Apologie de l’attente

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    Messages
  • #37911
    mi-ange
    Participant

    « Au bout du vieux canal plein de mâts, juste en face
    De l’Océan et dans la dernière maison,
    Assise à sa fenêtre, et quelque temps qu’il fasse,
    Elle se tient, les yeux fixés sur l’horizon. »

    Je suis dans mon lit, gentiment couchée.
    Au téléphone : Monsieur, sa voix douce, apaisante.
    Nous nous voyons le lendemain et il prépare ses bagages.
    Une photo me parvient : il vient de passer une crème sur les cuirs des Londons Tanner.
    Je sais à quoi m’attendre et je sens un vide dans mon ventre.
    Je connais la sanction et cette sensation étrange mi-peur mi-envie m’envahit.
    Je sais que cette nuit mes rêves seront claquants.
    Le lendemain s’étire lentement, les heures s’égrainent et je n’ai pas l’esprit à traiter mes dossiers.
    Le temps qui s’écoule me fait penser à « la persistance de la mémoire » de Dali.
    L’heure de la rencontre arrive enfin, mais un coup de fil de mon spanker m’arrête dans mon élan de bonheur : le TGV est bloqué au milieu de nulle part, la conversation est hachurée, mais je comprends que notre empressement mutuel devra prendre patience.
    L’horloge de mon salon tictaque plus fort, plus lentement.
    Moi qui n’ai aucune patience je boue de l’intérieur.
    Les minutes passent, les heures aussi puis enfin le train repart.
    On annule le restaurant, mais le principal est sauf : mon spanker est enfin là.
    Repas improvisé et fessée de retrouvailles.
    Tout le week-end est consacré aux jeux, seul le vendredi en début de soirée est consacré à la punitive.
    Une punitive particulière,
    Pour mes lecteurs les plus anciens je vous passerais les nombreuses fessées reçues quant aux nouveaux lecteurs sachez que mes récits ne reflètent que la partie immergée de ma capacité aux bêtises et bravades.
    Non contente de faire des âneries, non contente de désobéir à mon spanker, patient homme s’il en est. Je suis têtue, obstinée et je récidive.
    Le couvre-feu ? Jamais respecté !
    Interdiction de manger des réglisses ? J’en boulotte un devant tout le monde aux châteaux des Lys en tirant la langue à mon spanker…
    Je suis la terrible, l’insupportable, l’adorable Ange.
    Donc ce we mon spanker à décidé de marquer le coup…
    Vous voulez les détails ? Oui, évidemment.
    On est vendredi, il est 17 h 30 et je sais que l’heure arrive. Je deviens nerveuse.
    Si j’adore les fessées, si j’en demande beaucoup, c’est pour jouer. .
    Par jeux je peux rire après un kikimefesse géant avec 32 instruments. Je suis une dure, j’ai les fesses en teflon.
    Mais si mon spanker prononce le mot « punitive », alors un vide se crée dans mon ventre, une soudaine envie de faire pipi m’étreint. Je voudrais fondre en larmes et supplier.
    Le mot « punitive » transforme la femme, la spankee dure a cuire, la terrible chipie en une gamine fautive et apeurée.
    Il est 17 h 30 et je commence à m’inquiéter.
    Mon spanker sent ma fébrilité et me propose de passer à la punitive de suite.
    J’avale difficilement ma salive et arrive à acquiescer d’une voix à peine audible.
    « va faire pipi », me lance-t-il
    Cette phrase anodine qui vexe tant.
    Je n’ai plus l’âge ou on doit me dire quand aller aux toilettes.
    Mais pour moi cette phrase a toujours signifié aussi que ce qui m’attend va être long et douloureux.
    Je m’exécute donc puis monte à l’étage la mort dans l’âme.
    Mon sexe palpite de peur et d’envie mélangée.
    Je m’assois sur le lit, je tremble un peu.
    Mon spanker se met en face de moi, mais je ne peux pas le regarder.
    Il m’explique pourquoi il doit me punir. Il insiste sur le fait que cette leçon doit porter et marquer.
    Je serre les cuisses, un million de pensées traversent mon esprit, ma culotte devient légèrement humide.
    Sa voie posée, son ton calme, cette intonation qui signifie « ton comportement me déçoit » me glace le sang. J’ai honte, j’ai peur, cette punitive je ne veux pas la recevoir.
    Je ne veux pas, non, mais je sais que j’en ai besoin.
    Un « Enleve pantalon et culotte » me sort de mes pensées.
    Je me dénude à moitié comme demandé.
    Le temps n’est plus a la désobéissance ni aux bravades, mais aux regrets et à l’expiation.
    Mon cœur bat plus vite, plus fort, j’essaye de contrôler mon angoisse et ma respiration.
    Je m’allonge sur le lit tête sur les bras, jambes serrées.
    Je voudrais pouvoir me détendre : les coups font toujours moins mal si les muscles sont au repos.
    “Bras et jambes écartées” me dit-il
    J’écarte mes bras et tiens les barreaux du lit docilement. Il m’y ligote et mes cuisses se serrent encore.
    “Même pas peur”… Cette phrase tant répétée sur le forum n’est plus qu’un vague souvenir.
    Il attrape mes chevilles et les attache à leur tour aux barreaux. Pas trop serrée pour ne pas me faire mal.
    J’avale difficilement ma salive, je me contracte malgré moi.
    Ligotée en croix je me sens vulnérable. Je ne peux rien cacher, le temps n’est plus à la pudeur.
    Je suis là allongée, entravée et j’attends.
    Une attente qui me paraît interminable, je ne sais à quoi m’attendre et l’angoisse est là.
    Qu’il me fesse, vite ! Qu’on en finisse !
    Je tire déjà sur mes liens, je les teste.
    Mon spanker continu son sermon, puis, enfin, chaque remontrance est ponctuée d’une douleur.
    Les paddles Londons Tanners et les badines s’abattent sur mon fessier.
    Ça pique, ça brûle et je me débats tellement que les liens des jambes finissent par se relâcher.
    Mon spanker, les refait patiemment, plus serré cette fois.
    Je comprends que ma correction je la prendrais jusqu’au bout quoique je fasse.
    J’ai honte, j’ai peur et j’ai mal, un bon cocktail pour embuer mes yeux.
    La fessée reprend, mon spanker à une très belle collection de London Tanners et je goûte à tous, de la double ceinture bruyante au petit teigneux qui me coupe le souffle, rien ne m’est épargné.
    Des ‘aie’ emplisse la chambre entrecoupés de petits cris, des sanglots étouffés.
    Mes fesses ne sont plus qu’un brasier.
    Je ne sais pas si j’ai hurlé, je ne sais pas si j’ai supplié, je sais juste qu’il manque encore un instrument et non le moindre.
    Mon spanker tient désormais le ‘Directeur ‘, le loopy Johnny.
    Tout mon corps se crispe instinctivement. Il me demande de détendre mes fesses, pour que j’ai moins mal.
    Je me concentre sur ma respiration, il me faut garder le contrôle.
    Je détends mes rondeurs et une douleur les atteint aussitôt.
    Je crie, pleure et demande pardon dès le deuxième coup.
    Il y a des instruments qui me font tellement peur qu’il n’est pas nécessaire de prolonger la fessée longtemps.
    Le looper est ma kryptonite.
    Je reçois 5 coups au final, tout autant de cris et de ‘pardon’ sont sortis de ma bouche.
    Ma fierté ? Envolée, partie rejoindre mes ‘même pas peur’ dans un pays lointain.
    Mon spanker me détache enfin et me laisse méditer allongée sur le lit.
    Seule avec ma peine.
    La fessée ce n’est rien par rapport à ce sentiment que j’ai de l’avoir déçu à nouveau.
    Je reste là, sans bouger, sa version du coin.
    De toute façon mes jambes sont en coton, je ne pourrai pas me lever tout de suite.
    Le temps me semble long, je suis seule dans la chambre, mes larmes ce sont taries, mais je me sens tellement abandonnée que j’en pleurerais presque de nouveau.
    Combien de temps va-t-il me laisser ? Je ne sais pas, dix ou 15 minutes, une éternité pour moi.
    Il revient enfin.
    “C’est fini”
    Deux tout petits mots et je me jette dans ses bras pour y être consolée.
    J’y resterai longtemps puis je le regarde avec innocence.
    “Je peux avoir une fessée consolatrice s’il te plaît ?”
    Quel spanker refuserait une requête si gentiment demandée ?

    #37914
    Amisa
    Participant

    Chère @mi-ange, te connaissant si dure à cuire comme moi … là, il me semble que l’Ascension en fut une ! A te lire, finalement, je me demande si j’ai déjà connu une vraie fessée punitive ! Superbe texte où chaque passage à la ligne est un nouveau ressenti ! Et la fin si douce … un spanker, le coeur sur la main sans doute !
    “Je peux avoir une fessée consolatrice s’il te plaît ?”
    Quel spanker refuserait une requête si gentiment demandée ?
    Aucun de nos vrais amis si amoureux de nos fesses !

    #37915
    mi-ange
    Participant

    Merci @amisa54, très heureuse que le texte t’ai plu.
    Un nouvel instrument est apparu depuis…. Un que je crains plus que le loopy…
    Encore un peu et j’en deviendrais sage ?

    #37916
    Vincent flâneur
    Participant

    Très beau texte émouvant, @mi-ange, qui nous fait un peu partager l’alchimie de ces punitions à la fois si dures et si tendres. Une question : est-ce que la même fessée, avec la même intensité, te fera rire si elle est associée au mot « ludique » et pleurer si elle est associée au mot « punitive » ? Ou par delà les mots, les punitions de ton spanker sont-elles d’une sévérité physique bien supérieure à toutes les autres déculottées dont il te gratifie ?

    #37917
    mi-ange
    Participant

    Merci @vincentflaneur.
    Très bonne question.
    En periode de bac de philo elle ferrait un très bon sujet.
    C’est difficile de repondre simplement à une question si difficile.
    Dans la punition il y a le sermon, depuis peu le tirage d’oreille, la voix calme, posee, profondément déçue de mon spanker … Je t’avoue que je n’en mène pas large, la peur est présente.peur d’avoir decue, peur d’avoir mal, peur d’avoir peur (oui.. C’est un peu idiot)
    Et une douleur est toujours plus vive quand on en a peur.
    Un kikimefesse de plus de 30 instruments fait vraiment très mal mais je ne me permets aucune larmes.
    Alors que je les laisse couler avec de plus en plus de facilité lors d’une punitive.
    L’alchimie entre spanker et spankee permet ce relâchement ou cette contenue.
    Donc, le contexte compte, énormément.
    Mais d’un autre côté je vois mal mon spanker utiliser la brosse de bain, la planche, le looper fort, comme il peut le faire pour les grosses bêtises, juste pour s’amuser.
    La douleur n’est absolument pas la cause de ces larmes mais elles en est le catalyseur.
    Je ne suis pas tout à fait sure d’avoir la moyenne sur ce devoir de phylo moi….

    @pangolin12
    peut, peut-être, donner son ressenti…
    Il sait mieux, que moi, s’il est réellement beaucoup plus sévère pour les punitives.

    #37918
    Vincent flâneur
    Participant

    Non seulement tu as la moyenne, @mi-ange, mais au moins 14/20. Tu expliques bien, c’est moi qui ai parfois du mal à saisir ce qu’est vraiment une fessée punitive. Alors que j’en ai adminstré une bonne récemment, pourtant… Mais effectivement le témoignage de @pangolin12 pourrait m’éclairer.

    #37920
    Christal
    Modérateur

    C’est bien de te relire avec un récit où l’on ressent beaucoup de tendresse entre toi et ton partenaire.
    On voit toutes les émotions qui passent en toi lors de cette “punitive”.
    Au vu de ton endurance, tu es prête pour le marathon de la fessée !

    Braqueuse de rêves : https://entre-force-et-fragilite.blogspot.com

    #37921
    Princesse Sarah
    Participant

    C’est un beau texte mi-ange et qui me parle je crois dans la manière de voir la fessée.

    Je n’ai encore jamais pleuré mais comme tu le décris si bien je ne me suis jamais retrouvée dans cet état d’esprit si particulier, en grande vulnérabilité…

    #37922
    mi-ange
    Participant

    Merci @christal. C’est vrai qu’on s’entend vraiment bien avec Xavier et c’est un spanker très à l’écoute.
    Il sait vraiment s’adapter à la spankee qui est en face de lui… Enfin… Sur ses genoux.

    #37924
    mi-ange
    Participant

    Merci @princessesarah, je t’avoue que je pratique la fessée depuis très longtemps et la venue des larmes je n’y croyais plus.
    Mais c’est beaucoup plus facile avec Xavier. Il ne me les interdit pas, ne se moque pas, et finalement j’ai appris à les lâcher, parfois je les fait venir, parce que elles me font du bien, tout simplement.
    Et le calin n’en ai que meilleur.
    A cet instant precis, quelques merveilleuses seconde on est plus cette femme insensible, forte, aux multiples responsabilités. A cet instant precis je me sens si bien que je peux lui montrer toute ma fragilité et c’est quelque chose de tellement enfoui en moi que lui seul peut faire ça.

    #38207
    Anonyme
    Inactif

    Texte convaincant merci et je m’aperçois de plus à quel point je suis ignare en matière d’instruments.

    #38209
    mi-ange
    Participant

    @severe… “convaincant”… J’y étais, ça doit aider. ?

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