Valérie en train de fouiller la boutique et que les filles restaient avec M. Claude, celui-ci ne pouvant retenir plus longtemps un besoin naturel se rendit au cabinet.

    Marinette se rapprocha de Germaine, elle chuchotait. 

    – On va jamais trouver, c’est sûr. Qu’est ce qu’on va prendre, et pour rien en plus ! 

    Germains reprit

    – j’ai déjà participé à un interrogatoire générale pour un début d’incendie, qu’on savait pas qui l’avait provoqué. Ça j’aimerais pas le revoir, j’en gardée un souvenir affreux, une de mes pires fessées de mon apprentissage.

    – Mais toi, au moins, tu es à l’abri de ça maintenant  ! 

    – Pas si sûr. ça peut rentrer dans les conditions exceptionnelles, elle peut me faire choisir entre la correction et un renvoi. On l’a déjà vu.

    Marinette laissa échapper des larmes.

    – C’est injuste, on va toutes être punies pour des clous ! 

    – Non pas punies, interrogées, et c’est pire parce qu’ils vont  vous pousser à bout pour  vous faire avouer. Quand on a rien à avouer dans ce cas là, on n’a plus que nos larmes pour se consoler.

    – j’aimerais encore mieux la police  ! 

    – Sur le moment oui, mais après va chercher une autre place. Quand la police s’en mêle t’es tout de suite cataloguée. Même si tu es innocente. Tout se sait un jour ou l’autre dans le métier. Et les policiers dans ces cas là ne valent guère mieux, beaucoup profitent de la situation avec des filles comme nous.

    Le bruit de la chasse d’eau arrêta leur conversation et M. Claude réapparu.

    Au bout de trois heures d’une recherche aussi intense qu’épuisante, ce que tout le monde redoutait était confirmé. Aucune trace de la bague. 

    Pour la patronne il devint évident qu’il fallait passer aux interrogatoires. Les filles furent à nouveau alignées et sans même demander son accord Mr. claude déplaça une table et une chaise au centre de l’atelier.

    Puis il ouvrit le placard et en sorti tous  les instruments qui servaient aux corrections habituelles. Il y avait le traditionnel martinet au bout duquel avait été insérées des billes de plomb pour rendre les lanières plus douloureuses. Il y avait également le battoir en bois et une poignée de  badines, toujours en nombre suffisant au cas ou certaines se rompent en pleine action, ce qui arrivait fréquemment.

    Ensuite, pour la toute première fois, il attrapa sur l’étagère du haut un instrument dont aucune des filles ne soupçonnait l’existence  :  c’était un véritable fouet qu’il fit aussitôt claquer sur le bureau. 

    Ce claquement raisonna comme une formidable détonation qui fit sursauter tout le monde, y compris la patronne.

    Terrorisées, les filles se mirent à trembler et certaine ne purent contenir leurs larmes.

    Était ce pour les intimider ou se préparait -il vraiment à s’en servir  ?  

    Mais le sang de Germaine ne fit qu’un tour.

    – VOUS N’EN N’AVEZ PAS LE DROIT  ! 

    – Bien sûr que si, pour les filles il n’y a aucun problème, tu le sais très bien, mais toi, tu es libre de ne pas recevoir, bien que je pourrais te l’imposer, car on pourrait qualifier la situation comme étant exceptionnelle.. Tu assistera à la séance et seras de toute façon fouillée de la même manière qu’Élise et cette fois ci pas de cagibi. Je pourrais même demander à Mr. Claude de s’en charger car je déteste faire ça.

    Mais avant de commencer, comme tu es la plus âgée et as le plus d’expérience, peut être tu sauras te montrer convaincante et persuader tes camarades d’avouer leur crime ou du moins ce qu’elles savent.

    Avec monsieur Claude nous allons vous laisser délibérer sagement cinq minutes . Mais si à notre retour rien n’aura été avoué nous pourrons commencer la séance en débutant par Élise.

    Sitôt le couple éloigné les filles se tournèrent affolées vers Germaine. 

    – Les fessées oui mais le fouet ?  Dis-nous qu’ils ne peuvent pas ! 

    – Hélas je ne peux rien pour vous. Je l’ai déjà vu pratiqué une fois, la pauvre fille doit en rêver encore aujourd’hui.

    Mais si l’une d’entre vous sait ou se trouve le bijou qu’elle le dise. Je ferai tout pour amoindrir la punition. Je proposerai même d’en recevoir une partie à sa place. Ça s’est déjà fait.

    – Ha mais tu crois que si on savait qu’on le dirait, avec le fouet qui nous attend.

    – Mais de toute façon c’est le fouet qui vous attend, et vous allez toutes y passer. Au moins la coupable serait la seule punie.

    – Mais qui nous dit que ce n’est pas toi qui l’a prise cette bague  ?  Après tout tu échappes aux raclées toi, tu ne risques rien  ! 

    – Je vous ai dit, je suis prête à soulager la punie en partageant sa peine.

    –  Mais si c’est toi personne ne va se dénoncer… Et c’est vrai tu recevrais le fouet à sa place  ? Alors si je me dénonce tu serais prête  ? 

    Germaine devint blanche à son tour, comme si elle  réalisait l’horreur de la situation si toutefois on en arrivait là.

    – Oui… En partie.. Si ça peut éviter aux autres d’en recevoir. Et si la coupable se dénonce évidemment.

    – Bla bla, j’y crois pas. Marinette se tourna vers Élise. Moi je suis sûr que c’est toi qui l’as, le drap c’était ton travail, alors c’est obligé, sors la tout de suite, je veux pas être fouettée à cause de toi ! 

    La coupe était pleine pour Élise. 

    – Non, tu n’as rien compris, vous ne comprenez rien. CE N’EST PAS MOI  !

    Élise se précipita sur Marinette et, levant les mains en l’air, se mit à la frapper de toutes ses forces, comme pour expulser toute la tension accumulée depuis quelques heures.

    – QUE SE PASSE-T-IL ICI  ? 

    C’était la patronne qui revenait avec M Claude. Ce dernier se précipita sur les deux filles pour les séparer.

    La patronne se dirigea vers Élise.

    Je vois que tu montre ta véritable nature, peut-être que la vérité est enfin en train d’éclater.

    Y-a-t-il quelque chose de nouveau ? 

    Un grand silence s’inséra comme un bloc.

    Germaine prit la parole.

    – Non, c’était seulement Marinette qui accusait Élise. A tort, j’en suis certaine.

    – A tort  ?  Et bien c’est ce que nous allons savoir bientôt. 

    ALLEZ LES FILLES, DÉSHABILLEZ VOUS  ! JE VEUX VOUS VOIR TOUTES A POIL. L’HEURE DE VÉRITÉ A SONNÉE  ! 

    – Et toi Germaine, as-tu pris ta décision  ? 

    – Je leur ai dit que si la coupable se dénonce maintenant je partagerais le fouet avec elle.

    – Tu es courageuse, mais crois moi il va falloir la convaincre par d’autres moyens. Alors déshabille-toi, comme elles. N’oublie pas qu’une fouille intime t’attend aussi  ! 

    Le déshabillage se déroula dans un lourd silence accompagné de ça et là de sanglots incontrôlés.

    Mr Claude se dirigea vers les instruments, histoire de se préparer pour ce moment historique. Corriger sept filles d’un coup et de plus avec le fouet… Il devra faire preuve du plus grand  professionnalisme.

    Quand toutes les filles furent à nouveau dans le plus simple appareil la patronne s’adressa à Élise.

    Il est encore temps pour toi.. Dernier avertissement, as-tu vu cette bague  ? 

    Au milieu des sanglot on entendit “pitié, ce n’est pas moi je le jure”.

    La patronne la fixait droit dans les yeux. 

    – Alors je laisse Mr. Claude opérer, et nous verrons bien  ! 

    Il ne fallut pas attendre longtemps pour qu’Élise ne se retrouve allongée en travers les genoux du fesseur. Ses deux mains sur le sol assurant son horizontalité.

    Germaine se cru nécessaire de parer au pire pour épargner un tant soit peu Élise

    – C’est sa première correction, elle n’a jamais été fessée. ! 

    On aurait dit que la patronne s s’arrêta de respirer tellement la surprise fut grande

    – Comment ça, tu n’a jamais été corrigée ? Cela expliquerait alors bien des choses. Comment peut-on apprendre le bien et le mal si on ne ressent pas dans sa chair tout ce que le mal peut faire ?

    Tu as donc toute une éducation à revoir et Mr. Claude saura bien s’en charger.

    Germaine se mordit la lèvre et la langue pour avoir dit une chose qui se retournerait contre Elise.

    On entendit la voix à peine reconnaissable d’Élise.

    – Pitié, je suis innocente, je vous le jure  ! 

    Allez Claude, commence, apprends lui la vie et fais la avouer en toute honnêteté !

    M, Claude commença à lui claquer les fesses encore toutes blanches qui commencèrent rapidement à virer au rose.

    Élise extrêmement tendue faisait encore tout son possible pour se contrôler puis peu a peu, à mesure que les coups se firent plus intenses, se tortillait. Tout à coup sa main droite lâcha le sol pour venir protéger ses parties charnues qui commençaient à la cuire très sérieusement. Machinalement Mr Claude lui bloqua son avant bras sur ses reins et reprit de plus belle les séries de claquements sur une peau devenue bien marquée. Élise se tortillait et comnencait à geindre.

    Les filles ne quittaient pas des yeux une scène qu’elles avaient si souvent observées quand ce n’était pas elles qui faisait les frais du spectacle. Elles connaissaient toute la puissance musculaire de cette homme qui pouvait claquer sans fatigue sur des durées extrêmement longues. 

    .

     Que n’auraient t-elles pas sacrifier pour que Élise cède le plus  vite possible et leur épargne l’angoisse de prendre sa place. Car cette fessée serait pour chacune exceptionnelle. Le redoutable fouet en s’abattant sur la table en avait plus dit sur son efficacité que n’importe quelle menace. A toutes, même aux plus endurcies il leur semblait impossible de supporter cette lanière tressée capable d’entailler d’un seul coup la chair.

    Quand enfin M. Claude eut fini avec les mains Élise se releva en se frottant énergiquement son fessier en feu. Elle essayait vainement de contrôler ses pleurs.

    Ensuite sans ménagement il la plaqua sur la table et s’empara du martinet. Ainsi courbée les fesses très rouges mises en valeur exposées face aux filles, le travail aux instruments pouvait commencer.

    Le martinet, elles en avaient toutes plus ou moins l’habitude. Le nombre de coups administrés pouvait se révéler impressionnant . Mais tout dépendait aussi de leur intensité. Il laissait sur les lobes des striures plus ou moins gonflées et les billes de plomb imprimait des sortes de points blancs sur la  peau. M Claude était passé virtuose dans son maniement..

    A peine le martinet commença a entrer en action qu’il arracha à Élise des cris de douleur et de désespoirs. Certaines filles comme Marinette et  Gisèle ne purent réprimer un sourire en pensant que cette fille en recevait pour la première fois. Elles qui en étaient familières de longue date, éprouvaient un certain plaisir à voir cette ingénue enfin soumise à l’école de la vie, celle par laquelle elles étaient passée sans que rien ne leur ait été épargné. Elle trouvait là un semblant de justice. Même si elle savait que viendrait après leur tour. Seul l’idée du fouet gâchait vraiment ce sentiment de revanche. 

    Élise de son côté n’étant plus maintenue remuait et menaçait de se lever à chaque cinglée. La patronne la maintint alors d’une main ferme au niveau de la nuque mais m’empêcha pas le reste du corps de se tordre sous les  volées. Les fesses commençaient à être vraiment striées, laissant apparaître des reliefs sur toutes leur largeur. Au bout d’un certain nombre de coups très élevé, une bonne centaine M. Claude s’arrêta.

    Élise pleura encore un bon moment, puis la patronne s’adressa à nouveau à elle.

    – Maintenant c’est ta dernière chance d’éviter le fouet. OU SE TROUVE CE BIJOU ? 

    – Comme anéantie Élise ne put même pas même répondre.

    La patronne alors fit la moue, comprenant qu’il n’y aurait rien à en tirer et que la faute ne pouvait sans doute plus lui en revenir. 

    Il fallait malgré tout appliquer le fouet pour se rendre crédible vis à vis des autres filles qui attendaient la suite avec angoisse. 

    Elle se dirigea alors vers Élise pour la maintenir solidement par le côté des côtes. Elle fit mine alors à M. Claude de commencer.

    Celui-ci, un peu hésitant recula et leva le bras. Le claquement qui s’en suivi déclencha aussitôt un hurlement strident de la part d’Élise qui semblait pourtant avoir atteint les limites de l’épuisement.

    Il s’était dessiné une strie profonde que jamais une des filles, à part Germaine dans une autre situation n’avait pu constaté jusqu’alors. Le sang n’était pas loin.

    M. Claude commença à lever le bras pour un deuxième coup quand on entendit une voix implorante.

    – ARRÊTEZ ! CE N’EST PAS ELLE, JE SAIS QUI C’EST ! 

    C’était Henriette, sainte Henriette qui les yeux en pleurs laissait voir une détresse et une colère intense.

    Ah tu le sais ?  Avance-toi, dis-nous tout ! 

    L’air éberlué la pauvre fille s’avançait.

    – C’est…. C’est…. C’est moi ! 

    La patronne roula alors des yeux étonnés.

    – Toi ?  C’est étonnant !  Alors sorts la bague et immédiatement.

    – Je …. Je sais plus…

    – Comment ça tu ne sais pas  ! 

    – Non… Je l’ai perdu… Je sais plus  ! 

    Elle semblait chercher désespérément ses mots à chaque phrase.

    – Et bien nous allons te rafraichir la mémoire ma fille et immédiatement  ! 

    En moins de deux l’échange sur la table d’exécution fut opéré et la pauvre Élise qui ne tenait à peine debout reprit sa place en pleurant, n’osant a peine toucher sa plaie de peur d’en attiser la douleur.

    Sans passer par aucune étape intermédiaire Mr. Claude s’empara du fouet.

    – Comme pour Élise le premier coup arracha un cri strident qui fut suivi cette fois ci d’implorations.

    – Non ce n’est pas moi, pitié, c’était pour délivrer Élise, pitié ce n’est pas moi ! 

    – Ah maintenant tu te contredis ?  Mais on va bien faire sortir la vérité de ta bouche fit elle en regardant M. Claude.

    Celui-ci lui assena un deuxième coup encore plus décisif qui laissa une autre trace impressionnante sur les fesses encore blanches.

    Le cri de douleur et de désespoir fut encore plus terrible. Mais contre toute attente quand les pleurs cédèrent leur place au silence pesant qui régnait, une sorte de battement lointain se fit entendre.

    Après  quelques secondes d’interrogations il devint évident que quelqu’un frappait aux volets de la boutique, La patronne furieuse ne se laissa pas démonter et se dirigea vers la boutique. On entendit le volet s’ouvrir et des phrases rendues incompréhensibles par la distance se fit entendre. 

    Au bout de deux minutes la patronne revint avec un regard légèrement égaré.

    Nul doute qu’il venait de se passer quelque chose et la voix mal assurée qu’elle prit ne fit que confirmer cette sensation.

    – Vous avez de la chance les filles, c’était la domestique de madame de Béchamel elle est venue nous dire que la bague a été retrouvée. Le chat aurait joué avec et envoyé atterrir dans un recoin bien éloigné de son lieu d’origine. Je dois vous avouer que je suis rassurée.

    Tout à coup elle s’arrêta, dans un silence de mort, tout le monde la fixait silencieusement, comme en suspens, Mr Claude le fouet encore en main et la pauvre Henriette dont les fesses avaient commencées à saigner et le visage inondé de larmes avait cessé ses lamentations.

    …..

    Devant un silence aussi lourd, une vague d’incertitude semblait traverser la patronne. Puis tout à coup, comme sous l’effet d’un feu intérieur qui se rallumait elle reprit cette énergie infatigable et tranchant qui d’ordinaire la caractérisait.

    – NE CROYEZ PAS QUE JE REGRETTE UN SEUL INSTANT CE QUI VIENT DE SE PASSER  ! 

    IL N’Y AURA AUCUNE EXCUSE DE MA PART  !

    C’est moi qui ai en charge cette boutique. Je suis comme votre mère, c’est à moi que vous devez votre pitance journalière et c’est MOI QUI COMMANDE  ! 

    Si j’ai du en arriver là c’est qu’il le fallait croyez moi. Mais peut être auriez vous préférer que j’appelle la police ? Elle aurait su vous faire parler aussi et croyez moi, EUX ils savent y faire  ! 

    Puis elle se tourna vers Henriette.

    Et toi, qu’est ce qu’il te prend de te dénoncer pour rien ?  Crois tu que tu arranges ainsi la situation, notre situation ? 
    Pour t’apprendre une bonne fois pour toute à tenir ta place et tu vas recevoir quand même dix coups de fouet !

    Sitôt dit, le visage d’Henriette fut submergé par un tsunami de terreur quand tout à coup la voix de Germaine domina la pièce d’un ton décisif :

    – MAIS POURQUOI LA FOUETTER ?  C’est horrible et injuste. Elle s’est dénoncée par pitié pour Elise. Au moins elle, elle a quelque chose qui vous manque totalement, un CŒUR

    – Elle sera fouettée pour entrave à la bonne marche de cette maison. Il faut une loi  et ici la loi c’est moi. Pas besoin de cœur.

    Elle prit un ton railleur : 

    A moins bien que que tu veuille prendre sa place pour montrer le tiens ? 

    Germaine devint vraiment furieuse.

    – Et qu’auriez vous fait en les fouettant toute la nuit et que le bijou n’ait pu être retrouvé  ? 

    – Et bien c’est simple, quand Mme de Béchamel serait revenue, je lui aurais montré l’ état de leurs fesses. Ça aurait été un gage de mon sérieux et la preuve de leur sincérité. Car sous le fouet on avoue forcément. Quand à toi, je t’aurais confié à la police pour qu’ils s’interrogent puisque je n’en n’ai plus le droit.

    Alors, veux-tu prendre la place d’Henriette ? 

    – Non seulement je ne prendrais pas sa place mais je n’assisterais pas à la correction, ni à aucune autre. Je ne peux supporter tant d’injustice et de perversité chez vous. Je démissionne.

    En entendant cela, la patronne fut prise par une sorte de hoquet qui contracta tout son corps. Ses yeux se révulsèrent. Jamais une employée et une employé de cette valeur n’avait osée lui faire un tel affront. Elle semblait atteinte par une sorte d’hystérie incontrôlable.

    – Claude, attrape-la je vais moi-même la fouetter ! 

    M. Claude semblait inquiet et perturbé, il hésitait. Puis tout à coup il se dirigeat vers la patronne et s’emparant d’elle la souleva comme un paquet de linge et la déposa à la place d’Henriette qui ne demanda pas mieux que de céder elle aussi la place. Les filles restaient interloquées.

    – Que fais tu  ? Lâches moi, salopard, tu vas le regretter ! 

    Mais la femme, bien trop faible pour résister se débattait en vain.

    M. Claude, par quelques gestes dont la fermeté que sa force pouvait se permettre, tout en la maintenant se mit à la déshabiller, lui arrachant quasiment tous ses vêtements un par un. 

    En quelques seconde le corps de la quinquagénaire fut entièrement dénudé, montrant sur son dos, les fesses et les cuisses des traces d’anciennes blessures. On en avait douté, le bruit qui courrait depuis longtemps que cette femme avait suivit dans sa jeunesse son apprentissage dans un des atelier les plus sévères du pays, semblait bien se confirmer.

    Arrête immédiatement, tu finiras en taule. Espèce de lopette. ET TU CROIS BIEN SAVOIR BAISER ?  SI LES GENS SAVAIENT !

    Les injures fusaient à flot continu mais sans perturber en aucune manière le colosse qui s’était saisi d’une corde et attachait la vieille à demie allongée sur la table.

    Quand tout fut prêt il s’empara du fouet et le fit abondamment claquer sur les fesses et les cuisses de sa maitresse provoquant des hurlements de porcs et de hyènes réunis.

    Les filles exaltaient. Jamais elles n’auraient cru possible d’assister à un tel spectacle. Voir cette femmes qui les avait tant fait punir, et parfois pour si peu, recevoir la suprême des corrections les mettaient en joie et même “sainte Henriette” dont les douleurs déchirantes la brulait encore, rayonnait de contentement. Jamais elle n’aurait imaginé voir cela et en éprouver du plaisir. Même  Valérie la vicieuse,  qui subit plus que toute autre, à longueur de journées les humeurs de sa maitresse dans la boutique.
    Ce moment unique dans leur carrière sonnait comme un triomphe et qu’importe ce qu’il adviendrait par la suite ! 

    Quand au bout d’une vingtaine de coups  la patronne eut cédé complètement et fut devenue plus que ce corps inerte traversé par des spasmes furtifs, il lâcha le fouet.

    Il y eut un grand silence seulement bercé par les pleurs a peine audibles de la victime.

    C’est alors qu’Élise s’avança et se saisit à son tour du fouet qu’elle retourna dans l’autre direction approchant le manche rigide vers les fondements couverts de plaies de sa patronne. Elle était bien prête à lui faire subir les mèmes offenses que cette dernière lui avaient promulguées quelques heures auparavant.

    Mais arrivée à  proximité, elle hésita un moment à pénétrer ce corps vaincu, et tout à coup laissa tomber le fouet. Ses yeux s’emplirent encore une fois de larmes mais c’est un rire qui sortit de sa bouche.

    Fin

    • Ce sujet a été modifié le il y a 6 mois par Confessius.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 6 mois par Confessius.
    #67453
    Dyonisos
    Participant


    C’est pas du Zola mais presque. On s’y croirait, bravo, belle écriture et beau récit historique.

     

    je suis comme vous passionné par la fessée donnée et reçue et tout ce qui tourne autour de ce fantasme.

    #67454
    Badine79
    Participant


    Bonjour très joli texte qui montres bien l ambiance  corrective et éducative des ateliers du début du siècle

    Le Martinet  était souvent utilisé

    Celui-ci faisait parti du paquetage du poilus de 14

    IL était utilisé pour enlever la boue des vareuses mais aussi paraît il a d autres fins

    Merci pour ce partage

     

3 sujets de 1 à 3 (sur un total de 3)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
PHP Code Snippets Powered By : XYZScripts.com