A. Et L.

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    CoDée
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    L. Je ne sais pas pourquoi je pense à toi en ce moment alors que cela fait si longtemps! 17 ans quand même…

    Peut-être est-ce parce que je vais enfin obtenir ce que je veux depuis si longtemps et toi tu es le premier à qui j’en ai parlé ?

    Avant toi personne n’a jamais su que j’étais fascinée par la fessée et les châtiments corporels. Je n’envisageais pas une seconde d’en parler à quelqu’un c’était comme un peu trop  honteux de le dire.

    Quand on s’est connus j’avais 22 ans, toi 10 de plus. Tu te souviens comme je me moquais de toi, je te trouvais vieux… Je suis maintenant bien plus âgée que toi à l’époque et je peux te le dire maintenant, tu n’étais pas vieux non !

    Nous n’étions pas heureux quand nous nous sommes connus. Tous les deux blessés et écorchés par la vie. On se laissait couler, on ne luttait plus.

    On s’est trouvés, et ce fut comme un évidence. Tu étais mon rayon de soleil, j’étais le tien. Pas d’amour là dedans, mais une affection puissante et intense.

    A l’hôpital où on s’est rencontrés ta chambre n’était pas loin de la mienne et on se retrouvait dès que possible, tu n’as pas pu l’oublier. On faisait l’amour partout, quand on arrivait à se cacher des infirmières. On se donnait mutuellement du plaisir dès qu’on le pouvait, c’était notre oxygène. Un besoin vital, nécessaire, de se sentir vivants…

    Tu étais mon médicament, j’étais le tien. Plus efficace que toutes ces foutues pilules qu’on nous faisait avaler.

    On n’était pas seuls quand même, tu te rappelles de ce groupe de potes qu’on s’était trouvés ? Si différents en âge, origine, vécus. Mais tous si fragiles et animés par ce besoin de vivre par-dessus tout.

    On s’est bien marrés quand même malgré ce désespoir et cette tristesse ambiante. On était là et on voulait tous tellement passer à autre chose et retrouver une vie normale… Dans ce groupe et en dehors aussi d’ailleurs, toi et moi ne faisions qu’un. Une seule entité. C’était A. Et L. Indissociables.

    On s’accrochait l’un à l’autre pour survivre ensemble.

    On en a fait des bêtises tous les deux ! Des sales gosses !

    Comme s’échapper de l’hôpital plusieurs fois entre deux rondes des infirmiers pour aller picoler en douce au village du coin par exemple. Je ne faisais pas la fière en rentrant cette fois-là où j’ai vomi sur les pieds de l’infirmière qui nous sermonnait. Toi tu as tout assumé, endossé la responsabilité de cette faute. Puis tu m’as bordée, sécurisée et veillée jusqu’à ce que je m’endorme.

    Je ne me sentais plus seule, tu me protégeais. Je me sentais bien avec toi.

    Et un jour je te l’ai dit. Ce que je n’avais jamais dit à personne.

    -L. Tu veux bien me donner une fessée ? J’en ai envie depuis si longtemps et jamais je n’ai pu le dire à qui que ce soit avant toi.

    Curieuse demande non ? mais tu as souri et tu as dit :

    -Oui. Mais pas ici. Allons ailleurs, sortons de là. C’est trop glauque ici pour réaliser ton rêve.

    Et on s’est enfuis toi et moi de l’hôpital. Direction l’Espagne. Heureux et libres. Comme des fugitifs, des évadés en cavale mais avec personne à nos trousses quand même…

    On s’est trouvés un hôtel un peu glauque à la Jonquera entre supermarchés débordants d’alcool et de clopes, et sex shops et bordels de l’autre. Pas très reluisant mais on s’en foutait. On était pas là pour un séjour romantique.

    Le soir de notre arrivée tu m’as emmenée par la main dans un sex Shop et tu m’as acheté un drôle de truc. Ça ressemblait à un Martinet en cuir, mais maintenant que je m’y connais mieux je ne suis pas sûre que c’était ça.

    j’ai frissonné de honte devant le vendeur mais ton bras bienveillant autour de moi m’a rassurée.

    Nous sommes rentrés à l’hôtel et c’est là, L., que de ta main et de ton curieux cadeau j’ai enfin su ce que pouvait être la douleur bienfaisante.

    Bon tu n’étais pas très doué tu l’admettras, l’expérience a vite tourné court. Mais quand même. Quel mérite tu as eu de m’offrir cela. Ce cadeau je ne l’oublierais jamais.

    A la fin de ce week-end, de cette parenthèse enchantée nous sommes rentrés après avoir fait le plein de clopes pour les copains. L’alcool on aurait bien voulu mais on se serait fait recaler à l’entrée de l’hôpital. On a pas osé.

    On s’est fait reprendre à notre retour évidemment, comme des gosses. Et on nous a enfermés. On nous a séparés. J’étais A. Sans L. Et j’ai dû apprendre à me passer de toi…

    Quand on nous a libérés notre flamme s’était apaisée. Notre guérison était enclenchée et nous n’avions plus besoin l’un de l’autre.

    Tu es parti de ton côté retrouver ta vie. Moi la mienne.

    Je ne sais pas ce que tu es devenu L. Mais ce qui est certain et je ne t’en ai jamais assez remercié, c’est que sans toi je n’en serais pas là aujourd’hui. Je ne serais pas la femme fière et forte que je suis maintenant.

    Je ne serais peut être même pas là tout court d’ailleurs…

    Toi qui t’inquiétais de mon avenir je peux t’assurer que je vais bien. Je l’aime ma vie. Elle est belle maintenant. Je sais où je vais, ce que je veux et ce que je vaux.

    Et ça c’est un peu grâce à toi. Je te souhaite une belle vie L. Tu l’as bien méritée.

    A.

     

     

     

    #63623
    Anonyme
    Inactif


    Un bien joli texte, chère A … Et vous savez à quel point j’aime quand ce qu’on écrit est réel et vécu, bien plus émouvant que ce qui n’est qu’inventé /fantasmé.

    Alors donc… merci !

    #63626
    Monsieuralex
    Participant


    Un très beau témoignage touchant de sincérité émue💕

    Monsieuralex, fesseur nantais

    #63627
    Anonyme
    Inactif


    Très touchant, simplement envie de vous dire merci pour cette tranche de vie !!!!!!

    #63628
    Anonyme
    Inactif


    Un texte captivant qui débute comme une lettre et qui devient de plus en plus cinématographique au fil des mots . On y rencontre la “force du lien”… la naissance d’une véritable  complicité établie malgré les chaos et les évènements qui s’y opposent . On sait que les véritables amitiés/ amours/ ententes/ relations ( rayer les mentions inutile) passent nécessairement par les joies mais surtout par les galères partagées…alors…

    … Au bout du compte , la fessée qui  s’invite ici … accessoire dans un sens , primordiale dans un autre … c’est comme  conclusion qui  “coiffe l’histoire” …  un peu comme un chapeau qui finit de donner élégance à une silhouette… et c’est top!…

    J’ai bien aimé, Bravo!

    #63638
    CoDée
    Participant


    Merci à tous les 4 pour ces compliments qui me touchent 😊

    J’ai beaucoup hésité avant de poster ce texte. Je n’osais pas, je me disais que peut-être ce n’était pas approprié pour ici. Pas assez léger, pas assez de fessée, rien qui fasse rêver…

    Puis après tout j’ai osé. J’en avais envie, j’en avais besoin même peut-être.

    Alors si ce petit partage vous a plu, vous a ému même j’en suis très heureuse.

    Je vous remercie moi aussi. Merci à vous d’avoir pris le temps d’écrire ici pour me le faire savoir.

    C’est une belle récompense de savoir que mes mots ne laissent pas indifférent et ont pu vous toucher…

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