Deuxième rencontre – Partie 1

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    • #64518
      Omega
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      Cette première rencontre apparemment désastreuse ne l’était en fait pas du tout. Nous avions eu l’occasion de nous découvrir. En ce qui me concernait, j’avais trouvé une jeune femme charmante, enjouée, décidée, drôle, qui ne restait pas les deux pieds dans le même sabot. Mais aussi bordélique, imprudente et faisant très facilement peu de cas des sentiments et opinions des autres. En plus de son indifférence à l’orthographe, son indifférence aux principes d’une hygiène de vie saine, son insolence, sa capacité à gaspiller l’argent durement gagné par ses parents et sa procrastination élevée au rang d’un art. Tous ces derniers défauts, je les connaissais avant de la rencontrer, nos conversations sur internet m’en ayant déjà beaucoup appris sur elle. Je lui avais parlé de tout cela, elle avait nié le gaspillage (juste après m’avoir dit qu’elle venait de jeter le contenu de son frigo pour la deuxième fois du mois parce qu’elle laissait toujours dépasser les dates et ne pensait jamais à manger les restes), insolemment et mal-orthographiquement démenti l’insolence (tu te prend pour qui, pour me dire sa? Tu crois que parceque tu es vieux et que je suis jeune tu peut me juger?). Quant à une hygiène de vie un peu plus saine (se coucher à des heures régulières, arrêter les sodas à tous les repas, par exemple) elle n’en voyait pas l’utilité.

      J’avais bien évidemment saisi la perche qui m’était tendue et lui avais proposé de lui expliquer entre-quat’-zyeux en quoi elle avait tort. Elle m’avait laissé régler les détails techniques (où, quand, …). Pour une raison que je ne m’explique rétroactivement pas, nous avions résolu de nous rencontrer, toujours à Paris, mais loin de chez elle. Sans doute parce qu’elle ne voulait pas me faire entrer à nouveau dans l’appartement qu’elle occupait à Paris, et qui n’était pas le sien.
      Nous nous sommes donc retrouvés dans un café juste à côté de l’hôtel que j’avais repéré. Retrouvailles dans la bonne humeur, quelques piques de part et d’autre concernant la rencontre précédente, si pleine d’imprévus. L’ambiance a changé rapidement. Je lui ai demandé de manière abrupte pourquoi le seul souhait que j’avais exprimé n’était pas satisfait. Je lui avais demandé, et elle avait accepté, de venir en jupe; elle portait un jean. Nous étions en train de badiner et le changement de ton et de sujet, brusque, l’a déstabilisée un instant.
      Nous étions entrés dans une autre phase.

      Elle a rapidement répondu le premier truc qui lui passait par la tête “je n’avais rien d’autre à me mettre” et a tenté de ramener le sujet sur un terrain moins périlleux, semblant tout à coup fort intéressée par le devenir de mes chaussures, celles que j’avais dû sécher au sèche-cheveux. J’ai pris tout le temps nécessaire pour répondre à sa question, lui expliquant avec moult détails les dégâts irréversibles qu’avait provoqués une telle chaleur sur un cuir aussi détrempé. C’est du moins ce que m’avait expliqué un cordonnier auquel j’avais présenté mes pauvres mocassins. Mes explications terminées, je demandai:
      -Comment ça, tu n’avais rien à te mettre? Tu n’as pas de jupe?
      -Si bien sûr
      -Et alors? pourquoi dis-tu que tu n’as rien à te mettre?
      -Elles étaient toutes au panier
      -Tu n’avais qu’à en laver!
      -Je pensais qu’il m’en restait une de propre, mais non. Et il était trop tard pour en laver puis sécher une.
      -Pourrait-on en déduire que tu es mal organisée? Et notamment que tu fais tout à la dernière minute et que ce n’est pas une bonne idée?

      Elle ne répondait rien, concentrée sur son café.
      -Oui ou non?
      -Eho, tu ne vas pas me faire toute une histoire pour un jean au lieu d’une jupe, quand même. J’ai plus 12 ans, je peux m’habiller comme je veux.
      -Oui, tu peux t’habiller comme tu veux. Te l’ai-je interdit? Si j…
      -Encore heureux! que je peux m’habiller comme je veux
      -Ne coupe pas la parole à tes interlocuteurs. Je t’ai laissé parler, sois gentille de me laisser terminer.
      -T’as fini de me faire la leçon?
      -Zoé… (oui, son pseudo sur internet, c’était Zoé; je m’adressais toujours à elle en utilisant cet alias). Zoé, tentai-je de reprendre sur un ton neutre
      -Quoi? Qu’est-ce qu’il y a encore? Surenchérit-elle sur un ton très agressif.

      Là, c’était moi qui étais déstabilisé. Dans mon esprit, tout devait s’enchaîner logiquement, gentiment; je devais faire preuve d’un peu d’autorité, elle devait apparaître contrite et nous serions d’accord pour régler tout cela dans l’hôtel d’à côté.
      Mais elle avait l’air vraiment vexée, elle était agressive et elle prenait un air buté qui lui allait fort mal.
      Et moi, je ne savais pas quoi en penser.

      Dans nos discussions en ligne, nous avions parlé d’un million de choses, pas toutes liées à notre intérêt commun. Mais ce que nous étions en train de vivre, évidemment, nous l’avions évoqué. Elle m’avait prévenu : elle serait difficile à convaincre. Je l’avais avertie, contrairement aux apparences, je ne suis pas violent, et jamais je ne la forcerais à quoi que ce soit; il fallait donc que cela vienne d’elle. J’étais venu pour lui faire mal, oui, pas pour la blesser, surtout pas avec des mots. Elle avait conclu en disant que c’était mon problème, pas le sien.
      Parce que, là, j’en étais au moment charnière. Celui où elle était censée plier, mais elle n’en avait visiblement aucune intention.
      Je laissai passer l’orage. En clair, je me suis, à mon tour, concentré sur mon café.

      -Ce qu’il y a, Zoé, c’est que je suis déçu.
      -Et alors?
      -Ça t’est égal de décevoir les gens qui t’entourent, les gens qui t’apprécient?
      -Ils s’en sont remis, tu t’en remettras.
      -Je te rassure, je ne vais pas me jeter dans la Seine. Mais ce n’est pas ma question.
      -Ah non? c’était quoi ta question?
      -C’était : cela t’est-il égal de décevoir les gens qui t’apprécient? Avant qu’elle ait pu ouvrir la bouche, je rajoutai. Ne me balance pas le premier truc provocant qui te passe par la tête. Prends deux minutes, réfléchis à ma question, et réponds-moi.
      Je me concentrai à nouveau sur mon café qui commençait à être bien froid. Elle ne répondit rien. Je ne rajoutai rien.
      Au bout d’un temps qui me parut infini, et alors que je ne voyais pas du tout comment m’en sortir, comment rétablir l’harmonie, elle dit:
      -Non.
      Je restai sans réaction, j’attendais de voir ce qu’elle allait peut-être rajouter.
      -Non, ça ne m’est pas égal. Mais je n’en ai pas fait exprès. Je voulais venir en jupe comme tu l’avais demandé. Le tout sur un ton apaisé.
      -Tu voulais, mais tu ne l’as pas fait.
      -Mais ce n’est pas si grave, quand même!!? Tu ne peux pas m’en vouloir pour un truc aussi débile. Elle repartait sur un ton plus agressif.
      -Non, Zoé, je ne t’en veux pas. Je suis déçu, c’est tout.
      -Pfff, tu exagères, ça ne change rien. Je suis là.
      -Oui, tu es bien là, je t’en remercie. Et tu as raison, non, ça ne change rien. Absolument rien, au contraire. Ça ne fait que confirmer tout ce que j’ai dit au cours de nos discussions. Tu procrastines, tu ne fais attention à rien, tu es désorganisée.
      -Mais tu sais bien que je m’en sors toujours.
      -Et là, tu ne t’en es pas sortie. Le mal est fait.
      -Je te promets de faire attention.
      -Tu me l’as promis combien de fois?
      Elle n’a rien répondu.
      -Combien de fois, Zoé?
      Nous chuchotions presque. Le café était désert, et pour une fois, la musique-à-fond-dans-les-haut-parleurs nous était épargnée. Tous les autres clients étaient en terrasse, nous étions cachés dans un recoin, à l’intérieur.
      -Plusieurs
      Elle était à peine audible, et elle regardait sa tasse, vide maintenant.
      -Oui, plusieurs, Zoé.
      Je la sentais nerveuse. Mal à l’aise. Moi, au contraire, mes angoisses s’évanouissaient, mais je marchais toujours sur des oeufs.
      -Qu’est ce que je t’ai promis, si tu venais à ne pas tenir ce à quoi tu t’es engagée.
      -Aucune idée.
      -Ne rajoute pas les mensonges à la liste des points à corriger chez toi, je te prie.
      -Arrête de dire “je te prie”. Je ne supporte pas. Je te l’ai déjà dit mille fois. Elle était redevenu agressive.
      Je ne relevai pas.
      -Tu ne t’en souviens vraiment pas?
      -Non. A voix toujours aussi basse, mais je sentais qu’elle se butait, qu’elle se refermait.
      -Moi je m’en souviens très bien. Tu veux vraiment que ce soit moi qui le dise?
      -Je ne me souviens pas.

      Elle jouait avec sa cuiller, la faisant machinalement tourner autour de son pouce. Ce n’était pas pour me défier, m’énerver, me montrer que je pouvais dire ce que je voulais, ça lui était égal. Non, je pense que c’était un moyen pour elle de se calmer, d’avoir le sentiment de maîtriser quelque chose.
      -Je t’ai dit que, si tu ne tenais pas tes engagements, je te flanquerais une fessée.
      La cuiller lui a échappé.

       

      • Ce sujet a été modifié le il y a 1 mois par Omega.
    • #64520
      Monsieuralex
      Participant


      Très beau récit délicat et progressif. Bravo!

      Monsieuralex, fesseur nantais

    • #64536
      lunapower
      Participant


      vivement la deuxième partie 🙂

    • #64561
      Monptiloup
      Participant


      Ce texte est une excellente entrée en matière en guise de fessée. La fessée est effectivement l’aboutissement d’un cheminement, sinon il n’y a qu’un intérêt moindre.

      Phase un l’interrogatoire ou il convient de faire avouer la faute.

      La phase 2 est tout aussi intéressante puisqu’il s’agira de déterminer la sentence. L’intérêt est d’entrer dans les détails de la fessée, lieu objet visuel durée comportement etc….Bref on entre dans une phase humiliante . Généralement les femmes adorent cette phase

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