Coralie ou les affres du métier (4)

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    Confessius
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    Résumé de l’action précédente.
    Le mercredi arrive et Coralie se rend pour la deuxième fois chez Mr et Mme Sculicci pour y subir une deuxième séance de coaching. En arrivant elle trouve Gaspard, lui aussi convoqué pour avoir triché au test de connaissance. Il reçoivent chacun une sévère correction par laquelle Coralie s’aperçoit que ce dernier éprouve un trouble en la regardant recevoir sa punition. De retour au bureau, ils apprennent de Mr Leroy que le coaching va devenir une méthode de management courante pour permettre à  l’équipe d’atteindre les objectifs ambitieux qu’il leur impose et que les séances se dérouleront dorénavant sur le lieu même de travail. En sortant le soir,  Coralie aperçoit Gaspard assis sur un banc public. le trouvant très désorienté, elle l’invite à passer la soirée chez elle. Très vite une relation intime s’engage entre eux et  Gaspard finit par lui avouer un épisode de sa vie qui l’a profondément marqué.

    Coralie ou les affres du métier (4)

     

    JEUDI

    Le réveil nous surprend Gaspard et moi dans les bras l’un de l’autre. Nous nous embrassons avant de nous lever puis nous rendons dans la salle de bain pour une douche cette fois commune.

    Nous examinons nos marques respectives encore bien présentes. Joséphine avait raison, demain vendredi mon derrière sera sûrement encore sensible.
    Mais je dois avouer que j’ai plus de souci pour Gaspard. Le fait que ce soit un garçon, qu’il ait non seulement passé des mauvais tests mais en plus ait été taxé de tricheur le rend d’autant plus vulnérable et candidat pour des séances très appuyées. Heureusement que ce matin il a retrouvé son énergie et de l’optimisme. Notre liaison lui fait du bien  et je me sens heureuse avec lui.

    Avec notre café nous mangeons l’omelette que j’avais commencé à  préparer la veille au soir, puis nous filons au boulot.

     

     

    Afin de ne pas éveiller le moindre soupçon quant à notre relation nous décidons de ne pas arriver ensemble,  Gaspard attendra donc quelques minutes au bas  de l’immeuble avant de monter lui aussi.
    Je rentre donc la première, ma ponctualité étant un de mes points faibles j’arrive cette fois-ci à l’heure, même après la nuit chaude que je viens de passer. Mon objectif est de réussir enfin à  boucler tous mes dossiers, malgré la fatigue et une position assise encore un peu douloureuse.

    L’atmosphère est à  nouveau pesante, je me sens entourée de silences qui en disent en long sur le moral de chacun. Après les déclarations de la veille tout le monde se pose sûrement tout comme moi beaucoup de questions. Quel jour les Sculicci vont-il venir, qui sera concerné par les punitions et comment les séances se dérouleront. Je m’imagine tous les regards tournés vers moi au moment où je partirai me faire fesser. Certes, je ne serais probablement pas là seule à devoir y passer, mais comment concevoir une séance sans me plaindre, pleurer ou même crier. Tout se saura et on entendra forcément tous les punis. Quelle honte pour ces derniers, même si on doit envisager les corrections comme une pratique normalisée visant à nous améliorer.
    A neuf heure et demie Mr Leroy convoque  Djamila dans son bureau. Toute blanche et nous lance un regard de détresse.
    – Ne t’inquiète pas Djamila, lui souffle Joséphine.

    Courageuse et résignée Djamila se dirige vers le bureau du chef et une fois disparue, avec Joséphine nous nous échangeons un œil inquiet.

    Heureusement, au bout de dix minutes elle revient l’air tranquillisé.

    – Mr Leroy m’a félicité pour mon travail. Tout est juste, je n’ai plus besoin de formation et vais dès aujourd’hui devoir traiter 20 dossiers par jour. Il me dit que c’est la première fois que ça arrive, il n’a pas arrêté pas de me faire des compliments.

    Elle affiche un sourire radieux qui me transporte littéralement. Nous la félicitons à notre tour chaudement. A mes yeux cela signifie surtout : pas de séance en vue avec les Sculicci.

    Vers dix heures Mr Leroy arrive pour une nouvelle annonce.

    ÉCOUTEZ-MOI ! J’ai contacté nos amis les Sculicci, ils sont partants pour venir tous les vendredis. La première session commencera donc demain. Pour tous ceux ou celles qui avaient rendez-vous n’auront pas à se déplacer.  Je vous donnerai plus de détails sur le déroulement des opérations dans la journée. ET AUTRE NOUVELLE, ET PAS DES MOINDRES !  Figurez-vous que notre compagnie d’assurance se situe désormais troisième dans le top des groupes européens. VOUS IMAGINEZ NOTRE AGENCE DEVIENNENT LA PREMIÈRE D’UNE COMPAGNIE CLASSÉE DANS LES VINGT PREMIÈRES AU NIVEAU MONDIAL ?

    Son sourire semble exprimer le top du contentement. Après un moment d’hésitation toute l’équipe se met à applaudir. J’en fait de même, mais là encore, le cœur n’y est pas.

     

     

    Une fois Mr Leroy disparu dans son bureau, les langues jusque-là interdites commencent à se délier, partagées entre contentement et inquiétude.

    – Tu n’auras donc pas besoin de te rendre chez eux demain Coralie, me lance Joséphine. C’est déjà ça !
    Je rougis d’autant plus que j’aperçois Gaspard se rendre l’air très inquiet dans le bureau du chef, son carnet en main. Il va se retrouver seul avec Mr Leroy qui ne va certainement pas le ménager dans sa formation. Nous échangeons tous les deux un regard complice. Je partage sa détresse. Comme j’aimerais le tenir dans mes bras pour le rassurer.

    Je suis certaine d’être sur la liste pour demain mais j’ai intérêt à me débrouiller pour que ce soit le minimum possible. J’en suis à treize dossiers ce n’est pas si mal par rapport aux jours derniers, et même bien mieux. Cela se confirme, je suis sur la bonne voie  Toutes ces fessées qui me semblaient monstrueuses il y a une semaine, me font progresser et je sais que plus je me relâcherai plus elles seront redoutables. En plus Joséphine est là  pour m’aider, elle s’empare une nouvelle fois  de mes dossiers sensibles. Nous nous sourions l’une l’autre, quel réconfort et belle preuve d’amitié. Comment la remercier ?

    Autour de nous les conversations vont bon train. J’apprends ainsi que Mr Leroy briguerait  un des plus hauts postes au siège central. Mais la réponse de Joséphine à cette hypothèse ne tarde pas.
    – Il va bien y arriver mais à quel prix, les coups, nos larmes, c’est facile finalement pour lui, il suffit de nous presser comme des citrons, mais dans quel état on sera quand il y parviendra ?

    Anne Laure renchérit :
    – Ce n’est pas prêt de s’arrêter maintenant qu’ils ont trouvé la recette. Vous verrez que quand il sera parti un autre le remplacera et ce sera peut être pire. Le monde des dirigeants est rempli de pervers narcissiques, c’est bien connu !

     

    A midi nous nous retrouvons au restaurant. Gaspard, sorti quelques minutes après nous nous rejoint. Il a l’air dépité.
    – Il m’a inscrit d’office pour demain. Je ne sais pas si mon derrière tiendra le choc cette fois ci !
    Joséphine répond aussitôt.
    – T’inquiète pas il est plus résistant que tu l’imagine ton derrière, et c’est une habituée qui te le dit. Ils savent s’y prendre pour nous faire dépasser nos limites tout en faisant que finalement on supporte tous les coups qu’ils veulent nous donner. Tu sais Gaspard, pour ton travail il faut te faire aider par ta collègue, moi je m’occupe de Coralie !

    – Non, ma collègue refuse. Elle m’a dit qu’elle avait appris comme ça et qu’une fois elle avait tellement reçu qu’elle n’a pas pu venir travailler pendant trois jours. Que tant pis pour mes fesses si je n’arrive pas à apprendre autrement.

    Mon cœur se déchire, quelle cruauté de la part de cette fille. C’est parce qu’elle en a bien reçu que son collègue aussi doit en passer par là ? Vouloir que les autres souffrent autant, sinon plus que soi-même, ça jamais je ne pourrais l’accepter !

    Joéphine le rassure.
    – Alors je t’aiderai et peut être Coralie aussi quand elle sera au point. Ici, dans notre coin, nous sommes toutes solidaires. Ne t’inquiète pas Gaspard !

    Une fois sortis du resto, sur le chemin du retour, marchant à côté de Joséphine je profite un moment où nous nous retrouvons à  l’écart pour lui parler.
    – Tu sais, hier soir en sortant je me suis retrouvée seule avec Gaspard. Il n’allait pas bien du tout et je l’ai invité chez moi. On a passé la nuit ensemble, on a même fait l’amour.

    – Que me dis-tu ? C’est formidable ça ! Je trouve d’ailleurs qu’il va bien  mieux ce matin même en sachant qu’une séance l’attend demain il a l’air plus épanoui. Alors c’est sérieux ? Et tu l’aime ?

    – Oui je crois, en tout cas on s’entend bien.

    – Je suis contente, vraiment. Mais évitez d’en parler. Ici on n’aime pas cela et Mr Leroy voit d’un très mauvais œil les rapprochement entre nous.

    Je me garde de lui parler de cette attirance que j’éprouve également pour Djamila, tout comme Gaspard.

     

     

    De retour au bureau, je mets les bouchées doubles. La peur de recevoir une nouvelle fessée ici même me fait privilégier la performance, éliminant d’office tout ce qui pourrait me déconcentrer.
    Vers trois heures, pendant que Gaspard est soumis à un nouveau test, Mr Leroy sort un tableau effaçable qu’il place bien visible contre un mur du bureau.

    ECOUTEZ MOI UNE NOUVELLE FOIS, JE VOUS PRIE ! Mr et Mme Sculicci arriveront demain vers huit heure et demi et ils s’installeront dans la salle de réunion. Les séances pourront commencer vers neuf heure quinze. Les noms de celles ou ceux qui seront convoqués pour une séance seront inscrits sur ce tableau. Par ordre d’inscription ils se rendront chacun à  leur tour dans la salle et préviendront le ou la suivante dès  que leur séance sera terminée. La durée de chacune d’elle sera bien sûr tributaire du nombre d’erreurs ou du travail non fait.

    Pour les fautes ordinaires les séances se dérouleront en privé, j’essaierai autant que possible d’être présent pour mieux orienter les corrections, selon le besoin de chacun et chacune, sur ce plan nous sommes parfaitement synchronisé les coachs et moi.

    Si une faute fait l’objet d’une erreur collective tous ceux ou celles qui ont participé à l’erreur seront convoqués en même temps. Je les inscrirai dans ce cas sur la même ligne.

    Et maintenant, fait nouveau: pour les fautes graves, ce qui j’espère n’arrivera le moins possible, les corrections seront dorénavant administrées publiquement. Vous serez alors tous invités à vous y rendre pour y assister.  Et je souligne le caractère obligatoire de votre présence. Je vous déconseille fortement de chercher à y échapper.

    Je devine que vous commencez à vous demander ce qui peut constituer une faute grave. J’en établirai une liste détaillée dès que j’aurais un moment calme. Je le ferai le plus explicitement  possible. Nous devons travailler dans la plus stricte transparence, là réside notre force.Vous pouvez maintenant reprendre votre travail.

    Tandis que chacun se remet au travail, plus ou moins perturbé par l’effet de cette annonce, Mr Leroy sort un marqueur et commence à inscrire une liste de noms sur le fameux tableau. Quand il a terminé, il s’adresse à  nouveau à nous.
    J’ai inscrit les premiers noms pour demain. Bien sûr cette liste sera étoffée en fonction du travail de la journée. Je vous rappelle qu’avant de partir non seulement vous devez laisser tous vos dossiers sur le coin de votre bureau afin que Jeanne puisse les récupérer, mais aussi de le valider sur votre ordinateur. En cas d’oubli je saurais personnellement vous faire travailler votre mémoire.

     

     

    Une fois qu’il a tourné le dos pour réintégrer son antre, bien sûr tous les regards se tournent sur le fameux tableau pour vérifier si son nom est inscrit et par défaut éventuellement savoir qui parmi les autres y figurent.

    Tout de suite je trouve le mien inscrit en sixième position, juste avant celui de Gaspard et après celui de Anne-Laure. Heureusement pour Joséphine le sien n’apparaît pas.  J’en suis au 22ème dossier de la journée. Au niveau de l’ensemble de mes dossiers manquants j’en suis donc à  5 plus ceux qui me resteront en partant ce soir, et j’espère que pour la première fois aucun de la journée ne restera en suspens. Cela constituerait une belle victoire.

     

     

    Le temps passe très vite et je tiens bon, quand soudain, vers 17h Mr Leroy me convoque dans son bureau. Il m’attend assis devant son un dossier jaune (la couleur des dossiers sensibles) grand ouvert.

    – Coralie, j’aurais besoin d’une explication au sujet de votre choix que vous avez effectué sur un dossier que vous avez traité. Il s’agit du cas Colardo, il me semble y décerner une fraude. Or votre réponse fait que la fraude ne serait pas effective, mais je ne comprends pas le motif de votre choix. Sans doute y-a-t-il un détail qui m’échappe. Prenez le temps de le parcourir à  nouveau et donnez moi votre réponse.

    Il me tend les feuillets.

    Je deviens immédiatement rouge. Le dossier en question a été traité par Joséphine. Aux yeux de Mr Leroy je suis sensée l’avoir traité mais il s’agit d’un type de cas qui ne m’a jamais été soumis. Je dois donc trouver la parade pour donner une réponse sur un sujet qui en réalité m’échappe.

    Je fais semblant de relire mais mon esprit bat la campagne, je cherche désespérément la solution qui me tirera de ce pétrin. Je bafouille :
    – Je …. je ne me souviens plus.

    – Comment, vous ne vous souvenez pas de ce dossier ? Il est pourtant très particulier. Prenez votre temps, c’est important !

    Je me mets à  trembler.

    – Je crois que j’ai dû demander à  Joséphine.

    – Ah ? Vous croyez ou vous en êtes sûre ? C’est bien, vous avez le droit et même le devoir de demander conseil pour des questions délicates. Mais ce qui est curieux c’est que vous ne vous souvenez pas de ce dossier.

    – Euh.. non… il y en a tellement.

    – Pas des comme celui-ci  Mademoiselle Calembert. Vous m’étonnez !

    – Euh….

    – Et le dossier “Le Parc” sur les bâtiments rénovés, loi 1986, vous vous en souvenez ?

    – … ah oui .. et bien celui-là… je…. ne sais plus… trop.

    – Vous ne vous souvenez pas non plus ? Et le dossier du parking de la rue Massepain, vous devez vous en souvenir de celui-là !

    Je me sens devenir toute blanche.
    -…

    – Bon, il me semble que je commence à comprendre certaines choses,  appelez moi Joséphine !

    Je sors livide de son bureau et me dirige vers Joséphine. J’ai l’impression que le sol va se dérober sous mes pieds.
    – Joséphine, Mr Leroy voudrait te voir, il me pose plein de questions sur les dossiers spéciaux. Je n’y comprends rien.
    Le visage de Joséphine s’assombrit tout à coup. Nous nous dirigeons toutes les deux vers le bureau du chef.

    – Laisse-moi parler, je vais essayer d’arranger cela ! me dit-elle avant de pénétrer dans le bureau.

    – Voilà, écoutez Joséphine, Coralie me dit qu’elle vous a demandé un conseil, sur le dossier Colardo, vous vous en souvenez ?

    – Colardo, oui bien sûr que je m’en souviens.

    – Mais ce qui est curieux c’est que Coralie elle ne semble pas du tout s’en souvenir. Comment cela se fait ?

    – … J’ai voulu l’aider, exceptionnellement je lui ai pris ce dossier avant-hier.

    Une légère grimace se dessine sur son visage, mais il se reprend.

    – D’accord, mais elle ne semble pas non plus se souvenir de celui-ci non plus, ni de celui-là.

    Il lui tend les autres dossiers.

    – … J’ai dû aussi voir ces deux-là.

    Soudain il croise les bras et nous fixe.

    – Et depuis combien de temps dure ce manège ?

    –  ….

    Je comprends pourquoi Coralie fait de tels progrès maintenant ! Coralie, avez-vous seulement traité un seul dossier sensible ?

    J’entends ma voix chevroter.

    – Oui, trois hier.

    – Trois sur un total de 25 au moins. Je déteste être floué et pris pour un imbécile et c’est pourtant bien ce qu’il se passe.

    Joséphine plus inspirée que moi prend la parole.
    – C’est moi qui ai proposé de l’aide à Coralie car la masse qui lui est demandée est encore trop lourde pour elle. Elle ne peut pas passer en quelques jours seulement de 3 à 30 dossiers avec 5 dossiers spéciaux supplémentaires. ET PUIS… OU C’EST MARQUÉ QU’ON NE PEUT PAS S’ÉCHANGER DES DOSSIERS  ?

    – Mais enfin Joséphine, ça tombe sous le sens, c’est à la direction et donc à moi de le décider. CROYEZ-VOUS QUE JE NE SAIS PAS PAS CE QUE JE FAIS  ?
    Vous avez chacune votre travail à mener, il est normal que Coralie puisse demander des conseils mais il est HORS DE QUESTION que vous vous passiez des dossiers. Tout problème de répartition doit se traiter directement avec moi. Je vous tiens responsable toutes les deux de cet échange qui dépasse nos règles de conduite. Nous sommes à deux doigts d’une faute grave et j’hésite à la prendre pour telle.

    – …. je vous promets que ça ne se reproduira plus affirme ma collègue qui semble cette fois ci aussi déstabilisée que moi.

    Je l’espère et vais rester clément cette fois-ci. Mais vous serez malgré tout convoqués pour une séance collective demain. 100 coups spéciaux chacune et je peux vous dire que je demanderai au couple Sculicci de bien les appuyer. Je veux que vous vous en souveniez longtemps.

    Le verdict est tombé, je me sens défaillir tout comme Joséphine qui reste interloquée.

    Pour l’instant sortez de mon bureau, je dois vérifier le travail de Gaspard, mais nous en reparlerons demain une fois que vous aurez purgé votre peine. Je doute d’ailleurs que vous puissiez le faire en position assise.

     

     

    Nous sortons de son bureau dépitées comme jamais et nous nous enfermons comme d’un commun accord dans la salle d’archive.
    Là je m’effondre en pleurs.

    – Excusez-moi Joséphine, je ne t’amène que des ennuis, je t’en supplie excuse-moi !

    – Non ce n’est pas de ta faute mais de la sienne, il nous en demande beaucoup trop. Ça va être dur d’annoncer cela à Tristan. Je crois que cette fois ci je vais prendre un médicament pour supporter. Et à haute dose..

    Et maintenant je ne  vais plus pouvoir faire le travail à ta place et Gaspard devra se débrouiller tout seul lui aussi.

    Nous essayons de nous consoler l’une l’autre.

    Quand nous retrouvons Djamilia nous lui expliquons la situation : demain nous allons donc recevoir toutes les deux une sévère correction.

    Quant à elle, elle nous annonce avoir pu terminer depuis un moment tous ses dossiers. Cette fille est vraiment forte.

    Un peu plus tard, nous nous apercevons sur le tableau que nos deux noms apparaissent l’un à côté de l’autre. Le mien apparaît deux fois et au total 12 noms y figurent. A n’en plus douter la matinée sera trés trés chargée et nous allons y tenir une place d’honneur.

     

     

    Aujourd’hui j’ai atteint le chiffre de 26, donc il me manque 4 dossiers normaux ce qui fait un total de 9 plus les 5 spéciaux que je n’ai pas le courage de commencer tellement je me sens découragée et incapable d’en faire plus.  Je vois que la journée de demain comme étant une des plus douloureuses de ma vie, un vrai cauchemar programmé.
    Dégoûtée, je décide de partir plus tôt et sors plus bas que terre de l’immeuble. Je retrouve cependant Gaspard sur son banc, comme hier soir. Pour lui aussi une deuxième bonne correction l’attend et il n’en mène pas large, je le vois tout de suite. Nous nous embrassons discrètement mais non sans passion et rentrons chez moi, décidés à passer une deuxième nuit ensemble.

    Sitôt à  la maison nous nous précipitons dans la chambre et nous nous déshabillons entièrement. Comme hier je commence par le prendre par la bouche mais avant de jouir il me pénètre et nous jouissons presque simultanément.

    Nous continuons ainsi nos ébats et de façon bien plus détendue que la veille. Dans la frénésie de nos corps avides nous en oublions nos déboires et ce n’est que vers vingt et une heure que la faim nous fait sortir du lit.
    Nous prenons alors une douche ensemble. Puis sans même nous rhabiller nous nous préparons à manger. Je sors des congelés, les prépare et au moment où nous entamons le poisson pané mon téléphone résonne. C’est Djamila qui m’appelle en pleurs.

    – Excuse-moi Coralie, j’ai eu ton numéro par Joséphine qui m’a conseillé de t’appeler.
    Voilà… il m’arrive un gros problème au travail.

    – Quoi donc ?

    Je mets mon téléphone en mode haut parleur pour que Gaspard entende.

    – Et bien avant de partir j’ai voulu mettre tous mes dossiers sur le coin de mon bureau comme ils l’exigent de nous quand je me suis aperçu qu’il manquait les 3 dossiers spéciaux que Mr Leroy avait rajouté ce matin et que j’avais traité.

    Mon sang ne fait qu’un tour.
    – Mais c’est pas possible, ils sont bien quelque part !?

    – Ben non, j’ai fouillé tu sais, je me suis permise même de regarder dans vos bureaux, mais je n’ai rien trouvé.

    – Mon dieu quelqu’un les a peut-être pris ?

    – Je ne sais pas mais Mr Leroy m’a tout de suite dit que c’était une faute grave et que si demain ils ne sont pas retrouvés, qu’il est désolé mais que je devrais recevoir une fessée publique.

    Puis on l’entend éclater en sanglots.

    – Mais tu ne lui as pas dit que tu étais hypersensible à  la douleur et que même tes parents ont dû renoncer à  te punir ?

    – Si, il avait l’air ennuyé mais… il a dit que même si j’étais en passe de devenir le meilleurs élément du bureau qu’il n’ait jamais eu, il ne pouvait se permettre aucune exception. La seule chose qu’il pouvait accepter c’est que cela devienne une faute de notre secteur et que nous partagions toutes les trois la fessée.

    Devant l’énormité de la situation je reste muette.

    – Écoute Djamila, je suis chez moi avec Gaspard. Viens nous rejoindre, nous allons en discuter et tu pourras même dormir chez moi. Prends tes affaires pour la nuit et pour la journée de demain aussi.

    Je lui donne mon adresse et nous arrêtons la communication.

     

     

    Nous nous regardons avec Gaspard. Il est bien sûr hors de question qu’après tout ce qui m’attend demain je reçoive la première fessée publique de l’histoire de ce bureau. Ni non plus pour Joséphine et surtout Djamila qui ne pourrait physiquement la supporter.

    Je téléphone aussitôt à Joséphine qui depuis l’appel de notre petite collègue  se sent elle aussi littéralement effondrée.

    – Ecoute Coralie, la disparition des dossiers, c’est quelque chose que je redoute depuis longtemps. Avec la pression qu’il nous met maintenant, je ne suis pas étonnée qu’on en arrive là. C’est vraiment dommage que ça tombe sur Djamila, en même temps tout le monde doit maintenant savoir qu’elle est hyper performante et il y en a un paquet qui ne rêve que de la casser avec une fessée publique. On ne peut pas l’abandonner Coralie !

    .- Non bien sûr, ça je ne me voudrais jamais. Mais après ce qui nous attend demain tu nous vois recevoir encore une fessée et en public cette fois ci, DEVANT TOUT LE MONDE !

    – ECOUTE  ! D’abord  faisons tout pour retrouver ces dossiers dès la première heure demain. ENSUITE !… C’est certain qu’ils vont vouloir y aller fort avec nous. MAIS OBJECTIVEMENT, sauf s’il veut nous tuer ou nous envoyer à l’hôpital ils ne peuvent faire cela, car les fessées publiques seront non seulement dégradantes mais très sans aucune retenue, car elles reposent sur des fautes graves. Le problème est que même si ce qui arrive n’est pas de notre faute, il lui faut désigner des responsables pour rester crédible.
    Ce sera à nous de discuter avec Mr Leroy. Et surtout résoudre ce problème de dossiers car s’ils ont disparus c’est que quelqu’un les a pris, je ne vois pas d’autre application et peut recommencer. Nous insisterons  là-dessus, nous lui ferons voir cet aspect des choses qu’il semble négliger. De toute façon, il en va de l’intérêt du bureau tout entier.

    Après un échange assez rapide nous nous quittons en nous promettant de se rendre toutes les trois au bureau à la première heure et de nous appeler si entre temps il y a quelque chose de nouveau.

     

     

    Djamila ne va pas tarder à arriver. Ne voulant pas la choquer par notre nudité nous enfilons tous les deux un peignoir. En nous voyant ainsi elle comprendra tout de suite la nature de notre relation ce qui n’est pas si mal, autant que les choses soient claires.

    Quelques minutes après l’interphone sonne et je déclenche l’ouverture de la porte de l’immeuble  C’est sur le palier que nous attendons que l’ascenseur s’arrête et que Djamila en sorte. Je remarque tout de suite son air surpris de nous voir ainsi, puis apparaît ce sourire sur son visage qui me fait tant fondre. Elle est heureuse de nous retrouver, il en est de même pour nous. Le courant passe entre nous trois.

    Son émotion est immense quand nous commençons à discuter, elle est à nouveau au bord des larmes. Je lui dit ce que Joséphine m’a répondu et nous nous mettons d’accord  il faut coûte que coûte retrouver ces dossiers.

    – Tu as vu quelqu’un rôder autour de nos bureaux Djamilla ?

    – Et bien non, quand vous êtes parties je suis allée aux toilettes mais je n’ai rien remarqué de spécial en revenant.J’ai vraiment cherché de partout, je suis désespérée.

    Et elle s’effondre à nouveau. Nous la consolons comme nous pouvons.

    Est ce que je peux vous demander un service ? Demande-t-elle tout à coup.

    – Oui bien sûr, dis-nous !

    – Et bien…. au cas où… il n’y a pas d’autres solution je voudrais savoir si je suis capable de recevoir une fessée.

    – Mais il n’est pas question que…

    – SI, je vous en prie, c’est important pour moi, depuis que je suis arrivée et que je vois comment les choses se passent pour vous, ça me travaille. Il n’est pas question que j’ai un traitement particulier !

    – Mais tu ne la mérites pas Djamila, c’est toute la différence.

    – Mais au cas où ! Ça peut toujours arriver. Rien ne dit que je pourrais l’éviter demain. C’est important, je vous assure. Donnez moi une vraie fessée pour que je sache ce que je peux supporter.

    Gaspard et moi nous nous regardons avec gène. Et puis Gaspard se lève.

    – Tu as peut-être raison, il faut s’attendre à tout avec eux. Je veux bien  essayer de t’en donner une mais à une condition : dès que ça devient insupportable tu dis STOP et je m’arrête.

    – Oui, oui bien sûr, je te promets. Excusez-moi mais j’ai vraiment besoin de me rendre compte. Donne-moi une fessée comme celle que tu as reçue. Comment on fait, comment font- ils  ? Je dois baisser juste mon pantalon, ils tapent sur la culotte ?

    – Non, non ils font baisser le sous vêtement et même ils nous font tout enlever.. Le pantalon et la culotte.

    Djamilia se met à rougir.

    – D’accord !

    Elle se lève, va vers un coin de la pièce, nous tourne le dos, enlève ses chaussures, descend et retire pantalon et culotte, et se retourne en prenant soin d’abaisser son chemisier pour dissimuler un tant soit peu ses parties intimes.

    Nous restons comme paralysés par ce spectacle. Djamila est une très belle fille.

    Aussitôt je réagis :
    – Djamila si ça t’ennuie d’être fessée par un garçon je peux le faire !

    – Non c’est autant Mr Sculicci qui le fait que sa femme, si j’ai bien compris.  Je dois me préparer à ça aussi.

    Aussitôt, troublé mais décidé, Gaspard place une chaise au milieu de la pièce. Il est gêné, on peut nettement voir son peignoir bombé au niveau de ses reins, mais Djamilia absorbée par sa résolution ne semble rien remarquer. Il s’assied,  la fait  venir sur ses genoux, remonte son chemisier et lui assène une première claque moyennement forte.
    Djamila est tout de suite secouée par un spasme, elle se mord les lèvres et ses fesses se contractent. Un deuxième coup tombe et un troisième. Les coups ne sont pas très forts mais malgré sa peau mat les couleurs apparaissent vite et son corps se contorsionne. Son visage se contracte et à chaque coup sa tête se redresse. Après un coup plus appuyé que les autres elle se libère de son fesseur, se relève en se frottant énergiquement les fesses et en grimaçant.

    – Mais là je ne frappe pas encore vraiment fort Djamila, on vient à peine de commencer, prévient Gaspard.

    Tout à coup le visage de Djamila se durcit et se gonfle de colère.

    – Excuse-moi mais c’est bon, je vais y arriver, Coralie est-ce que tu peux me tenir les bras, me demande-t-elle en se penchant à  nouveau sur les genoux de son fesseur. S’il te plaît, aide moi !

    Je m’approche et lui saisis fermement  les bras, sa peau dégage une chaleur qui me pénètre.

    – GASPARD VAS-Y VRAIMENT, EXACTEMENT COMME ILS LE FONT !

    Comme électrisé par cette invitation, tout à coup la main de Gaspard se lève bien haut et sans aucune retenue, les coups tombent et claquent les rondeurs comme des pétards. Le corps de Djamila se contorsionne, j’ai du mal à la maintenir. Soudain elle m’adresse un regard de détresse qui me trouble comme un poignard lancé en plein cœur. Elle n’arrive plus du tout à contenir quoique ce soit et au bout d’une minute très intense on entend un STOP désespéré. Sitôt que ma main la lâche, elle se lève et sautille sur ses pieds, traversée par des pleurs compulsifs.

    – Tu t’arrête déjà ? Tu vois ce que ça fait et c’est tout juste un début ! Cris-je sur un ton de rapproche.
    REGARDE !

    Tout à  coup je me tourne et relève bien haut mon peignoir lui laissant voir mes fesses encore très marquées.

    Tu vois ! Et ça date déjà d’il y a deux jours. Et moi je n’ai pas la peau qui marque comme la tienne. Avec les Sculicci il n’y a pas de STOP possible tu sais !

    Puis je relâche mon peignoir qui retombe sur mon intimité.

    Montre lui aussi Gaspard !

    Résigné, Gaspard relève le sien en se retournant.

    Djamilia comme effrayée par ce dont elle est témoin semble se calmer.

    – Tu vois que tu ne pourrais pas tenir le quart d’une seule fessée avez eux !

    – Je ne veux pas que vous receviez à ma place, vous comprenez ?

    – MAIS CE N’EST PAS DE TA FAUTE CE QUI EST ARRIVÉ !

    Elle reprend sa respiration et se calme. Je m’approche d’elle et l’enlace, je l’embrasse sur la joue, sur le coup, je lui caresse le dos.
    – Excusez-moi, Coralie, excuse-moi, gémit-elle.

    Gaspard s’approche à son tour et pose ses mains sur nos épaules.
    – Tu dois devenir raisonnable. Les fessées pour nous sont déjà plus que limites mais pour toi c’est impossible. Et de toute façon tu n’as pas à assumer une faute que tu n’as pas commise.

    – Ce n’est pas à vous non plus de l’assumer. Et toutes ces fessées que vous recevez pour un oui ou pour un non, c’est normal ça ? Comment pouvez-vous les accepter ? Je ne comprends pas.

    Je lui réponds aussitôt,
    – Tu as raison Djamila mais vois ce qu’ils nous annonce pour après. Ça ne durera qu’un temps. Et si tu savais les progrès que j’ai fait, avant j’en étais à 3 ou 4 dossiers, maintenant je peux en soutenir presque que 30. Toi tu n’en n’as tout simplement pas besoin !

     

    Tout à coup Gaspard se met à l’embrasser. Elle se prend au jeu, les deux bouches se rencontrent, ils s’enlacent. Puis tout à coup il ôte son peignoir. Il est nu le sexe plus que jamais dressé. Ils s’embrassent à nouveau passionnément
    Tout à coup Djamila se tourne vers moi et se saisit du mien qu’elle fait glisser le long de mon corps, je me trouve nue comme Gaspard, les reins et les seins gorgés de désirs. Nous nous embrassons. Tout mon corps s’emplit d’une chaleur extraordinaire.

    Jamais je n’aurais imaginé cela, même si cela faisait partie de mes rêves les plus fous. Djamila éprouve le même désir que celui que j’éprouve en son égard, et n’expriment aucune retenue pour me le montrer.

     

    Nous nous dirigeons tous les trois sur le lit, en moins de deux notre amie se débarrasse de ses derniers vêtements et s’allonge à nos côtés.
    Nous savons tous que la journée du lendemain sera terrible, nous vivons tellement sous pression, est-ce pour cela que nous nous réfugions dans cet amour commun, si fort ?

    Toute la nuit se déroule ainsi, comme si la fin du monde devait arriver et que nous devions profiter de nos derniers instants.

    Nous éprouvons ce besoin d’oublier, tout oublier.

     

    (A suivre)

    • Ce sujet a été modifié le il y a 1 semaine et 5 jours par Confessius.
    #74744
    Coquine06
    Participant


    Superbe histoire, a quand la cinquième. J’attends avec impatience, de savoir ce qu’il va se passer, pour Coralie et ses amis, ses amours. Je suis impatienté de connaitre la suite.

    Je vis mes fantasmes et je les assume.

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