Mise en abyme (2) : Songes et vérités

Mise en abyme (2) : Songes et vérités

Mise en abyme est une série d’histoires courtes où se mêlent chasse au trésor, histoires effrayantes au coin du feu et érotisme. Vous n’avez encore jamais croisé un vampire dans un soirée SM ? Ou encore un explorateur qui décide de pimenter sa vie de couple au cœur d’une forêt malgache ? C’est normal ! C’est une nouvelle série à lire uniquement sur notre site rose préféré dont vous pouvez découvrir le premier épisode dès maintenant. Bonne lecture !

La nuit avait été bercée par des rêves étranges mêlant la volupté et la violence bestiale. Les chairs marquées par le cuir, le contact charnel et intime de deux êtres en fusion et une ombre inquiétante pesant systématiquement au-dessus de ces souvenirs encore brumeux : ces images s’animaient comme des flashs à mesure que j’émergeai. Le son de la forêt tropicale m’arracha à ces pensées lubriques. C’était une mélodie à la fois hostile et entraînante.

Annabel était à mes côtés, encore prisonnière d’un sommeil hanté (du moins je l’espérais) par les mêmes songes… Je caressai ces boucles blondes de ma main gauche en me relevant avec délicatesse pour tenter de retirer mon autre bras sans la réveiller. Ma tentative fut vaine car ses petits yeux s’ouvrirent. Un sourire se dessina sur son visage angélique quand elle me vit au-dessus d’elle.

Elle me prit dans ses bras. Son étreinte était toujours aussi douce et je sentis mon rythme cardiaque s’accélérer. Son souffle chaud me berçait, je sentais son amour inconditionnel battre en moi tandis que je resserrais mes bras autour de sa nuque. J’avais toujours eu ce besoin de protéger cette fragilité secrète qu’elle portait, même si, paradoxalement, je l’entraînais dans des contrées dangereuses et redoutables.

« Il faut que je te raconte mon rêve, chuchota-t-elle timidement à mon oreille. Nous étions chez nous à Paris et je me plaisais à t’embêter comme j’aime tant le faire. Je commençais par me moquer de ta nouvelle veste avant de te chatouiller jusqu’à ce que tu ne puisses plus contrôler tes éclats de rire…

– Ça te ressemble assez en effet…

– Sauf que ta réaction était bien différente dans mon rêve… »

Ses joues prirent une teinte rosée à mesure qu’elle parlait.

« Tu as saisi mes poignée et les as joints avec une fermeté que je ne te connaissais pas… Tu m’as averti avec une voix grave. Ton regard était tendre et dur à la fois, et j’ai senti un trouble naître en moi, une envie de continuer à te provoquer, une envie de trouver tes limites… Alors quand tu as relâché ton emprise, j’ai continué, en te regardant droit dans les yeux, te défiant avec l’arrogance d’une petite garce. Tu as alors enroulé tes bras autour de ma taille et m’a entraînée dans une position tellement humiliante… J’étais là, allongée en travers de tes genoux, comme une sale gamine désobéissante, et pour ajouter à mon émoi, tu as lentement relevé ma jupe. Avec le même calme tu as baissé mon collant noir, révélant une petite culotte en dentelle blanche. Tu as contemplé ce spectacle un court instant avant de dénuder complètement mon derrière insolent. J’ai soupiré un « non » mais tu as continué. Tu m’as sermonnée, fait promettre de ne plus recommencer tandis que ta main s’abattait sur mes fesses nues. Je me suis sentie toute petite, David. Mais il y a autre chose, regarde… »

Elle se saisit de ma main et l’entraîna vers son bas ventre. Je laissai glisser mes doigts dans sa petite culotte et constatai l’indécente humidité de son sexe brûlant de désir. C’est alors qu’elle eut la même attitude qu’elle me décrivait, celle d’une petite peste réclamant sa correction. Elle me cherchait à grands renforts de chatouilles et de tirage de cheveux. C’est sans un mot que je reproduis les mêmes gestes que dans son rêve. Nous avions connu les mêmes songes agités par les bruits des claquements sourds de la fessée. Qui sait jusqu’où nous pousseraient nos nouveaux jeux ?

Sa peau, habituellement si pâle, avait pris une teinte carmin à mesure que je meurtrissais avec amour ses rondeurs qui s’offraient à moi. Je voyais son buste s’animer de sursauts de plus en plus réguliers et son bassin se tordait, tandis que je continuais d’abattre ma main avec un plaisir non dissimulé. Son souffle trahissait l’envie ardente qui montait en elle. Un coup d’œil en direction de son intimité me laissa entrevoir de petites gouttes qui faisait luire son sexe à la lumière du jour levant. Cette vision délicieuse m’encouragea à poursuivre mon œuvre avec vigueur et passion. Je finis par passer un doigt sur son clitoris, qui était déjà gonflé, et entreprit de masser doucement ce petit bouton de rose. Sa réaction ne se fit pas attendre : sa voûte plantaire commença par se raidir avant que ses jambes ne s’agitent de façon incontrôlable. Elle gémit de plus en plus fort avant de laisser exploser un violent orgasme qui la laissa tremblante et vidée, toujours dans cette même position infantilisante.

Ses lèvres virent se poser d’abord timidement contre les miennes puis, voyant que je lui rendais son baiser, elle les mordilla légèrement tout en posant sa main sur mon sexe qui bouillonnait d’impatience de s’introduire en elle. C’est avec fougue que nous arrachâmes nos vêtement respectifs avant de faire sauvagement l’amour. Nos deux corps fusionnèrent dans cet instant hors du temps. Son excitation si intense démultipliait mes sensations et je ressentis l’extase au moment de jouir en elle. La bestialité laissa place à la tendresse et nous restâmes ensuite de longues minutes, enlacés, amoureux tout simplement…

La faim nous arracha à la pureté et à la douceur de ce moment où nous étions seuls au monde. Une fois plus présentables, nous sortîmes de notre tente pour constater que Andrew regardait de façon malsaine en direction de cette dernière. Il fumait encore son cigare puant et ses sourcils se froncèrent quand il nous vit sortir. Je lui fis un signe de tête tout en souriant, un peu gêné qu’il ait pu entendre ce qui se passer à quelques mètres de lui.

« Bonjour Andrew !

– J’ai une mauvaise nouvelle, répondit-il, votre guide n’est plus dans sa tente. J’ai fouillé autour du campement sans retrouver sa trace…

– Quoi ? lançai-je sans dissimuler mon inquiétude. Mais comment va-t-on faire pour se retrouver dans cette putain de forêt ? Ça n’a pas l’air de t’inquiéter plus que ça Andrew ? Je ne suis même pas capable de me rappeler du chemin qu’on a pris pour arriver jusque-là…

– Écoute boss, moi je sais où on est. Je peux vous aider à trouver votre or… Pour ça, faudra juste me payer un peu mieux qu’un simple porte flingue. Je veux la moitié de ce que tu cherches bonhomme ! Avant que tu montes sur tes grands chevaux, on sait tous les deux que ce que ça risque de te rapporter te mettra à l’abri sur dix putains de générations… Alors vous préférez vous faire bouffer par les crocodiles ou devenir riches ? »

Je fulminais intérieurement mais cette ordure était notre dernière chance de sortir vivants et richissime de ce bourbier.

« Ça marche, répondis-je sans desserrer les dents, la moitié du trésor pour toi et on ne se revoit plus jamais.

– Voilà une sage décision ! »

À ces mots il asséna un violent revers de main dans mon dos en ricanant.

« Bonjour tout le monde, lança Olivier en s’étirant. Bien dormi ? Bah alors, vous faites tous une tête d’enterrement, qu’est-ce qui se passe ? »

Personne ne répondit. Seul le bruit de la faune locale venait rompre le silence gênant qui s’était installé.

« Où est Toky ? Je l’ai choqué avec mon histoire hier soir ou quoi ?

– Bon écoute Olivier, lui répondis-je sèchement, on a perdu Toky mais Andrew va prendre sa place… Dépêche-toi de te préparer, on lève le campement dans dix minutes. »

Cette journée de marche se fit dans une ambiance pesante. La communication se limitait aux plaintes d’Olivier, dévoré par les moustiques, et à des échanges de gourdes d’eau. Nous nous accordâmes trois courtes pauses. Je n’avais qu’une envie, atteindre mon but et descendre cet enfoiré d’Andrew une fois qu’il nous aurait ramené à bon port. La nuit commençait à tomber ; nous finîmes par trouver un coin pour établir notre campement pour la soirée. Après un repas frugal et quelques échanges de regards lourds de menace entre Andrew et moi, Olivier, avec son flegme habituel, vint rompre le silence.

« Bon, les gars ? Annabel ? Je vous raconte la suite de mon histoire ? Je suis sûr que ça va détendre un peu l’atmosphère… Vous êtes tous tellement tendus aujourd’hui !

Vous vous souvenez que Marc avait réussi à prendre la place d’un des membres de la secte ? Hé bien les choses ne tardèrent pas à s’accélérer pour ce vampire lubrique. Après avoir vu quelques couples se former sous ses yeux, une jeune femme rousse à la peau laiteuse lui fut attribuée. Elle le prit par la main et l’entraîna dans le couloir qu’il avait arpenté un peu plus tôt. Ils se rendirent dans une pièce qu’il n’avait pas encore vu. Sur les murs rouges, étaient rangés toute une collection de martinets, de paddles, de cannes. Il y avait également un large choix de cordes, de menottes et même des fouets de différentes tailles.

« J’attends vos tourments, maître… Punissez-moi comme bon vous semble. »

Marc ne répondit rien. Il se saisit d’une corde avec l’aide de laquelle il lia les pieds et les mains de sa victime. Un foulard de soie vint compléter les entraves de cette dernière en masquant ses yeux. Il l’allongea ensuite à plat ventre sur une table au milieu de la pièce et se saisit d’une lourde strap en cuir noir. Il entreprit de fouetter avec vigueur les fesses de cette soumise qui ne laissait échapper le moindre son. Elles prirent rapidement une jolie teinte rouge. À cette vision, le vampire sentit l’instinct de la bête qui sommeillait en lui se réveiller à nouveau. Ses canines pointaient et ne demandaient qu’à se planter dans la carotide qu’il voyait battre sur le cou de la punie. Cependant, Marc sentit la désagréable sensation du jour qui se levait. Même s’il ne les voyait pas, les rayons du soleil qui allaient bientôt pointer et commençaient à brûler l’intérieur de sa poitrine. Il lui fallait se mettre au plus vite à l’abri, sous terre, à sa place de défunt damné pour l’éternité… »

 

À suivre…

4 Comments

  1. Même question qu’à @etienne31 : à quand la suite ?

    Je commente rarement les récits mais j’ai beaucoup aimé cet épisode. La description de la fessée sous la tente était très réussie. 🙂

  2. Merci @monsieurno , à dire vrai , je ne pensais pas avoir de lecteurs…
    Je vous avoue que j’avais, par conséquent, complètement mis ce récit de côté.
    Je m’y remets très vite du coup 😉

  3. Mmmmm !!!!!
    Oui très cher @drgonzo continuez !!!!

  4. J’ai aimé les 2 récits, très bien rédigé. Et la fessée sous la tente, quelle aventure !
    C’est pour quand le chapitre 3 ?
    Merci @drgonzo

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