Le correcteur

Le correcteur


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J’avais découvert l’annonce sur un site professionnel tout à fait sérieux, et elle m’avait tout de suite interpellé :

« Étudiante paresseuse cherche personne pour corriger un mémoire universitaire cette année. La personne doit être un homme habitué à ce genre de travail et connaître les critères en usage à l’université. »

Suivaient les coordonnées de la personne. Annonce pour le moins originale, et qui était peut-être un message codé. Personnellement je lisais tout autre chose :

« Étudiante incapable de travailler cherche un homme habitué à corriger les paresseuses et connaissant les bonnes vieilles méthodes qui ont fait leurs preuves. »

Je décidai de la joindre par téléphone et de glisser quelques « bouteilles à la mer », quelques petites allusions à d’éventuelles corrections à apporter non pas au travail de l’étudiante mais à l’étudiante elle-même. De correcteur à corrigeur, il n’y a que trois lettres… La conversation fut assez agréable, et nous prîmes rendez-vous assez rapidement.

Quelques jours plus tard je me rendais chez la personne en question. C’était une jeune femme de 27-28 ans, brune, avec des cheveux courts qui dévoilaient son cou, des yeux noirs de biche soulignés par un trait de crayon noir, la peau mat, une bouche sensuelle, un corps menu. Elle me faisait penser à la description d’une des héroïnes dans Trois filles et leurs mères de Pierre Louÿs :

« Svelte, brune et frémissante comme un cabri lancé par Leconte de Lisle, elle serrait les pattes, elle baissait la tête sans baisser les yeux comme pour donner des coups de corne. »

Son nom était Clémence.

Son petit intérieur était décoré avec goût mais sentait la cigarettes, ce qui est un très mauvais, point ! Elle m’invita à m’asseoir dans un fauteuil, ce que je fis, tandis qu’elle était mollement alanguie sur un canapé.

« Je vous explique la situation en deux mots, dit-elle. J’ai repris mes études il y a trois ans et je traîne un travail que je n’arrive pas à finir. À vrai dire, je l’ai à peine commencé. J’ai absolument besoin de ce diplôme pour obtenir une bourse. D’autre part mes parents, qui financent mes études, tiennent absolument à ce que je les termine et que j’abandonne ce statut d’éternelle adolescente.

– Vous êtes une Tanguy au féminin, en quelque sorte.

– C’est cela, mais en beaucoup moins brillante, répondit-elle en souriant.

– Bien. L’université est un lieu qui peut être très traître pour ceux qui n’ont pas une discipline rigoureuse, dis-je d’un air sévère. L’université c’est la liberté, mais cette liberté peut être dangereuse. Il faut des règles assez strictes : s’imposer d’aller en cours, aller en bibliothèque plutôt que de chercher la documentation sur des sites internet, faire un travail régulier pour votre mémoire, prouver ce que vous dites, référer vos citations, citer les sources, avoir une orthographe irréprochable, respecter les protocoles de présentation, polices, marges, etc, etc.

– Ouhla ! Tout doux… »

Je lui coupai la parole.

« Donc, Clémence, résumons : vous êtes incapable de vous imposer des règles à vous-même et demandez à être disciplinée par quelqu’un d’autre… mais pourquoi pas vos parents ? Apparemment vous avez encore des liens avec eux, et ils semblent se préoccuper de vos études. »

J’insistai sur le mot « disciplinée », une autre bouteille à la mer pour savoir sa réaction, comme l’allusion à ses parents.

« Je suis une grande fille indépendante et ils n’ont plus leur mot à dire.

– Peut-être manquent-ils de fermeté ?

– Non, je ne crois pas… » dit-elle sans grande conviction.

Se reprenant, elle ajouta : « J’ai besoin d’un cadre, de règles, sinon je n’arrive à rien. »

Je lançai alors l’ultime bouteille.

« Il faut dire que vous êtes un peu trop grande pour qu’ils vous donnent la fessée ! » dis-je en riant.

Silence.

« C’est à dire que je suis très paresseuse.

– Voilà ce que je vous propose : un contrat en bonne et due forme, que vous vous engagez à tenir. »

Je lui présentai mon texte.

« Voici une première version. Elle peut être aménagée et précisée, je n’avais pas tous les tenants et aboutissants en la rédigeant. »

 

Entre les soussignés

Clémence N…, étudiante, ci-après désignée « l’étudiante » d’une part

et Bertrand R…, ci-après désigné « le correcteur » d’autre part,

il a été convenu ce qui suit :

Le correcteur s’engage à faire tout son possible pour que l’étudiante réussisse à écrire son mémoire, afin qu’elle puisse en faire la soutenance en juin de l’année prochaine.

En contrepartie, l’étudiante s’engage à :

– Écrire au moins 5 pages pleines par semaine, police Times New Roman, taille 12.

– Expliquer de façon claire ce qu’elle a écrit pendant la semaine.

– Apprendre toute les possibilités de son logiciel de texte.

– Lire les ouvrages La typographie sans peine, Travailler sur Word et quelques autres.

– Plus généralement manifester de la bonne volonté et obéir aux conseils du correcteur.

 

« Ça m’va ! » répondit-elle simplement.

La première séance de travail commença la semaine suivante. Entre temps j’avais lu ce qu’elle avait écrit. Le titre était « Sociologie du ballet contemporain – les enjeux de la création chorégraphique ». Le texte était assez fumeux, très mal écrit, bourré de fautes de frappe et d’orthographe, mélangeant les polices, ce qui dénotait une pratique intense du copier-coller. Il n’y avait, en outre, aucune logique dans la succession des parties.

Je la mis en garde : un tel torchon était à des années lumière de ce qui était exigé. Par ailleurs, l’université n’était pas si bête : en tapant sur Google n’importe quelle phrase, on pouvait voir facilement le copier-coller.

Les séances de travail se poursuivirent et, dans un premier temps, Clémence semblait se conformer aux clauses du contrat, mais les choses se dégradèrent un mois plus tard. Clémence avait écrit un texte prétentieux et incompréhensible. Comme le contrat l’exigeait, elle devait m’expliquer de façon claire et concise ce qu’elle écrivait. Je lui demandai donc de m’éclairer sur le sens de phrases comme celle-ci : « D’un point de vue intrinsèque, la réappropriation du répertoire classique par la chorégraphe Marcelline Fauché s’interprète sémiotiquement comme la séquence auto-interprétative d’une mise en abyme de l’espace patriarcal du mâle dominant. »

« Qu’est ce que c’est que ce charabia ?

– Je l’ai recopié sur un programme de concert.

– Ah oui, bien joué. Le texte n’est pas sur Internet donc impossible de vérifier. Mais pouvez-vous m’expliquer le sens de cette phrase ? »

Clémence bredouille quelques mots sur le travail de cette chorégraphe, qu’elle ne connaît visiblement pas. Elle est un peu déstabilisée ; j’en profite pour en rajouter une couche :

« Depuis deux semaines il y a du laisser aller dans votre travail, vous ne faites plus rien. D’autre part je vois que vous avez recommencé à fumer.

– Attendez, vous êtes censé me guider dans un travail universitaire, pas régir ma vie.

– C’est un tout. Vos tendance à la procrastination, au laisser aller, les mauvaises habitudes impactent votre travail.

– N’importe quoi. Je ne vous paye pas pour ça, faites votre boulot et corrigez mon texte.

– Une autre mauvaise habitude à corriger est ce ton insolent ; je commence à en avoir assez.

– Je vous ai engagé pour un travail et vous n’êtes pas efficace, c’est tout.

– Le premier jour, je vous avais dit que vous étiez trop grande pour que vos parents vous donne la fessée, mais maintenant je n’en suis plus si sur. »

Clémence reste impassible. Peut-être ne me prend elle pas au sérieux, peut-être pense-t-elle que c’est juste une image. Suit un long silence qui finit par être gênant ; je décide de le rompre :

« Vous êtes complètement contradictoire. Vous avez besoin de ce diplôme, pourquoi gâchez vous toutes vos chances ?

– Je ne sais pas… J’attends que vous réagissiez.

– Tournez-vous Clémence.

– Comment ?

– Tournez-vous ! »

Elle obtempère et me tourne le dos. J’admire son cou, ses épaules discrètement dévoilées par le col échancré de son pull, je pose délicatement ma main sur sa nuque et exerce une légère pression dessus, ce qui la fait pencher vers l’avant. Pas de réaction de sa part. Je continue à maintenir une pression de la main, elle semble à ma disposition. Le mouvement se poursuit jusqu’à ce que son corps fasse 90° degrés par rapport à ses jambes, qu’elle tient toujours très droite. Elle est souple, elle a dû être danseuse, ce qui explique le sujet de son mémoire.

Je pose ma main sur ses fesses, que je caresse négligemment, provoquant des frémissements de sa part. Elle se repositionne, tendant bien haut son arrière-train. Ma position debout, cependant, n’est pas très pratique. Je lui donne une dizaine de claques sur le postérieur puis je la prends par la taille et la place sur mes genoux tout en m’installant dans le canapé.

« Cette fois-ci, on va faire cela dans les règles de l’art. »

La fessée commence sur la jupe. Peu de réactions, encore une fois, mis à part quelques petits cris étouffés par le coussin où elle a enfoui sa tête. Je continue tout en pensant à l’étape suivante : déculottée or not ? Je m’arrête ; il fait très chaud dans ce salon tout d’un coup. Sans réfléchir, je trousse la jupe et baisse la culotte d’un geste brusque, comme pour l’arracher.

« NON ! PAS DÉCULOTTÉE ! »

Première réaction de Clémence, qui n’a pour effet que de m’encourager à continuer. Les claques reprennent de plus belle pendant que je la tiens fermement.

Tout en travaillant consciencieusement sur mon ouvrage, j’admire le spectacle du changement de couleur que mon action provoque. Les fesses rougissent à vue d’œil. J’ai mal au bras mais je continue tout en la sermonnant.

« QUAND-AL-LEZ-VOUS-VOUS-MET-TRE- AU-TRA-VAIL ! »

J’applique la main entière, paume et doigts que j’ai assez larges. La main est ronde, à mi-chemin entre le geste de claquer et geste de préhension. J’alterne d’une fesse à l’autre, ma main n’étant pas assez grande pour embrasser le cul entier. La fatigue me rend cependant moins précis, je tombe un peu trop haut sur le bas du dos, un peu trop bas sur les cuisses. Je transpire, et l’état de fatigue me rend comme enivré, je frappe sans pouvoir m’arrêter, sourd à gémissements de plus en plus sonores de Clémence. Le regard brouillé, je ne sais plus où je suis, ou plutôt si : je survole un paysage vallonné, une plaine large et dorée qui se termine par deux collines. Ces deux collines s’enflamment sous le feu de l’orage qui s’abat sur elle.

Retour au calme après l’orage fessier. Je n’y ai pas été de main morte, les marques sur son postérieur en témoignent. Elle est en pleurs et se tourne vers moi, toujours allongée sur mes genoux, me regarde avec un mélange de rancune et de gratitude. Je balade mes doigts sur ses fesses endolories, je marche avec mon index et mon majeur. Elle me regarde en souriant. Les jeux de doigts deviennent caresses, et les caresses de plus en plus exploratrices. Je creuse mon sillon, il s’ouvre et s’offre. J’y dépose un baiser apaisant.

J’ai une très forte érection mais, avec un effort presque surhumain, j’arrive à me contrôler et nous en restons là.

« Je pense que le travail est en bonne voie » dis-je.

10 Comments

  1. En bonne voie, le travail? Je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais je n’en suis pas vraiment convaincu. J’ai bien peur qu’il vous faille encore sévir. À votre corps défendant.

  2. Pourquoi à mon corps défendant?

  3. j’adore 🙂

  4. Merci Lunapower! (dont j’apprécie les goûts musicaux)

  5. Et bien quel correcteur. Super récit ! Merci @bertrand

  6. Merci Crocodelle!

  7. Ca me rappelle des choses haha, tellement pratique les études pour avoir de bons prétextes 🙂 Merci

  8. mais on oublie le plus important, est elle diplômée Clémence??? ^^
    j’aime beaucoup le style,
    merci

  9. Voilà une fessée méritée et un déculottage énergique ! lol

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