Ça ne prévient pas, ça arrive

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    Messages
  • #55836
    Lou
    Participant


    Et maintenant, le manque.

    Assourdissant de vide, un sevrage forcé d’une addiction trop longtemps ensevelie.

    Cette cicatrice inconfortable, démange, pousse l’esprit à scruter machinalement sur l’écran, la moindre phrase me raccrochant à lui, à nous. Elle se refermera, peu à peu, à force d’efforts acharnés pour ne pas y penser. Alors, quand la mélancolie m’enivre, je prends un malin plaisir, presque masochiste, à détailler tout ce dont je me souviens.

    Cette musique aux sons bien caractéristiques, résonne au loin. Au rythme des coups qui allaient être les siens, mon pouls battait si fort, sous mes seins.

    Le métro m’avait jeté là, silencieuse, face à lui, dans un salon d’un raffinement que je ne connaissais pas.

    Un sourire subtilement malicieux, des traits fins dessinés par des histoires aux mille péripéties, un scintillement ému au fond des yeux, des mains tendrement rassurantes, des bras qui donnent envie de s’y blottir jusqu’au matin.

    Ses mots cinglants me tirèrent brutalement de mes rêveries inopportunes :  « Va tu baissez les yeux, avant que je ne t’en mette une ? »

    Son éternel pragmatisme, troussa ma robe, qui dévoila sans surprise , ma croupe offerte. Je n’eu pas le temps de plaider coupable, sa main m’avait déjà courbée sur la table. Il rugissait sa frustration de ne pouvoir saisir ma culotte. Je me retrouvais alors bien sotte, d’avoir « omis » de porter ce qui aurait pu être mon dernier rempart . Dans un élan d’audace irréfléchie, je ne lui avais pas laissé ce plaisir, et il comptait bien me le faire payer.

    Sa ceinture s’abattait en salves sur mes rondeurs. Je me laissais d’abord faire avec candeur. Puis me mordais la lèvre, puis la main. Il prit le temps d’écarter mes lèvres, et d’effleurer mes seins. 

    Dans un souffle, j’aurais voulu crier « attrapez mes tresses , je vous fais la promesse, de toujours céder, après quelques coups, de martinet. N’ayez crainte je n’ai ni peur, ni requête, à part peut être celle de ne pas m’émouvoir, quand vient l’heure des au-revoir ».

    J’aurais répété cette phrase comme une prière, comme une rengaine, juste pour lui prouver qu’entre ses mains je me sentais sienne.

    Mais ma timidité fière ne m’en laissa pas l’occasion, épuisée , j’avais du mal à tenir la position. 

    «  A genoux, les mains sur la tête » . Le retour au calme, après la tempête.

    Tout ce qui se passa ensuite, Barbara l’avait prédit. « C’est parce que ton épaule à mon épaule, Ta bouche à mes cheveux et ta main sur mon cou, C’est parce que dans mes reins, quand ton souffle me frôle, c’est parce que tes mains, C’est parce que joue à joue, c’est parce qu’au matin, c’est parce qu’à la nuit, Quand tu dis “viens”, je viens, tu souris, je souris »

    Essayer de comprendre ou d’expliquer ce lien eut été bien maladroit, décevant. Alors hors du temps, des codes et de l’entendement je veux jouer, rire et pleurer, pourvu que ce soit à ses côtés.

    Comme le dirait si bien l’illustre Guillaume, je veux être ivre d’avoir bu tout cet univers, de l’odeur de nos corps enlacés aux couleurs d’un postérieur presque violacé. Tout cela restera ancré à jamais, dans les méandres d’une tête bien trop souvent vagabonde. Même si la route est encore longue , jusqu’à ses genoux ou bien vers l’infini de mes désirs j’attendrai patiemment de revoir son sourire à mes intentions impudiques.  

    Faussement excédé il me sermonnerait : “Lou , n’as tu jamais honte ? « . Et moi, exaltée “À vos marques , prêts, partez ! Ainsi lancés dans cette folie jouissive, nous aurions continué ensemble ce voyage au bout de l’été.

    • Ce sujet a été modifié le il y a 3 mois et 2 semaines par Lou.
    • Ce sujet a été modifié le il y a 3 mois et 2 semaines par Lou.
    #55840
    Cerebro
    Participant


    Superbe récit Lou ! Magnifiquement écrit !

    "Le désir est l'essence même de l'homme." L'Ethique (1677), Livre III de Baruch Spinoza

    #55842
    Biloba
    Participant


    c’est le puits incertain

    tout au fond de ta lande

    qui boit au chagrin l’avenir inassouVie

    dans ce sel et l’aMer de tes lArmes

    tu renaîtras en graine de ton apogée

    à tant te savoir

    mais plus te reconNaître

    #55850
    lunapower
    Participant


    très joli texte et très bien écrit merci @lou 🙂

    #55875
    Lou
    Participant


    Merci beaucoup pour vos gentils commentaires !

    #56114
    maître fesseur
    Participant


    Très belle histoire bien écrite et bien raconter bravo et merci Lou

    #56129
    markau
    Participant


    Je suis nouveau sur ce forum et je dois reconnaître que le niveau des commentaires est plutôt élevé. Merci pour ce texte inspiré et inspirant.

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