Chapitre 2. A la table du Duc

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    CorrigeeDelivree
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    Gabrielle, rêveuse, regardait par la fenêtre.

    Elle trouvait le temps long enfermée dans cette pièce.

    Si seulement elle pouvait retourner travailler aux cuisines, comme autrefois. Le travail était difficile et fatiguant mais l’ambiance y était agréable et joyeuse.

    Alors qu’ici, au service de Mademoiselle Éloïse, elle se sentait bien seule…

     

    Gabrielle sursauta, interrompue dans ses rêveries en entendant  toquer à la porte.

    Quand elle se retrouva nez à nez avec le Duc d’Uzès, Gabrielle rougit violemment et se courba dans une révérence complètement loupée mais qui eut au moins le mérite de cacher son embarras.

    C’était la première fois qu’elle le revoyait depuis qu’il l’avait corrigée dans son bureau. Machinalement elle effleura le bas de son dos en se mordant les lèvres.

    -Bonjour Gabrielle, la salua-t-il avec douceur. Ma sœur est là ?

    La jeune fille s’effaça pour le laisser entrer.

    -Oui maître, répondit-elle timidement. Mais elle n’est pas visible pour le moment. Je… je vais aller lui dire que vous êtes là.

    Après une nouvelle révérence catastrophique, Gabrielle s’empressa d’aller dans la chambre de sa maîtresse l’informer de la présence de son frère.

    Celle-ci était a demi endormie sur son lit, un livre à la main, mais quand elle sut que son frère était là elle bondit aussitôt.

     

    -Tu voulais me voir ?

    Roucoula-t-elle en entrant dans le petit salon.

    Le duc lui sourit.

    Sa sœur faisait toujours des manières en sa présence, cela l’amusait beaucoup.

    -Oui Éloïse, je viens t’informer que j’ai besoin de Gabrielle ce soir.

    La jeune fille fronça les sourcils.

    -Mais comment ça ?

    -J’ai invité plusieurs amis pour un dîner et j’ai besoin de Gabrielle.

    On m’a dit qu’elle avait déjà fait le service du temps de notre père.

    Se tournant vers Gabrielle il lui demanda confirmation :

    -Est-ce vrai Gabrielle ? Tu sais faire le service ?

    -Oui maître, je l’ai déjà fait quelques fois, Glissa-t-elle timidement.

    -Alors c’est entendu. Tu viens avec moi.

    -Mais pourquoi elle ? Insista Éloïse, visiblement mécontente. Les serviteurs habituels ne te conviennent pas ?

    Le jeune duc sourit et cligna de l’œil.

    -Non, je préfère avoir des jolies filles autour de la table. Cela sera plus agréable à l’œil pour mes invités que la vieille madame Despierres et son mari.

    Gabrielle rougissait de plus en plus. En entendant qu’il la trouvait jolie, son cœur s’emballa.

    Éloïse fit la moue.

    -Mais si tu la prend, qui m’aidera moi à me préparer pour ton dîner ?

    Louis se mordit les lèvres avec un petit sourire.

    -Mais, chère sœur, tu n’es pas invitée…

    Et quoi qu’il en soit, je ne te demande pas ton avis, ajouta-t-il sur un ton plus sec. Je t’en informe juste. J’ai besoin de Gabrielle ce soir.  Point.

    Éloïse lança un regard noir à sa servante, comme si elle était en faute.

    -Très bien, puisque de toutes façons je n’ai pas le choix. Prend-la.

    Tu peux même la garder !

     

    Le jeune seigneur marchait trop vite pour elle, Gabrielle avait du mal à suivre son pas dans les couloirs.

    Quand il se retourna, la voyant essoufflée, à la traîne, il ne put s’empêcher de rire.

    -Je suis désolé, j’ai l’habitude de marcher vite.

    Gabrielle leva les yeux vers lui et sourit timidement.

    -C’est surtout que j’ai  de plus petites jambes que vous, maître.

    -C’est bien vrai ça, dit-il en riant. Tu es un petit bout de fille…

    En même temps, ajouta-t-il amusé, je dois dire que tout le monde me paraît petit. Jamais je n’ai croisé quelqu’un de plus grand que moi.

    -Pas même le roi… Ajouta-t-il à voix basse  à l’oreille de la jeune fille.

    Le cœur de Gabrielle bondit dans sa poitrine quand elle sentit son souffle sur elle.

    Il avait un regard éclatant et un si beau sourire !

    Décidément, jamais elle n’avait rencontré un homme avec tant de charme. Dommage qu’il soit son maître, jamais il ne pourrait être à elle…

     

    Ils étaient arrivés devant la porte de la salle à manger quand il se tourna vers elle pour lui demander avec un air malicieux :

    -Sinon, je ne t’ai pas demandé comment tu allais depuis notre dernière rencontre.

    La leçon que je t’ai donnée t’a-t-elle été profitable ?

    Gabrielle rougit violemment.

    -Oh, maître, j’ai fait de mon mieux je vous assure…

    -J’en suis sûr. Je me doute que tu ne souhaites pas retrouver de sitôt le chemin de mon bureau n’est-ce pas ? Ajouta-t-il malicieusement.

    Gabrielle lui sourit timidement.

    -Je ne veux pas vous décevoir maître…

    Il sourit avec satisfaction en lui tapotant la joue.

    -C’est bien alors ma petite.

     

    Quand il poussa la porte, Gabrielle eut la joie de retrouver dans la salle à manger ses deux amies, Cécile et Marie. Les 3 jeunes filles étaient entrées presque en même temps au service du précédent duc d’Uzès, elles venaient toutes du même village.

    Tous les soirs elles se retrouvaient dans la même chambre, qu’elles partageaient avec deux autres jeunes femmes.

    Elles se racontaient leurs journées, leurs petits secrets, en regrettant le temps où elles travaillaient ensemble aux cuisines. La vie y était douce et plaisante avec la gentille cuisinière, la douce Madame Jeanne désormais décédée hélas.

    Seule Marie travaillait toujours en cuisine. Cécile avait été  affectée à l’entretien du linge. Gabrielle quand à elle avait été placée depuis quelques années auprès des 3 filles du précédent duc d’Uzès.

    Après le mariage des aînées il ne restait au château que la plus jeune, mademoiselle Éloïse…

     

    -Les filles, annonça le jeune seigneur, ce soir je compte sur vous pour me faire honneur. Je vous ai choisies personnellement. Vous ne me décevrez pas, n’est-ce pas ?

    -Non maître, répondirent joyeusement les trois jeunes femmes en chœur.

    -Bien, alors je vous laisse. Je vous revois d’ici peu.

    Après un clin d’œil complice en direction des 3 jeunes filles il quitta la pièce, les laissant seules.

    -Alors on fait quoi ? Demanda Cécile.

    -On se fait belles d’abord, et ensuite on s’occupe du reste ? Proposa Gabrielle.

    -Oui bonne idée !  S’enthousiasma Marie.

    On devrait au moins se coiffer un peu.

    Les jeunes filles filèrent devant le miroir du grand salon, et très occupées à discuter et se pomponner, ne virent pas entrer Mme Henriette, la gouvernante du château.

    -Mesdemoiselles ! Gronda cette dernière, en colère. Au travail !

     

    Quand tout fut prêt, le temps leur parut long en attendant les invités. Debout dans un coin de la pièce elles chuchotaient entre elles et étouffaient leurs rires.

    Après avoir vérifié que tout était parfaitement en place Madame Henriette quitta la pièce, non sans les avoir sermonnées encore une fois.

    Les 3 jeunes filles se retrouvant seules, Gabrielle chuchota :

    -Et si on buvait un verre histoire de se donner du courage ?

    -Non mais t’es folle ! S’insurgèrent les deux autres.

    -Mais si, pour se détendre…

    Gabrielle prit une bouteille de vin et, tournant le dos à la porte afin de ne pas être vue, s’en enfila plusieurs rasades.

    Ses amies la regardaient, catastrophées.

    -Gabrielle, tu es folle ! Tu as bu presque la moitié de la bouteille ! S’insurgea Cécile. Si le maître s’en aperçoit je ne prendrais pas pour toi je te le dis !

    -Moi non plus ! Renchérit Marie. Je ne veux pas être punie par ta faute.

    Gabrielle sourit dédaigneusement et haussa les épaules.

    -J’assumerais ma faute si il le faut, j’ai déjà été fouettée une fois, ça ne me fait pas peur.

    -Menteuse ! Tu serais capable de lui dire cela en face au maître ?

     

    Justement le duc entrait à ce moment-là. Heureusement la jeune fille avait déjà reposé la bouteille.

    Le cœur de Gabrielle s’emballa en le voyant. Il était accompagné de ses amis mais il était clairement le plus élégant et le plus beau de tous. Son rayonnement éclipsait tout le monde.

    Il offrit un doux sourire aux trois jeunes filles avant d’aller s’asseoir avec ses amis.

    Gabrielle se chargea de servir le vin qu’elle avait elle-même allègrement goûté.

    L’ambiance était joyeuse et détendue.

    Les jeunes hommes, tous aristocrates, discutaient de choses qui se trouvaient bien éloignées de sa réalité.

    Aussi Gabrielle qui n’y comprenait pas grand chose n’écoutait-elle pas vraiment, d’autant plus que le vin commençait à lui monter à la tête.

     

    A un moment elle croisa le regard de son jeune maître, qui lui sourit avec tendresse.

    La jeune fille sentit le rouge lui monter aux joues.

    -Alors, qu’as-tu fait ? demandait l’un des jeunes hommes au duc d’Uzès. L’as-tu fouetté ?

    Gabrielle frémit en entendant ces mots, mais elle comprit vite qu’il n’était pas question d’elle dans cette histoire.

    -Non, il a fait le choix de quitter mon service.

    -Mais il t’a volé ?! Je crois qu’à ta place je l’aurais fouetté ET chassé !

    Le duc haussa les épaules.

    -Eh bien je n’en ai pas décidé ainsi.

    -Mais c’est parce que notre ami préfère fouetter les jolies filles, ajouta un des jeunes hommes en faisant un signe moqueur en direction de Gabrielle.

    Elle détourna la tête, rougissante, faisant mine de ne rien entendre.

    -Je punis ceux qui le méritent, hommes ou femmes, garçons ou filles, répondit le duc avec fermeté.

    Mais il est vrai que pour le plaisir de mes yeux je préfère quand il s’agit d’une jolie jeune fille, ajouta-t-il avec un petit rire.

    Gabrielle ne put retenir un rire, en écho au sien. Elle avait aussitôt mis les mains sur sa bouche mais trop tard.

    Clairement le vin n’était pas une réussite…

    Surpris, le jeune seigneur leva un œil interrogateur vers elle.

    Troublée, elle renversa  la carafe de vin qu’elle avait à la main.

    Honteuse elle s’empressa de réparer ses bêtises.

    Heureusement pour elle le duc ne réagit pas.

    Il s’était levé pour annoncer à ses amis qu’il était temps de passer à table.

     

    Lors du dîner, Gabrielle eut l’impression d’évoluer dans du coton, l’esprit embrumé.

    Les hommes étaient tous assis autour de la table, pendant que les 3 jeunes filles se chargeaient de les servir.

    Gabrielle, euphorique et survoltée, cumulait les maladresses en pouffant comme une petite fille impertinente. Ses amies étaient mal à l’aise et essayaient de l’éviter pour ne pas être associées à son comportement irresponsable.

    Après une énième incartade le duc, agacé, se leva et attrapa Gabrielle par le bras pour lui parler à l’écart.

    -Qu’est-ce que c’est que ce comportement ?

    La jeune fille retint avec peine un rire nerveux.

    -Maître, je suis désolée.

    -J’espère que tu vas te reprendre, car ton attitude me déplaît énormément.

    -Oui Maître, répondit-elle en serrant les lèvres pour se retenir de rire.

    Il la regarda, fâché, en fonçant les sourcils.

    -Je te conseille vraiment de te reprendre, sinon tu vas être sévèrement punie, je te le dis.

    La menace calma Gabrielle, qui cessa de rire et retrouva un peu de sang froid.

    -Maître, je…

    -Que se passe-t-il, je ne comprend pas ton comportement. Tu as bu non ?

    Gabrielle baissa les yeux, mortifiée.

    -Oui Monseigneur c’est vrai, j’avais peur de vous décevoir…

    -Je ne sais pas ce qui me retient de te punir sur le champ ! Gronda-t-il, très en colère. Tu as trahi ma confiance. Fais en sorte de te reprendre ou tu vas goûter à nouveau de mon fouet, attention.

    Contrite, la tête basse, Gabrielle s’en voulut de l’avoir déçu. Plus que la menace du fouet, c’était cela qui lui fit monter les larmes aux yeux.

     

    Le duc retourna s’asseoir parmi ses amis, et Gabrielle reprit son service du mieux qu’elle put.

    Malheureusement pour elle , malgré toute sa bonne volonté, encore sous l’emprise de l’alcool elle restait gauche dans ses mouvements.

    Le pire arriva quand elle éclaboussa avec un pichet d’eau l’un des invités de son maître.

    Son amie Alice intervint aussitôt pour nettoyer les dégâts, somme toute minimes, mais pour le duc cela en était trop.

    Depuis qu’elle lui avait avoué avoir bu il bouillonnait intérieurement, retenant avec peine sa colère.

    Cette nouvelle maladresse de la jeune fille le fit exploser.

    -Viens ici Gabrielle, gronda-t-il de sa voix de ténor.

    La jeune fille n’osait pas bouger, pétrifiée. Tout le monde regardait vers elle.

    -J’ai dit viens ici ! Tonna-t-il à nouveau.

    Comme fixée au sol Gabrielle ne bougeait pas.

    Le Duc se leva, en colère, et attrapa la jeune fille par l’oreille. Sans ménagement il la tira ainsi d’un bout à l’autre de la pièce, jusqu’à la chaise qu’il avait dû quitter. Sans lâcher son oreille il s’y assit et bascula ensuite l’impertinente en travers de ses genoux.

    Elle battit des pieds, dans une vaine défense. Les larmes lui montèrent aux yeux.

    -Maître je vous en prie, pas comme ça non, pas ici…

    -Tu le mérites bien pourtant, ton comportement est inacceptable, gronda-t-il.

    D’un mouvement brusque il retroussa la robe dans son dos, dévoilant ainsi à tous la belle croupe rebondie de la jeune fille.

    Gabrielle aurait voulu se cacher dans un trou de souris.

    Elle allait être punie comme une petite fille devant tous ces jeunes hommes, qui pour son malheur n’en louperaient pas une miette. Certains s’étaient même levés pour mieux regarder…

    -Maître, pitié, je suis désolée.

    Il ne répondit pas et se contenta d’abattre une forte claque sur les fesses de la jeune fille.

    Gênée d’être ainsi punie en public, elle tenta de se débattre pour s’échapper mais sans succès.

    Elle était fermement maintenue, un bras coincé dans le dos.

    Les larmes coulèrent quand elle reçut la deuxième claque. Pourtant la douleur restait encore tout à fait supportable, mais l’embarras dans lequel elle se trouvait rendait cela vraiment  insupportable pour elle.

    Elle se retint de gémir, ne voulant pas se donner davantage en spectacle quand les claques suivantes s’abattirent.

    Le maître était vraiment fâché, il ne mesurait pas ses coups, qui s’enchaînaient les uns après les autres avec une force et une rapidité terrible.

    Gabrielle se tordait de douleur, les larmes coulant sur ses joues.

    Oh comme elle s’en voulait d’avoir bu en douce !

    Son postérieur était en feu et ses joues étaient presque aussi rouges.

    Elle crut enfin voir la fin de sa punition quand les claques cessèrent de pleuvoir.

    Aussitôt elle essaya de se relever mais il l’en empêcha en appuyant avec force sur son dos.

    -Qui t’a dit de te redresser, gronda-t-il, très en colère. Je n’en ai pas fini avec toi.

    Gabrielle vaincue baissa la tête et laissa retomber ses pieds.

    Le jeune seigneur avait fait une pause pour boire quelques gorgées de vin.

    -Louis je t’admire, intervint l’un de ses amis. Tu fais preuve d’une fermeté implacable, ça doit filer droit dans ce château.

    -C’est le but que je me suis fixé, répondit le jeune homme en même temps qu’il savourait son verre. Je ne tolère aucun débordement. Du temps de mon  père il y a eu trop de laisser-aller ici.

    -Jolies couleurs, ajouta un autre qui avait dû se lever pour mieux admirer le spectacle.

    Gabrielle se mordit les lèvres au sang en entendant parler de son intimité ainsi commentée à haute voix.

    L’alcool rendait les pensées de la jeune fille confuses.

    -Maître c’est indécent ce que vous me faites, osa-t-elle en sachant pertinemment que cela ne jouerait pas en sa faveur…

    -Il te fallait y penser avant !  Tempêta-t-il avant de reprendre la fessée de plus belle.

    Gabrielle, indocile, se cabra et tenta à nouveau de se défaire de son étreinte.

    Il lui attrapa les cheveux sur lesquels il tira pour la contraindre à relever la tête.

    -Arrête immédiatement ou je vais chercher le fouet, est-ce bien compris ?

    A cette menace Gabrielle s’arrêta net, effarée.

    Recevoir le fouet devant cette assemblée d’hommes puissants serait encore plus humiliant, aussi abandonna-t-elle toute résistance, vaincue.

    La fessée lui parut interminable, les claques pleuvaient les unes après les autres, avec une régularité et une force effrayante.

    Le duc ne s’arrêta que quand sa colère se fut un peu apaisée.

    Il rabattit la robe sur le derrière de la jeune fille et lui enjoignit de se lever.

    -Maintenant tu vas au coin, gronda-t-il en lui montrant l’un des angles de la pièce. Tu y resteras jusqu’à ce que je te permette d’en sortir. Obéis.

    Gabrielle ne se fit pas prier. Silencieuse, tête basse, elle alla au coin en essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues en feu.

     

    Derrière son dos, elle entendit les jeunes hommes reprendre le cours de leur dîner.

    Certains commentaient sa punition.

    -Moi je trouve dommage que tu ne soies pas allé chercher le fouet Louis…

    -J’ai assez perdu de temps avec cette petite effrontée, mais elle le recevra plus tard, c’est certain. Quand je l’aurais décidé. Peut-être demain. Ou ce sois. Je ne sais pas…

    -Heureusement que les deux autres demoiselles sont parfaites dans leur rôle.

    -En même temps, l’exemple qui leur est donné leur prouve bien qu’il vaut mieux se tenir correctement, ajouta un autre en riant.

     

    Quelques minutes étaient passées quand la jeune fille entendit résonner la voix de son maître :

    -C’est fini Gabrielle, reprend le travail. Tu ne pensais tout de même pas te reposer toute la soirée non ?

    La jeune fille rejoignit alors ses amies pour les aider dans le service, les joues toujours en feu.

    Certains des jeunes hommes lui firent des petites réflexions amusées quand elle passa près d’eux afin de remplir leur verre.

    Gabrielle, honteuse, gardait la bouche close.

    L’un d’eux, qui se trouvait au bout de la table, en face de son maître, osa même lui administrer une petite claque sur le derrière en lui glissant quelque chose à l’oreille.

    Aussitôt la voix puissante du duc d’Uzès résonna dans toute la pièce.

    -Henri tu retires ta main tout de suite, je t’interdis de la toucher.

    -Ca va, c’était pour rire, se défendit celui-ci.

    -Cela ne me fait pas rire. On ne touche pas à l’une de mes filles sans ma permission.

    -C’est bon j’ai compris, je ne le ferais plus.

    La conversation dévia ensuite sur un autre sujet.

    Tout le reste de la soirée Gabrielle fit profil bas, et remplit parfaitement son rôle.

    La fessée donnée en public avait été plus que bénéfique sur son comportement.

    A croire que cela l’avait aidée à dessouler…

     

    Les jeunes hommes avaient quitté la table et buvaient tranquillement dans le grand salon attenant à la salle à manger quand le duc appela Gabrielle auprès de lui.

    -J’ai à te parler, viens ici.

    Rougissante Gabrielle le suivit à l’écart.

    -Maître, je vous demande pardon, supplia-t-elle en s’agenouillant à ses pieds. Je me suis mal comportée, je redoutais tant de vous déplaire. Jamais je n’aurais dû boire de vin. Je le regrette tant.

    Il restait silencieux, portant sur elle un regard froid. Il la laissa ainsi agenouillée à ses pieds avant de lui dire sèchement :

    -Je t’ai dit que j’avais à te parler. Tu n’avais pas à m’interrompre !

    La jeune fille, penaude, baissa la tête en signe de soumission.

    -Regarde-moi quand je te parle !

    Gabrielle leva timidement les yeux vers lui.

    -Penses-tu avoir été suffisamment punie pour tes fautes de ce soir avec la correction  que je t’ai donnée ?

    Question piège, la jeune fille ne sut que répondre. Elle balbutia quelques mots incompréhensibles.

    -Je n’ai pas compris, répète plus fort.

    -Oui maître, je pense avoir été assez punie… osa-t-elle répondre d’une voix faible.

    -Eh bien moi je ne suis pas d’accord. Je pense que tu mérites un châtiment plus sévère. Tu as quand même bu de mon vin en douce ! Sans compter que tu m’as mis dans l’embarras auprès de mes amis par ton  comportement… N’es-tu pas d’accord avec moi ?

    -Oui…

    -Je n’ai pas entendu. Répète-moi cela !

    -Oui maître… Je… Je mérite d’être punie pour mes fautes.

    -C’est certain. Tu le mérites. Je veux que tu ailles prévenir ma sœur sur le champ que désormais elle va devoir trouver quelqu’un d’autre pour son service. Je te veux au mien pour pouvoir veiller sur toi et ton comportement.

    Je pense que tu as besoin d’être fermement recadrée.

    Le cœur de Gabrielle bondit dans sa poitrine.

    Elle serait à nouveau punie oui, mais pour le reste… Passer du service de mademoiselle Éloïse à celui de son frère, c’était plutôt une belle réussite.

    Finalement elle avait peut être bien fait de le boire ce vin…

    -Je te veux dès ce soir dans mes appartements, je n’ai plus de valet de chambre. J’ai dû le chasser, il avait volé.

    Gabrielle acquiesça, les yeux baissés mais un petit sourire irrépressible aux lèvres…

    #60939
    lafessée83
    Participant


    Je suis toujours en admiration quand les personnes écrivent des recits comme cela.

    Pratique la fessée depuis plus de 30ans, recherche rencontres, amitiés

    #60957
    Gabrielle
    Participant


    Bonjour
    votre choix de prénom me donne l impression de vivre l histoire comme si c était la mienne.
    Merci infiniment.

    je préfère masquée

    #60959
    Lou
    Participant


    Merci beaucoup pour votre récit très inspirant, précis, bref vivement la suite … 🌺

    #60969
    lunapower
    Participant


    j’aime vraiment beaucoup ton récit 🙂 l’ambiance châtelaine se prête particulièrement bien à la fessée je trouve!

    #60976
    Léonora
    Participant


    Merci beaucoup pour ce sublime récit, qui me fait vibrer. La délicatesse de votre plume est un réel plaisir. J’espère que vous allez faire vivre beaucoup d’aventure-mésaventure à Gabrielle 🙂

    Moi, joueuse et provocante?! Non, Naturelle! 😀

    https://lesvoyageshautsencouleurs.blogspot.com/

    #60982
    CorrigeeDelivree
    Participant


    Merci à tous pour vos encouragements et ces beaux compliments !

    Lunapower, merci pour ce beau compliment! Je trouve aussi que l’ambiance châtelaine est un cadre fantastique pour la fessée.

    La notion d’autorité, pouvoir/soumission, châtiments/instruments punitifs, y trouvent plus spontanément leur place qu’à notre époque.

     

    Léonara, merci pour ce bel éloge que tu me fais. C’est une très belle récompense pour moi le plaisir que tu trouves à lire mes récits. Cela me donne d’autant plus envie de continuer à écrire ❤

    #60993
    Sombrelle
    Participant


    La notion d’autorité, pouvoir/soumission, châtiments/instruments punitifs, y trouvent plus spontanément leur place qu’à notre époque.

    Effectivement!

    Merci pour ce second chapitre tout aussi délectable que le premier!

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 2 semaines et 3 jours par Sombrelle.

    Alea Jacta Est
    http://sombressensuelle.blogspot.com

    #61004
    Paulparis
    Participant


    Ça ferait une magnifique série sur Netflix !!! Bravo

    #61005
    sabine
    Participant


    J’adore ce récit, je pense qu’ici beaucoup de chipies aimerait se trouver à la place de Gabrielle et doivent s’y voir tout en se caressant. C’est mon cas

    #61010
    CorrigeeDelivree
    Participant


    Mais quelle belle idée cette série sur Netflix ! J’adore !

    #61011
    CorrigeeDelivree
    Participant


    Merci ❤

    Si je peux apporter un peu de bonheur j’en suis enchantée ^^

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