Je mérite…

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4 sujets de 1 à 4 (sur un total de 4)
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  • #95217
    Abi San
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    🌸🌬 Comme une envie d’écrire et de lire en ces jolis jours de mai-farniente. Bon Pont les Decu 🌬🌸

    ****🥀

    Tu m’as liée les mains dans le dos, la corde de jute reliée à l’anneau de la boule en métal que je sens en crochet, à l’intérieur de mon cul, et qui me tient, comme dressée, comme contenue, depuis que tu l’as mise en place.

    Le bombé de mes fesses est strié du rouge des marques de ta ceinture, mêlées aux marques de cordes avec lesquelles tu m’as fouettée tout à l’heure, allongée sur le ventre à travers ce lit.

    Je me sens bien, la peau de mes reins brûlante, exposée ; remise et reliée à toi. J’ai envie que tu me corriges pendant des heures. Quand tu te penches vers moi, resserrant les liens dans mon dos, ta voix passe derrière mon oreille, m’enveloppe.

    – 14h30. Je vais commencer mon call. J’ai envie de te laisser comme cela. Ne ronronne pas trop fort parce que je vais mettre mon micro.

    Une demie heure de call. Tu vas me laisser derrière toi, les fesses nues, vermeilles, attachée avec ce crochet sur ce lit. Par instinct, je tire un peu sur les cordes de mes bras. Elles ne sont pas serrées, elles sont confortables. Un petit berceau de contrainte.

    J’ai étendu ma jambe gauche et tu l’entoures de la corde qui reste. Tu la tires vers l’angle du lit, comme si tu t’apprêtais à l’attacher en croix. Cette montée de plaisir qui me vient au ventre. Cette vague de désir en creux. Être exposée en croix sous tes yeux, le cul offert. Longtemps, longtemps. Je sens le cercle de la corde serrée sur ma cheville et je frissonne. Mais tu n’as pas assez de jeu pour attacher mes deux jambes. Et je t’entends t’éloigner, t’asseoir devant ton ordinateur. Ta voix d’égalité parfaite : tu as mis tes airpods, tu commences ton call, sans une ombre altérant ton visage, sans un infléchissement dans tes intonations. Derrière toi, je respire de bonheur ; j’attends le moment où tu me reviendras.

    Je crois que je reste tapie cinq minutes dans tes cordes, contenue, paisible. Je respire. Je t’écoute. La voix d’un homme qui revient en anglais, celle d’une femme qui vous interrompt peu et semble toujours pouffer, la tienne qui surplombe. Je sens mes bras ramenés en arrière. Je sens la peau de mes fesses irradier doucement.
    J’ai mes cheveux dans les yeux, dans les joues, je les frotte contre l’oreiller pour tenter de les écarter de mon visage.
    Je sens la corde entrelacée à ma jambe gauche. Et le désir revient, irrépressible.
    T’attendre en croix.
    J’étends ma jambe droite, vers l’angle du lit. Je creuse mes reins.
    Reste mes deux bras, ramenés dans mon dos.
    Je tourne mes poignets, il y a du jeu dans tes cordes, je tire, j’appuie, je glisse, je me contorsionne dans mes articulations. Je sens le poignet gauche passer le lien tandis que je tire les cordes de l’autre bras.
    Le remou sur le lit a attiré le calme de ton attention. A travers mes cheveux, le regard en arrière, je te vois te retourner. Mon bras gauche est libre déjà, dans ses cordages. J’ai tourné mon poignet pour l’enserrer trois fois dans son bracelet de corde, étendu mon bras vers l’angle haut du lit. Tu continues ton call sans ciller.

    Je libère doucement mon poignet droit, je le monte à son tour vers le sommet du lit, à l’angle. Je suis en croix. Je suis bien, immobile. Il n’y a plus de tension de corde sur le crochet enfoncé dans mon cul, plus aucun de mes quatre membres n’est attaché dans ces vagues de liens défaits, mais je t’attends pour régler cela, je ne me tortille pas davantage sur ces draps blancs.
    Le temps glisse, serein dans cette chambre en surplomb. Je t’attends, sur le ventre, et le pourpre de mes fesses doit s’attendrir maintenant en teintes rosies.

    J’entends tes formules de politesse pour quitter ta confcall. J’aime ta manière de terminer un call. Toujours efficace. Rapide et net. “J’ai une autre réunion, je quitte l’appel”. A peine un préambule, pas de tergiversation. Tu raccroches toujours en quelques instants une fois annoncé la fin de ton appel.

    Je t’entends te lever derrière moi. Le poids de ta présence au-dessus de mon corps, qui constate l’étendue de mes libertés.

    – Tu t’es détachée, Abi… comme tu as emmêlé tout cela… tu es encore plus catastrophique que moi.

    Je souris dans mes cheveux, dans l’oreiller. Je sens ta main sur mes fesses et la corde de mon crochet qui se tend et me remonte le cul. Comme j’aime quand tu reviens te pencher à moi.

    Je sens ta main serrer tellement fort mes fesses que je me cambre, dans la mémoire sensible de tes derniers coups de ceinture. Ta voix passe à mon oreille, suspendue, ton intonation calme qui m’enserre.

    – Tu aimes jouer avec ta liberté, Abi ? Très bien, tu vas continuer. Puisque tu as choisi de te détacher : tu vas choisir ta punition.

    Je ne réponds rien ; je sais que tu aimes saisir tout prétexte pour me corriger à ta guise. J’ai envie de ronronner tandis que tu rattaches mes deux mains dans le dos, plus fort, l’une sur l’autre au dessus de mes fesses. J’entends comme dans un nimbe ta voix qui continue, penchée au-dessus de moi.

    – …Et c’est toi qui vas me la demander.

    Oh le frisson de cette phrase, tombée sans crier gare. Le couperet du frisson, ouvert dans le ventre comme un couteau ouvre l’écorce d’un fruit pour le jeter dans un précipice. Cet appel du vide, au plus intérieur.
    Je ne réponds rien mais je me cabre aussitôt, ta main toujours sur mon cul. Je crois que tu claques mes fesses juste après le claquement de ma langue dans mon palais pour t’exprimer, au plus récalcitrant, ma sédition.

    Tu me prends par les cheveux, en arrière, pour me tirer le visage hors des oreillers.

    – Tu as quelque chose à suggérer, Abi ? Quelque chose d’inspiré pour ajouter à la punition que tu vas recevoir ?

    Je me plonge dans ton regard. Dans la terre brune et escarpée qui cercle la fixité de ton expression. Je sais que tu te tiens, une fois annoncé, à ce que tu as énoncé ; je sais que tu m’as toujours fait plier. Je secoue la tête.

    Tu relâches mes cheveux, je sens que tu me relèves, par la corde qui tient mon cul et mes bras.

    – Tu vois ce joli coin, Abi ? Tu vas aller réfléchir là. Cinq minutes. Quand tu seras prête, tu viendras me voir.

    Cinq minutes. J’ai deux aiguilles qui remontent dans mon crâne, qui me traversent et trottent dans ma tête. Tu m’as conduite dans ce coin, tu m’as placée toi-même dans l’angle du mur, je t’ai senti me caresser le cul, ta main sur ma peau, l’effleurant : la douceur de ton toucher entre deux de tes corrections, qui me fait toujours sortir de moi. Je me liquéfie, je sens mon désir couler le long de ma cuisse. J’ai renversé la tête en arrière, dans le creux de ton corps pour te sentir contre moi. J’ai envie que tu m’entoures, que tu m’embrasses. Mais tu t’es déjà détaché de moi, je sens deux claques sur mes fesses, nettes, pour me rappeler ce qui va suivre.

    – Cinq minutes, Abi. Pour te décider de manière éclairée.

    Cinq minutes. Tu t’es éloigné dans la pièce sans que je puisse deviner ce que tu fais. Suspendre le temps. Le temps de tes échéances n’existe pas pour moi ; je les suspends. Tant que le terme n’est pas dépassé, rien ne peut m’arriver. Cinq minutes. Je suspends mes pensées. Je suspends l’idée que je vais devoir formuler quelque chose devant toi. Rien n’existe en ce moment. Rien n’existe avant que cela ne survienne. Je pose mon front contre le mur. Mes épaules me tirent, je fais entrer la corde plus profondément dans mes poignets pour soulager la tension de mes bras, étirer leur contrainte en arrière.

    Cinq minutes. Et si je ne te dis rien ? Si je scelle mes lèvres devant toi ? J’aime tellement que tu t’occupes de moi, que tu ne me laisses rien passer. Mais cela me coûte tant d’énoncer la moindre chose de moi-même ; de te regarder m’écouter. Même compter tes coups, lorsque tu m’y contrains, est une brûlure dévorant ma fierté, un piétinement dans la glaise de mon amour-propre.

    Cinq minutes. Cela va passer. J’ai trente idées, cinquante images en file qui me traversent l’esprit ; mais te les énoncer : jamais. Je mords mes lèvres, je cambre un peu plus mes reins, sur la pointe de mes pieds. Je sais que tu me regardes, quelque part dans cette chambre. J’attends la fin de ton échéance. Je m’entoure de notre silence.

    – Abi.

    Ta voix me fait tressaillir de l’intérieur dans mon angle de chambre, sur la pointe de mes pieds. Tu m’arraches à cet enfoncement dans l’attente. Je renverse un peu plus la tête en arrière, je ne fais pas mine d’esquisser un mouvement. Je t’entends, dans le mouvement de ton corps. Je crois que tu t’es assis derrière moi. Je me garde bien de me retourner. Je reste le nez dans mon coin de mur.

    – Viens ici.

    Fin de l’entracte. Ouverture de danse. Tu ne vas plus me laisser en paix. Je redescends très doucement sur ma pointe de pieds. Ne pas regimber de manière frontale. Je me retourne vers toi, mains liées contre mon mur, dans le dos. J’hésite à m’adosser à la paroi pour te contempler. Tu t’es assis dans ce fauteuil rouge, tu me regardes, dans ce carré de lumière dessiné par cette fenêtre du 14 étage, par laquelle se dessine un paysage déversé vers tous les horizons, de tours, de toits et d’artères ; jusqu’aux premiers monts du Vexin dessinés au loin derrière le fil sinueux de la Seine.

    – Est-ce que tu attends que je vienne te chercher, Abi ?

    Je retiens un claquement de langue, je m’extirpe du mur ; à pas feutrés dans la moquette de la chambre, je contourne le lit, m’approche du rouge de ton fauteuil. Je me tiens devant toi avant que tu ne fasses un signe, d’un doigt.

    – A genoux.

    Un soupir me monte dans la poitrine, que je me garde d’exhaler sous tes yeux. Je descends sur mes genoux, je redresse mon front devant toi, figure de proue en bascule sur eaux profondes ; tu as ton demi-sourire aux lèvres, que j’aime tant contempler sur la beauté des traits réguliers de ton visage.

    – Toi qui aimes tant parler, Abi : je t’écoute. Je prends beaucoup de plaisir à t’écouter, tu sais. D’autant plus maintenant ; il me tarde de savoir ce que tu as décidé.

    Cet encouragement pernicieux dont tu m’enveloppes, dans les intonations impassibles de ta voix. Je ne te quitte pas des yeux, comme pour m’ancrer dans l”assurance passagère de ton immobilité.

    – Voyons, tu n’es pas encore prête ? Bien. Je vais t’aider à te lancer. Tu vas commencer par répéter cette phrase.

    Un temps en suspens. Mes alarmes intérieures sont en alerte, tous les voyants allumés au rouge. Il ne va plus être temps de louvoyer. Le nœud qui oppresse mes poignets se déplace vers mon cœur.

    – … “Je me suis détachée, de moi-même, je n’ai pas tenu ma position : je mérite une punition. ”

    J’ai envie de soupirer du plus profond de moi ; au lieu de cela je prends ce qui semble être une inspiration. Je suis au cœur de ta contrainte. Ne pas penser. Répéter tes mots à la manière d’un automate. Abréger ce moment. Ne pas réfléchir. Ne pas…

    – Je me suis détachée de moi-même. Je n’ai pas tenu ma position. Je mérite une punition.

    J’entends ma voix, plus détachée de moi que les cordes dénouées de mes bras tout à l’heure. J’ai répété tes mots d’une traite, sans m’attacher à leur sens. Mes oreilles me brûlent. Je sens le rouge qui me monte au visage. Et toi ; toi qui vas le voir, qui le constates déjà. Toi qui te délectes de cette situation, qui savoures le fruit des émotions qui m’empoignent. Je serre les dents.

    – Bien. Qu’est-ce que tu mérites, Abi ?

    Tu es assis en arrière dans ce fauteuil rouge, et moi devant toi, je sens la moquette de la pièce entrer dans mes genoux, mes mains appuyer l’une sur l’autre dans le dos, et mon crochet me remonter le cul. Je ne peux pas réussir à desserrer les dents.

    Un temps. Je me perds dans l’expression de ton regard. Il n’y a rien dans ma tête. Rien. Qui puisse advenir en paroles. J’entends ta voix monter sur mon silence, comme un chuchotement.

    – Je peux te punir davantage, avec plaisir si c’est ce que tu veux, avant et après la punition que tu vas choisir. Je peux t’aider maintenant, à ouvrir la bouche – “à toutes fins utiles”, tu sais ce que j’ai pris avec moi aujourd’hui.

    Encore un temps. Je desserre les lèvres, tu le vois. Un souffle de respiration, prêt à se transformer en paroles. Ténu, fragile ; à un doigt de se rompre.

    – Qu’est-ce que tu mérites, Abi ?

    Tu ne me laisses pas de répit. Tu me traques. J’ai envie de rugir, de cacher mon visage dans mes mains, de te mordre doigt par doigt enfoncé dans ma bouche mais je ne peux qu’enfoncer mes ongles dans la peau de mes poignets, au-dessus de mes reins.

    Tu t’es penché en avant dans le fauteuil, tu hausses tes sourcils, et je sens tes doigts prendre mon menton, le relever pour fixer mes yeux à la hauteur des tiens.
    J’entends ma respiration, alourdie, hachée.

    Tu te lèves sans un mot. Tu as lâché mon visage et je comprends ton dessein. La précipitation de l’échéance qui affole les sens. J’entends ma voix retrouvée, jaillie de mes lèvres.

    – Non, attends ! attends, d’accord !

    Je me suis à demi tournée sur mes genoux, je sais que je ne peux pas te retenir longtemps. Il faut continuer sur ma lancée pour t’empêcher de sortir ton instrument de malheur.

    – Une fessée ?

    J’ai lâché les termes du verdict de manière la plus relâchée possible. Ton de voix interrogatif doublé d’un haussement de sourcil dédaigneux. Pour une correction dont tu sais qu’elle est celle que je redoute le moins, un plaisir acéré de confort de croisière.

    – Fais-moi une phrase complète, je te prie.

    Claquement de langue dans ma bouche, roulement dans le palais, d’irritation qui peine à rendre les armes. Tu as avancé sur moi en un pas ; la paire de gifles que je me prends me retourne deux fois le visage. Je rouvre doucement les yeux, la tête tournée sur l’épaule. Tu ne souris plus.

    – Dépêche-toi, Abi.

    Je me reprend une gifle dans la foulée, sur la joue gauche. Une deuxième. Une troisième. Nettes et sèches. Une quatrième sur la même joue. Aoutch. Une cinquième. Tes séries à la suite me font toujours flancher. Mes lèvres se descellent.

    – Je mérite une fessée sur tes genoux…. et trois douzaines de coups de ceinture… et une douzaine de Daska.

    Tes gifles se sont interrompues. J’ai tout prononcé en un souffle. Je savais que tu allais ciller. Bien entendu, c’est par orgueil que j’ai dit cela. Forcer la dose attendue, rajouter Daska en panache : agir comme si cette correction ne pouvait pas venir de moi, ne pouvait pas relever de mon choix. Faire la fière ; quand je sais bien que tu vas le faire.

    – Et deux douzaines de Daska en plus, puisque c’est toi qui la demandes – et que tu t’es permis le luxe de soupirer deux fois devant moi.

    Aïe… je mords mes lèvres. Celle-là, je ne m’y attendais pas. Et pourtant je le sais, que tu vas toujours plus loin que moi. Je le sais, que tu m’alignes quand j’aime faire ma maligne. Trois douzaines de coups de ceinture, trois douzaines de Daska, pour une facétie sans prétention. Je mords de nouveau le haut de ma lèvre.
    Daska, c’est notre nom usuel pour désigner ce paddle en bois que je supporte mal, qui me fait, en un coup, l’effet de deux cent ou trois cent fois ta main à pleine force.

    – Tu compteras les coups de ceinture.

    Ta voix m’arrache à mon refuge intérieur, je relève la tête avec une moue qui supplie dans le regard.

    – Oui, Abi ?

    – Mais pas ceux de Daska… s’il te plaît…

    Déjà qu’il faut encaisser à la limite de toute résistance la brûlure de ce bois, s’il faut les compter en trois séries, je marche vers mon extinction.

    – Nous verrons, Abi. Cela dépendra de comment tu te tiendras.

    Tu t’es rassis dans le fauteuil rouge, tu me fais signe déjà. Pas d’espace pour tergiverser. Tes paroles résonnent dans ma tête – “cela dépendra de comment tu te tiendras”. Ne pas mal s’embringuer dès le départ. Et puis, après tout, j’adore tes fessées. Je m’approche doucement, toujours dressée sur mes genoux. Arrivé contre toi, je te regarde, les yeux si près des tiens. J’ai envie que tu m’embrasses. Je marque un mouvement de pause.

    – Allez, Abi. Tu te lèves ; et tu t’allonges.

    Tu m’as saisie par la corde qui tient le crochet de mon cul, dans mon dos. Je sens tes doigts la tirer quand je me relève, m’accompagner quand je m’étends sans plus rien dire, le ventre sur tes deux cuisses. J’ai des frissons dans les fesses. Je sais que tu vas commencer sans atermoiement.
    J’entends la première claque résonner dans la chambre avant même de la sentir sur la nudité de ma peau. Je serre les dents. Comme tu y vas. Une fessée de toi, c’est toujours une fessée tellement sentie ; la peau qui rougit des fesses aux cuisses, ton feu sans répit qu’il faut tenir, le rythme lancé qui ne s’arrête pas et l’envie à un moment ou à un autre de glisser de tes genoux pour t’échapper. Mes mains liées dans le dos, je ne peux pas même te retenir en touches suspendues. Pas de trève. Tu me brûles sans répit. J’encaisse. J’entrouve peu à peu les lèvres dans la tentation de ton jean, si prés, ta peau contre ma bouche derrière l’épaisseur du tissu ; j’appuie légèrement avec mes dents. J’hésite à te mordre – “cela dépendra de comment tu te tiendras”.

    – Attention à toi, Abi.

    Je referme les lèvres. J’ondule pour t’émouvoir. La gageure avec toi est toujours de ne pas me débattre, ne pas me contorsionner jusqu’au sol avant que tu en aies fini avec moi. J’abandonne la lutte pour le moment. J’abdique, je m’alanguis sur tes genoux. Tu vas finir par baisser le rythme. Mon cul est en feu. Tu as atteint la partie si douce de ma peau, entre mes fesses et mes cuisses et je me cambre de nouveau. Je redresse mon buste attaché avec l’énergie du naufragé. J’ai réussi à attirer ta main gauche, entrelacée à la mienne, je m’accroche à tes doigts comme à une rade immuable dans la houle et les coups de bourrasque. Ta main se suspend. Je me relâche vers l’avant, de nouveau, sur tes cuisses. Interlude. Ta main caresse ma peau, de part et d’autre de la tige de métal. J’anticipe le moment où tu vas serrer mon cul entre tes doigts. Qu’est ce que j’aime ces moments d’après-brasier.
    Tu me relèves par la corde de mon dos, tu me remets d’aplomb devant toi. J’ai envie de te sourire. Ton expression me retient. Entre toi et moi, tu viens de placer ta jambe gauche en angle surélevé, le pied sur l’assise du fauteuil.

    – Tu as eu la pensée de me mordre, Abi ?

    Et vlam. Message reçu : deuxième tour. Tu n’en avais donc pas fini.

    – Je ne l’ai pas fait.

    Je t’ai répondu en serrant le fil de mes lèvres, en une réprobation ouverte devant l’esquisse de tes desseins. Je ne suis pas certaine du succès de cette nuance, ni du ton opportun de ma voix, dans le fil de ton raisonnement.

    – Je te demande si l’idée t’est venue. Quand je sentais ta bouche s’entrouvrir sur ma jambe, par exemple.

    – A peine.

    Je lâche mes réponses de mauvaise grâce en guettant d’un œil la menace d’une gifle qui me remettra à ma place.

    – Je vois. Dans ce cas, je préfère m’assurer de te faire passer l’envie de ce genre d’idées. Simple question de clarté. D’ajustement. Tu comprends, n’est-ce pas ?

    Aoutch. Je me sens basculer sans ménagement sur ta jambe. Je ne touche plus terre ; mon ventre se creuse sur la dureté surélevée de ta cuisse. Tu me tiens par les poignets, dans les cordes, et mes fesses parfaitement exposées reprennent du service. Ta main vole. J’ai du mal à retenir mes gémissements sous la pluie de claques tombées sur mon cul. Tu cingles. Je suis à deux doigts de battre des jambes.

    – Excuse-moi… je m’excuse… aoutch… s’il te plaît… aïe, tu me fais mal… je ne t’ai pas mordu, je ne l’ai pas fait… s’il te plaît, s’il te plaît… je m’excuse d’avoir pensé à le faire !

    Je parle pour moi, dans le vide en bascule de mon corps, pour décharger l’acuité brûlante de mes sensations. Cela fait longtemps que j’ai appris l’inutilité parfaite des supplications sur ton esprit, le manque désolant et à peu près total de l’influence des protestations sur tes résolutions.
    Tu continues encore, et encore. Tu tiens la palme de l’affligeante longueur des corrections sur mes fesses de tendre et presque innocence. Et la salve de feu s’éteint, aussi brusquement qu’elle a commencé.

    Quand tu me bascules à rebours en position debout, je chancèle dans la lumière de la chambre. Le soleil tombe par la fenêtre, je fends les yeux dans cet aveuglement. C’est dans ces moments que j’aime mettre d’ordinaire mes deux mains sur le carmin de mon cul. Frustration. Je remue mes doigts dans mes liens.
    Tu n’as pas lâché mon bras, tu me retournes pour m’allonger sur le ventre, sur la blancheur de coton du lit de la chambre.

    Je gémis, la tête enfonçant dans la couette.

    – Mais non, mais… laisse-moi souffler… fais-moi une pause… embrasse-moi…

    J’entends la boucle de métal de ta ceinture que tu défais, derrière moi.

    – Je ferai une pause ; entre chaque douzaine. Je te conseille de compter tout de suite, Abi. Ce que tu ne comptes pas ne compte pas. Tu connais la règle.

    Je n’ai pas le temps de percevoir ton dernier mot que ta ceinture s’abat sur mon cul. Claquement en sursaut. Le bombé de mes fesses t’est offert, encore une fois, dans cette position. J’enfouis ma tête au plus profond de l’épaisseur du lit pour m’empêcher de me tourner sur le côté : de me prendre par l’occasion des coups sur l’intérieur des cuisses ; ou sur la vulve.

    – Je ne t’entends pas compter.

    Deuxième claquement. Ces cinglées. Encore 36 coups. Je ne vais pas les jouer, tu me rinces trop depuis ce matin.

    – Deux…

    – Oh non, Abi. Tu reprends à zéro.

    Troisième coup, lancé à la volée.

    – Un !

    J’ai hésité à retenir le mordant de ma voix, mais tu n’en tiens pas compte, dans la mêlée. Le défilé continue. S’accrocher au chemin parcouru. Ne pas penser à ce qui reste. Cinq… six… première moitié. Tu n’es pas tendre dans tes gestes, tu n’en retiens aucun, mais tu as conditionné mon cul pour te recevoir. Je suis préchauffée à rouge pour toi. Neuf… fermer les yeux, se dire que c’est fini… onze… je crispe mes mains dans mon dos, je creuse mes reins, j’anticipe : tu sais que je redoute toujours la dernière de tes lancées ; ton petit plaisir du jour est d’accentuer chaque dernière cinglée de série.

    – Douze… aïe, non !

    Presque eu envie de casser ma voix en sanglot sur celle-ci. Tu es vraiment une brute.

    Je souffle et je te sens, venu derrière moi. Je sens tes lèvres dans ma nuque, tes baisers sur mon visage. J’ai envie d’enfoncer mes mains dans tes cheveux, de me fondre dans ton étreinte.

    – Détache-moi… s’il te plaît…

    Ton demi-sourire qui ne prend pas même la peine de me répondre. Tu écartes les cheveux collés à mon visage. Tu te redresses.

    – Tu es prête ?

    – Non. Aïe ! Un…

    Je souffle entre chaque coup. Deux… Stupide, tes inspirations, vraiment, Abi. Trois, quatre… Pourquoi trois dizaines, quand rien ne t’y obligeait ? Cinq…. Deux dizaines et c’était plié… Six… allez, la moitié est passée. Sept…Huit… Il va me refaire le coup de la douzième…

    – Neuf… Aïe ! Tu m’as fouetté les reins ! Dix… tu peux viser mon cul, ou c’est trop demandé ? Aoutch…. onze…

    La onzième a cinglé mes cuisses à la volée, je déteste cela, tu le sais bien.

    – Tu préfères quand c’est visé ainsi, Abi ?

    – Non…

    – Etait-il opportun de lancer en l’air l’une de tes petites insolences, juste avant la douzième ?

    – Ok, ok, excuse-moi, tu vises très bien….

    Je serre les dents. Ça va tomber dru. J’ai fermé les yeux dans la couette. J’ai envie de serrer les fesses, mais ça te ferait trop plaisir. La douzième claque comme un étendard levé dans la chambre. Electrique. Je me suis retournée d’un bloc sur le côté. Je tape d’un pied sur le sol pour atténuer la douleur.

    – Oh, Abi. Cette petite moue…

    Je rouvre les yeux. Tu te tiens debout devant moi, en contrejour, ta ceinture pliée à la main. J’en ai assez d’avoir les mains liées dans le dos. Je voudrais te bondir dessus.

    – Sur le ventre. Remets-toi en position.

    – Je croyais que tu faisais une pause entre chaque douzaine…

    – Une seconde remarque de ce genre et je rajoute une douzaine. Sur le ventre.

    En plus de ta dernière douzaine de cuir, j’ai ta volée de bois qui se rapproche, dangereusement. Je mords ma lèvre, je me retourne d’un bloc sur le ventre.

    – Détache-moi…

    J’ai murmuré comme une supplique. Doucement, pour te le demander sans grief, ni prétention. Au-dessus de mon cul écarlate que je tends de nouveau à toi.

    – Pas encore.

    Tu as repris sans attendre.

    Un… ça t’apprendra, à faire la fière. Deux… j’ai levé mes jambes sans – presque – y penser. Mouvement réflexe. Ta ceinture frappe en volée ma plante de pieds. Je bondis en avant sur le lit. Saut de carpe. Douleur traversante. Trois…

    – Baisse tes pieds, Abi ! Tu restes gentiment en place.

    J’en oublie les trois suivantes tant mes pieds irradient. Le mal que cela fait… Sept… On y est. Avec l’ombre de Daska qui se profile. Je ne tiendrai pas. Dix… Tu vas encore m’achever avec ta douzième.

    – Onze… s’il te plaît, non… pas forte, la douzième, pas….

    Le décompte se termine dans l’agonie d’un semi-râle.

    Douze… tu me calcines et tu ne tiens jamais compte de mes suppliques.

    – Je les déteste, tes dernières, je les déteste…

    Tu as posé ta ceinture sur le bureau. Je te sens t’allonger près de moi, caresser ma tête, plonger dans mes cheveux répandus.

    – Cela s’appelle “marquer le coup”, Abi. Bravo. Tu as enduré les deux tiers de ta punition.

    Tu me prends dans tes bras, et j’ai envie de m’y fondre pour la fin de la journée. J’entends ta voix passer contre mon oreille.

    – Je te détacherai, après la première douzaine de Daska. Celle que tu as demandée. Tu vas la recevoir debout. Et la compter. Tu peux souffler un peu, avant.

    Pour un peu, j’en pleurerais. De félicité d’être contenue en toi, de fierté de soutenir ton bras, d’oppression de devoir endurer Daska. Et de devoir la compter. Fieffé Butor.

    🥀🔥 [To be continued…] 🥀🔥

    #95218
    Dundee
    Participant


    Bravo quel beau récit. Merci d’avance pour la suite Abi ! Bonne journée !

    Épicurien, grand voyageur, adepte de la fessée OTK

    #95227
    Eva
    Participant


    J’ai bcp apprécié la lecture de ce texte! Merci Abi. Du coup, entre les remontées des textes du p’tit hibou et celui là, ça m’a motivée pour terminer l’écriture d’un petit récit. Vive la lecture pour ce long week end:)

    Se révèle être "comme une boule de flipper,qui roule qui roule...".

    #95279
    Paulparis
    Participant


    Bravo Miss @abi-san pour ce joli récit. On y devine la couleur de vos fesses avant même la fin de la correction et on a envie de savoir comment elles ont supporté l’application du “bois”.

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