Avant (2e partie)

Avant (2e partie)

Dans la première partie, Hélène a rencontré pour la première fois le « Monsieur » avec lequel elle a longuement dialogué sur Internet, et qui va lui faire découvrir la fessée. Il lui a fait retirer, puis remettre sa culotte. Ils se dirigent vers le lieu où elle sera fessée.

Hélène retraverse la salle du bar de l'hôtel, suivie par l'homme qu'elle vient de rencontrer et pour qui elle a retiré puis remis son slip. Elle n'est toujours pas angoissée. Après tout, à part le fait qu'il ait exigé qu'elle remette sa culotte sans quitter leur table, les choses se passent comme ils en avaient convenu lors de leurs conversations.

Elle a réitéré sans barguigner son choix. Celui de recevoir une fessée de celui qui n'est plus tout à fait un inconnu, même si elle ne connaît de lui que son pseudo, « Monsieur », et ... son goût immodéré pour la fessée. Il a déjà fessé de nombreuses « demoiselles », selon son expression, même pour désigner des femmes d'âge plus mûr qu'Hélène. Il le lui avait dit, et lui avait décrit par le menu certaines de ces fessées, tout en lui faisant remarquer, un peu pédagogue, que « aucune fessée n'est pareille à une autre ». Il avait ajouté (c'était pourtant tout au début de leurs échanges virtuels, et donc bien avant qu'elle l'ait même envisagé de passer au réel) « vous verrez ... ».

Et elle va voir. Elle va être une « demoiselle » de plus à passer sur les genoux de « Monsieur ». Il va la fesser. Après l'avoir déculottée. Elle va être fessée de son plein gré. Consciemment. La fessée qui est pour elle une idée, un fantasme peut-être, va devenir une réalité. C'est à ses yeux inéluctable. Et elle n'imagine pas une seconde qu'elle pourrait refuser, renoncer. Elle sait pourtant qu'il ne lui imposera rien. Leurs conversations l'ont amenée à lui faire une confiance totale. Mais, maintenant qu'elle a accepté de le rencontrer, rien ne pourrait l'amener à faire marche arrière. Les mots tournent dans sa tête, scandant sa marche dans la rue, aux côté de « Monsieur » : « Je - vais - recevoir – une - fessée ».

Mais même s'ils ont évoqué jusque dans les détails comment se passerait cette découverte, elle sait que « Monsieur » aime aussi chercher à la déstabiliser. Il lui en a donné la preuve en lui demandant de remettre sa culotte en place au beau milieu des consommateurs tout à l'heure. Aussi est-elle à peine étonnée quand elle l'entends lui dire 

« Elle est vraiment très jolie, votre petite culotte, mademoiselle.

- Je vous remercie, Monsieur.

- J'ai très envie de la revoir ... »

Elle ébauche un sourire et choisit de répondre par l'ironie :

« Je pense que c'est ce qui va arriver, Monsieur.

- Et vous savez aussi, je vous l'ai avoué, que je suis parfois impatient, mademoiselle... »

Persistant dans l'ironie, elle glisse :

« Vous patienterez bien jusqu'à ce que nous soyons ... où vous m'emmenez, Monsieur. »

La réplique claque immédiatement :

« Vous ne pensez pas que cette réponse est un peu insolente, mademoiselle ? »

Immédiatement, elle comprend où il veut en venir. Il lui a expliqué que, même quand une fessée était acceptée, voire voulue, il lui semblait nécessaire qu'elle soit motivée. Son insolence sera donc la motif de la fessée qu'elle va recevoir. Sans rechigner, elle entre dans son jeu :

« En effet, Monsieur... Elle l'est.

- Pensez-vous qu'il vous appartienne de décider du moment où je puisse la voir, mademoiselle ?

- Non, bien sûr, Monsieur.

- Vous avez parfaitement raison. Et il se trouve que je souhaite que ce soit avant que nous n'arrivions où vous savez que nous devons aller. »

Cette fois, elle hésite à comprendre :

« Vous voulez dire... que... »

Il la laisse un instant s'embrouiller et bafouiller, puis il confirme :

« Tout à fait, mademoiselle, je veux dire qu'il me faut la voir, maintenant !

- Mais... enfin... vous savez bien... dans la rue... ce n'est pas...

- Vous savez bien que si ce n'était pas possible, je ne vous le demanderais pas. »

Depuis qu'ils ont quitté le bar où ils se sont rencontrés, ils longent les quais de la Seine, et elle n'a pas été sans remarquer le sourire de son compagnon quand ils sont passés devant un bouquiniste qui exposait devant sa boîte des gravures licencieuses. Les trottoirs sont bondés de touristes qui découvrent Notre Dame, et la chaussée est bloquée par les voitures qui peinent à avancer, malgré les coups de sifflet impatients des agents. Il est bien évident qu'il n'est pas possible qu'elle lui laisse voir ses dessous dans un tel environnement qu'elle désigne d'un mouvement de menton en tentant :

« Vous voyez bien .. »

Lui aussi lui répond sur le mode narquois :

« J'ai dit que je voulais la voir, je n'ai pas dit que je voulais la présenter aux touristes comme une curiosité parisienne ! »

Sa réponse la rassure et la fait rire, mais il poursuit, en lui désignant l'autre côté de la rue :

« Vous allez traverser le square Viviani. Je veux la voir avant que nous ne le quittiez en sortant de l'autre côté, vers le boulevard Saint-Germain. »

Sans attendre sa réponse, il l'invite d'un geste à s'exécuter, et, lui, se tourne vers l'éventaire d'un bouquiniste, sans même faire mine de vérifier si elle fait ce qu'il lui a dit.

Hélène se retrouve seule, séparée de lui par un groupe de badauds qui brandissent leurs appareils photos avec lesquels ils mitraillent la Seine. Sans se retourner, elle traverse la rue, en se faufilant entre les véhicules arrêtés par l'embouteillage. Quand elle pousse le portillon du jardin public, elle constate le contraste avec la rue qui le borde. Étonnamment, il est presque désert. Pas totalement cependant : quelques bancs sont occupés par des gens qui prennent le soleil ou qui mangent un sandwich. Le regard d'Hélène fait le tour du square. Alors, renonçant à traverser au plus court, elle contourne le terre-plein où trône une statue. Elle emprunte ainsi une allée plus sombre, à cause des arbres qui la bordent, et dans laquelle il n'y a pas de banc. Hélène se rend bien sûr compte qu'elle n'y est cependant pas vraiment isolée. Un couple avance à petit pas, quelques mètres devant elle, et elle distingue fort bien les autres utilisateurs du parc à travers les buissons. Elle ne se retourne pas, elle ne vérifie pas si « Monsieur » l'a suivie. Elle n'en a pas besoin, elle en est sûre. Mais en même temps, elle ne peut donc pas être absolument certaine que personne d'autre que lui ne s'est engagé derrière elle quand elle a choisi ce chemin. Pourtant, sans trembler, mais le cœur battant quand même la chamade, elle saisi le bas de sa jupe et, vivement, elle la relève jusqu'à sa taille. Décidée à aller au bout de ce qu'elle a entrepris, elle prend le temps de compter mentalement « un, deux, trois » avant de laisser retomber sa jupe. Elle ne vérifie toujours pas si quelqu'un était derrière elle quand elle a ainsi découvert son postérieur. Aussi normalement qu'elle le peut, elle poursuit sa route, et sort du parc. A peine a-t-elle fait quelques pas en direction de la rue Saint-Jacques qu'elle entend la voix de « Monsieur », qui l'a rejointe :

« Vous êtes insolente, mais vous avez du cran, mademoiselle. »

Puis, sans attendre sa réaction, il poursuit :

« Continuez tout droit rue Saint Séverin. Vous trouverez l'hôtel à votre droite. La réservation est au nom de Monsieur Jacques. »

Ils ont en effet convenu, lors de leurs conversations, qu'elle se rendrait seule, et donc de son plein gré, dans une chambre d'hôtel anonyme. Il la rejoindrait après. Ainsi, elle sait qu'il lui est encore possible, au dernier moment, de renoncer. Si elle le faisait, et repartait chez elle, il n'aurait aucun moyen de la retrouver, ne connaissant que son adresse mail et son téléphone portable. Confiante, elle ne vérifie même pas qu'il ne l'a pas suivie. Alors qu'elle s'approche de l'hôtel, dont elle aperçoit l'enseigne, les mêmes mots lui reviennent en tête : « J'ai montré mon cul en plein air, et maintenant je vais recevoir ma fessée ». Elle sait même qu'elle sera encore plus « justifiée » aux yeux de « Monsieur » du fait que, avant qu'il n'entre dans le café du boulevard Saint-Jacques, elle lui a demandé...

« Ah...vous vous appelez Jacques ? »

Il lui a répondu, goguenard :

« Insolente, et en plus curieuse... »

L'insolence et la curiosité seront donc d'excellents prétextes pour fesser une « demoiselle ».

Elle pousse la porte de l'hôtel, et découvre le comptoir d'accueil, un peu désuet.

« Bonjour, la réservation de monsieur Jacques, s'il vous plaît »

Est-ce un effet de son imagination, ou bien la matrone a-t-elle vraiment un sourire entendu ? Elle ne fait en tout cas aucun commentaire, se contentant de décrocher une clé du tableau derrière elle en disant :

« La 12, au premier étage, à droite. »

En même temps, elle indique du menton l'escalier qu'Hélène emprunte, en souriant en elle-même au souvenir de l'adage selon lequel « le meilleur moment en amour, c'est quand on monte l'escalier ». Pourtant, elle le sait, elle ne monte pas dans cette chambre pour un moment d'amour mais bien pour recevoir une fessée, et uniquement pour recevoir une fessée.

Une fois ouverte la porte de la chambre, elle découvre celle-ci. Un lit recouvert d'un couvre-lit en cretonne, une petite table, une chaise et un mini réfrigérateur. Immédiatement elle se demande « où » ça va se passer. Va-t-il s'asseoir sur le lit ? Y-a-t-il assez de place pour qu'il s'installe sur la chaise ? Ou bien encore devra-t-elle rester debout, penchée sur cette table ou sur le lit ? Elle sait que Monsieur affectionne la traditionnelle fessée « OTK », sur les genoux, mais qu'il lui est aussi arrivé de fesser une demoiselle penchée sur un meuble, ou même les mains sur les genoux.

Hélène pose son sac sur la table, et elle se glisse dans la minuscule salle de bain attenante. Elle rectifie sa coiffure devant la glace qui surmonte le lavabo, puis elle s'assoit sur la cuvette, après avoir retiré sa culotte, pour faire pipi. Elle se souvient de l'expression que « Monsieur » a utilisé lors de l'une de leurs conversations « une fessée à faire pipi par terre ». Avant de remettre sa culotte, machinalement, comme elle le fait toujours, elle la renifle. Elle sursaute en constatant qu'elle est un peu moite, et même qu'elle peut distinguer une petite tâche. Pour la première fois depuis qu'elle est entrée, tout à l'heure, dans le bar, elle sent une vague de honte l'envahir. Elle sait que cette marque n'est pas une tâche d'urine. Aurait-elle vraiment « mouillé sa culotte » ? Est-ce le fait de s'être ainsi exhibée qui a entraîné cette réaction incontrôlable ? Ou seulement la perspective d'être fessée ? Son corps s'est-il ainsi exprimé sans qu'elle ait eu la sensation d'être excitée ? Et surtout va-t-il, lui aussi, s'en apercevoir ? Va-t-il distinguer cette minuscule tâche plus sombre sur le jaune pâle du slip ? Pourra-t-il donc savoir qu'avant même qu'elle soit fessée son intimité s'est humidifiée ? Sera-t-il flatté ou fâché que la preuve de son trouble sensuel ait ainsi coulée ? Cette liqueur qui sourd d'elle va-t-elle l'émouvoir, ou au contraire sera-t-elle une raison de plus de la fesser plus sévèrement ? Ce n'est pas la perspective d'une fessée plus cuisante qui l'inquiète, mais bien plus cet aveu de son corps.

Un moment, elle est tentée de la retirer, mais les mots de « Monsieur » tout à l'heure, lui résonnent encore aux oreilles : « Comment pourrai-je la baisser le moment venu ? ». Il lui a aussi longuement expliqué, quand ils échangeaient sur Internet, que le « déculottage » était, à ses yeux, un moment incontournable de la fessée. Se présenter sans slip alors qu'il ne lui en a pas donné l'ordre serait à l'évidence une raison de plus pour qu'il se montre sévère. Mais, là non plus, ce n'est pas cette crainte qui la fait renoncer. ; plutôt une sorte de volonté de respecter les règles établies par eux deux. Une demoiselle doit être déculottée avant d'être fessée. C'est la règle. C'est incontournable.

Elle remonte donc vivement le slip, tapote sa jupe pour la défroisser et retourne dans la chambre. Elle tire les rideaux de la fenêtre, après avoir jeté un coup d'œil dans la rue, puis s'assoit sur le lit. Elle est presque impatiente qu'il arrive. Elle l'espère, elle le veut. Elle veut cette fessée. Et elle est presque soulagée quand elle entend un discret coup à la porte, qui s'ouvre avant qu'elle n'ait pu répondre. Il est là. Ça y est. Les dés sont jetés. Elle va être fessée.

2 Comments

  1. Mis à part un léger problème de mise en page (tsss le copier coller parfois ça joue des tours, et fait que quelques phrases sont un peu redondantes…voire répétitives…) texte ludique et intéressant…
    Quitte à donner des adresses précises, on peut avoir des images aussi?

  2. Ce récit d’anticipation est un délice.

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