Sur la glace (1)

Sur la glace (1)

I

La glace était gelée. Elle paraissait lisse et brillante sous les étoiles de cette nuit spéciale, à l'image de mon coeur à ce moment. J'étais angoissée, stressée, mais je l'attendais de pied ferme. Sa voix résonnait encore à mes oreilles. Ma crinière brune ne cessait de revenir devant mon visage, en raison de cette brise qui m'apportait, par la même occasion, ce parfum amer et mélancolique. Il était là. C'était lui.

Sans même me retourner, je sus qu'il s'approchait de moi. Je voyais ses longs doigts, fins et pâles, s'élever haut et s'abattre sur... Je fermai les yeux à cette pensée, et une vague de frissons se mit à me traverser le corps. Étrangement, ce n'était pas la faute de ce froid mordant. Non... C'était lui, posté derrière moi, en silence, qui m'observait longuement. Trop longuement je dirais même.

Je me retournai, lui faisant face, mes yeux dans les siens, comme une sorte de duel. Il me regardait sans ciller, sans dire mot, sans sourire. Aussi glacial que ce grand lac figé dans le temps. J'avais envie de baisser les yeux, de me sentir petite, me sentir fragile. Quelque chose me retenait. Mon corps me criait de lâcher, de me laisser aller. Impossible. C'était notre troisième rencontre d'une nuit autour de cette eau immobile pour cette même « chose »... Je m'en voulais.

Il me tendit une fois de plus la main, toujours sans la moindre chaleur dans son regard mais avec cette assurance presque invisible qui émanait de lui. « Vas-y, prends-la ! » me suppliait mon être. Une fois de plus, je lui tournai le dos et je me mis à traverser l'étendue gelée. Arrivée à l'autre rive, des larmes coulaient sur mes joues. J'en avais besoin, besoin de cet acte bien trop souvent incompris. Besoin de cette sensation si libératrice. Alors pourquoi ? Pourquoi ce refus ?

Je suis au yeux de tous une forteresse de pierres, celle qui se prend des coups mais qui reste debout, sans broncher. Celle qui n'a guère de gestes d'affections mais sur qui on peut s'appuyer. Celle qui vous ne vous épargne pas mais qui a les mots justes, qui vous aide à grandir. Parfois sans coeur. Laisser cours à mes faiblesses, relâcher ma force dans des battements de jambes incessants et des cris était à l'opposé de ce que j'avais toujours mis un point d'honneur à être.

Je voyais, malgré la distance, que sa main était toujours tendue dans ma direction. Je savais qu'il n'allait pas partir avant moi. Je savais que demain il serait à nouveau là. Le clocher se mit à sonner minuit. Je tournai les talons et disparus dans les rues brumeuses.

Sur le chemin, les même questions venaient à mon esprit. Pourquoi me retenais-je moi-même prisonnière ? Pourquoi lui ? Quand ? Oui, je veux être fragile le temps de... Je veux me sentir importante le temps d'une... Je veux lâcher prise le temps d'une fessée. Cet acte fort, simple, étudié et si libérateur. Sentir le poids sur ses épaules s'envoler comme des mésanges au moment d'un son d'une claque bien sonnée...

II

Le lendemain j'étais à l'heure, comme tous les soirs, mais les heures passaient et il ne venait pas. La panique commençait à me gagner. À minuit, au son de l'église voisine, je fis marche arrière. Plongée dans mes pensées, la tête basse, je sentis brusquement mon poignet tiré en arrière. Lui !

Sans ménagement, il me tira jusqu'à lui. Mon cerveau était comme déconnecté. Tous mes sens étaient en alerte mais aucune action ne se produisait. Il se dirigea vers un banc et, malgré la pierre froide, il s'assit et me bascula sur ses genoux. Mes pieds ne touchaient pas le sol. Sous la lumière blafarde de la lune, mon coeur battait à toute vitesse, tandis que je sentais mon pantalon glisser le long de mes jambes. Le froid hivernal ne m'épargnait pas. Toujours sans un mot, il me coinça un bras dans le dos et me colla bien contre lui. Ma respiration se faisait pressante. Était-ce un rêve ? Une hallucination ?

Une claque bien sentie se fit entendre au coeur de la nuit. Je sursautai à ce premier contact mais n'eus pas le temps de m'y faire : c'est une avalanche de claques qui s'abattit soudain sur mon arrière-train. Il s'arrêta au bout de quelques minutes de cette valse parfaitement rythmée. J'avais le souffle court et je sentais sur mes fesses une vague de chaleur qui contrastait à merveille avec la température extérieure. Je ne me sentais pas en danger. J'étais presque calmée, plutôt. Je sentit alors son doigt se faufiler sous l'élastique de la dernière défense qui le séparait de ma peau à nu. Je me mis à gigoter et à gémir alors que ma culotte rejoignait mon jean en bas de mes jambes.

Il commença par me caresser les fesses avec une infinie douceur puis, sans prévenir abattit à nouveau sa main. Plus forte, plus sèche cette fois. Elle m'arracha un petit cri. Il me caressa à nouveau les fesses et recommença. Il fit ce petit manège pendant quelques minutes et finit par me faire rougir les fesses. Je serrais les dents à chaque fois que sa main frappait mon postérieur avec force.

Au bout d'un certain temps, il s'arrêta. J'était en sueur, pantelante. Tout s'embrouillait dans ma tête. J'étais vidée mais aucune note de panique ne s'insinuait en moi. Je n'osais pas bouger. Allongée sur ses jambes, je reprenais mon souffle, l'air frais me titillait la peau de mes fesses, apaisant la brûlure. Il me remit ma culotte et remonta mon jean. Il me releva et son regard me surprit.

Dans ce lieu figé comme du marbre, ses yeux dégageaient une bienveillante sérénité. Un carrousel d'émotion se mit à tourbillonner dans ma tête. Je venais de recevoir une fessée... Je sentais à ce moment là qu'elle ne serait pas la dernière...

13 Comments

  1. très chouette comme récit

  2. Whaou !
    J’adore.
    Vos descriptions sont magnifiques.

  3. Merci 😊

  4. Très beau. J’aime beaucoup

  5. Superbe récit, j’adore !!

  6. Merveilleusement bien écrit 🙂 J’adore !

  7. Très visuel. Et, en même temps, très intériorisé. L’un et l’autre sont subtilement équilibrés. J’aime beaucoup.

  8. Très onirique, un songe d’une nuit d’hiver.
    Une façon très originale de raconter nos plaisirs . 🙂

  9. merci à tous ^^

  10. J’ai hâte d’aller lire la suite, Merci.

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