Millo-Vacéri (Gilles) • Si les fessées m’etaient contées (épisode 1)

Millo-Vacéri (Gilles) • Si les fessées m’etaient contées (épisode 1)

Auteur prolifique, Gilles Millo-Vacéri a publié dix huit romans et plus de quatre-vingt nouvelles, alternant entre thrillers et œuvres érotiques. Si les fessées m’etaient contées est une série de nouvelles dans lesquelles il explore différentes facettes de notre fantasme. Originellement publiées individuellement sur Amazon, ces textes sont désormais disponibles sous la forme d’un recueil publié par Harlequin.

Dans ce premier récit, Lisa, jeune fille inexpérimentée, se glisse à la dérobée derrière les portes à persiennes du grand placard de la chambre afin d’observer les ébats du bel Arnaud et de la peu farouche Anna. Malheureusement (ou heureusement ?) pour elle, la demoiselle indiscrète va se faire surprendre...

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La mateuse matée (extrait)

Je voyais cette bouche, qui enserrait le sexe d’Arnaud, allait et venait, montait, descendait, glissant plus ou moins vite… et je pouvais constater sur son visage le plaisir que cela lui procurait. Les bruits de succion me paraissaient amusants mais, visiblement, tout cela était très fort en sensations pour lui comme pour elle. Une des mains d’Anna courait sur l’intérieur des cuisses musclées d’Arnaud tandis que l’autre restait agrippée à la base de cette colonne de chair nerveuse, si désirable à mes yeux.

J’en imaginais le goût, la fermeté et, en fermant les paupières, je pouvais presque sentir son sexe dur sur mes propres lèvres. Mmm… Comme cela devait être bon ! J’éprouvai soudain le besoin étrange de sucer le pouce de ma main libre. Bien sûr, c’était sans commune mesure avec ce magnifique membre masculin bien tendu qui disparaissait régulièrement dans la bouche affamée d’Anna mais, dans ma tête, c’était moi qui avalais ce sexe tout gorgé de vie, qui lui procurais ce plaisir, et c’était mon cul qu’il caressait d’une main distraite. Pas celui de cette garce ! Au final, il me semblait qu’une fellation n’avait rien de bien difficile, et je me sentais totalement capable d’en faire autant.

Je me caressais de plus en plus vite, torturant mon clitoris, j’étais déjà au bord de la jouissance.

L’orgasme arriva plus tôt que prévu, certainement en raison du spectacle torride que j’avais sous les yeux et des fantasmes qui m’envahissaient. Je mordis mes lèvres au sang mais, gagnée par les spasmes incontrôlables du plaisir, ne pus retenir un mouvement involontaire qui fit basculer l’aspirateur et qui entraîna tout un tas d’objets dans sa chute… Catastrophe !

Ce fut pire que si une explosion avait eu lieu et, devant moi, je les vis se relever tous les deux d’un bond, comme mus par des ressorts invisibles. Anna eut un cri d’effroi et se précipita à bas du lit, ramassa ses affaires avant de sauter par la fenêtre alors qu’Arnaud, toujours nu, se dirigeait à grands pas vers le dressing, dont il ouvrit furieusement les portes.

Je ne savais plus où me mettre devant son regard ébahi.

– Lisa ! Mais qu’est-ce que tu fais là ? Alors tu… Ah, bon sang ! rugit-il, très irrité.

Arnaud essaya de m’attraper par un bras pour m’expulser de ma cachette mais, dégoulinante de sueur, je glissai entre ses doigts. Il me saisit alors par la bretelle de mon maillot de bain et dès qu’il tira, celui-ci ne résista pas une seconde.

Je me sentais bête, ne savais plus quoi dire ou faire, ni même si je devais réagir. J’étais déconfite et, les seins à découvert devant lui, je ne pensai même pas à protéger ma nudité. De dépit et en rage, il m’attrapa par les cheveux, avant de me jeter sur le lit.

– Merde, Lisa ! Mais qu’est-ce qui t’a pris, bon Dieu ? T’as foutu en l’air mon plan cul !

Bien que ses yeux soient toujours exorbités de colère, j’y sentais aussi une sorte de gêne, mais pas d’avoir été ainsi surpris… et je finis par déceler un trouble que moi seule pouvais désormais susciter en lui.

– Je vais te coller la branlée de ta vie ! bougonna-t-il.

Alors que je rampais sur le lit pour lui échapper, il saisit une de mes chevilles et me tira vers lui sans effort. Comme il me traînait sur le matelas, les ficelles de mon string de bain se dénouèrent. Je me retrouvais donc sur un lit en train de me battre avec un garçon aussi nu que je l’étais, et dont j’étais follement amoureuse… C’était dingue ! Je ne criai pas mais j’avais quand même un peu peur. Cela dit, j’étais navrée de ma bêtise, et je méritais une correction.
Arnaud s’était assis et, même si je me démenais encore pour échapper à sa poigne, il m’installa sur ses genoux sans aucune difficulté. Mon sexe entra brutalement en contact avec ses cuisses, dont je pouvais sentir le duvet fin et soyeux chatouiller ma fente.

La première fessée me fit crier de douleur :

– Aïe ! Espèce de salaud !

– Ça, c’est rien ! Attends un peu, grosse cochonne, je vais t’apprendre à mater les autres, moi !

Grosse cochonne ? Il me traitait de cochonne ? Oh ! que j’aimais ce titre glorieux qui me propulsait de mon état de jeune vierge au statut de fille lubrique et experte !

Ses claques étaient vigoureuses, il les assénait de toutes ses forces, mais je commençais à trouver le contact de cette paume ferme et virile sur la chair délicate de mes fesses très excitant. Elles devaient beaucoup lui plaire pour qu’il me frappât avec une telle énergie et à ce rythme endiablé, ce que j’appréciais, pour tout dire, énormément.

Je jouai le tout pour le tout et arrêtai de résister. Je posai le menton sur mes mains tout en battant des jambes, comme je l’avais vu faire par des femmes qui souhaitaient attirer l’attention. Je n’oubliai pas de dandiner mon derrière sous son nez. Au moins, tout était clair !

– Allez, venge-toi, vas-y, mets-moi une bonne fessée. Au moins, tu pourras profiter de mon cul. Hier, tu le trouvais plutôt à ton goût, non ?

Il débita quelques grossièretés avant de m’administrer de nouveau une sérieuse volée. J’avais vraiment mal, mais je riais fort pour l’agacer encore davantage, en profitant pour frotter mon ventre contre ses jambes, presser mon clitoris sur sa peau. Mmm… ce que c’était bon !

Arnaud s’acharnait sur mon postérieur tendu vers lui et la punition devenait cuisante, j’en avais réellement le feu au cul ! Pourtant, que j’adorais cette fessée qui n’en finissait plus… Tentatrice, j’écartai même les cuisses, de sorte qu’il ne pouvait plus faire autrement que voir mon sexe. Je voulais qu’il cédât à mes appels charnels et je faisais tout pour.

Fermant les yeux, il m’était facile de fantasmer. Allait-il me pénétrer d’un ou plusieurs doigts ? Allait-il me prendre et me déflorer ? Je ne lui aurais rien refusé, vu mon état d’excitation.

– Tu aimes ça, hein ! s’écria-t-il, essoufflé à force de me battre comme plâtre.

– Mmm… oui, j’adore ça ! répondis-je d’une voix de basse.

Je me redressai un peu et, appuyée sur le côté, pointai son sexe du bout de mon index.

– Et toi aussi, tu dois aimer, puisque tu bandes ! exultai-je, avant de reprendre position en me trémoussant.

Subtilement, ma hanche s’approcha de son membre dur comme du bois, et je sentis contre ma peau son sexe en érection qui durcissait de plus belle.

Les fessées cessèrent aussitôt et sa prise se relâcha.

Alors, je me mis à genoux face à lui.

– Arnaud, on est puceaux tous les deux… Pourquoi ne pas profiter du moment ?

Adoptant une pose délibérément provocante, je me saisis de son sexe toujours raide, comme Anna l’avait fait quelques instants plus tôt, et le massai, laissant ma main aller et venir avec nonchalance. Je savourais mon pouvoir de femme sur les hommes, que j’éprouvais pour la première fois de ma vie.

Gilles Millo-Vacéri, Si les fessées m'étaient contées,
Épisode 1 : La mateuse matée, éd. Harlequin, Paris, 2014.

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