Répondre à : Possible or not possible ?

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#44943
Ellow
Participant


Allez, je me lance.
Une histoire de Petite aux sens quelques peu altérés.

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Ce sont les trois « bip » du téléphone et leurs vibrations qui me détachèrent de la conversation : un de ces débats à la con avec les collègues, rendu passionné par le nombre de pintes qui se succédaient sur notre table.

Le message : « Bonsoir demoiselle. Je sors de réunion. Votre compagnie serait tout à fait appréciable ».

Il venait de M. ce canon croisé lors d’une conférence.« Bordel de merde » pensé-je. « Mais qu’est-ce-qu’il me veut à cette heure ?! »

« Où et quand ? » je me vois taper sur mon écran,
Montée d’adrénaline. Pourquoi je fais ça ?
Ce M. m’avait tapé dans l’oeil. Avec sa belle assurance… arrogance ? De toute façon, je les ai toujours aimés comme ça, les mecs.
M’enfin, pas question d’aller plus loin que le numéro de charme. Règle numéro 1 : no zob in job.

Mon regard accroche celui de Ninon, ma pote de toujours, pas la dernière à comprendre ce qui m’occupe l’esprit, me devance : 

« Y s’appelle comment ?»

-« T’occupes, » je la coupe : « sois honnête, j’suis présentable, là ? »
Elle s’esclaffe, la pouf : « Autant qu’après être passée sous 3 bus ! »

« Eh merde »
Je file aux toilettes.
J’avise le miroir… en effet ce n’est pas glorieux : mes cheveux sont défaits, mon maquillage est passé.
Ninon me rejoint : « T’inquiètes, j’ai ce qu’il faut ! » en agitant une trousse à maquillage et une brosse.
Ma Marraine la Bonne Fée version barmaid offre un résultat disons… honnête vu notre taux de sang par litre d’alcool. A moins que ce ne soit l’inverse.

« File-moi tes pompes. Plutôt crever que d’y aller en baskets » je la presse. 
« Mais tu vas jamais tenir sur ces talons »
« Shhhh »

« Tu fais quand même beaucoup d’efforts pour un mec que tu dois pas te faire »

Comment elle a deviné ? Je ne sais pas. Faut parer au plus urgent : les grolles.

L’échange est fait. Et en effet : ce sont des échasses…et pas à ma taille. Qu’importe. Je sors. La copine à ma suite qui m’allume une dernière cigarette en guise de motivation.
« Et n’oublie ma grande : t’es une reine ! » me lance-t-elle singeant à la perfection la voix d’une rombière de Ménilmontant.

J’hèle un taxi. Direction « Le Piano Vache » ce petit bar pas loin de la Place du Panthéon. La Place des Grands Hommes. Je me sens l’âme alpiniste.

« Y’a trop de monde, ma p’tite demoiselle ! Faudra continuer à pieds, en montant, là » me dit le taco.

Qu’à cela ne tienne : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! 

C’était sans compter les pavés : ces foutus talons avaient le chic (certes) de s’immiscer dans les interstices me faisant trébucher à chaque fois. 

« Encore loin ? » 
M. encore…

Je tapote un « non non » en progressant sur cette chaussée de l’enfer. C’est fou comme une pente peut être pentue. 

Me voilà devant le bar. Je cherche ma target des yeux.
J’avise enfin une silhouette connue, mon supplice prend fin !
Je lui saute au cou : « Bonsoiiiiir ! C’est moi ! » pimpante ou pompette, le lecteur se fera son opinion.

Deux yeux interloqués me répondent. Les miens font la mise au point : « Euh… »
Et une voix derrière : « Ellow ? Je suis… là. »

«Vous me cherchez ? » lance l’inconnu
« Non pas vous, j’vous connais même pas » dis-je en m’extirpant. Le rouge aux joues. 

Je me pare donc d’un sourire et de la contenance qu’il me reste et rejoins un M. hilare : « Vous savez faire une entrée, vous. C’est gentil d’être venue» 

Que voulez-vous ? J’suis professionnelle. Surtout quand j’ai à faire avec un partenaire aussi craquant.

Nous nous installons. Deux pintes nous accompagnent. « Notre échange de la dernière fois… » commence-t-il.
Les mots se brouillent autant que ma vue.
Est-ce mon palpitant qui me fait dérailler ? Les vapeurs d’alcool ? Les deux ?

« Sortons prendre l’air. »

Je le suis. Pas franchement consciente de mon environnement. Plutôt concentrée par la tâche de mettre un pied devant l’autre.

« Vous êtes… mignonne. Quand vous êtes ivre. »

« Et vous êtes trop sex !! » m’entends-je répondre à la volée.

Il se marre.

« Et moi qui vous croyais sage…, continue-t-il, vous vivez à crédits… en d’autres circonstances, vous auriez été punie »


BLACK OUT

Je suis chez moi. 
Dans mon lit. 
J’ai encore mon manteau et semble-t-il un des deux talons au pied.

J’avise mes mains, je tiens une écharpe qui ne m’appartiens pas dans l’une ; dans l’autre de la monnaie.

« Mais c’est quoi, ce bordel ? »

Mon téléphone vibre.

C’est M.

« Remise ? »

« Va falloir m’expliquer… je me retrouve avec une écharpe et de l’argent en main… »

« Aucun souvenir … faut que je vous raconte ? »

La suite m’a mortifiée :

« Vous étiez donc ivre. Je vous ai emmenée marcher dehors. Sur le chemin, vous m’avez fait, dirons-nous des avances… »

« Je suis allée loin ? »

« Vous vous êtes pressée contre moi. Il y a eu un déséquilibre et vous vous êtes laissée choir sur la portière d’une voiture… »

« … c’est tout ? »

« Non. Vous m’avez fait remarquer que ce n’était pas un mauvais endroit. »
« … pour se reposer ? »
« …pour vous baiser. Histoire de vous citer. »
« J’ai dit ça ?! » Je me redresse vivement sur le lit
« sans manquer de me mettre la main au paquet. »

Je sens le matelas s’ouvrir sous moi. M’ensevelir pour ne jamais reparaître.

« On a couché ensemble ?! »

« Non voyons… »

Je respire. Un peu.

« Pas cette fois. Je vous ai mise dans un taxi. Et donné mon écharpe pour que vous ne preniez pas froid…Cela-dit : quand je le ferai, vous vous en souviendrez. Bonne journée, Demoiselle. »

Je suis foutue. 


  • Cette réponse a été modifiée le il y a 7 mois et 4 semaines par Ellow.

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