La vingtaine en voyage – la fessée de l’Inca

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  • #77009
    Abi San
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    Nalgada / Azotaina ou la trahison de Pultumarca

     

    Andes du nord. Pérou.

    A 6 km de Cajamarca au mois de janvier.

    Pultumarca : eau chaude, en quechua.

    Los Baños del Inca

     

    La vieille se traîne devant eux, ses deux serviettes sur le bras. Porte 7. Elle ouvre, s’avance et recule d’un pas, lui referme aussitôt la porte sous le nez. Eh non, c’est plein là-dedans ! Abi a eu le temps de voir un père, au moins trois gosses et une mère qui se drape fébrilement dans sa serviette.

    – Allez, la vieille ! Tellement inefficace ! Traîne tes savates, je vais te les ouvrir, moi, tes portes !

    Elle ouvre une porte au hasard, sur la droite. La vieille fait signe que non : le bassin est vide, sans eau ni vapeurs.

    – Abi ! Tu arrêtes. Tout de suite.

    Il l’a prise par le bras, l’attire contre lui ; elle se dégage d’un mouvement.

    – Oui, oui. Je lui laisse une dernière chance, avant de lui faire avaler ses serviettes.

    Ils suivent la vieille et ses crocs qui patinent sur le carrelage humide.

    – Franchement, Max, ras la baraque ! On marche deux heures, pour économiser 5 soles, et puis il faut se traîner derrière l’abuela, dans ses couloirs de prison glauque. C’est ça la station thermale de l’empire Inca ? les bains du dernier empereur ? On dirait les salles de douches abandonnées d’Alcatraz, sérieusement !

    – Voilà, porte 13. Tu vois, tu as gagné au change : regarde comme c’est grand. Ça ne valait pas le coup d’attendre ?

    – Mouais. On n’a vu que 3 bassins pour comparer.

    – Abi…

    – Mais oui ! elle est spacieuse pour deux – encore heureux.

    Elle jette son sac sur le banc de bois, se déshabille d’un geste. Dans les vapeurs qui montent, son buste apparait dans sa nudité.

    – Tu es sérieuse ? Tu attends qu’elle sorte, s’il te plaît ?

    Il prend les serviettes que lui tend l’imperturbable abuela.

    – Treinta minutos, indique-t-elle.

    – Si, señora. Gracias.

    ­– Elle n’a qu’à se casser plus vite, la grosse viellita !

    – Abi… tu changes de registre, s’il te plait. Fais attention à toi. On est tous les deux, tout seuls maintenant, la porte fermée, et là, tu commences à me chauffer sérieusement.

    Il l’a prise par le bras pour la seconde fois. Elle sent planer les prémisses de sa menace, se blottit contre lui pour le désamorcer, ne pas lui laisser le temps de réfléchir.

    – C’est bon, je voulais juste arriver ! Voilà, on y est – je me calme. Je me calme, je te dis que c’est bon !

    Elle se love plus profondément contre lui, l’embrasse très doucement à la naissance du cou. Elle passe les mains sous sa ceinture, ouvre tout, lui saisit l’archet. Il lui lâche le bras. Gagné !

    – Allleeeeeez. On y va !

    Elle a envie de rajouter « putain » – elle se retient devant son regard.

    – J’en ai tellement besoin de cette séance relaxation, si tu savais !

    – Ah oui ? J’espère pour toi que ça va te calmer. Je peux aussi bien m’en charger, Abi, si tu savais !

    Elle ne répond pas ; elle fait mine de ne pas entendre, mais quand il joue avec l’imminence du péril, le fait planer autour d’elle, elle devient électrique. Qu’est-ce qu’elle le trouve sensuel quand il se contient, menaçant. Et ses petits effets parfaits, ses phrases nettes, incisives ! ce vide dans son ventre, délicieusement creusé à chaque intonation de sa voix. Ça la fait toujours taire ; au moins une minute.

    Trois marches descendent dans le bassin ; au-dessus d’eux, une hauteur de plafond de 5 ou 6 mètres. Les vapeurs l’enveloppent quand elle s’enfonce dans l’eau, brûlante. Des petits carreaux bleus courent le long du bassin.

    ­– C’est hyper sale, constate-t-elle en regardant les joints noirs entre les carreaux bleus. Mais j’adore ! précise-t-elle en lui jetant un coup d’œil.

    Il descend ; elle se retourne, passe de l’eau sur ses épaules, lentement, sensuellement, deux fois, trois fois, comme en une rituelle ablution sacrée. Il s’est assis sur la marche et a étendu ses bras de chaque côté, sur le pourtour du bassin.

    – Ça va mieux ? demande-t-il, impassible. Tu te détends ?

    Elle ne répond pas, se laisse glisser en arrière dans l’eau sulfureuse. Des fontaines thermales, thérapeutiques, qui sourdent de la terre, montant en température jusqu’à 70 degrés. Elle y est. Et elle y est bien.

    ­­– Atahualpa se baignait là. C’est ici, dis-toi, qu’il a rencontré Pizarro. La trahison de Pultumarca. La fin de l’empire Inca, elle commence ici.

    C’est vrai qu’elle se sent énervée ; elle a envie de lui dire de la boucler avec ses petites leçons d’histoire.

    – Chhhhhuut, se contente-t-elle sobrement de murmurer. Pas maintenant, s’il te plait, les petits cours quechuo-hispaniques. On peut juste profiter ? Je vais chercher le savon. Moment détente.

    Elle sort, elle ruisselle ; elle marche vers le banc de bois, plonge dans le sac.

    – Mais, Abi, regarde la flaque que tu fais ! Avec tes cheveux qui dégoulinent, tu en mets partout ! Tu peux ne pas mouiller mes habits, faire attention, s’il te plait ?

    – Pffff, sérieusement ? Nooon, ne mouille pas mes habits, l’imite-t-elle en accentuant son timbre de voix déformé. Bonjour l’aventurier du Qhapaq Ñan, hein ! Tiens, Huyana Capac, attrape si t’es pas cap ! gare à l’eau !

    Elle éclate de rire, lui lance à la volée sa chemise ; il la rattrape, à ras de l’eau, la considère.

    – Non, mais ce n’est pas vrai. Tu es insupportable, Abi. Si tu veux une fessée, demande-la moi clairement. Remets-moi ça. Au porte-manteau.

    Elle ne lui prête pas attention.

    – Abi ! Remets-moi ça. Tu viens la chercher et tu me la remets au porte-manteau. Si je me lève, je te la mets, cette fessée.

    Les petits papillons qui flottent du centre de son ventre ; quand il lui parle comme ça, elle s’en délecte trop pour ne pas continuer à actionner ses rouages. Elle respire, profondément, lève les yeux au ciel.

    – Pas ici, tu es gentil ! Tu as vu comme ça résonne ?

    – Abi, je compte jusqu’à trois. Ça ne me dérange pas qu’on m’entende jusqu’à Cajamarca, je peux te l’assurer. Un…

    – Attends, je cherche le savon.

    – Deux… Je vais me lever, Abi…

    – Minute ! Je cherche le savon, je te dis ! Je ne trouve rien dans ce sac!

    – Tr…

    – Rho la la ! je te la prends ta chemise ! Pas besoin de s’énerver !

    Elle a jailli depuis le banc ; elle lui arrache la chemise des mains, la jette en boule sur le bois mouillé.

    – Sur le porte-manteau. Sur le porte-manteau, Abi ! Merci.

    Elle a fini par s’exécuter ; elle fouille encore dans le sac de tissu.

    – Mais il n’y a pas le savon dans ce sac ! Ni de crème.

    Il a renversé la tête en arrière. Il baigne dans le bassin brûlant. Il sent le chlore qui monte de l’eau. Le chlore naturel de ces eaux thermales.

    – J’ai dû oublier de les mettre, constate-t-il, indifférent.

    Elle se suspend.

    – Ce n’est pas vrai, c’est une plaisanterie ? Tu as oublié ? Vraiment ? Ce n’est pas possible…

    Elle s’énerve, déballe tout le continu du sac sur le banc.

    – Le SEUL plaisir que j’attendais ? Tu ne pouvais pas faire attention ?

    Il a rouvert les yeux, elle ne le remarque pas.

    – En fait, continue-t-elle sans se lasser, quand tu me dis que tu prends quelque chose, il faut toujours vérifier derrière toi !

    ­– Abi, tu te détends, répond-il sans s’énerver, de sa voix posée, toujours égale. J’ai oublié, ça arrive à tout le monde. Tu veux que j’aille demander un savon à la vieille ? Ça te ferait plaisir ?

    – Alors là, pas du tout ! Leur bout de savon aussi crade que leur bout de serviette ? Je veux le mien, au bois de santal, tu entends ! Elle en a, ton abuelita, du bois de santal, peut-être ? Putain, je n’en reviens pas, Max ! tu ne comprends jamais ce que j’aime en fait ! tu fais chier de chier.

    Elle s’est retournée. Elle remet tout rageusement dans le sac, de dos. Ses cheveux la recouvrent, jusqu’à la chute de ses reins. Il se redresse brusquement, lui attrape le bras du bas de la marche.

    – Je fais quoi, Abi ?

    Elle essaye de se dégager. Une nouvelle nuée de papillons lui a envahi le ventre.

    – Je fais quoi ? répète-t-il lentement. Tu me redis ça, s’il te plaît, doucement, que j’entende bien ?

    Il l’attire à elle, depuis la marche du bassin. Le moment plane au-dessus d’elle, pour fondre à présent ; elle sent combien elle en a besoin. Elle a accumulé tellement de pression depuis la dernière fois. Un mois depuis sa dernière fessée. Un mois qu’ils sont sur les routes depuis l’Equateur, dans la poussière, la chaleur, la promiscuité permanente, le bruit, les nuits chez l’habitant, la gentillesse à déployer, les efforts pour parler la langue, les trajets en bus, l’inconfort. Elle veut être prise, rassurée, contenue. Par lui, son seul ancrage ici, en Amérique du sud.

    – Tu fais chier, répéte-t-elle lentement, les yeux brillants. Tu ne fais pas attention à ce que j’aime.

    – Je ne fais pas attention à ce que tu aimes ? C’est ce que tu penses ? Mais si, Abi, je te garantis que si. Tu aimes la fessée, non ? Eh bien, tu vas être servie : je vais t’en donner une, et tout de suite.

    – Non, arrête. Ok, c’est bon, je ne veux pas – pas ici. Je ne veux pas que tout le monde entende, vienne nous déranger.

    – Oh si ! Ici, et maintenant. Crois-moi, j’aurais déjà dû te la donner depuis longtemps.

    – Non ! Arrête, Max ! elle a dit trente minutes, la vieille moche, je veux profiter… Max, allez, s’il te plait…. on a déjà fait la moitié du temps.

    – Il fallait y penser avant, ma petite Abi.

    Il la fait descendre sur la marche, elle est entièrement nue, ses cheveux trempés retenus sur sa peau, sur son cou, sur ses épaules, sur ses bras ; les vapeurs enveloppent les formes suaves de son corps, elle le repousse de sa main, résiste.

    – Ok, ok, je m’excuse. Tu es content ? Pardon ! Pardon, tu as raison je me calme. Tu ne fais pas chier, tu ne fais rien du tout, c’est moi qui suis imbuvable. Ok, tu feras ça ce soir, si tu veux, mais pas ici, s’il te plaît.

    Il la regarde parler, un demi-sourire aux lèvres.

    – Tu t’excuses avant une fessée maintenant ?

    – Oui, voilà, tu es content ? Excuse-moi. Arrête. Lâche-moi !

    Il la tient toujours contre lui, il la bascule sur ses genoux.

    – Désolé, ma jolie petite Inca, tu ne vas pas t’en tirer comme ça, tu le sais très bien. Tu voulais un savon ? Le voilà.

    – Non, Max, attends ! non !

    Elle essaie de se redresser sur son genou mais elle sent la première claque tomber. Retentissante. Ça résonne dans tout le bassin, dans la vapeur fumante. Elle mord l’intérieur de ses joues. La deuxième claque, la deuxième fesse. Il y va fort, très fort. Ça tombe et ça claque sec, dès le début, à un rythme lancé, à même sa peau, déjà étourdissant. Une fessée résolutive, comme il les appelle. Elle l’a titillé un peu trop longtemps aussi. C’est vrai qu’elle la voulait, cette fessée. La vieille va rappliquer, ce n’est pas possible de faire autant de bruit. Elle se sent bien, elle a envie de s’allonger sur lui, de profiter, mais elle a le visage au niveau de l’eau brûlante. Elle se cambre, pense à sa jolie courbure de reins. Elle s’étonne de penser comme cela, en pleine action, à sa courbure de bas du dos. C’est alors qu’elle se rend compte. Elle ferme les yeux, les rouvre. Mais oui. La fessée continue, tellement sonore, tellement rythmée, tellement rapide sur sa peau nue. Les claques déferlent, assourdissantes. Et elle… ne sent RIEN. Un baume lui vient au cœur. Elle met sa main comme pour se protéger, il l’attrape au vol, la coince dans son dos.

    – C’est loin d’être fini, Abi, lance-t-il sans faiblir au-dessus d’elle. Tu vas la prendre jusqu’au bout, ta séance relaxation.

    Elle n’en revient pas ; elle pouffe de rire en silence dans ses cheveux mouillés. Elle a eu le temps de sentir, sur ses fesses, le filet d’eau très fin qui les recouvre : elle repose là, allongée sur ses genoux, à fleur d’eau : et ce filet à peine perceptible qui passe sur ses fesses, qui n’atténue pas mais fait éclater au contraire le bruit des claques, ce même filet la protège de manière sûre et incompréhensible.

    Aucune douleur, aucune brûlure, aucune chaleur. Juste cette vitesse de claques sonores et continues. Le bonheur. Inespéré. La fessée, sans aucune sensation douloureuse de fessée.

    Alors, c’est cela, le royaume d’Atahualpa ! la fessée de l’Inca.

    Elle repose dans cette béatitude inédite, profite en criminelle impunie, savoure, s’immerge soudain de tout son corps détendu dans l’eau : elle entend le bruit des claques au-dessus d’elle, tout ce vacarme, complètement détaché d’elle, et de son corps : elle flotte.

    Il la redresse soudain, d’une main.

    – Arrête ça, Abi. Tiens ta tête hors de l’eau.

    Elle obéit, docilement. Elle attend. Le pauvre, s’il savait ! elle est tellement bien. Et lui qui s’essouffle. Elle pourrait rester comme cela des heures. Elle a envie de lui dire de faire un tout petit moins de bruit. Qu’on ne vienne juste pas les interrompre. Mais elle se contente de gémir, d’onduler, pour faire illusion quand même. Elle sourit encore plus largement. Est-ce qu’elle est en train de le berner ? Mais non, juste une pointe d’opportunisme. Est-ce qu’elle pouvait savoir ? Après tout, il ne doit pas sentir non plus de chaleur, dans sa paume de main. Il n’a qu’à être à l’écoute de ses sensations.

    Il continue sans s’interrompre, intraitable, sublime de justice inutile, à la corriger jusqu’au bout d’importance. Sacrée fessée. Elle n’aurait pas aimé la recevoir, hors de ces vapeurs d’eau. Elle sent un fou rire de bien-être la gagner.

    Elle replonge dans l’eau tout l’avant de son corps pour se dissimuler, s’immerge pendant de longues secondes. Dix secondes. Vingt secondes. Trente secondes. Trente-trois… il la redresse une seconde fois, de manière plus brusque. Il la soulève, des deux mains cette fois – tiens, une pause dans sa fessée.

    – Tu arrêtes ça, tu m’entends ? Je m’occupe déjà de tes fesses, je n’ai pas envie de m’occuper de savoir si tu te noies.

    – Ok, prononce-t-elle en souriant de manière irrésistible.

    – Ça te fait rire, Abi ? Tu veux que je te la fasse passer, ta petite envie de plaisanter ?

    – Non, non, proteste-t-elle pour la forme ; mais il l’a prise à bras le corps et l’installe en angle saillant, plus exposée cette fois sur son seul genou droit, ce qui a pour fâcheuse conséquence de la surélever de l’eau du bassin.

    Elle essaie de glisser de nouveau vers l’eau, se mord les lèvres, hors de son aquatique ceinture de protection. Il entame sa salve finale. Plus pour longtemps, elle le sait. Elle le connait par cœur. Un petit temps encore… il a chassé l’eau qui restait sur la surface de son fessier. Ça y est, elle sent. Elle serre les dents. Elle ferme les yeux, se laisse envahir par la soudaine sensation brûlante, se laisse aller à ce qu’elle ressent. Il va terminer, elle détend tout son corps pour laisser s’échapper la douleur ; elle le perçoit déjà qui ralentit, baisse la cadence, assène les dernières claques. Quelques volées bien senties…. la vieille n’est même pas rentrée… ouf, fini.

    Sa main se pose sur ses fesses, passe doucement, dans l’effleurement de ses doigts. Elle sourit. Ce délice. Ce paradis des bains de l’Inca.

    – C’est bon comme ça, Abi ? Tu es calmée ?

    Elle acquiesce doucement ; il la libère, elle se laisse glisser dans l’eau entièrement, elle flotte sur le ventre, s’immerge dans sa chevelure noyée qui entoure son corps.

    – Je t’épargne le coin. Grâce spéciale du lieu. Profites-en.

    Elle entend sa voix de l’intérieur de l’eau, brûlante sur le chaud de sa peau, sous ses reins. Grâce spéciale du lieu ! Décidément. Elle pose ses deux mains sur sa poitrine, se laisse couler les yeux clos, plus florale et flottante qu’une Ophélie d’Amérique ; elle se sent détendue, couronnée d’une sérénité impériale. Elle ouvre les bras, le sent derrière elle, se blottit à l’intérieur de son corps. Il a refermé son étreinte sur elle, enserre les formes pleines de ses seins. Elle ne cesse pas de sourire.

    – Qu’est-ce que tu as ? Pourquoi est-ce que tu souris comme cela, béatement ?

    – Rien, proteste-t-elle, rien… je me sens bien.

    – Tant mieux, je vais enfin avoir la paix.

    Elle le regarde de biais. S’il savait. Ce coup de l’Inca. Pire que celui de Trafalgar. Elle profite. Immergée. Ils restent encore une heure et demie dans la pièce de vapeur brûlante. La vieille les a oubliés. Ou alors elle n’a jamais osé rentrer, après ce vacarme. Terrorisée derrière la porte. Ils ont fini par partir d’eux même.

    Ils se tiennent par les doigts pour rentrer en ville. A pied, 6 km, 5 soles de nouveau économisés pour le taxi. Ça ne la gêne plus. Elle marche, légère, aérienne.

    – Elle t’a donné des ailes, cette fessée, ma petite Abi, constate-t-il en sifflant d’admiration. Il te faut des carabinées en fait, pour te récupérer.

    Elle sourit de nouveau sous ses cheveux humides de sirène inca qu’elle secoue entre ses mains, pleine de duplicité.

    Des carabinées…

    Quel coup merveilleux. La trahison de Pultumarca, une deuxième fois dans l’histoire humaine. Elle lui dira, peut-être… oui, elle finira bien par lui avouer – sans rire, le jour où elle aura vraiment besoin que ses mains vengeresses la saisissent, l’enserrent et la subliment.

     

     

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 années par Abi San.
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    #77016
    Christal
    Maître des clés


    Ah la fameuse fessée des sirènes et la plénitude qui en découle 🙂

    Vive les chieuses et les lieux d’eaux, chargés d’inspirations.

    Rien n'est jamais acquis. Tout est fragile.

    #77020
    Nush
    Maître des clés


    Quel beau récit.
    Un vrai plaisir de prendre un quart d’heure pour lire et relire ce texte.
    Le déguster lentement et apprécier pleinement, non seulement le talent d’écriture mais aussi le scénario original.
    Le couple, l’eau, Abi la beauté aux longs cheveux ; un lieu exotique, des personnages exotiques (l’abuela est absolument divine).
    L’eau qui lave le corps et permet le délassement.
    Et l’ultime plaisir de la découverte de cette surface atone à la douleur et de ce ‘secret’. Qui reste à dévoiler.

    Quel beau récit.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 années par Nush.

    Car le feu qui me brûle est celui qui m'éclaire .

    #77032
    Monsieur Jones
    Maître des clés


    Je me suis bien marré avec ce récit.

    C’est vrai que tout y est en matière de chieuse ceinture noire !

    La désinvolture, la menace, la moquerie, la mauvaise foi, la mauvaise humeur, le discours culpabilisant, l’insolence, l’effronterie, l’impolitesse…

    « Emmerdeuse » élevé au rang d’art majeur !

    Inca ?  Un cas, oui !  (Max, respect !)

    a

    Faites de vos fesses le plus bel endroit de la terre...

    #77041
    Abi San
    Participant


    Sans oublier l’impunité souveraine

    #87574
    Loca73
    Participant


    Magnifique récit. J’ai tellement aimé mes, voyages au Pérou…mais si, par chance, ils avaient été comme cela  lors de certaines visites, j’aurais encore plus apprécié ????

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 11 mois par Loca73.
    #87577
    Anonyme
    Inactif


    Vraiment bien aimé ce récit. On s’identifie parfaitement à Abi dans l’histoire..la vieille qui prend tout son temps (insupportable p…^^), l’oubli du savon spécial (lui et pas un autre) qui m’aurait fait dégoupiller à peu près de cette manière là, savourer cette petite victoire intérieure de ne pas sentir grand chose au final..et ce besoin pourtant présent d’être contenue pour arriver à se calmer…un peu. Bref, très bien décrit et écrit.

    #87578
    Monsieurgigi
    Visiteur


    Très beau récit dont l’ambiance et les noms me rendent nostalgique en me remémorant mon séjour professionnel au nord du Chili en 1998… Antofagasta, San Pedro de Atacama, les geysers du Tatio bien visibles à l’aube!   🙁

    Monsieurgigi : l'essayer, c'est l'adopter !

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