Chapitre 4. La servante personnelle du Duc

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    Le jour n’était pas encore levé mais Gabrielle, nerveuse, ne parvenait plus à dormir.

    Elle sortit se rafraîchir hors de la chambre pour ne pas déranger les autres filles.

    Une fois prête, elle rôda dans les couloirs encore silencieux du château.

    Pourquoi ne se rendrait -elle pas déjà  dans les appartements du maître ? Après tout elle se ferait toute petite. Elle ne le dérangerait pas. Et au moins elle serait sûre d’être présente à son réveil…

     

    Devant la grande porte dorée, assis sur un fauteuil, somnolait un garde qui lui était inconnu.

    En la voyant devant la porte il sursauta et gronda à voix basse :

    -Mais que fais-tu là toi ?

    -Je suis la nouvelle servante de Monsieur le Duc, répondit-elle timidement. Il m’a demandé de remplacer son valet.

    -Ah c’était toi qui était là hier…

    Il avait dit cela sur un ton moqueur, un petit sourire au coin des lèvres.

    -Tu n’as pas trop de mal à marcher aujourd’hui ?

    Gabrielle piqua un fard. Il avait donc entendu la punition qu’elle avait reçue la veille ? Ou on lui avait dit ?

    -Je peux entrer ou non ? Demanda-t-elle en levant fièrement le menton.

    -Mais je t’en prie. Par contre tu risques d’attendre longtemps, il est tôt et comme il s’est couché tard hier..

     

    La jeune fille entra dans les appartements du maître sur la pointe des pieds.

    Dans le petit salon, le feu était presque éteint mais il diffusait encore dans la pièce une petite lumière douce.

    La canne avait laquelle elle avait été punie la veille était restée posée sur le fauteuil, inoffensive ainsi abandonnée.

    Qu’avait-il fait du fouet ? Gabrielle chercha dans la pièce mais ne le vit pas. Il l’avait peut-être laissé dans son bureau ?

     

    Sur la pointe des pieds elle s’approcha de la porte de la chambre du jeune seigneur.

    Celle-ci était entrouverte. Elle y glissa un œil, curieuse.

    Elle le vit, profondément endormi, étendu sur son lit, seulement vêtu d’un caleçon.

    Il avait jeté tous ses draps et couvertures au pied de son lit.

    Le cœur de Gabrielle s’emballa en le voyant ainsi, abandonné et détendu.

    Elle se sentait fière et honorée d’être la seule à pouvoir le voir ainsi, dans ses appartements privés, au cœur de son intimité. Quel privilège !

     

    Le jour commençait à se lever, les rayons du soleil éclairaient la pièce peu à peu.

    Gabrielle s’installa dans un coin du petit salon pour attendre le réveil du duc.

    Elle avait davantage entrouvert la porte de la chambre pour le voir de là où elle était.

    Le temps s’écoula lentement…

    Le jour était maintenant pleinement levé quand elle entendit le maître appeler :

    -Martin, où es-tu ? Viens ici !

    La jeune fille entra timidement dans la chambre.

    -Il n’est plus là Monseigneur, c’est moi qui le remplace.

    Le duc s’étira en souriant.

    -Oui, j’avais oublié. Comment vas-tu Gabrielle ?

    J’imagine que tu n’as pas pu dormir sur le dos ? Ajouta-t-il malicieusement.

    Les joues de la jeune fille s’empourprèrent.

    -Je vais bien, se contenta-t-elle de répondre d’une petite voix.

    -Très bien alors, au travail. Va donc rallumer le feu.

    Ensuite reviens-là pour m’aider à m’habiller.

    La jeune fille obéit sans mot dire.

    Elle entendit le jeune homme dans la pièce à côté. Il avait bondi hors de son lit pour se soulager.

    Gabrielle, à force de l’idéaliser, en avait un peu oublié que malgré son statut il restait  un homme comme un autre, avec les mêmes besoins..

     

    Quand elle retourna dans la chambre il était en train de s’asperger le visage d’eau.

    -J’ai l’esprit encore un peu embrumé par tout le vin que j’ai bu hier soir. La journée va être longue !

    Il se laissa tomber dans un fauteuil en soupirant.

    -Donne-moi à boire, j’ai mal à la tête.

    Il but son verre a petites gorgées en fermant les yeux.

    -Va me chercher des vêtements maintenant, je veux m’habiller. Quelque chose de confortable, je vais devoir passer une grande partie de la journée à cheval.

    Comme elle ne bougeait pas, il ouvrit un œil surpris et agacé.

    -Alors ?

    La jeune fille rougit en se mordant les lèvres.

    -Maître, je n’y connais rien en vêtements d’homme. Encore moins quand il s’agit de belles tenues comme les vôtres…

    Il se détendit et lui sourit, amusé.

    -Viens avec moi.

    La jeune fille le suivit dans une petite pièce attenante à la chambre. Elle débordait de vestes, gilets, chemises, culottes, chaussures, chapeaux …

    -Ce sera là une grande partie de ton travail ici pour moi, le soin à apporter à mes toilettes. Pour aujourd’hui…

    Il hésita quelques instants avant de tendre a la jeune fille une chemise, un gilet et une veste dans les ton bleus. Des bas de soie, une culotte et une ceinture de cuir.

    Voilà ce que je vais porter. Viens donc m’aider.

    La jeune fille, peu habituée aux vêtements masculins n’était pas très habile.

    Elle s’excusa plusieurs fois, embarrassée.

    Ses mains étaient moites et hésitantes.

    Il lui tapota la joue avec tendresse.

    -Ce n’est rien, je comprend que tu n’aies pas l’habitude. N’aie pas peur de moi comme cela. Je ne compte te punir que quand ce sera vraiment mérité. Si tu fais de ton mieux je n’aurais pas de reproches à te faire.

    La jeune fille lui sourit timidement.

    -Ca ira comme ça, dit-il une fois habillé.

    Maintenant va me chercher à manger je  meurs de faim.

    Elle lui offrit une petite révérence avant de tourner les talons.

     

    Elle courait presque dans les couloirs pour lui amener au plus vite ce que la cuisinière lui avait confié.

    Quand elle entra dans les appartements du maître, il n’était plus seul. Dans le petit salon, deux hommes lui exposaient semble-t-il la situation du domaine, de nombreux mots échappaient à la compréhension de Gabrielle.

    Il les écoutait, rêveur, confortablement installé dans un fauteuil.

    -Mais de toutes façons j’ai prévu aujourd’hui d’aller à Aimargues, je compte bien m’occuper de cela. Les interrompit-il sèchement.

    Les deux hommes se turent, et quittèrent la pièce après avoir respectueusement salué le duc.

    La porte resta ouverte car d’autres personnes attendaient pour entrer.

    Le jeune seigneur les reçut en même temps qu’il mangeait. Il les écoutait en silence la plupart du temps.

    -Très bien, conclut-il quand il en eut assez entendu.  je m’occuperais de cela après être passé à Aimargues. Nous en reparlerons à mon retour.

    La gouvernante du château entra à son tour.

    -Maître, je souhaiterais vous montrer quelque chose. Vous voulez bien me suivre ?

    -Oui madame Henriette, je vous suis.

    Gabrielle, une fois seule dans les appartements du duc, entreprit de tout remettre en ordre, la chambre, le petit salon…

    Elle se sentait un peu perdue et dépassée par toutes ces choses nouvelles.

    En même temps ce n’était que le premier jour où elle était au service du maître. Il était normal qu’elle ne soit pas encore tout à fait au point…

     

    Gabrielle était depuis 3 semaines maintenant au service personnel du duc et plus rien n’avait de secret pour elle.

    Ses habitudes, ses goûts, ses vêtements. Elle était parfaitement au point.

    Pendant ces 3 semaines elle n’avait pas été punie une seule fois. Il l’avait même félicitée pour son comportement exemplaire.

    Alors que comme tous les matins elle entrait dans les appartements du maître, elle eut la grande surprise de croiser une jeune femme inconnue qui sortait de la chambre du jeune seigneur, les vêtements et les cheveux dérangés.

    Le sang de Gabrielle ne fit qu’un tour quand elle croisa le regard de cette fille.

    Celle-ci baissa la tête, confuse, et sortit en silence, refermant délicatement la porte derrière elle.

     

    Gabrielle, en colère, se mordit les lèvres.

    Elle se sentait trahie, même si il était bien évident pourtant que le maître ne lui devait rien.

    Furieuse elle se précipita dans le couloir pour voir où était partie la jeune femme. Mais celle-ci avait déjà disparu.

    Le garde à la porte, toujours le même,  interpella Gabrielle, gentiment moqueur.

    -Mais tu croyais quoi ? Qu’il n’y aurait jamais de femme dans son lit ?

    Agacée Gabrielle ne lui répondit pas et referma sur elle la porte des appartements privés du duc.

    Elle la ferma un peu trop fort, la porte avait claqué, alertant le jeune homme qui demanda.

    -C’est toi Gabrielle ?

    -Oui maître c’est moi, répondit-elle, toujours fâchée. Je suis arrivée trop tôt il semblerait, veuillez m’excuser.

    Le ton employé par la jeune fille était tout sauf une excuse.

    De sa chambre le jeune homme avait perçu la colère dans sa voix.

    Il gronda d’une voix forte :

    -Gabrielle, viens ici.

    Elle entra dans la chambre, le visage fermé. Elle savait qu’elle n’avait rien à dire sur les fréquentations de son maître, mais c’était plus fort qu’elle. Elle ne parvenait pas à maîtriser sa déception.

    Son cœur était meurtri.

    Il était au pied de son lit, en train d’enfiler un caleçon quand elle entra.

    -Tu peux répéter ce que tu as dit Gabrielle ? Demanda-t-il en fonçant les sourcils.

    La jeune fille leva un regard noir vers lui.

    -Je me suis excusée d’être arrivée trop tôt monseigneur. C’est tout ce que j’ai dit.

    -Je n’aime pas ce ton avec lequel tu me parles. Viens ici !

    La jeune fille recula d’un pas au lieu d’approcher. Il semblait vraiment en colère, elle commençait à prendre peur.

    -Tu viens ici maintenant !

    Gabrielle approcha lentement, en le regardant fièrement dans les yeux. Elle savait que c’était une grossière erreur de le braver ainsi mais c’était plus fort qu’elle.

    D’un mouvement brusque il l’attrapa par le bras avant de la projeter à plat ventre sur son lit. Ce même lit qu’il avait partagé avec l’autre…

    Gabrielle voulut se débattre mais il la maintenait avec force, la main plaquée sur son dos.

    -Je ne tolère pas que tu me parles sur ce ton ! Gronda-t-il, en colère. N’oublie pas qui je suis !

    -Je suis désolée ! Répondit-elle froidement.

    Profondément outré par l’attitude de la jeune fille, le jeune seigneur retroussa brutalement sa robe avant de lui appliquer sur le derrière une salve de claques bien senties.

    Gabrielle grogna et tenta à nouveau de se débattre, au bord des larmes.

    -Mais tu te comportes comme un animal sauvage aujourd’hui !

    Énervé il la souleva par la taille, coinçant le haut du corps de la jeune fille sous son bras. Il était beaucoup plus grand qu’elle, aussi les pieds Gabrielle ne touchaient-ils plus terre.

    C’est ainsi qu’elle reçut une sévère fessée, ses jambes battant dans le vide.

    -Je suis désolée Maître, je suis désolée… répétait-elle en boucle, les larmes coulant sur ses joues.

    Quand elle eut cessé de se débattre il s’assit au bord du lit et la coucha en travers de ses genoux.

    -Moi aussi je suis désolé ! Peut-être me suis-je montré trop gentil avec toi ? Si tu as cru pouvoir me manquer de respect tu t’es trompée !

    Il lui donna à la volée encore une trentaine  de claques avant de la remettre brusquement debout.

    -Maintenant tu vas m’habiller, dépêche-toi.

    Le visage fermé la jeune fille obéit, silencieuse.

    La vigoureuse fessée reçue avait été douloureuse mais n’avait pas su apaiser la colère qu’avait fait naître en elle la vision de son maître avec cette autre fille.

    Elle qui depuis si longtemps ne rêvait que de cela, pourquoi ne l’avait-il pas choisie elle ?

     

    Au moment de quitter ses appartements privés, le duc se retourna pour jeter un dernier regard à Gabrielle.

    Elle avait toujours le visage fermé, lèvres pincées, les joues et les yeux rouges. Il ne parvenait pas à comprendre ce qui l’avait mise dans cet état.

    Mais clairement il ne le supporterait pas.

    -Je n’ai pas plus de temps à accorder à ton comportement pour le moment mais ne te crois pas tirée d’affaire. Viens me voir.

    La jeune fille obéit, le cœur battant.

    Comme elle gardait obstinément les yeux baissés il lui prit le menton pour la contraindre à le regarder.

    -Tu vas faire quelque chose pour moi aujourd’hui. Entends-tu ?

    -Oui maître.

    -A mon retour je veux que tu me présentes un bouquet de verges.

    Gabrielle rougit violemment en se mordant les lèvres.

    -Mais je ne sais pas où trouver cela maître.

    -Que tu le trouves, qu’on te le donne ou que tu le fabriques toi-même peu m’importe. Je veux que tu me présentes ce bouquet de verges à mon retour. Est-ce bien compris ?

    Gabrielle marmonna un oui timide.

    -Je n’ai pas entendu !

    -Oui Maître…

     

    #61198
    Léonora
    Participant


    Whaou! Je viens de passer dans un ascenseur émotionnel !

    Merci pour ce récit toujours aussi palpitant ! Hâte de lire la suite!

    Moi, joueuse et provocante?! Non, Naturelle! 😀

    https://lesvoyageshautsencouleurs.blogspot.com/

    #61199


    Oh merci Leonora! Quel beau compliment tu m’offres ! Je suis ravie que tu aimes mon récit.

    #61200
    gaulois76
    Participant


    C’est un très joli récit et c’est presque un film. La personnalité de la petite soubrette est vraiment bien sentie. Elle est fidèle et loyale à son nouveau maitre mais elle est amoureuse et  fière, ce qui va sans doute lui valoir de belles corrections de la part de son sévère duc, au détriment de son joli fessier et pour notre plus grand plaisir à nous, vilains voyeurs. Bravo! Vivement la suite

    #61201
    Gabrielle
    Participant


    Je rejoint leonora ce texte est fantastique. À chaque fois j’ai l impression d y être.

    Et je veux bien être à ça place ….

    je préfère masquée

    #61204
    Toulotk
    Participant


    Merci pour cette suite!

    #61205


    @gaulois76

    Merci pour ce très agréable retour. J’aime les détails et mettre un contexte dans mes récits. Parce que l’ambiance et la personnalité de mes personnages compte et m’est chère pour raconter une histoire.

    Cela me fait très plaisir que tu apprécies ainsi le petit univers que j’ai minutieusement créé.

     


    @hagabrielle

    Je suis ravie que tu apprécies autant la suite que les premiers. C’est une grande fierté pour moi!

     


    @toulotk

    Avec plaisir ! Ravie de savoir que tu apprécies mon récit

     

     

    #61208
    Christal
    Maître des clés


    Jalousie quand tu nous tiens…

    C’est superbement écrit, on se projette aisément dans l’univers et les mots glissent tous seuls.

    Espérons que le Maître apaise un temps soit peu Gabrielle dans la suite de l’histoire.

    Rien n'est acquis, tout est fragile...

    #61209


    Merci Christal, je suis ravie que tu apprécies ma façon d’écrire. Tes compliments me font très plaisir ❤

    J’espère que la suite de l’histoire ne te décevra pas… 😉

    #61212
    FrenchTouch
    Participant


    Très joli récit ! J’ai manqué les premiers chapitres, mais je vais reprendre du début, en attendant la suite 🙂

    Adepte du tout répressif

    #61213
    Eva
    Participant


    Corrigée Délivrée, je commente peu les récits, je ne sais jamais trop quoi en dire, même quand je les trouve excellents. C’est d’ailleurs le cas là maintenant, mais je vais quand même essayer. Je trouve cette fiction historique très complète, dans le sens où elle exprime et concentre beaucoup de ce “quelque chose”.C’est parfait, tout un univers. Merci de ce partage.

    Se révèle être "comme une boule de flipper,qui roule qui roule...".

    #61222
    Jérôme
    Participant


    Merci pour le partage Corrigée Délivrée, bravo pour tes talents de conteuse! On a toujours hâte de connaître la suite, c’est captivant et tout, hyper bien raconté. Je serais bien incapable de créer ce genre d’histoires de toute pièce! Félicitations!

    #61225


    @frenchtouch

    Merci pour le compliment. J’espère que tu apprécieras également les premiers. La suite arrivera bientôt…

     

    @evaeyes

    Si tu commentes rarement les récits je te remercie d’autant plus pour le compliment. Je suis ravie et honorée d’avoir su te toucher. Ton retour est très beau et me touche. Merci à toi.

     


    @jerome

    Merci beaucoup pour le compliment.  Je suis ravie que mes récits te plaisent

    #61258
    lunapower
    Participant


    décidément j’adore de plus en plus 🙂 merci @corrigeedelivree !

    #61265


    Merci Lunapower. Je suis contente que tu apprécies autant ! J’espère que la suite ne te décevra pas 😉

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