Le point de bascule

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10 sujets de 1 à 10 (sur un total de 10)
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  • #77917
    Dreaming_Marie
    Participant


    Il était grand, il était beau. Son long manteau le suivait comme un écho. Ça pourrait être le début d’une chanson mais ce qui suit sera moins poétique. Quelque chose de brut et enragé, une ligne droite des baisers à la pénétration, une violence à peine contenue. Un film porno pour midinette en somme.

     

    Parce qu’il faut bien avouer que c’est ce que j’étais. Une ado aux fantasmes troubles, aux désirs inavouables même à elle-même. Avec un petit peu de recul, il n’y a rien de si incroyable à raconter finalement. Une main qui se serre autour de la gorge. Un corps qui plaque au mur. Un regard qui n’hésite pas. Des gestes qui prennent comme si tout leur était dû. Des doigts inquisiteurs qui fouillent sans égards. Un sexe qui prend sans attendre. Des mains qui fessent sans gêne. Des cris rauques. Une jeune fille penchée face au mur, pantelante. Le premier orgasme.

     

    Mais qu’est-ce qui vient de se passer ?! Je l’avais rencontré, tout simplement. Celui grâce à qui je n’allais plus pouvoir ignorer la nature de mes envies. Celui à cause de qui je n’allais plus savoir me contenter d’une caresse si elle n’est pas suivie d’une gifle. Celui qui a cassé la bride des démons dans ma tête et dans mon corps.

     

    Et vous ? Quel a été le déclic qui vous a fait basculer du côté obscur de vos désirs ?

    #77919
    Victor
    Participant


    Qu’est-ce qui m’a fait envie de passer à la pratique ? L’envie irrépressible… Les fantasmes démesurés… qui prennent trop de place… beaucoup trop de place. Le ras le bol de se dire que ce n’est pas bien, qu’il ne faut pas faire ça, qu’on est pas normal… mais qu’il faudrait plutôt faire ceci ou cela ou se rabattre sur une sexualité moins débridé.

    Et un jour j’ai “craqué”. Je me suis dit : “Et pourquoi pas ?! Il y a l’air d’avoir des gens comme moi”. Et j’ai trouvé quelqu’un avec qui joué. Ca ne s’est pas trop mal passé, puis on s’est revu, et encore. Il y a eu une longue pause. Certaines choses étaient allées trop vite. Et les fantasmes se sont précisés, affinés et les discussions sont devenues plus précises. Et un jour, on se dit : “je suis normal, d’autres aiment autant que moi, je veux les rencontrer !”.

    Et on croise des regards, des regards d’envie. On se prend au jeu. On prend plaisir et c’est “l’engrenage” de bonheur

    #77929
    chtiFesseur
    Participant


    C’est difficile de définir un moment précis. Mais à la vingtaine, en errant sur le net, j’ai découvert que le BDSM existait. Ce fut fascinant et effrayant à la fois. Et puis, j’ai eu la chance que ma première compagne ait eu envie de découvrir avec moi. C’est difficile de définir un point de bascule précis, car il y a ces différentes phases de découverte, d’acceptation, etc. En revanche, je me souviens très bien de la première fessée que j’ai donnée. C’était la révélation, et d’autant plus magique que ce n’était pas programmé.

    #77932
    Nush
    Maître des clés


    En ce qui me concerne il n’y a pas de « point de bascule ».

    Il y a une découverte lente et très progressive de mes paraphilies. Avec certaines hésitations, doutes, avancées, ….

    Je peux être dans une forme d’intensité et d’avidité érotique mais rien de comparable à ce qui est décrit.

     

     

    C'est la nuit qu'il est beau de croire en la lumière.
    #77935
    Paulparis
    Participant


    L’univers de la fessée me trotte dans la tête depuis si longtemps… depuis l’adolescence en fait et je ne me souviens pas précisément d’un moment déterminé. J’appartiens à une génération ou la fessée était assez courante à la maison. Chez moi, chez mes amis. Cela me faisait déjà fantasmé et j’imaginais mes amies fessées chez elles. Un bon sujet d’excitation et de plaisir solitaire.

    Vint ensuite la période de frustration. Je n’osais pas demander à mes petites amies si elles aimeraient être fessées (ou me l’administrer…). Il m’arrivait d’y faire allusion mais de si loin que ça ne risquait pas d’aboutir. Alors, lorsque j’ai eut les moyens, je le confesse sans honte, j’ai été assouvir ce fantasme si présent moyennant finance. Quand on habite Paris, il est facile de trouver des professionnelles qui acceptent volontiers de vous fesser… beaucoup plus facilement que d’être elles-même féssées. C’est là que j’ai trouvé un goûts certain pour le switch.

    Vint ensuite la découverte de clubs libertins sur ce thème. Le temps des rencontres avec. Puis les forums sur internet, dont celui ci que je trouve formidable.

    Finalement, ça a du bon d’habiter Paris !

    #77942
    Anonyme
    Inactif


    La bascule a eu lieu lorsque une femme m’a demandé de lui administrer une fessée.

    Je raconte d’ailleurs cet épisode dans ma chronique.

    #77951
    Eva
    Participant


    Le point de bascule. Et si..il n’y en avait pas qu’un? En tous cas moi je ne le vois pas comme unique. La fessée fait partie de mon univers sexuel depuis toute petite. Est ce que ce sont des lectures?( de la Contesse de Segur, à Manara, au courrier des lecteurs du magazine Union?), est ce mon premier coming out avec des femmes qui souvent étaient plus lesbiennes que moi? Est ce la première fessée reçue et partagée de manière inopinée ? Est ce la première fois où j’ai joui sous la coupe d’un Dominant? Est ce la première fois où j’ai suivi et dominé quelqu’un?Est ce la première fois où j’ai failli dans une identité ou dans l’autre? Il y en a plein des points de bascule… car il s’agit avant tout pour moi de ne pas chuter et de trouver un équilibre…et que c’est beau…juste comme ça;)

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 mois et 2 semaines par Eva.

    Se révèle être "comme une boule de flipper,qui roule qui roule...".

    #78014
    Sombrelle
    Participant


    Wahou @dreaming_marie!
    Décidément ça se confirme, j’adore vos mots et votre manière d’écrire, je l’envie même…
    On dirait que vous avez lu mon âme!

    Le déclic pour moi fut une déception sentimentale extrêmement douloureuse psychologiquement, la relation était vanille : le prince charmant et sa princesse… tout ce qu’il y a de plus cliché. Elle a mal tourné et la princesse s’est transformée et a laissé ses démons l’habiter librement.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 mois et 2 semaines par Sombrelle.

    https://sombressensuelle.blogspot.com/

    #78016
    Sacha
    Participant


    Je ne me souviens pas du tout du jour où j’ai commencé à aimer la fessée. Je me suis souvent dit que cela devait être inscrit dans mon thème astral ou dans mes gênes.
    Mais j’ai appris une anecdote qui, il y a pas longtemps, m’a fait douter de ce fait.
    J’ai été élevé par mon frère, un musicien assez connu dans le milieu du raï, à Marseille. Nous avions un père en commun : ma mère était française et la sienne malienne. Il m’a offert juste ce dont a besoin un enfant pour grandir de travers : de la bouffe et de la liberté. Je le voyais rarement parce qu’il gagnait notre loyer et notre pain en jouant dans plusieurs bars de Noailles, de l’apéritif jusqu’aux premières heures de l’aube. Percussioniste dans plusieurs groupes, il me laissait trainer dans sa salle de répétition. Il avait une relation douce-amère à la musique et voyait d’un assez mauvais oeil que je m’essaie en autodidacte à ses instruments. Il détestait en particulier que je m’amuse avec une derbouka particulièrement ornée que j’adorais. La peau n’était pas translucide comme souvent avec ce type d’instruments mais c’était une belle peau de cuir grainée comme les djembés ou les congas. Je n’ai jamais eu le sens du rythme alors je m’amusais à frapper de toutes mes forces la peau et je caressais les inscriptions en arabe sur le corps en métal de l’instrument. Une fois, mon frère m’a surpris en train de taper comme un sourd sur l’instrument, dans un état d’excitation comparable à la lubricité la plus extrême. Sauf que je n’étais pas encore nubile. Il m’a mis une dérouillée de l’enfer, j’ai craché du sang pendant trois jours et je n’ai jamais revu la derbouka.

    Après que j’ai quitté le domicile, je l’ai peu revu. On s’appelle de loin en loin, même si je suis revenu vivre à Marseille. Il y a quelques semaines, nous discutions les pieds dans l’eau près de l’Estaque. Je lui ai reparlé de cette derbouka, de sa violence folle. Et il m’a raconté le pourquoi de sa colère ce jour là. Cet instrument était le seul souvenir de sa première copine, une chanteuse qui lui avait appris à déchiffrer une partition, et qui lui avait également appris à donner la fessée, fantasme très profond chez elle et qu’il m’avouait partager, pour la première fois de sa vie.
    Avant de mourir de la petite vérole, elle lui avait fait promettre de confectionner une derbouka avec la peau de son cul.

    Elle était si gironde qu’il avait même pu en faire une batterie complète qu’il avait vendu à prix d’or à un mélomane cannibale et pervers de Hambourg.

    Et là, en écoutant les motos se cabrer en I sur la jetée du port, j’ai enfin compris l’origine de mes fantasmes.

    #78991
    Filou
    Participant


    Un point de bascule ? Ou un évènement déclencheur qui fait sortir ce qui était enfui…

    Pour ma part, pas de point de bascule, juste une découverte par les premiers forums traitant du sujet, des discussions où l’on se prend au jeu, des rencontres qui changent la vie mais nous font évoluer aussi. Des envies qui naissent et s’atténuent mais ne disparaissent pas, d’autres qui nous hante, d’autres encore qui viennent nourrir nos fantasmes. Et plus on en découvre, plus on veut en découvrir.

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