A COURTE FLEURS

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11 sujets de 1 à 11 (sur un total de 11)
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  • #49663
    Baccardi
    Participant


    A courte Fleurs

    Il fait une chaleur étouffante sous la véranda. L’air est lourd du bourdonnement des abeilles autour de l’oranger. Pétales gorgés de sucre aux parfums capiteux. L’odeur entêtante se mêle à celle de l’huile de lin et de la peinture à l’huile.
    Les deux jeunes filles boivent de la limonade glacée, accablées de silence et de désirs. Elles ont installé les vieux fauteuils sous la moustiquaire. Sur une table basse, des carnets de croquis, des boites de pastels. Un bouquet de boutons d’or cueillis le matin près du ruisseau.
    Par terre un carton à dessins, des chiffons noircis au charbon des fusains. Sur un chevalet une toile inachevée représentant le bouquet de boutons d’or.
    Clarisse la brune, finit son verre en faisant un bruit de succion avec la paille.
    Iris secoue sa lourde crinière fauve pour se rafraîchir la nuque. Soupirs. Désirs. Dehors on entend le crissement métallique des cigales dans le jardin. 
    Comme pour tromper l’ennui, Clarisse présente deux fleurs :
    Tiens choisis.
    Iris hésite, tentée par la plus belle. Elle se décide.
    Perdu, fait Clarisse avec un sourire victorieux, en lui montrant la sienne dont la tige est plus longue.
    Gagné ! Renversement de situation.
    C’est à ton tour d’obéir.
    Elles restent un moment silencieuses, sans se regarder. La belle rousse baisse la tête. Puis se lève. Son souffle oppressé fait gonfler sa poitrine. Les pointes dardent sous la fine cotonnade de sa robe d’été.
    D’abord je te veux toute nue, décide Clarisse avec ce petit froncement de sourcils qui lui fait des allures de gamine capricieuse.

    Iris se lève. Commence à déboutonner sa robe qui glisse comme une caresse sur ses épaules, son dos, jusqu’au sol, lui arrachant un frisson. Elle croise les bras sur sa poitrine, gênée par ses seins minuscules aux pointes brunes trop sensibles qui trahissent son excitation.
    Ramasse, petite souillon, fait Clarisse, faussement sévère, en pointant son index au sol.
    Iris se penche pour prendre sa robe. Clarisse exige quelle la plie avec soin. La mette sur le dossier du fauteuil. Clarisse la rappelle à l’ordre quand elle veut de nouveau se cacher les seins.
    – Les mains au dos. Tu es punie. Reste debout.
    Clarisse, dans son fauteuil, la toise de haut en bas. Satisfaite de l’obéissance de sa poupée. Malgré la chaleur accablante, Iris frissonne. Sa peau d’une pâleur de porcelaine se hérisse de chair de poule sur les cuisses et les bras. Elle n’a plus sur elle qu’une enfantine culotte blanche en coton.
    Clarisse se lève et caresse avec une fleur de bouton d’or les tétons d’Iris les faisant durcir davantage. Elle chantonne une enfantine comptine où il est question de beurre et de promesses d’amour. Iris se mord les lèvres.
    Les pointes sont bizarrement allongées par rapport à la taille des petits seins de la rousse. Ils se dressent sous la caresse au centre de l’aréole bistre devenue grumeleuse. Clarisse lui murmure :
    Tes tétines sont très obscènes. Des vrais pis de chèvre.
    Elle lui caresse aussi, à fleur de pétale, les épaules et le ventre lui arrachant des frissons.
    Clarisse finit par lui planter la tige entre les dents car elle a besoin de ses deux mains pour lui baisser sa culotte. Elle fait cela très lentement, dévoilant le renflement du pubis. Iris s’abandonne dans un soupir, accablée de désir quand sa vulve est nue. Son sexe est charnu, profondément fendu. Iris est lisse. Sans le moindre poil. Clarisse le frôle avec la fleur. Iris crispe ses cuisses et Clarisse lui donne une petite tape pour la faire obéir.
    L’empreinte des cinq doigts se dessine sur la peau blême. Iris s’ouvre et frémit. Libère le passage. La fleur s’aventure dans la fissure, entre les lèvres charnues, où sort le liseré des petites lèvres d’un rose sanguin. De son autre main Clarisse la frôle de la pulpe des doigts à l’intérieur des cuisses. Calme ses tremblements nerveux:
    Ma poupée est en nage.
    Elle repousse la lourde crinière rousse pour lui dégager les épaules et la nuque.
    Tu as trop chaud, ma douce.
    Elle la repousse sur le fauteuil. Elle bascule en arrière, les pattes en l’air. Iris alanguie veut refermer ses cuisses, mais Clarisse la gronde comme elle le ferait à une petite fille punie :
    Tu dois obéir. N’oublie pas. C’est moi qui ai gagné au jeu de la courte fleur. Je te veux ouverte.

    Iris cède sous les pichenettes qui claquent du bout de l’ongle sur la peau fine de l’intérieur du compas de ses cuisses. Silence lourd.
    Je vois tes orifices, souffle Clarisse.
    Elle lui passe les jambes derrière les accoudoirs du fauteuil. Iris écartelée soupire, accablée.
    Clarisse accroupie la déplisse entre deux doigts. Lui ouvre le calice dévoilant les chairs sanguines. Elle hume les arômes de son sexe qui se mêlent à l’odeur entêtante des orangers en fleurs.
    J’aime ton odeur. De ton sexe. De ta pisse. De ton miel, mon Iris. Tu es belle et obscène.

    Iris, tête en arrière dans le fauteuil ferme les yeux, comme endormie. Elle se donne et s’abandonne. Sa respiration se fait plus sifflante quand Clarisse appuie la pointe de sa langue sur le clitoris à vif. Son ventre se creuse et elle doit se mordre les doigts pour étouffer un sanglot. Refouler la jouissance. Faire durer le plaisir.
    Clarisse la butine, la mordille. Iris ne peut réprimer de petits cris de jouissance.
    On n’entend plus dans la véranda que les soupirs, le bruit mouillé que fait la langue de Clarisse qui navigue de bas en haut dans l’entaille onctueuse et le bourdonnement lourd des abeilles.
    Je t’interdis de jouir. Tu es punie.
    Iris se tortille comme une anguille et se retient.
    Clarisse alors lui pince les seins et emploie des mots crus, des mots nus qui fouettent leur excitation.
    Tes petits pis de chèvre. Tu aimes te les faire tirer ? te faire traire ? Tes mamelles de pucelle…
    Cruelle, elle plante ses ongles dans la chair turgescente. Allonge les pointes élastiques, lui arrachant des sanglots de douleur et de bonheur.
    La gorge nouée, Iris suffoque et fait oui de la tête. Les doigts de Clarisse s’agitent dans la corolle à vif d’où coule un suc onctueux, provoquant un bruit juteux.
    Va tu peux jouir, lâche Clarisse en lui plantant un doigt dans l’anus que la position fait bailler.
    Iris se raidit et crie. Les spasmes de l’orgasme. Jouissance interminable qui la secoue des pieds à la tête, la crucifie sur le fauteuil.
    Clarisse attend la fin des secousses pour retirer ses doigts trempés. Elle repousse une mèche rousse collée par la sueur sur le front d’Iris. Lui caresse les joues humides de larmes de bonheur. Lui fait sentir ses doigts. Geste d’une infinie douceur.
    Tu restes comme ça. Sans bouger. Le plaisir te donne une beauté magique que je ne veux surtout pas laisser s’évaporer.
    Clarisse s’essuie les mains au chiffon, prend son carnet à dessin et choisit une sanguine.
    Je vais te croquer ainsi ma douce. Ne bouge pas. Ne change rien. Regarde-moi pendant que je te dessine. Je te veux belle et obscène. Comme j’aime.

    #49664
    SandrineG🍑
    Participant


    Chaud, chaud, chaud…sensuel, doux, excitant…
    Merci pour ce voyage dans le monde floral…

    "Et mes fesses, tu les aimes mes fesses" ;-)"

    #49665
    Anonyme
    Inactif


    Magnifique Récit! Epoustouflant de sensualité, si bien écrit, un délice à savourer. Merci

    #49666
    Baccardi
    Participant


    Merci pour vos commentaires. Ce petit texte fera partie d’un ensemble de nouvelles que je fais avec une jeune peintre Celine Normant. Un petit avant-gout rien que pour vous. Après le texte, je vous dévoile l’illustration de Céline

    Renversant

    #49667
    salamboflaubert75
    Participant


    J’ai adoré…

    Sal

    #49668
    Anonyme
    Inactif


    Superbe illustration! Merci

    #49669
    salamboflaubert75
    Participant


    Magnifique!!! Vous vous en êtes inspiré pour le texte ?

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 11 mois et 3 semaines par salamboflaubert75.

    Sal

    #49674
    lunapower
    Participant


    très joli @italobaccardi merci 🙂

    #49675
    Baccardi
    Participant


    Magnifique!!! Vous en êtes inspiré pour le texte ?

    En fait la peintre m’a proposé une dizaine de ses oeuvres et moi j’ai écrit l’histoire que cela m’inspirait. C’est une artiste extraordinaire.Elle vit à Nantes. Si vous aimez allez voir sur google l’ensemble de ses oeuvres

    #49679
    Provocation
    Participant


    Merci pour ce délicieux récit, il est tellement vivant qu’on peut voir, sentir et entendre chaque détail. Un vrai plaisir qui donne des envies…

    #49711
    Badine79
    Participant


    J ai adore

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