Urbinia, la vestale

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Ce sujet a 2 réponses, 2 participants et a été mis à jour par  francois-fabien, il y a 1 mois et 2 semaines.

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  • #35737

    francois-fabien
    Participant

    dessin d'Escobar

    Dessin d’Escobar

    Puisqu’il est question d’Antiquité, ma petite contribution:

    URBINIA, LA VESTALE

    – Qui est ce jeune homme qui s’enfuit, Urbinia ?
    – Quel jeune homme ?
    – Là-bas… Derrière les oliviers.
    – Je l’ignore.
    – Vraiment ?
    – Vraiment.
    – Hier déjà il rôdait dans les parages.
    – Je n’y ai pas prêté la moindre attention.
    – Avant-hier également.
    – Sans doute quelque affaire qui l’amène par ici.
    – Quelque intrigue amoureuse ?
    – Qu’en saurais-je ?
    – Tu sais, par contre, ce qu’il advient des Vestales qui manquent à la chasteté.
    – Comment l’ignorerais-je ?
    – On les enterre vivantes après les avoir fouettées. Pinaria… Opimia…
    – Elles savaient à quoi elles s’exposaient…
    – Donc, je répète ma question. Qui était ce jeune homme, Urbinia ?
    – Je te l’ai dit, Flavius. Je l’ignore.
    – C’est pourtant en sa compagnie que tu te trouvais tout-à-l’heure derrière les rochers, là-bas.
    – Moi ? Assurément non.
    – Assurément si !
    – Tu l’auras cru.
    – Non pas. C’était toi. Mais trêve de bavardages. J’en référerai au Grand Pontife.
    – Je suis innocente de ce dont tu m’accuses.
    – Il te fera examiner par les médecins. Et s’il s’avère que…
    – Je suis comme au premier jour.
    – Ils verront bien. Nous verrons bien.

    – Où vas-tu, Flavius ?
    – Comme si tu l’ignorais. Où ma conscience me l’ordonne.
    – Non. Attends ! Attends ! Il faut qu’on parle.
    – Je n’ai rien à te dire.
    – Mais moi, si ! Que veux-tu ? Pour prix de ton silence, que veux-tu ?
    – Ce jeune homme n’est certes pas le seul à te désirer, Urbinia.
    – Eh bien allons ! Fais de moi ce qu’il te plaira. Et garde-moi le secret.
    – Pas si vite ! Crois-tu que j’ignore quel châtiment attend celui qui séduit une Vestale ? Que je songe un seul instant à courir ce danger ?
    – Alors que veux-tu ?
    – Peut-être me satisferai-je d’assister à ton supplice.
    – J’implore ta pitié, Flavius. Épargne-moi, je t’en conjure, cette mort atroce.
    – Elle l’est assurément. La faim… La soif… L’air qui vient à manquer…
    – Tais-toi !
    – On s’écorche en vain les ongles contre les murs. On se tord par terre de désespoir.
    – Assez ! Assez !
    – À moins que…
    – Oui ?
    – Que je me contente, pour te punir, de te fouetter moi-même.
    – Oh, oui, Flavius, oui… Je t’en serai éternellement reconnaissante.
    – Toutes les fois que l’envie m’en prendra.
    – Aussi souvent que tu voudras.
    – Ce sera tous les jours.
    – Si tu le souhaites.
    – Aussi fort que bon me semblera.
    – Comme il te plaira. Pourvu que la mort me soit épargnée…
    – Elle te le sera.

    Dénude-toi, Urbinia ! Agenouille-toi ! Face contre terre. Ne relève pas la tête ! Je te l’interdis.
    – Il y a quelqu’un. J’entends des pas.
    – Il y a quelqu’un en effet…
    – Qui est-ce ?
    – Ce jeune homme dont tu prétends ignorer qui il est… C’est lui qui, à ma demande, va te châtier…  

    • Ce sujet a été modifié le il y a 2 mois et 1 semaine par  francois-fabien.
    #36152

    Sévère
    Participant

    Merci pour cette plongée historique. On ne peut s’empêcher de se demander si une telle anecdote a pu effectivement se produire. Et combien de ces pauvres filles ont été suppliciées ?

    #36159

    francois-fabien
    Participant

    Il semble que ce soit une pratique qui ait été relativement courante. Un cas un peu significatif est celui de la Vestale Rhéa Silvia, la mère de Romulus et Rémus qui, selon la légende, aurait été fécondée par le dieu Mars qui lui serait apparu en songe. Elle aurait été condamnée à être emmurée vivante et ses enfants à être abandonnés au fil du Tibre. Des eaux duquel une louve les aurait retirés et sauvés. Il semble d’ailleurs qu’une prostituée qui se faisait appeler “la louve” ait vécu à l’endroit supposé où ils auraient été recueillis. D’où peut-être cette orientation qu’aurait prise la légende.

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