Le principe de proportionnalité

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  • #73095


    Je suis prosopagnosique. Pas au point de ne pas me reconnaitre moi-même dans un miroir, mais quand même assez pour devoir l’indiquer “par honnêteté” lors d’un processus d’embauche. Je le dit quand l’affaire est <i>presque</i> conclue : quand je sais qu’ils m’ont déjà choisi mais avant que le contrat ne soit signé. Voilà, comme ça, hop!, on ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir prévenu.
    Mais mon honnêteté se limite à le “dire”. Je ne vais pas jusqu’à faire en sorte qu’on me croit ou qu’on comprenne vraiment de quoi il s’agit. Faut pas exagérer non plus, hein ? C’est quand même un petit handicap dans mon domaine, et personne ne cherche du travail ou des clients en insistant sur ses handicaps.

    Le plus souvent, voici comment ça se passe :
    – Mon interlocuteur, d’un air inquiet : “Kesako ?”
    – Moi : “j’ai de la difficulté à reconnaitre les visages”
    – Mon interlocuteur, soulagé, limite amusé que je fasse mention de quelque chose d’à ce point anodin : “Ah ! Oui, moi non plus je ne suis pas physionomiste !”
    Et là, je réponds rien… Je souris d’un air le plus niais possible… On ne parle pas de la même chose, mais je ne vois pas pourquoi que ça serait à moi de l’en informer. Lui n’a pas reconnu un ancien camarade de classe avec qui il avait “gymnastique” quand il était en 4ème ; moi je n’ai pas pas reconnu la personne avec qui j’ai soupé la veille. Pas la même chose. D’ailleurs, il y a deux mots distincts : “pas physionomiste” et “prosopagnosique”. C’est un indice, non, le fait qu’il ait 2 mots distincts ?
    Et hop, je signe le contrat avant que le Monsieur ne croise un dictionnaire…

    Il semble par contre n’y avoir qu’un seul mot pour “procrastination”, peu importe le degré de ladite procrastination. C’est un problème. Comme pour la reconnaissance des visages, une différence de degré justifierait en soi qu’on puisse user de 2 mots différents.
    Sinon, on ne sait plus de quoi on parle, c’est le bordel.

    Quand je lis vos histoires (et j’adore lire vos histoires), la procrastination des demoiselles s’invite souvent au milieu de l’action. Enfin, non, pas “au milieu” de l’action, plutôt “avant”… La procrastination “avant” sert de prétexte à l’action proprement dite. Mais vous m’aurez compris…
    Or j’ai à peu près autant de difficulté à réconcilier votre notion de ce qu’est la “procrastination” avec la mienne, que j’en ai quand quelqu’un me réponds que lui non plus n’est pas physionomiste quand j’évoque ma prosopagnosie.

    D’ailleurs vous illustrez souvent cette procrastination par l’action de remettre “au lendemain” ce qu’on pourrait faire “le jour même”. Je vous avoue, je trouve ça limite rigolo. Dans mon monde à moi, “le lendemain” et “le jour même” se confondent un peu dans le même espace-temps aux limites un peu floues.

    “L’année prochaine” et “le jour même”, oui, là d’accord j’arrive à percevoir vaguement une différence. Mais “le lendemain”…? Sérieusement ? Le lendemain n’est-il pas un peu près la même chose que le jour même, à moins d’être vraiment chipoteur ?
    Ceci dit c’est vrai qu’il semble y en avoir pas mal, des joyeux chipoteurs, parmi les hommes qui s’expriment sur ce forum…

    En ce qui me concerne, j’estime ne pas avoir procrastiné sur le paiement de ma facture d’électricité si la lumière s’allume quand j’actionne l’interrupteur, preuve qu’on ne m’a pas encore coupé. Voyez ? Pour moi la procrastination serait plus justement définie par ce genre de critères, très objectifs, que par la pile de courriers de rappel qui s’amoncèlent quelque part dans la maison.

    Une fois redéfinie ainsi pour ce qu’elle est vraiment, il faut bien se l’avouer, la procrastination c’est une plaie. En ce qui me concerne je me demande même si elle ne me pourrie pas encore plus la vie que ma prosopagnosie, c’est dire. Là, par exemple, ça fait 2 ans que je reporte à demain l’ennuyeuse tâche d’ouvrir mon courrier. Je dois reconnaitre que ça commence à être un tantinet abusé. J’ai l’impression qu’il y a des gens et des administrations qui commencent à insister lourdement pour rentrer en contact avec moi. J’ai aucune idée de ce qu’ils me veulent, mais j’ai chez moi un grand tiroir où je balance dès son arrivée le courrier sans l’ouvrir (c’est mon truc secret pour conserver ma sérénité) et ce tiroir commence à être plein. Il va falloir que j’investisse dans un second tiroir – solution 1 ; ou que j’ouvre le courrier du premier tiroir et que je le traite afin de faire diminuer la pile – solution 2.

    J’ai une nette préférence pour la solution 1, évidemment. Ca me semble plus simple, plus efficace à court terme et moins prise de tête.

    Mais imaginons que dans un moment d’égarement ou de grande bravitude j’envisage la solution 2… Comment m’y prendre, où trouver la motivation nécessaire, comment garder le cap ?

    En grande adepte des médecines alternatives, j’ai évidemment pensé à l’éventualité de me plier aux différentes techniques de motivation promues sur ce forum. Mais même si les gentils membres praticiens de ce site n’étaient pas tous à 6000 km de Montreal où j’ai le bonheur d’habiter, je ne peux pas m’empêcher de nourrir d’autres hésitations en lisant ces récits de fessées que je trouve extrêmement sévères et qui s’abattent sur le postérieur de jeunes femmes qui n’ont commis d’autres fautes que de remettre ce qu’elles pouvaient faire le jour même non pas à l’année prochaine… mais à peine au lendemain !

    Si le principe de la proportionnalité de la punition est fonction de la gravité de la faute, je m’inquiète un peu, forcément, eu égard à mon niveau olympique en terme de “procrastination”. Je n’ai jamais encore reçue de fessée punitive, et même si je suis tentée je me pose des questions sur ma capacité de résistance et d’endurance…

    Par contre si le principe de proportionnalité est plus fonction de l’expérience de la receveuse, c’est peut-être jouable…

    En attendant et dans le doute, je me dis que ce n’est peut-être finalement pas si mal que mes fesses soient à l’abri de ce côté-ci de l’atlantique… 🙂

    #73100
    Valdivia
    Participant


    C’est un délice d’entrer dans votre raisonnement incroyablement logique. Quelque part, on pourrait même se prendre à rêver de savoir aussi bien que vous «  virer dans un tiroir » ou «  oublier la tête de c.. du voisin » si vous n’indiquiez pas toutes les difficultés qui peuvent s’y associer.

    Honnêtement, je ne pense pas que la fessée soit le saint graal pour «  corriger «  de toute façon. Il doit bien y avoir des québécois qui s’y adonnent tout simplement par plaisir et la main légère? Je vous le souhaite vraiment !😉

    bravo pour votre magnifique exposé !🙏

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par Valdivia.
    #73103
    Manfred
    Participant


    Je rejoins les compliments de Valdivia sur l’excellence de votre exposé. Je suppose que le principe de proportionnalité ne s’applique pas uniquement à la gravité de la faute mais aussi à l’expérience de la jeune femme et son ressenti par rapport à la douleur qui est différent pour chacun et chacune. Il me semble même que c’est là le premier devoir de celui qui vous prendrait en charge si tel était votre souhait. Mais peut-être votre interrogation n’est-elle que rhétorique ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par Manfred.
    #73210
    Docteur Clack
    Participant


    Très intéressant cas que vous décrivez chère Jade. Du genre qui déclenche une envie de se jeter dans un avion pour en parler de vive voix si ce n’était pas si compliqué en ce moment.

    Je ne connaissais pas la prosopagnosie. Vous devez avoir développé des stratégies très subtiles dans vos relations sociales. Reconnaissez-vous les voix ou font-elles partie de cet ensemble indistinct ?

    Pour ce qui est de la procrastination je partage largement votre approche. Décider d’agir ou non est une question de priorité, et il n’est aucun sujet sérieux qui ne se règle par l’action d’une autre personne avant qu’on n’ait besoin de s’en mêler. Seul le résultat compte. Et pour moi il n’est de fessée que pour l’absence de résultat, ou pour un résultat répréhensible, non pour la procrastination elle-même.

    Quand à la question de la proportionnalité de la faute et de la punition, les barèmes peuvent faire partie d’un jeu, mais j’avoue que l’arithmétique en matière de fessée me semble hors de propos.

    La seule proportionnalité que j’applique est celle liée à l’envie. La mienne et celle de la dame. Les accorder est ce qui demande le plus d’effort mais présente aussi le plus d’intérêt. L’expérience facilite les choses mais ne remplace pas l’essentiel: la communication entre deux âmes qui ont besoin l’une de l’autre à un moment précis.

    En espérant que mon propos vous apporte des éléments pour vos interrogations, y répondre ou les enrichir.

    #73220
    Yves
    Participant


    Bonjour,

    Quel exposé ! Digne d’une conférencière. Bravo.

    Je vais revenir sur le point de la proportionnalité, si vous le voulez bien. J’ai eu à faire à deux tutorats. Je rappelle le principe : il s’agit de corriger certains comportements ou d’atteindre certains objectifs pour la demoiselle qui s’y soumet. La sévérité de chaque punition, car il s’agit bien de cela, dans ce cas, est toujours fonction de la personne. Sa tolérance, son ressenti, son endurance. Donc des discussions longues ont toujours lieu au préalable. Deux mots, pour moi, doivent dominer ces discussions : respect et bienveillance. On y définit ce que l’on souhaite dans ce tutorat, les limites, les attentes, la méthode. Ce n’est pas parce que c’est purement disciplinaire que cela doit n’aller que dans un seul sens. Une bonne communication, une certaine complicité et une écoute franche et permanente sans non-dits doit exister.

    Ceci ne représente qu’une cas de figure spécifique, mais je crois aussi qu’il est démonstratif.

    J’ai eu des “élèves” qui n’aimaient franchement pas la fessée mais qui acceptaient d’en recevoir car la crainte avait pour effet de les faire avancer. En tant que disciplinaire, il ne faut surtout pas négliger cet aspect psychologique.

    Les “élèves” vous testent jusqu’à qu’elles aient goûté à la première fessée. Si celle-ci est suffisamment démonstrative, en général, cela s’arrête assez vite. Mais cela doit toujours être fait dans le respect et dans la bienveillance de l’autre et sans excès de sévérité, ici, le sadisme n’a pas sa place.

    L’élève donne sa confiance au tuteur. Moi, je prends ça comme un honneur et un privilège, et je suis très humble par rapport à ça.

    Il s’agit d’un point de vue, mais jusqu’ici, cela ne fonctionne pas trop mal.

    J’espère que ce qui est énoncé ici vous permettra d’aller plus loin dans vos réflexions…

    Mesdames, mesdemoiselles, mon propre plaisir passe par le vôtre

    Blog : histoires-jr33.blogspot.com

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