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#59995
Plume
Participant


La suite ? … La voilà ! (et j’ai – encore – remis le début 😉 )

 

Bérénice, retourne-toi !
Combien ?

Je sais pas !

Je pensais m’en sortir en bottant touche … Raté ! Il attend ma réponse.

Pour toutes mes bêtises ?..

Non, seulement la moitié, Miss B.

Ce qu’il peut m’agacer quand il est sarcastique !
Le miroir me trahit : me voyant rouler des yeux, la sanction tombe sans attendre.
Trois claques sèches s’abattent sur mon postérieur encore vierge.

J’ai horreur de ça et tu le sais !, me sermonne-t-il.

Sous le coup de la surprise, je suis presque tentée de lui demander pardon. Presque.

Combien ?, me relance-t-il.

Comprenant que sa patience n’est pas infinie, je ne veux pas aggraver mon cas.

Au pif, je lance : « 20. À la ceinture. »

Je le sens qui étudie ma proposition, dans mon dos.

Je suis folle d’avoir cédé : je m’effondre toujours avant les 10 coups … Alors 20, je vais mourir.

C’est un bon début, tranche-t-il.

Le ton est donné : je vais vraiment morfler aujourd’hui. Tant pis pour moi, je l’ai un peu cherché …

Bérénice, en position !

Son ton est sans réplique pourtant je n’obtempère pas. Je me débats avec mes pensées. Une claque bien appuyée me ramène à la réalité. À genoux, sur mon lit, je creuse mes reins. Un peu.

Cambre-toi !

Il joint le geste à la parole : appuyant sur mon dos, je n’ai plus le choix. J’obéis. Mon dos me fait déjà mal mais je ne lui ferai pas le plaisir de me plaindre.

Je redresse la tête et nos regards se croisent dans le miroir. Je hausse les sourcils, le défiant silencieusement. Il ne lui en fallait pas plus : la partie peut enfin commencer.

Un sourire carnassier, il déboucle lentement sa ceinture. La fait glisser dans les passants. Je n’en perds pas une miette. Mes yeux se portent à nouveau sur mon reflet : la bouche entrouverte, je ressemble à un poisson hors de l’eau. Aussitôt, je me compose un autre visage, en espérant vainement qu’il ne m’ait pas vue comme ça.

Clac !

Occupée par ces pensées superficielles, je n’ai pas vu le coup partir à défaut de le sentir s’abattre sur ma croupe. Je souffle discrètement. Et j’attends le deuxième. Cette fois, je serais prête.

« Ouch ! »

Peut-être pas autant que je le pensais, finalement ! Mais je ne laisse rien paraître. Il sait doser sa force quand il s’y met. Je respire profondément, le plus calmement possible et j’encaisse cinq autres coups.

Combien ?

Je sors de ma bulle cotonneuse que je me crée à chaque fois.

Quoi ?

Une claque.

On dit pardon quand on est polie !

Mais moi, je ne suis pas polie …

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase : une fessée plus cinglante que la précédente s’abat.

Et c’est justement la raison de cette punition. Tu ne vas jamais apprendre, en fait ? Mais, je ne désespère pas : tu te lasseras bien avant moi !

Il ponctue son sermon de claques sur mon malheureux postérieur. Je commence à la sentir passer cette punition et je ne sais pas vraiment combien il en reste. Il ne s’arrête qu’une fois qu’il pense que je suis suffisamment calmée pour faire profil bas … enfin, essayer du moins.

Alors revenons à nos moutons …

Ah tu les appelles comme ça ?

Ce n’est absolument pas drôle mais je n’ai pas pu m’en empêcher. Je me mords les lèvres en baissant la tête, attendant de me prendre une rouste digne de ce nom. Mais rien. Je lève les yeux, j’aperçois son reflet. Un sourire amusé sur les lèvres qu’il tente de dissimuler, il semble hésiter sur la marche à suivre. L’avoir déstabilisé sans préméditation me plait et je lui rends son sourire. Je crois que je vais m’en tirer sans trop de dommages cette fois-ci. Reprenant son attitude de Monsieur sérieux, il réitère sa question.

Il en reste combien ?

Là, je me décompose.

Je ne sais pas … j’étais censée compter ?

à ton avis ?

Silence.

On reprend du début alors.

Je ne sais si c’était une question ou une affirmation, dans le doute, je réponds.

Non, s’il te plaît …

Je me contiens mais je suis prête à me rebeller pour de bon s’il met son injustice à exécution.

Hmm … on va considérer qu’on était à cinq alors.

À son ton, il me signifie qu’il me fait une fleur mais je sais qu’il est en train de m’embobiner : il m’en donnés plus ! … Mais combien ? Mystère !

Je n’avais qu’à être plus attentive, en plus, je me fais avoir presque à chaque fois !

Je lui lance un regard noir et pourtant le soulagement se lit sur mon visage. J’hésite entre le remercier et le maudire. Dans le doute, je me tais et me prépare à la volée suivante.

On arrive à dix rapidement. Il espace moins les coups. C’est à la fois rassurant et inquiétant. Il aime me perdre, de toute façon.

À onze, je m’écroule sur le lit. J’ai tenu plus longtemps que je croyais.

En position, Bérénice, gronde-t-il dans mon dos.

J’ai envie de lui dire qu’il peut aller voir dans la salle de bain si j’y suis, s’il n’est pas content mais je me mords les lèvres et reste muette.

Je souffle et je me remets à quatre pattes, le dos plat, cette fois.

Ta position ! Ne me force pas à me répéter Miss B. … ou ça risque de te faire tout drôle.

Il me murmure sa menace à l’oreille. Un frisson me parcourt.

On a tous les deux envie que je cède au petit diablotin penché sur mon épaule qui me demande de le défier … Mais j’hésite et lui aussi d’ailleurs, pas pour la même raison, bien sûr. Si j’étais pour une fois un peu plus sage, cela ne le dérangerait pas. Et moi, si pour une fois, j’étais moins prévisible …

Une fois n’est pas coutume, je me retiens. En tout cas, pour le moment.

Je creuse mes reins, lui offrant une vue imprenable. Je redresse la tête et j’attends. Il prend son temps mais l’impact arrive. Il arrive toujours. Il enchaîne avec trois autres coups. Je souffle de plus en plus bruyamment mais aucun autre son ne sort de ma bouche : une sorte de pari entre nous.

Quinze … quinze !, je souffle.

Bien !

Il a un sourire dans sa voix. Je crois que cette séance sera la bonne, il va me faire craquer. Mais je vais me battre jusqu’au bout. Hors de question de lui laisser la victoire trop facilement.

Le seizième me prend par surprise. Il ne joue pas à la loyale. Je m’effondre à nouveau. Je me redresse pour lui jeter un regard furibard. Cela a l’air de l’amuser follement. Je n’y tiens plus : je veux lui faire ravaler son sourire de vainqueur.

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