Atterrissage

Atterrissage

Ce matin, comme chaque matin, la cigale est réveillée par son petit bonjour Skype. Endormie encore, cachée sous sa couette, elle se saisit du téléphone et essaie de répondre, ce qui est difficile. Pas douée avec le clavier du J5, sans ses lunettes, tête posée sur l’oreiller, dans le noir, c’est vraiment trop dur. Franchement 8h10 c’est tôt !

Sans compter ce fichu correcteur automatique qui, comme les escaliers de Poudlard, n’en fait qu’à sa tête. Cela peut donner des échanges assez intéressants. D’un côté, Monsieur bien réveillé et assis dans son bus, qui compose des phrases correctes et de l’autre une cigale qui n’a pas reçu sa caféine et qui écrit des Mmm, Bonjpoi Monskkieur. 

Mais depuis le temps, il a bien compris qu’à ce moment-là, il n’y a aucune insolence, juste un état second. Sauf bien sûr que parfois il ne saisit pas la nuance entre humour et insolence. Il est délicat. On se dit bonjour, donc, on prend des nouvelles, et forcément arrive le “sois sage”. Genre, je ne suis pas sage. Lol. Moi. 

Bref. Monsieur va travailler, et moi, je reste encore quelques minutes au chaud, bousculée par mon chat qui en a marre. 

D’un coup, on frappe à ma porte. Je grogne, m’enfonce un peu plus sous la couette, essaie de motiver le chat pour qu’il aille ouvrir, celui-là, moins il en fait, hein…

Je me lève, dans le brouillard, dans mon pyjama pilou pilou tue l’amour mais super chaud, et demande d’une voix moitié endormie, moitié énervée : “C’est qui ?” (Ben oui, il n’est que 9h30 là faut pas pousser, les gens dorment à cette heure-ci).

Et là, j’y crois pas. “C’est Monsieur, ma cigale.”. Heu. Il a un jet privé ? Ça prend combien de temps, Paris-La Ciotat en jet privé ? Hein ? Et d’abord, il a atterri sur quelle plage ?

Bon, je finis par ouvrir, et il me prend direct dans ses bras. “Alors ma petite cigale ? Que penses-tu de ma petite surprise ? J’ai dormi à l’hôtel à côté et me voici (ah ok, pas de jet privé alors…)

Je me laisse porter par ses bras, et vois son regard faire le tour de mon appartement de poupée. Et le vois avec ses yeux. Aïe. Il y avait un avantage de ne jamais se voir chez moi, à ne jamais faire de cam, c’est qu’il ne connaissait pas mon principal défaut. Mes deux principaux défauts en fait (bon lui en trouverait sûrement d’autres mais…). Je suis très désordonnée, et je procrastine dès qu’il s’agit de ranger. 

Il scrute tout. Le lit en chantier, la vaisselle empilée dans l’évier (j’ai pourtant un lave-vaisselle), les vestiges du dernier repas sur ma table basse, les fringues propres, sales, posées un peu partout, quand elles ne sont pas carrément par terre (ben oui, ça glisse, les fringues), les chaussures restées là où je les ai retirées.

Je le sens se crisper, il ne devait pas imaginer tomber sur ce capharnaüm. Mais il ne dit rien. Je prépare du café, fais semblant de manger un peu, histoire de ne pas le contrarier plus, et il m’apprend qu’ayant deux  jours devant lui, il a décidé de venir me faire un coucou.

Tout en parlant, je ramasse discrètement tout ce que je peux, autant qu’on puisse être discret, dans un mini appart. Je me sens très nerveuse.

Je lui propose qu’on aille se promener un peu, juste le temps que je prenne ma douche. Il se lève, va chercher sa sacoche, et me dit qu’il ne voyait pas la journée prendre cette tournure, mais qu’au vu de l’état de mon appartement, il va falloir qu’on ait une discussion sérieuse tous les deux. J’aime pas ça, moi, les discussions sérieuses. Je ne connais ça qu’en Skype, c’est déjà pas de la tarte, alors avec lui qui prend toute la place chez moi…

Je ne me sens pas non plus à l’aise, dans mon pyjama : aucune carapace. Il m’entraîne sur le canapé, me fait assoir à ses côtés. Je fixe mes chaussons, je ne les ai jamais trouvés aussi intéressants, d’ailleurs.

Il attaque : “Je voudrais comprendre une chose. Comment une personne qui ne travaille pas peut se permettre d’avoir un appartement aussi en désordre ?” 

Alors là j’ai une réponse toute trouvée ! “Monsieur, vous savez bien qu’avec mon bénévolat je suis très occupée.” 

A priori, c’est une mauvaise réponse, son regard semble me demander si je ne suis pas en train de me moquer de lui… Alors j’ajoute que quand je suis prévenue, forcément, c’est rangé. Je n’ai pas l’impression que cette réponse lui plaise plus que l’autre.

“Voici ce qu’on va faire : je te laisse une heure, maximum, pour rendre ce… heu… logement vivable. Et après on passera aux choses sérieuses.”

Je demande à prendre ma douche, il me répond qu’il sera toujours temps d’en prendre une après ce qui m’attend. 

N’ayant pas trop le choix, corbeille en main, je ramasse tout mon linge, le mets dans le panier, remplis le lave-vaisselle, range les chaussures, jette les déchets à la poubelle, et fais mon lit (je rappelle à Monsieur qu’il ne pouvait pas être fait puisque je dormais hein). Un petit coup d’aspirateur, et hop, c’est tout beau. Je lui repropose une petite balade. Peine perdue.

“Tu viens ici de suite !”

Je tente mon “Mais Monsieuuuur” pleurnichard, ça ne fonctionne pas. Me voici couchée en travers de ses genoux, et je vois sur la table basse que, pendant que je rangeais, il a déposé tous ses instruments. Ça va être ma fête, tiens. Il commence à me caresser par-dessus mon pyjama, mais le descend de suite vu l’épaisseur. C’est bien la première fois qu’il va me fesser directement sur ma culotte. Ha mais non, il la baisse aussi, sous prétexte que je suis une vilaine fille qui ne sait pas tenir sa maison. Et c’est donc sur mes pauvres fesses nues que je reçois une fessée, qui, bien qu’étant progressive, n’en est pas moins magistrale. J’essaie toujours de rester tranquille, mais là, je ne m’attendais pas à cette visite, tout est allé très vite, et je me tortille dans tous les sens.

Monsieur n’est pas habitué à cela de ma part. Il arrête un instant, le temps de réfléchir. Il me coince avec une de ses jambes, ce qui m’empêche de trop remuer, mais j’essaie de me protéger de mes mains. Je refuse d’obéir lorsqu’il m’ordonne de les retirer. Il se lève, me demande d’aller chercher la ceinture de mon peignoir, et m’attache les bras dans le dos au niveau des coudes, en faisant attention à ne pas me blesser.

C’est donc jambes coincées, bras attachés, que la fessée reprend, sans que je puisse faire quoi que ce soit pour me protéger. Et comme mon attitude lui a déplu, j’ai eu une bonne demi-heure de fessée sur ses genoux.

Il me détache, m’envoie au coin, mains sur la tête, en me demandant de bien réfléchir. Qu’il espère que je ne laisserai plus mon appartement dans cet état. Contrairement à ses habitudes, il me laisse un bon quart d’heure au coin. Je l’entends toucher ses instruments, je me demande à quelle sauce je vais être mangée. Je n’ose pas passer mes mains sur mes fesses, qui pourtant sont très douloureuses.

Il me fait revenir, me fait rester debout devant lui, m’attrape le menton pour me forcer à le regarder. 

“Alors, vilaine cigale ? As-tu compris la leçon ?”

Je ne peux pas répondre à une question pareille. C’est bien la première fois qu’on me sort un truc pareil. Je me tais. Je le sens s’énerver.

“Tu me réponds, et tout de suite.”

Mais je ne peux pas, il me fait trop honte.

“Très bien, puisque tu veux jouer les fortes têtes, et connaissant ta faible résistance au paddle, tu vas voir. Donne-le-moi !”

C’est en tremblant que j’attrape le paddle, le lui remets et me positionne penchée sur ma table. Mes fesses encore douloureuses de la punition reçue juste avant, c’est les larmes aux yeux que je reçois 50 coups qui à chaque fois, me coupent le souffle, et me font plier les jambes. Je le supplie, il reste intraitable.

Enfin, il me repose la question : “As-tu compris la leçon ?”

Je finis par baragouiner un petit “Oui, Monsieur” qui à ses yeux n’a pas l’air si sincère que cela.

“Bon ça suffit maintenant, prends le dernier martinet que j’ai acheté, dépêche-toi !”

Oh non, pas celui-là, il fait trop mal. Je lui dis que oui, j’ai compris, plus jamais je ne laisserai ma maison dans cet état, promis juré craché. Mais quand Monsieur promet quelque chose, il s’y tient.

Je reprends la position, mais cette fois le buste couché sur la table. Mes pieds ne touchent pas le sol et il me fouette très sévèrement en me faisant compter. Il cingle mes fesses, mes cuisses, le bas du dos aussi. Cette fois, complètement soumise, je fais tout ce qu’il me dit. Je me laisse faire, je compte, et je pleure.

Et sans qu’il ait besoin de me reposer la question, lorsqu’il a fini, je me pelotonne sur ses genoux, lui dis en reniflant comme une gamine que j’ai compris la leçon, et promets de prendre soin de mon appartement. Il me serre tout contre lui, je suis à moitié nue, bien lovée au creux de ses bras. Il se met à attraper mes cheveux, mèche par mèche. On dirait qu’il avait ses ongles mal coupés, ça fait mal, et j’ouvre les yeux sur le regard satisfait de mon chat, qui essayait désespérément de me réveiller, en griffant doucement mes mèches.

Ah d’accord, je rêvais…

10 Comments

  1. Vous avez de très beaux rêves !!

  2. @hhelea
    Mes dommage du jet privé.
    Ce ne serait pas mal pour un prochain rêve, une fessée dans les nuages !

  3. Joli rêve, même s’il semble très teinté de réalité IOI

  4. en tout cas Monsieur a bien de la chance

  5. Très joli récit, quand après avoir été fessée à la main, au paddle et au martinet la cigale se love au creux des bras de son sévère justicier.
    Mais ce n’est que le chat qui demande ses croquettes. On se prend à espérer que le rêve soit prophétique.

  6. Magnifique! bravo!

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