Rendez vous avec le pire

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Ce sujet a 10 réponses, 6 participants et a été mis à jour par  gier, il y a 1 mois.

11 sujets de 1 à 11 (sur un total de 11)
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    Messages
  • #27099

    arpege
    Participant

    Paris,
    Jardin de L’hotel de Nesle
    13 mars 1355.

    La tour de Nesle, en bord de Seine avait depuis longtemps, mauvaise réputation. On y racontait qu’au début du siècle, la reine Marguerite, après les avoir épuisé d’amour, jetait ses amants dans le fleuve : pour le peuple, c’était un quartier maudit.
    Marchant sur le pont qui enjambait la Seine, l’homme en noir n’eut pas un regard pour la populace qui se massait déjà sur les berges. Ni les cris obscènes, ni l’odeur grasse des torches ne le détournaient de sa route. Il n’avait que mépris pour ce troupeau d’inconscients qui dans quelques heures allait s’enivrer de sang et de flammes. Seule cette femme l’intéressait… pourquoi ? il n’aurait su le dire, mais son signal d’alarme carillonnait dans sa tête depuis le premier jour, amplifiant son inquiétude.
    -Ou est la prisonnière ?
    L’un des deux gardes qui surveillaient l’entrée de la salle haute se raidit avant de répondre.
    -Elle est sur la pierre.
    Le tourmenteur n’insista pas, d’habitude il prenait en charge les suspects dès leur arrivée et dirigeait leur installation. Mais là, on s’en était déjà occupé. Décidemment la cousine du roi avait droit à un régime de faveur…il fallait la faire parler, par tous les moyens mais en respectant son rang…le roi lui-même l’exigeait. Il prit l’escalier qui menait aux salles basses. Elles se trouvaient juste au niveau de la Seine, si bien que parfois on entendait l’eau boueuse du fleuve clapoter. Plus bas encore, il y avait d’autres salles à demi immergées : les cachots : On y jetait les détenus dont on ne pouvait plus tirer aucun aveu. En une nuit, les rats et l’eau finissaient le travail.
    Le tourmenteur, lui, se dirigeait vers la salle de la question. Une pièce voutée qui suintait le salpêtre et la peur.
    Le buste comprimé contre la pierre glacée du mur, le tourmenteur regarda sa nouvelle victime. C’était une jeune femme. Ses mèches qui tombaient sur son front en sueur formaient comme une corolle autour de son visage délicatement ciselé. On l’avait attachée nue à l’exception de son cul, arrogant, protégé par un fin tissu tressé orange et blanc identique à celui que l’on trouvait habituellement chez les « hautes gens » de la noblesse. Un bâillon de toile fermait sa bouche et des cordes l’arrimaient ainsi le cul offert à son geôlier.
    Eclairé par une bougie, le tourmenteur vérifia la solidité des liens…il ne restait plus qu’à réveiller cet ange.
    Quant les premières gouttes de cire vinrent se loger aux creux des reins, un tressautement s’empara de son corps : Le tourmenteur parla.
    -Je vois tes yeux, ils disent la douleur et la peur…pourtant tu ne connais ni l’un ni l’autre. Ce n’est que le début, bientôt tout ton être va lâcher prise sans même que je ne te touche. La peur est bien plus forte que notre pudeur. Mais ne t’inquiète pas, bientôt la honte ne sera plus ton problème.
    -Sais-tu pourquoi tous les suspects avouent ? Parce que le pouvoir de l’imagination est sans limite et qu’ils craignent infiniment plus que ce qu’ils ne subissent réellement.
    -Si je t’otais ce chiffon de ta bouche, tu parlerais déjà, Mais ça ne m’intéresse pas. Je vais te laisser méditer et réfléchir. Sache que je reviendrais demain.
    Il déposa un baiser sur son cul nu.
    -Ton premier baiser avant ton rendez vous avec le pire.

    “Savoir ce que tout le monde sait, c'est ne rien savoir. Le savoir commence là où commence ce que le monde ignore.”

    Rémy de Gourmont

    #27109

    curious2b
    Participant

    hâte de lire la suite , magnifique début très bien renseigné

    #27116

    arpege
    Participant

    @curious2b Merci beaucoup.
    Voici donc la suite.

    Paris,
    Jardin de L’hotel de Nesle
    14 mars 1355.

    La salle de « la question» n’était éclairée que de chiches lueurs. L’ombre s’étendait, lourde et lugubre. Seul l’écritoire bénéficiait de la lumière tremblante d’un chandelier. La porte grinça, puis s’ébranla dans un bruit de tonnerre. Il pénétra en silence dans la pénombre où la puanteur du lieu agressa à nouveau ses narines, il était suivi par 3 moines encapuchonnés portant une robe de bure épaisse et exhalant une odeur acre de stupre et de débauche. Un copiste fermait la marche. Chacun s’installa dans un coin de la salle sans un mot sans un bruit.
    D’un geste sec le tourmenteur jeta le bâillon au sol. A sa grande surprise il n’y eu aucun cri : la jeune femme semblait résignée, presque impatiente.
    -Elle s’appelle Flore dit-il à l’intention du copiste
    -…et je sais ce que vous voulez reprit une voix faible presque inaudible.
    Le tourmenteur s’arrêta net « un single tail », à la main.
    – Et que sais-tu de ce qui nous intéresse femme ?
    – Ce qui les intéresse tous le Roi, l’Eglise…Les hommes ne veulent qu’une chose : le pouvoir.
    Un éclat de rire retentit dans la salle humide.
    -Le pouvoir, Grande nouvelle, et tu crois peut être nous apprendre quelque chose ?
    Le cuir mordant du fouet s’abattit sur la croupe ruisselante de la jeune femme.
    -Il va falloir m’apprendre autre chose, si tu veux un jour pouvoir t’assoir de nouveau.
    Il jubilait, il parcouru sa nuque avec son bout de cuir s’attardant sur sa joue ses épaules. Il caressa cette peau souple et douce d’une beauté presque suspecte puis enfin ses hanches et son cul. Il s’attarda sur ce dernier comme pour exhiber son pouvoir. Il lui suffisait d’un geste pour qu’il la marque à tout jamais.
    – Tu sais le traitement que l’on réserve aux exclus, aux hérétiques, aux catins de ton genre qui se sont souillées pour ourdir contre le Roi : on les purifie par là ou elles ont péchés. Mais ce n’est rien comparé à ce qui t’attends alors parle avant que je ne perde patience.
    – Le roi est condamné ce n’est plus que l’affaire de quelques heures avant qu’il ne trépasse sous les affres de la douleur…mais je n’en dirais pas plus.
    Pendant un instant, on n’entendit plus que le crépitement de la plume du copiste sur le parchemin, il notait tout ce qu’il entendait à la virgule près pour en rendre compte au Roi dans la soirée. Puis le tourmenteur jeta son fouet au pied de la jeune femme, agacé furieux et s’avança vers elle. Il l’a prit par les cheveux sans douceur pour la forcer à le regarder dans les yeux.
    -Tu ne le sais pas encore mais tu n’oublieras jamais cette journée.
    Il abattit sa main sur sa cuisse puis sur sa croupe, la peau marquait instantanément. Une volée de claques sèches, sonores, précises vinrent rejoindre la première. Son cul orgueilleux devint rapidement un brasier ardent, une couleur rouge soutenue uniformisait désormais inexorablement ses fesses glabres. Mais de sa bouche, pas un mot, pas un cri, seules des larmes amères de douleurs et de honte coulaient sur son beau visage ravagé par la crasse.
    -J’ai ordre de ne pas te laisser de marques indélébiles, femme, les liens du sang sont décidément indéfectibles et sa majesté le Roi est trop bon. Mais on m’a confié une mission et je la remplirai, quels qu’en soient les desseins. Alors je te laisse le choix, Parle ou ton corps parlera. Il s’avança à nouveau vers son cul plus déterminé que jamais.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois et 1 semaine par  arpege.

    “Savoir ce que tout le monde sait, c'est ne rien savoir. Le savoir commence là où commence ce que le monde ignore.”

    Rémy de Gourmont

    #27131

    curious2b
    Participant

    @arpege , c’est un réel plaisir grandissant et brulant que de vous lire …

    #27348

    Héléa
    Participant

    Je découvre d’un coup les deux épisodes. J’adore, c’est vraiment original. Comme @curious2b j’attends la suite avec impatience. Merci @arpege

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    https://chroniquespetitecigale13.blogspot.com

    #27378

    arpege
    Participant

    Merci beaucoup pour vos encouragements. Peut être pendant les vacances.

    “Savoir ce que tout le monde sait, c'est ne rien savoir. Le savoir commence là où commence ce que le monde ignore.”

    Rémy de Gourmont

    #27380

    Héléa
    Participant

    On va patienter alors 😉

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    https://chroniquespetitecigale13.blogspot.com

    #27381

    arpege
    Participant

    On va patienter alors >

    Oui, je crois que c’est une vertu que nous autres fesseurs apprécions infiniment chez nos adorables victimes, vertu par ailleurs transposable dans maints domaines.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois par  arpege.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois par  arpege.
    • Cette réponse a été modifiée le il y a 3 mois par  arpege.

    “Savoir ce que tout le monde sait, c'est ne rien savoir. Le savoir commence là où commence ce que le monde ignore.”

    Rémy de Gourmont

    #27393

    Sirenormand
    Participant

    Superbe récit

    #28130

    Anonyme

    @arpege J’aime beaucoup ce récit ! Ça met en haleine et j’ai hate de connaître la suite ! Bravo pour ces écrits !! ^_^

    Ps :

    Oui, je crois que c’est une vertu que nous autres fesseurs apprécions infiniment chez nos adorables victimes

    Par contre ; pardon mais ça se la pète un petit peu 😅

    #29072

    gier
    Participant

    Magnifique, on a l’impression d’être dans la salle de punition. Très intense jolie écriture merci.

    Isa

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