Chapitre 5. Un bouquet pour le Duc

Accueil Forums Discussions générales Récits Chapitre 5. Un bouquet pour le Duc

  • Ce sujet contient 16 réponses, 10 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Monptiloup, le il y a 5 mois.
15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 17)
  • Auteur
    Messages
  • #61397
    CoDée
    Participant


    Gabrielle avait caché dans la garde-robe ce que son maître lui avait demandé le matin.

    Cela n’avait pas été une mince affaire.

    Fabriquer un bouquet de verges ?

    Jamais elle n’avait fait cela. Quelles branches devait-elle prendre ? Devait-elle les lier entre elles ?

    Un peu perdue elle avait demandé de l’aide à son amie Cécile pour savoir comment s’y prendre.

    Elles étaient alors parties toutes les deux chercher le nécessaire à la confection de cet instrument…

    -Ma pauvre, la plaignait Cécile. Tu n’as pas de chance quand même, le maître te punit souvent !

    -Pour être honnête… Je ne peux pas vraiment lui donner tort… Je le mérite… Il faut dire que ce matin je lui ai clairement manqué de respect…

    -Ah oui ? Comment cela ?

    Gabrielle haussa les épaules. Elle était  embarrassée d’avouer à son amie que c’était la jalousie qui l’avait poussée à employer un ton inapproprié pour parler à leur seigneur.

    -Oh eh bien, j’étais mal réveillée et de mauvaise humeur..

    -Prends garde Gabrielle, n’oublie pas qu’il a tout pouvoir sur nous tu sais. Et même bien plus que celui de nous punir…

    -Mais je le sais bien ! S’énerva Gabrielle. Quand même je n’y peux rien si je suis profondément troublée devant lui.

    Cécile regarda son amie avec compassion.

    -Ah mais je comprend mieux, tu as un faible pour lui ! Comme homme je veux dire…

    Gabrielle laissa échapper un soupir.

    -Oui je dois bien le dire… Et que c’est compliqué d’être si souvent seule avec lui, l’habiller, le déshabiller, le voir dans son lit !

    -Je comprend… Dis-toi que tu es loin d’être la seule ici tu sais. Garde en tête qu’il peut avoir toutes les femmes qu’il veut. Avec le statut qu’il a ! Rien qu’au château ou sur ses terres, imagines-tu le nombre de femmes dont il peut disposer comme il l’entend ?

    Gabrielle sentit la fierté l’envahir un instant à cette annonce.

    -Oui je sais cela ! Mais je suis la seule qui le voit tous les jours et le connaît mieux que personne. Je connais ses habitudes et les vêtements qu’il aime porter, ce qu’il aime manger…

    -Oui et tu es aussi celle avec laquelle il ne couche pas…

    Gabrielle donna un coup de coude à Cécile.

    Les larmes lui montèrent aux yeux.

    -Oh pardon, s’exclama son amie en la serrant dans ses bras. Je suis désolée. Ce n’est pas gentil de ma part.

    Mais je ne veux pas que tu en souffres tu sais, sois réaliste. Et tu dois penser à une chose aussi. C’est qu’il ne restera pas toujours ici…

    -Mais comment sais-tu cela ? Il doit repartir ?

    Cécile regarda avec compassion son amie affligée.

    -Je ne sais pas quand mais en revanche ce qui est sûr c’est qu’il devra repartir à Paris à un moment donné.

    Gabrielle fronça les sourcils.

    -Mais comment peux-tu en être sûre ?

    -Il a un statut et une charge à la cour. Sa présence y est indispensable. C’est comme ça. Sa place n’est pas ici indéfiniment..

     

    Les deux jeunes filles continuèrent leur chemin jusqu’au duché qui leur paraissait bien loin. Le retour en montée étant bien plus pénible que l’aller.

    Le château paraissait si imposant vu d’ici ! Gabrielle essayait rêveusement de repérer où se trouvaient les appartements privés du duc.

    Bientôt elle serait à l’intérieur, à attendre la punition qu’il allait lui infliger.

    Et maintenant qu’elle savait qu’il n’était pas amené à rester à Uzès, elle se promit de ne plus le mettre en colère et à tout faire pour lui être agréable.

    Pour que, peut-être… Il la choisisse elle aussi…

     

    Le bruit de deux chevaux s’arrêtant près d’elles fit sursauter Gabrielle qui était perdue dans ses pensées.

    En levant la tête elle reconnut le duc, qui la regardait avec un petit sourire malicieux.

    Il était si beau, si élégant. Comment ne pas être troublée par sa force et sa prestance, par tout ce qu’il représentait..

    Gabrielle eut une bête pensée en voyant la tenue qu’il portait. Ce n’était pas elle qui l’avait habillé comme cela. Mais qui alors ?

    Le jeune seigneur s’était d’abord adressé à Cécile, après l’avoir gracieusement saluée.

    -Mademoiselle je ne comprend pas ce que vous faites ici, si loin du château. Je ne crois pas que vos tâches vont s’effectuer toutes seules. Vous ne pensez pas ?

    Le ton était ferme mais quelque peu démenti par le petit sourire au coin de ses lèvres.

    Cécile, rouge pivoine, baissa la tête sans oser répondre.

    Du haut de son cheval il avait ensuite effleuré de la pointe de sa botte le bouquet que Gabrielle tenait en main.

    Avec un petit rire moqueur il lui avait dit :

    -Va vite mettre cela dans l’eau, je préfère que ce soit bien frais !

    La jeune fille avait blêmi en le regardant s’éloigner. La journée allait lui paraître longue jusqu’à son retour !

    Pire que le châtiment en lui-même, l’attente s’avérait être une vraie torture !

     

    Aussi, quand il fut enfin là, Gabrielle ressentit un vrai soulagement.

    Enfin l’attente allait se terminer !

    En entrant dans ses appartements il envoya promener sa veste et ses bottes avant de se laisser tomber devant son fauteuil près du feu.

    -Apporte-moi à boire Gabrielle.

    -Quoi Monseigneur, de l’eau, du vin ?

    -Du vin, j’ai besoin de réconfort. La journée a été longue et pénible. Et à cause de toi elle n’a pas bien commencé !

    Gabrielle sentit sa gorge se serrer.

    -Maître je suis désolée, j’espère que vous me pardonnerez… implora-t-elle en même temps qu’elle lui apportait son verre.

    -Vas-tu me dire maintenant ce qu’il t’a pris ce matin?

    La jeune fille fut très surprise qu’il n’aie pas compris sa réaction. En même temps ce n’était pas plus mal comme cela.

    Il l’aurait peut-être chassée de son service si il avait su à quel point elle avait été jalouse de celle qui avait eu l’honneur de partager son lit.

    -Je crois maître, que j’étais mal réveillée…Glissa-t-elle timidement.

    -J’espère que cela ne t’arrivera plus à l’avenir. Sous aucun prétexte tu ne dois me manquer de respect. Est-ce bien compris ?

    -Maître je vous le promets… Assura-t-elle en s’agenouillant à ses pieds pour lui baiser le bout des doigts.

    Il attendit avant de répondre, savourant le plaisir de voir cette jeune femme si docile à ses pieds.

    -J’aimerais en être sûr, lui dit-il enfin. Et tu sais bien ce qu’il faut pour cela ?

    -Je… Je pense le savoir…

    -Alors dis-le moi ? Je veux l’entendre de ta bouche.

    -Je dois être… Punie ? Balbutia-t-elle, rougissante.

    -En effet. Va donc chercher le bouquet que tu as cueilli pour moi ce matin.

    La jeune fille se leva, les jambes faibles.

    Il la rattrapa par le bras.

    -Attend. Aide-moi d’abord à retirer mon gilet. Je serais plus à l’aise en chemise.

    La jeune fille détacha un à un les boutons du gilet, fébrile.

    Si il avait besoin de se mettre à l’aise, cela n’annonçait rien de bon pour elle…

     

    Gabrielle lui apporta cérémonieusement le bouquet de verges après l’avoir vaguement séché dans un linge.

    Elle priait intérieurement pour qu’il en soit satisfait, elle redoutait tant de le décevoir encore…

    -Mais c’est tout mignon ça ! S’exclama-t-il en prenant les branches dans sa main.

    Du bout des doigts il caressa les tiges pour en éprouver la flexibilité.

    Viens te mettre ici que l’on teste ça ! Ajouta-t-il en tapotant l’assise du fauteuil qu’il venait de quitter.

    Gabrielle, obéissante, se pencha en avant, les mains posées bien à plat sur le fauteuil.

    Il lui retroussa la robe dans le dos, comme il l’avait déjà fait plus d’une fois.

    Il passa d’abord les verges avec douceur sur le bas de son dos, ses fesses, le haut des cuisses… Avant de cingler un grand coup avec.

    Gabrielle laissa échapper un cri, surprise par la douleur.

    -Maître, je vous en prie… Moins fort… Ce… Ça fait mal…

    -Mais c’est le but d’un châtiment il me semble ! Gronda-t-il avant de cingler à nouveau la jolie croupe qui lui était offerte.

    -La prochaine fois, j’espère que tu laisseras ta mauvaise humeur à la porte avant de venir me rejoindre…

    -Je le ferais maître… C’est… Aïe… Certain…

    -Tu sais qui je suis n’est-ce pas ?

    -Oui je le sais, vous êtes… Aïe… Mon seigneur…

    -Et sais-tu le rang que j’occupe ?

    -Je sais, je sais… souffla-t-elle, se mordant les lèvres en prévision du prochain coup.

    -Je suis… Duc et pair de France, et personne… Personne, entends-tu ? Personne à la cour n’a le pas sur moi à part la famille royale. Alors crois-tu que je puisse tolérer qu’une simple servante, vouée à me servir, à m’obéir, à être mienne… Ose s’adresser à moi comme tu l’as fait ce matin ?

    Elle avait tenté de se concentrer sur chaque mot qu’il avait prononcé… Mais les coups avaient continué de pleuvoir et elle luttait si fort pour garder sa position et ne pas crier que plus rien ne comptait.

    Quand enfin elle entendit le bruit des verges tombées au sol, un hoquet de soulagement lui échappa. Une larme perla à ses yeux.

    Enfin c’était fini.

    La jeune femme se redressa. Rouge et défaite, elle n’osa pas se tourner vers le duc et tenta de son mieux de réajuster sa robe et essuyer ses larmes.

    Apaisé comme à chaque fois qu’il l’avait punie, le jeune homme la prit doucement par les épaules pour la retourner vers lui.

    -Tu sais ce que tu dois faire pour éviter que cela ne se reproduise Gabrielle, lui dit-il avec douceur.

    Elle baissa la tête, un sanglot lui échappa.

    Emu par cette fragilité il la prit dans ses bras pour la réconforter. Il avait senti que c’était ce dont elle avait besoin à ce moment-là…

    La jeune fille laissa échapper un gémissement de plaisir et ferma les yeux pour mieux savourer le bonheur d’être ainsi entourée et protégée de ses bras puissants.

    Elle avait posé avec bonheur sa joue contre la poitrine du jeune homme. Les battements de son cœur résonnaient dans sa tête comme une douce musique apaisante.

    Elle fut très surprise en sentant grandir un intense désir chez lui.

    Fortement troublée par cette réaction qu’elle n’avait pas prévue elle leva amoureusement les yeux vers lui, les lèvres entrouvertes.

    Le souffle court il la serra un peu plus fort contre lui, visiblement troublé lui aussi.

    Gabrielle laissa échapper un gémissement de plaisir, en resserrant encore sa prise autour de sa taille…

     

    C’est à ce moment fort mal choisi que quelqu’un cogna avec force à la porte, interrompant de façon inopportune ce délicieux moment.

    -Louuiis !!! Appela une voix d’homme visiblement éméché, je te rappelle qu’on t’attend !!!

    -Je crois bien que je l’avais oublié !  Répondit le jeune duc dans un rire. J’arrive.

    Avec douceur il se détacha de Gabrielle, profondément déçue de devoir rompre ce délicieux moment.

    -J’ai besoin de toi pour m’habiller. On va commencer par changer ma chemise que tu as mouillée de tes larmes.. ajouta-t-il avec un sourire malicieux.

    La jeune fille se confondit en excuses, troublée.

    -Cela ne fait rien Gabrielle. Tout va bien, la rassura-t-il en lui tapotant gentiment la joue.

    La jeune femme l’aida mécaniquement à s’habiller, encore sous le coup de l’excitation puissante qui s’était éveillée chez elle.

     

    Quand il fut prêt à sortir, le duc se pencha vers elle pour déposer un tendre baiser sur son front.

    -Tu n’as pas besoin de m’attendre ce soir. Tu es libre de faire ce que tu veux. Je ne dormirais probablement pas ici.

    La jeune fille ferma les yeux, trop troublée pour affronter son regard.

    Mais quand elle entendit la porte se refermer, la tension se relâcha et tout ce mélange d’émotions si intenses qu’elle venait de vivre s’évacuèrent dans un flot de larmes…

     

     

     

     

    #61400
    Anonyme
    Inactif


    Oh purée! j’en pleurerais presque avec elle!

    Quel talent tu as @corrigeedelivree! Merci de nous en faire profiter.

    #61409
    CoDée
    Participant


    Oh merci Sombrelle. Quel joli compliment 😘

    Je ne veux pas spoiler mais il se peut qu’elle pleure moins au chapitre suivant 😉🤫

    #61410
    lunapower
    Participant


    Mais que va-t-il ensuite arriver à Gabrielle? très joli comme d’habitude 🙂

    https://lesaventurescuisantesdecamille.blogspot.com/

    #61412
    gaulois76
    Bloqué


    L’attente est excitante, on a hâte de connaitre la suite. merci encore pour ce beau feuilleton

    #61423
    CoDée
    Participant


    C’est un plaisir de vous le faire partager.

    Merci a vous pour les compliments 🥰

    #61494
    Miss Betty
    Participant


    Je viens de lire tous les chapitres d’une traite. J’adore et j’ai hâte de savoir ce qu’il va bien pouvoir arriver à Gabrielle.

    Merci pour ce partage délicieux

    On a deux vies. La deuxième commence quand on se rend compte qu'on n'en a qu'une !

    #61495
    kodak
    Participant


    trèsbeau récit bravo

    #61504
    Dyonisos
    Participant


    Cette épisode encore une fois très agréable à lire aussi bien dans le style que dans la forme nous parle d’un instruments très utilisé autrefois. Madame Fichini s’en servait pour corriger Sophie dans les petites filles modèles.

    Mais de quel arbre viennent donc les verges coupées par Gabrielle : bouleau, noisetier ou autres ? Ce qui est sûr c’est qu’elles ont trempées dans un seau avant de servir à la demande du Duc afin de conserver la souplesse nécessaire à une bonne fustigation.

    je suis comme vous passionné par la fessée donnée et reçue et tout ce qui tourne autour de ce fantasme.

    #61505
    CoDée
    Participant


    Oh merci beaucoup Miss Betty !

    Ton compliment me fait très plaisir.

    Je suis contente que tu aies apprécié mon récit 😊

     

    #61506
    CoDée
    Participant


    Merci encore a tous.

    @Dyonisos

    Je me souviens parfaitement de cet épisode des petites filles modèles. J’étais très jeune mais il m’avait déjà bien troublée…

    Pour savoir dans quel arbre Gabrielle a pu couper ses verges il faut savoir qu’Uzès se situe dans le Gard et donc se pencher sur la flore locale 😉

    Cependant il me semble logique que son choix ne se soie pas porté sur l’acacia. Celui-ci sera donc à éliminer d’office 😆

    #61508
    Léonora
    Participant


    Comme d’habitude, un récit toujours aussi délicieux à lire. Qui coulent tout en douceur, même si Gabrielle n’est pas forcément traitée avec douceur. Mais bon, c’est pour notre plus grand plaisir !

    Surtout ne change rien à ton style d’écriture, il a tout pour lui!

    Pour le choix, je dirais du noisetier!

    Moi, joueuse et provocante?! Non, Naturelle! 😀

    https://lesvoyageshautsencouleurs.blogspot.com/

    #61522
    CoDée
    Participant


    Merci Léonora.

    Je suis enchantée que tu aimes toujours autant les (més)aventures de mon héroïne.

    Et les compliments sur mon style d’écriture, à moi qui doute sans cesse, me font très plaisir.

    Le noisetier me paraît un très bon choix!

    Si c’était pour moi, en tant que pure cévenole je choisirais le châtaignier par pur chauvinisme (bon sans la bogue de la châtaigne évidemment) 😆

    #61624
    Rony
    Participant


    Cette série est une vraie petite merveille et mériterait publication.
    Je suis sûr que vous trouveriez un éditeur 🙂

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 7 mois par Rony.

    Pourvu qu'elles soient rouges.

    #61631
    CoDée
    Participant


    Oh, merci Rony! C’est une belle idée qui a déjà été évoquée. Je vais peut être devoir y penser plus sérieusement 😊

     

15 sujets de 1 à 15 (sur un total de 17)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
PHP Code Snippets Powered By : XYZScripts.com