Bella Potter : Retour à Spanklard

Accueil Forums Discussions générales Récits Bella Potter : Retour à Spanklard

15 sujets de 16 à 30 (sur un total de 74)
  • Auteur
    Messages
  • #46146
    Masami
    Participant

    Bientôt le chapitre 5 ?

    #46232
    Anonyme
    Inactif

    J imagine les fessées de vous savez qui. Merci beaucoup tres joli texte

    #46262
    Masami
    Participant

    Merci Nicolas.

    Vous-savez-qui apparaîtra peut-être dans un prochain chapitre… Qui sait ? ?

    #46311
    Amarante
    Participant

    Bon, je vous rappelle quand même à toutes que, suite à l’épisode 4, j’attends vos dissertations sur les Détrousseurs! (en variante, le sujet des Trousseurs est également admis). Vous m’en ferez deux rouleaux de parchemin pour lundi, en hibou-travail, Mesdemoiselles.

    Pas la peine de vous préciser les conséquences d’un éventuel oubli, j’imagine?…

    #46314
    Masami
    Participant

    Bien sûr Professeur ?

    #46334
    Karima
    Participant

    Oui m’sieur, mais vous savez ce que c’est le hibou-travail, le mien a tendance à se perdre en route.

    #46335
    Masami
    Participant

    Je n’ai plus de parchemin pour ma part ?

    #46342
    Karima
    Participant

    J’avoue avec toutes les attestations qu’il faut remplir actuellement pour quitter notre dortoir, le stock de parchemin s’épuise vite.

    • Cette réponse a été modifiée le il y a 1 mois et 1 semaine par Karima.
    #46409
    Amarante
    Participant

    Mesdemoiselles Masami et Karima, il ne faudrait quand même pas croire que raconter de jolies histoires sur ce site vous permet d’en servir également à vos pro-fesseurs! (méfiez-vous toujours des anti-fesseurs, avec eux ce serait la fin du monde rouge)
    Je vous rappelle que l’école reprend dès le 11 mai pour les élèves les plus en difficulté… Je n’accepterai aucune bonne excuse, les mauvaises encore moins. Ne quittez plus ainsi votre dortoir à tout bout de champ et mettez-vous au travail, voilà tout!

    #46414
    Masami
    Participant

    Dans ce cas Professeur, peut-être faudrait-il mieux guider nos travaux ? ?

    #46417
    Karima
    Participant

    Oui l’échec scolaire est avant tout l’oeuvre des professeurs !

    #46745
    Karima
    Participant

    Le chapitre 5 arrive dès demain, enfin aujourd’hui à cette heure. Mais en deux parties, on a pas réussi à faire court.
    Notons l’arrivée d’un nouvel auteur à nos côtés.

    #46750
    Masami
    Participant

    Oui. Un nouvel auteur déjà bien apprécié ici. Une idée ? ?

    #46773
    Masami
    Participant

    Tic-tac..

    #46781
    Masami
    Participant

    Chapitre 5 : La voiture ensorcelée (Première partie)

    Les filles attendirent la nuit, que tout le monde soit couché. Vers 23 heures, une fois Spanklard endormi, elles sortirent doucement du dortoir et retournèrent derrière la serre, près du Saule Pleureur, en prenant garde de ne pas le dépasser. Bella expliqua alors son plan à Agna et Karima.
    – C’est simple. Si on peut transformer un simple objet en instrument à fesser, on peut très bien transformer un instrument en simple objet. Jusque là vous me suivez ?
    Agna et Karima échangèrent un regard inquiet.
    – Les filles, on va transformer un instrument en voiture volante ! C’est brillant, non ? Agna, tu es douée pour lancer des sorts. La transformation du livre en paddle que tu as faite en cours était impressionnante. Il te suffira de faire l’inverse.
    – Je ne suis pas sûre…..
    – L’idée se tient, répondit Karima. Whimona garde plein d’instruments dans son bureau dans la serre, il suffira d’en prendre un.
    – C’est vrai. Mais j’ai l’instrument idéal…., dit Bella, le regard malicieux. Ca lui apprendra à Alexgrid à utiliser son martinet … Attendez-moi ici les filles. J’en ai pour une minute.
    – Tu ne comptes quand même pas…
    Mais Agna n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Bella avait filé en direction de la cabane.

    Quelques minutes plus tard, elles virent leur amie revenir, une lueur de triomphe dans le regard, un martinet à lanières épaisses, dans les mains, et un vieux parchemin dans l’autre.
    – C’était trop facile. La porte n’était pas verrouillée. Je croyais pourtant que cette forêt était tellement dangereuse… N’importe quoi. Bon… Il faudra juste le remettre à sa place avant que quelqu’un ne remarque qu’il a disparu. Et regardez ce que j’ai trouvé sur le manteau de la cheminée ! C’est une carte de la région. Ils l’ont sûrement laissée à disposition des Maîtres qui viennent ici.
    Plus tôt dans la journée, Bella avait répété à ses amies ce qu’Alexgrid lui avait dit au sujet de la cabane, ce qui les avait un peu inquiétées.
    – En tout cas, j’espère que le mien ne viendra jamais…. La cabane comme tu l’as décrite est vraiment à son goût… Il risquerait de revenir souvent…, dit Agna, une pointe d’inquiétude dans sa voix.
    Elle prit quand même l’instrument dans ses mains, et l’examina.
    – Le martinet est vieux et usé… J’espère que le sort fonctionnera…
    Elle sortit sa baguette, et lanca le sort de métamorphose.
    – Conversio !
    Le martinet s’envola de sa main, flotta dans les airs quelques instants, puis se mit à grossir et à s’étirer. Les trois amies virent une vieille voiture rouge atterrir doucement devant elles. Les portières s’ouvrirent, comme une invitation à y entrer. On distinguait des sièges en vieux cuir marron, usé.
    – Hum…. Vous croyez que ça va voler ?, demanda Karima, quelque peu sceptique. Et une couleur foncée aurait été moins repérable la nuit…
    – Je vous avais dit que le martinet était vieux. Et quelle idée d’en prendre un avec un manche rouge. Si vous aviez écouté en cours, vous auriez su que l’objet métamorphosé a les caractéristiques de l’original. Les réclamations, c’est à Bella qu’il faut les adresser.
    – Elle fera l’affaire, j’en suis sûre. Ne perdons pas de temps.
    Les trois amies montèrent dans la voiture, Bella au volant. Toutes les trois avaient leur permis, mais aucune n’avait jamais conduit une voiture volante. Cela ne devait pas être plus compliqué qu’une voiture classique…
    – Bon…. Il faut d’abord qu’on regarde où aller, dit Bella en sortant la carte. Et je pense qu’à cette heure-là, on peut tranquillement aller à Fesses-au-lard. Il n’y aura plus de risque qu’on nous reconnaisse. Tiens Karima, tu as un meilleur sens de l’orientation que moi…
    Karima pris la carte et sortit sa baguette pour l’éclairer.
    – Alors… Fesses-au-lard est derrière le lac….derrière la colline. Il faut qu’on le survole dans sa longueur…..Il a l’air plutôt long. Ca nous prendra une trentaine de minutes je pense. J’espère qu’il y aura encore quelque chose d’ouvert….
    – Au pire, si ce n’est pas le cas, on aura au moins fait un tour hors de cette prison.
    A l’aide de sa baguette magique, Bella fit démarrer la voiture. Le moteur se mit en marche dans un bruit assourdissant, risquant d’alerter tout le château.
    – Les filles, faites quelque chose ! On va se faire repérer !, cria Bella, sa voix couvrant à peine le bruit de la voiture.
    – Silentio !, lança Karima.
    En un instant, tout redevint calme. Les jeunes femmes restèrent immobiles quelques instants, scrutant l’obscurité, tendant l’oreille pour s’assurer qu’elles n’avaient pas été repérées. Après un long moment, elles se décidèrent à partir. Bella mit la première vitesse, appuya sur l’embrayage et l’accélérateur, et à leur plus grande joie, la voiture s’éleva de quelques mètres dans les airs. Finalement, ce n’est pas si différent d’une voiture normale, se dit Bella….On s’y habitue…
    – Attention ! Le Saule !
    Bella évita de justesse l’arbre…. pour se diriger vers la serre.
    – Comment on fait pour aller plus haut ?!
    – Passe la seconde vitesse !
    Bella s’exécuta. Au dernier moment, à quelques mètres des panneaux vitrés de la serre, la voiture prit de la hauteur et en rasa le toit, arrachant au passage le paon en fer forgé, qui atterrit quelque part au cœur de la forêt.
    – Oh… Je suis sûre qu’ils ne le remarqueront même pas…Au pire, on accusera Misscil. Ca lui apprendra.
    Les trois amies éclatèrent de rire et s’envolèrent au-dessus de Spanklard, dont la silhouette s’éloigna rapidement derrière elles. En survolant le lac bordé par les hautes collines verdoyantes, elles furent émerveillées par la vision qui s’offrait à elles. Le ciel était dégagé cette nuit-là. Les étoiles et la lune ronde se reflétaient sur la surface lisse de l’eau, donnant l’impression que le lac scintillait. Le lac devait effectivement être très grand, la colline précédant Fesses-au-lard n’étant pas encore visible.
    Après deux ou trois embardées aériennes, Bella avait finalement appris à maîtriser l’engin. Elles poursuivirent ainsi leur route, à travers le couloir montagneux….

    Pendant ce temps à Spanklard où tout le monde dormait, au moment même où les trois jeunes femmes achevaient la métamorphose du martinet, une lumière apparut à la fenêtre de l’une des nombreuses tours du château. Christal Trelawney venait de rejoindre son bureau. Elle avait pour habitude de faire une séance de divination chaque soir à vingt-deux heures trente, afin de prédire les futures Bêtises des étudiantes. Bien que la divination était une science parfois aléatoire, elle permettait néanmoins de prévenir certains méfaits en passe d’être commis le lendemain (bien entendu, vu leur nombre, il était impossible de les prédire tous !). Ces séances constituaient donc une aide précieuse pour les professeurs. Comme tous les soirs, elle préparait son matériel. Elle plaça donc sur son bureau une tasse de thé vert encore fumant, ainsi qu’une boule de cristal. Il ne manquait plus qu’un miroir. La pièce en était remplie. Il y en avait de toutes sortes : des grands, des petits, des ronds, des carrés, sertis de pierres… Tandis qu’elle regardait sa collection en réfléchissant à celui qui serait le plus approprié pour la séance de ce soir, un bruit semblable à une petite explosion retentit au loin. Elle se dirigea vers la fenêtre et tendit l’oreille, mais tout semblait calme, normal. Il était tard… C’était sans doute la fatigue…. Elle retourna devant ses miroirs et se demanda si elle ne devait pas en prendre un assez grand. Et carré. Celui-ci montrerait un plus grand nombre de Bêtises que l’autre, dont les bords arrondis risqueraient d’occulter certaines… Après tout, le lendemain ce serait dimanche, et il n’y aurait donc pas de cours. Et c’était le premier dimanche après la rentrée. L’un des trois jours de l’année où les Bêtises proliféraient le plus. Les cours venant de commencer, les étudiantes n’avaient pas encore beaucoup de devoirs à rendre, et manqueraient donc d’occupations…Elles risquaient de s’ennuyer… Et tout le monde savait que la majorité des Bêtises naissait de l’ennui…. En plus, la lune était pleine ce soir… Non… Le carré ne serait pas suffisant….
    En se basant sur ses calculs divinatoires, elle opta pour le grand miroir rectangulaire qu’elle plaça entre le thé et la boule de cristal. Elle s’assit à son bureau, dos à la fenêtre et vida la tasse de son breuvage, qui avait eu le temps de refroidir pendant qu’elle faisait ses calculs. D’un geste de sa baguette, elle alluma les bougies réparties en cercle sur la table et éteignit celles du lustre. Les Bêtises se reflétaient mieux avec une lumière tamisée. La belle lune ronde derrière elle se reflétait dans le miroir, réfléchissant sa lumière sur le visage du professeur. Elle s’y contempla quelques instants, et en profita pour se recoiffer un peu. Un bruit métallique, plutôt lointain, se fit entendre. Elle lança un rapide coup d’oeil par la fenêtre derrière elle, mais ne vit rien. Devait-elle prendre ces bruits étranges pour des présages ? Il fallait vite mener cette séance. Elle avait un étrange pressentiment… Quelque chose se tramait. Concentrée, elle reporta son attention sur le miroir, fixant son regard sur la lune… Aussitôt, elle vit quelque chose de sombre apparaître et s’en détacher…Ca y est… Une vision… Etrange…. Il lui fallait plus de temps d’habitude pour percer le voile du futur…. Peut-être que ses pouvoirs grandissaient… Elle se concentra plus fort. L’ombre grossissait rapidement…. Ca y est… Elle était entrée en transe…Un objet… C’était un objet plutôt rectangulaire…. C’était étrange, on aurait dit que ça volait… Une Bêtise volante ? Quelle étudiante la fera ? Un banc à fesser ? Non…C’est une… Une voiture ! Volante ! Mais d’où une étudiante pourrait prendre une voiture volante ? Il n’y en a pas ici…C’est une énorme Bêtise, ça… Elle aura de gros ennuis…. La voiture s’approchait de plus en plus… Miroir, montre-moi qui en sera la responsable ? Une étudiante…. Non. Deux ! Il y en a deux. Leur visage est dans l’ombre…. Non ! TROIS ! Elles sont trois ! Miss Bella, Miss Karima, et Miss Agna…
    Soudain, la voiture disparut du cadre du miroir.
    C’était une séance vraiment intense. La vision était si réaliste…La Bêtise se dessinant de plus en plus clairement… Cette voiture qui approchait à vive allure…. Aucun doute, ses capacités divinatoires avaient grandi…
    Il fallait maintenant préciser la prédiction… Les coupables, l’heure…. C’est étrange… Les phares étaient allumés…comme si la Bêtise allait arriver la nuit…. Vite ! Les feuilles de thé…
    Encore un peu secouée, elle prit la tasse et fixa le thé qui tapissait le fond.
    Elle n’avait jamais eu de prémonition aussi vive, aussi réaliste… C’était incroyable… C’était comme si la voiture arrivait réellement derrière elle, et…..
    Elle laissa tomber la tasse et se leva d’un bond, avec un léger sentiment de honte.
    Ce n’était pas une vision ! Cette voiture était bien là, avec trois étudiantes à l’intérieur. Les bruits qu’elle avait entendus un peu plus tôt n’étaient pas des présages. C’était la voiture ! Vite ! Il fallait les arrêter ! Il fallait prévenir le Directeur.
    Elle sortit en trombe de son bureau, dévala les escaliers de la tour et courut vers les appartements d’Âméus Dumbledore. Elle monta, toujours en courant, les escaliers de la tour où il résidait, et frappa à la porte à grands coups, le tirant de son sommeil. Sans reprendre son souffle, elle lui raconta ce qu’elle venait de voir, en omettant soigneusement la partie où elle avait pensé que ses pouvoirs avaient augmenté… A cause de cet incident, les trois fugitives avaient pris un peu d’avance… Pourvu qu’elles n’aient pas déjà dépassé la limite des terres de Spanklard…
    – Je vous remercie. Je vais prévenir Argus Lunard, pour qu’il les localise sur sa carte et aille les chercher, mais je vais d’abord renforcer le bouclier magique qui entoure la propriété. Si elles sont encore sur les terres de Spanklard, le sort les arrêtera. Pourriez-vous faire encore une petite chose avant de regagner vos appartements ?
    – Monsieur le Directeur ?
    – Allez prévenir Minxgonagall, et dites lui de me rejoindre ici. Nous accueillerons les demoiselles comme il se doit.
    – Bien sûr… Bonne nuit Monsieur, répondit Christal, qui réprima un frisson en entendant les derniers mots du directeur.
    – Bonne nuit.
    Elle savait très bien à quel genre d’accueil Âméus faisait allusion… Il fut un temps où il lui arrivait aussi d’être « accueillie »… Le temps où elle était à la place de ses étudiantes…Même si son nouveau statut de professeur ne mettait pas plus ses fesses à l’abri qu’elles ne l’étaient alors…
    Elle avait eu raison de ne pas tout raconter…Il n’aurait peut-être pas laissé passer cette étourderie…
    Perdue dans ses pensées, elle referma la porte et partit accomplir la mission qui lui avait été confiée.

    Derrière son somptueux bureau de style Directoire en noyer, Âmeus Dumbledore furieux de l’attitude des trois jeunes femmes, réfléchissait. Une fois Argus Lunard prévenu par hibou, et la barrière renforcée, il lui restait une dernière chose à faire. Minxgonagall n’allait pas tarder et les jeunes femmes escortées, arriveraient sans doute peu de temps après. Il se retourna et se dirigea vers l’énorme bibliothèque ancienne, également en noyer, qui faisait presque toute la largeur du mur derrière le bureau. Il s’arrêta devant la partie vitrée et l’ouvrit.
    Il était trop tard pour les corriger encore maintenant…. Pour Âméus Dumbledore, une punition n’avait de valeur éducative que si elle était administrée avec calme et psychologie. Nul besoin de multiplier le nombre de coups ou de frapper extrêmement fort pour inculquer une leçon. L’attente, l’appréhension, la honte ont un impact tout aussi fort que la fessée elle-même… Ce soir, il allait donc seulement leur montrer ce qu’elles recevraient le lendemain matin, après le petit-déjeuner. Son regard se porta sur les longs objets à sa droite, soigneusement rangés par diamètre et par matière. Il les parcourut de ses doigts et s’attarda sur le sixième. Douze millimètres….En bambou… Plutôt rigide… Leur faute était extrêmement grave, c’est vrai… Elles auraient pu être gravement blessées, ou pire…. Et elles avaient enfreint au moins vingt points du règlement de l’école…. D’un autre côté, elles n’étaient qu’en première année et ce n’était que leur première semaine…. On ne pouvait pas espérer d’elles qu’elles ne fissent plus aucune Bêtise après seulement quelques jours… Le rotin serait sans doute plus approprié… Dix ou douze millimètres….
    Des coups retentirent à la porte, le tirant de sa réflexion…
    Il prit finalement la canne de dix millimètres qu’il posa bien en évidence sur son bureau et alla ouvrir la porte.
    – Bonsoir Professeur Minxgonagall. Entrez je vous prie…Les fugitives ne devraient plus tarder….

    Une vingtaine de minutes s’était écoulée depuis leur départ. Les trois jeunes femmes pouvaient enfin apercevoir la silhouette d’une haute colline qui marquait l’extrémité du lac, se détacher au loin.
    – Tu devrais prendre encore un peu d’altitude.
    Bella s’exécuta. La voiture s’éleva au-dessus du lac et arriva à hauteur du sommet. Dans un instant, elles verraient déjà les lumières de la ville, située de l’autre côté, dans la vallée. Plus que quelques secondes et….
    Tout à coup, juste davant elles, au milieu du sommet de la colline, un scintillement apparut, suivi d’un éclair de lumière banche, qui s’étendit en dôme sur une centaine de kilomètres derrière elles. Il redevint invisible, hormis une légère ondulation dans l’air, à peine perceptible.
    – Qu’est-ce que c’est ?!
    – FREINE !
    Bella n’en eut pas le temps. La voiture heurta de plein fouet le mur magique, dont on voyait au point d’impact, une toile scintillante s’étendre, puis disparaitre…. Le véhicule rebondit dessus, et propulsé vers l’arrière, effectua un demi-tour. Il fila à toute allure dans la direction de Spanklard.
    – Ralentis !, cria Karima.
    – Je ne peux pas. Les commandes ne répondent plus. Je ne maîtrise plus rien !, répondit Bella, un brin paniquée.
    – Ils sont au courant…, dit Agna d’une voix blanche. Ce « mur » qu’on a heurté… Je suis certaine que c’était un sort-bouclier. On rentre à Spanklard….
    Un silence de plomb emplit l’habitacle. L’appréhension était palpable. C’était une énorme Bêtise… Et on les avait prises sur le fait…

    Le trajet du retour, déjà écourté par la vive allure de la voiture, leur parut durer à peine quelques secondes. Elles apercevaient déjà le château, d’abord des contours sombres, puis la bâtisse elle-même avec ses nombreuses tourelles. En bas, elles distinguaient déjà la cabane, et la serre, débarrassée plus tôt de son ornement. A côté du Saule Pleureur, elles virent une lueur, sans doute celle d’une lanterne… Quelqu’un les attendait déjà….La voiture s’arrêta brusquement au-dessus de ce point lumineux, et flotta ainsi quelques instants dans les airs. Puis, tout à coup, elle chuta, les rapprochant dangereusement du sol….

    Argus Lunard était concierge à Spanklard depuis plusieurs années maintenant. Il avait pour mission de vérifier l’état des instruments et du mobilier, de les entretenir. Mais il était également en charge du maintien de l’ordre dans l’enceinte de l’école et de la surveillance des élèves envoyées en « détention » (c’est-à-dire en retenue), dont la salle se situait dans les cachots, juste à côté du bureau de Méchant Rogue, qui pouvait ainsi profiter du doux son des fessées qui y étaient données. Avant les détentions, le Professeur qui envoyait son étudiante en détention faisait parvenir à Lunard par missive enflammée, l’Ordre de Punition. Celui-ci en indiquait le motif, détaillait la fessée qui devrait lui être administrée dès son arrivée, précisant le nombre de coups, l’instrument, et la position (par (mal)chance, la salle était parfaitement bien équipée), ainsi que la nature de la punition écrite qu’elle aurait à effectuer pendant la retenue. Lunard recevait alors la condamnée, qui ignorait le contenu de l’Ordre de Punition, lui administrait le châtiment corporel prescrit, puis l’envoyait s’installer fesses nues à l’un des pupitres de la salle (dont les assises étaient recouvertes de paillassons drus et piquants), afin qu’elle y effectue sa punition écrite. A l’issue de la retenue, il signait l’Ordre de Punition et libérait la jeune femme, en s’assurant qu’elle repartait jupe retroussée, culotte baissée, exposant ses fesses rougies et marquées, comme l’exigeait le règlement. C’est ainsi qu’elle devait traverser le château pour remettre l’Ordre de Punition et son travail à son professeur, qui l’autorisait alors à se rhabiller convenablement, mettant un point final à la punition.
    Près de la serre, une lanterne dans une main, sa baguette dans l’autre, Lunard attendait le retour des fugitives. Il en avait vu des Bêtises au cours de sa carrière, il en avait reçu des Ordres de Punition aux motifs plus originaux les uns que les autres. D’ailleurs, une bonne partie concernait des fugues… Depuis le temps, il avait appris à maîtriser le sort Reverto à la perfection. Il était capable de récupérer des fugitives qui se trouvaient à des dizaines de kilomètres. Mais ce soir, c’était exceptionnel. Une voiture volante et trois étudiantes qui étaient sur le point de franchir la frontière. Du jamais vu…. Le sort lui avait coûté plus d’énergie que d’habitude. Il regrettait que le Directeur ne l’ait pas chargé de corriger ces sottes dès leur arrivée. De plus, la cabane était juste là, tout près… Il espérait que le châtiment qu’Âméus leur réservait serait suffisamment cuisant.
    Tout en réfléchissant à cette situation inédite, il scrutait le ciel nocturne. Après un long moment, il aperçut enfin deux points lumineux, suivis d’un point rouge. Il esquissa un sourire à la vue de la couleur. Il y avait quand même plus discret…Une fois le véhicule arrivé au-dessus de lui, il l’arrêta d’un geste brusque, et le laissa flotter quelques instants dans les airs. Leur méfait de ce soir avait été extrêmement dangereux. Conduire une voiture volante sans aucune expérience, métamorphosée du premier objet venu était inconscient. Il n’avait peut-être pas reçu l’ordre de les châtier lui-même, mais sa conscience ne pouvait pas laisser passer cela. La vitesse du sort avait déjà dû bien les secouer. Il allait parfaire cette leçon en leur montrant ce qui aurait pu leur arriver si leur sort avait été mal effectué, ou si elles avaient perdu le contrôle de cet engin. Une petite frayeur complémentaire au châtiment corporel les ferait peut-être réfléchir sur la dangerosité de leur entreprise. Il abaissa sa baguette magique, faisant brusquement chuter la voiture et ses occupantes. Le sort Silentio enveloppant toujours le véhicule, Lunard n’entendit pas les trois hurlements qui s’en échappaient. Mais nul besoin de les entendre pour les imaginer. Lorsqu’elle ne fut plus qu’à quelques centimètres du sol, il la stoppa d’un geste vif de sa baguette, et la laissa atterrir doucement. La voiture ne semblait pas avoir apprécié la balade. Les portières s’ouvrirent brusquement, et les jeunes femmes en furent éjectées sans ménagement.
    – Eh bien mesdemoiselles, vu vos expressions, je crois que vous venez de réaliser ce qui aurait pu vous arriver. Vous avez eu beaucoup de …
    Un coup de klaxon interrompit son sermon.
    Sous leurs yeux, la voiture commença aussitôt à rétrécir et changer de forme. Lunard vit alors avec stupéfaction le martinet à manche rouge, provenant de la cabane, retomber devant lui. Il le ramassa.
    – Je suis certain que le Directeur sera très intéressé de voir ceci. Vous pourrez rajouter « effraction » à la liste de vos méfaits.
    Les trois coupables, encore par terre, dévisagèrent d’un air horrifié le concierge. Il les regarda, amusé, prendre la même couleur que l’objet de leur crime.
    – Relevez-vous. Âméus Dumbledore et Minxgonagall vous attendent avec impatience.

    Quelques instants (beaucoup trop courts) plus tard, Bella, Agna et Karima furent amenées devant le bureau directorial. Lunard frappa trois coups. Un mouvement se fit entendre à l’intérieur, et la porte s’ouvrit. Lunard y entra, le martinet en main, et referma derrière lui, laissant les trois fugitives attendre seules. Des fauteuils étaient disposés dans le couloir, lui donnant l’allure d’une salle d’attente. Elles étaient épuisées et éprouvées de leur escapade nocturne, mais personne ne leur avait donné l’autorisation de s’asseoir. Elles avaient déjà accumulé assez de motifs de punition pour ce soir…Inutile d’en rajouter. Elles attendirent donc debout, dos au mur, dans un silence pesant, en évitant soigneusement de se regarder. L’attente leur sembla interminable. Finalement, la porte se rouvrit, et elles entendirent un « entrez », intimé d’une voix sèche. Elles se lancèrent un regard plein de crainte, et se décidèrent à entrer, refermant la porte derrière elles. Jetant des coups d’oeil furtif autour d’elles, mais évitant soigneusement de croiser les regards furieux des personnes présentes, elles découvrirent une pièce hexagonale, décorée avec goût. La pièce était éclairée par un vieux lustre, dont la lueur des chandelles vacillait légèrement, prodiguant une ambiance feutrée au lieu. Face à la porte, dans le fond, se trouvait un impressionnant bureau, dont le fauteuil de style Louis XVIII, en velours bordeaux ne laissait aucun doute quant à la fonction de son occupant. Devant le bureau, trois chaises contemporaines de celui-ci semblaient n’attendre qu’elles. Derrière, une imposante bibliothèque, de même style que le bureau, était remplie de vieux livres et de grimoires, mais la vue du contenu de la partie vitrée en son centre, les fit frémir. L’appréhension monta encore d’un cran lorsque leur regard se posa sur le mobilier à fesser placé de part et d’autres de la bibliothèque. Il y en avait décidément partout de ces instruments de torture….A gauche, elles virent une énorme cheminée, dont le feu allumé crépitait joyeusement, projetant des ombres dansantes sur le parquet ancien. Au-dessus du manteau, un imposant tableau représentant le château habillait le mur de pierre. Devant la cheminée, un sofa bordeaux datant probablement de la même période que le fauteuil, donnait envie de s’y installer avec un bon livre. A droite du bureau, une table ronde et quatre fauteuils baroques, au velours bordeaux étaient placés à côté de la seule fenêtre de la pièce, dont le vitrail représentait le blason de Spanklard, sur lequel les trois amies reconnurent les emblèmes de chaque maison. Bien que d’époques différentes, le mobilier donnait à la pièce une atmosphère chaleureuse, et témoignait de la longue histoire du château. Sur la table, une théière et trois tasses, dont l’une fumait encore, laissaient imaginer la longue discussion qui avait eu lieu peu de temps avant. Les expressions furieuses de certains ne laissaient aucun doute quant à la nature de la discussion.
    Regardant leurs chaussures, les jeunes femmes restèrent là quelques instants, immobiles, les yeux baissés. Elles sentaient sur elles trois regards perçants, et le silence était intenable.
    Enfin, une voix masculine, basse, mais trahissant un mécontentement certain, se fit entendre :
    – Mesdemoiselles, approchez.
    Les jeunes femmes s’exécutèrent et s’avancèrent vers le bureau, sans lever la tête. Elles s’arrêtèrent devant les trois chaises, attendant l’autorisation de s’y asseoir. En vain.
    – Regardez- moi.
    N’osant aggraver leur situation, elles levèrent lentement les yeux vers le Directeur, qui se tenait debout derrière son bureau, les sourcils froncés et les bras croisés. Sa tenue, un pyjama de soie anthracite et une robe de chambre couleur lie de vin, indiquait qu’il avait été tiré de son sommeil, tout comme Minxgonagall, qui se tenait à sa droite et les regardait furieusement, son bonnet de nuit mis de travers. Elle tenait fermement le martinet du délit dans la main, comme si elle s’apprêtait à les fouetter avec, d’un instant à l’autre. Lunard qui se tenait à la gauche d’Âméus, tentait tant bien que mal de cacher son amusement.
    En levant les yeux, elles ne purent s’empêcher de remarquer l’effroyable badine qu’Âméus Dumbledore avait pris soin d’exposer à leur vue. Karima et Bella qui n’avaient encore jamais reçu la badine, devinrent livides. Agna, qui ne connaissait que trop bien cet objet, semblait résignée.
    – Pouvez-vous m’expliquer ce que vous faisiez dehors, en pleine nuit ? A la limite du territoire ? Dans une voiture volante ? Sans parler du vol du martinet que Monsieur Lunard a pris soin de me rapporter ?
    Les trois jeunes femmes, rouges de honte, évitaient soigneusement le regard inquisiteur du Directeur. N’obtenant aucune réponse, ce dernier s’impatienta.
    – Alors ? Je vous écoute ! Dois-je ajouter « refus d’obéir » à la liste de vos méfaits de la journée ?
    – Nous…. Nous voulions aller à Fesses-au-lard…, commença Karima.
    – Pourquoi ne pas y être allées avec les autres ce matin ?, lança d’une voix sèche Minxgonagall, dont le bonnet de nuit penchait de plus en plus.
    Les trois accusées se regardèrent. Bella était sincèrement désolée de les avoir entraînées avec elle dans cette escapade. Elle décida de prendre sur elle et d’avouer, du moins en partie :
    – Je… Je ne trouvais plus mon autorisation. Mais je vous promets que je l’avais et qu’elle était signée. J’avais tellement besoin de me changer les idées, après cette semaine… Alors, j’ai eu l’idée d’y aller par un autre moyen….
    – Argus, rajoutez « mensonge » et « préméditation » à la liste des méfaits, lança Minxgonagall à l’attention du gardien.
    – Le Professeur Minxgonagall m’a également informé que vous avez déjà été fessée aujourd’hui Miss Bella. Par Alexgrid. Pour avoir entraîné vos amies dans la Forêt-Interdite-Sous-Peine-De-Fessées.
    – Professeur…. Nous ne savions pas…. Nous sommes à peine allées de l’autre côté du Saule Pleureur…. , dit Agna, voulant aider un peu Bella.
    – Vous avez été prises sur le fait une fois, et cela ne vous a pas suffi ? Vous avez attendu la nuit, êtes sorties du château, êtes entrées dans la cabane sans autorisation, avez volé un martinet, et avez effectué un sort de métamorphose sans expérience ! Sans compter que vous avez détérioré un ornement vieux de plusieurs siècles !
    – Un ornement…. ?
    – Oui ! Le paon qui ornait le sommet de la serre.
    – Oh ça.. Je crois qu’il est tombé quelque part dans la forêt ….
    – Assez ! Vous avez enfreint une dizaine de règles, commis une dizaine de Bêtises, en quelques heures à peine. Vos Maîtres ne vont pas en croire leurs yeux quand ils la recevront. Je vais devoir me montrer suffisamment sévère pour qu’ils ne viennent pas s’occuper de vos fesses eux-mêmes. Pas après la première semaine. Cela nuirait grandement à la réputation de l’école.
    – Monsieur…. Karima et Agna n’y sont pour rien. Elles…
    – Ne m’interrompez pas ! Le plus grave dans tout ça, c’est que vous avez mis vos vies en danger ! Pour commencer, j’ajoute cinquante Fessées à Paddledor. Cinquante pour chacune.
    A ces mots, Minxgonagall grimaça. Encore du travail qui se rajoute….
    Le Directeur poursuivit :
    – Il est bien trop tard pour vous punir maintenant. Vous viendrez ici demain matin, à 9h, après le petit déjeuner. Votre directrice de maison et moi-même avons décidé que je prendrais entièrement en charge votre correction. Vous ne serez pas corrigées deux fois, comme le règlement le stipule.
    A ces mots, Bella laissa échapper un soupir de soulagement.
    – Ne vous réjouissez pas trop vite, Miss Potter. Vous ne serez pas corrigées deux fois, mais une fois plus longuement. De plus, vous deviez être fessée une seconde fois par Minxgonagall après la punition d’Alexgrid. Celle-ci s’y ajoutera, mais elle sera répartie entre vous trois.
    Bella lança un regard d’excuse à ses amies, qui écoutaient la sanction les yeux baissés.
    – Comme vous avez commis vos méfaits toutes les trois, vous serez punies toutes les trois, ensemble. Vous recevrez chacune une fessée déculottée à la main, suivie de dix minutes au coin, pendant que je m’occuperai de la suivante. Puis, vous recevrez trente coups du martinet que vous avez volé, chacune. Un petit passage au coin vous permettra de réfléchir. Et nous terminerons par vingt coups de la badine que voici, que vous compterez à haute voix. De plus, à partir de lundi, et ce pendant une semaine, vous irez en retenue chez Monsieur Lunard après les cours. Il a déjà en sa possession l’Ordre de Punition.
    Lunard leur montra le parchemin qu’il avait en sa possession.
    – Vous y recevrez une fessée à la main et ferez votre dissertation, dont Lunard vous donnera le sujet lundi. Dix rouleaux de parchemin. Vous viendrez me la remettre vendredi soir.
    Les jeunes femmes écoutaient leur sanction, complètement abasourdies.
    – A présent, allez vous coucher. Nous avons tous besoin de sommeil. Ne soyez surtout pas en retard demain. Dormez bien mesdemoiselles. Si vous le pouvez….
    Il les regarda sortir, dissimulant un léger sourire. Ces trois là allaient encore leur donner du fil à retordre….

15 sujets de 16 à 30 (sur un total de 74)
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.
PHP Code Snippets Powered By : XYZScripts.com