La pauvre petite sœur

La pauvre petite sœur

Le jeune homme tambourinait à la grande porte en chêne de cette abbaye reculée depuis bien cinq minutes lorsque le petit huis s'entrouvrit. La portion de visage qu'il y vit lui redonna espoir car, jeune et jolie comme ça, elle ne pourrait refuser d'entrouvrir l'entrée.

« Oui ? »

Son visage était éclairé de la lueur de celles qui croient, et emprunt d'une grande bonté.

« Ma sœur, je cherche juste refuge pour quelques heures de repos... des hommes me poursuivent et... »

Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase : la sœur avait déjà fait cliqueter le lourd verrou de la porte et l'avait suffisamment entrebâillée pour qu'il s'y infiltre. Il s'adossa au mur froid de l'entrée, poussa comme un ouf de soulagement, alors qu'elle refermait sans bruit la lourde porte. Ils se toisèrent un long moment...

« Entrez mon frère... Venez vous reposez... Ici vous ne craignez rien... »

Il n'en était pas si sûr.

Après ces quelques instants de regards échangés, elle fit un pas en arrière, et d'un geste tellement humain saisit sa main et l'entraîna dans un long couloir.

Elle lui proposa de quoi se restaurer dans la grande salle qui leur servait de réfectoire, en ce milieu d'après midi, et il ingurgita prestement, tellement la faim le tenaillait. Il levait parfois les yeux vers ce beau visage qui semblait heureux de le voir ainsi se goinfrer. Elle lui dit : 

« Vous n'avez rien à m'expliquer. Vous avez besoin de repos. Je suis sûr que la mère supérieure, qui est en prière, sera d'accord avec moi pour vous offrir le gîte pendant quelques jours le temps que vous vous reposiez. »

Il entendait, tout proche, le cantique entonné par les juvéniles voix des sœurs de ce couvent. Il tenta de s'expliquer.

« Je ne voudrais pas vous nuire... Je suis recherché et... »

Elle l'interrompit, mettant un doigt en travers de ses jolies lèvres.

« Chutttt... Nous sommes peut être recluses dans cette abbaye reculée, mais nous savons cependant beaucoup de choses... Des gens nous amènent régulièrement ce dont nous avons besoin, ainsi que des nouvelles du monde... Je sais pourquoi on vous pourchasse... Venez, je vais vous emmener dans une cellule libre où vous pourrez vous reposer et je vais abuser... pardon... informer notre mère de votre présence... »

Le lapsus qu'elle venait de faire empourpra ses joues. Il n'y prêta pas plus d'attention que ça, épuisé par sa course des heures précédentes, désireux d'aller dormir un moment avant de réfléchir à son avenir proche.

Elle avança une main vers lui ; il l'accepta, sentant la peau si douce au contact de la sienne, et se laissa guider au travers des couloirs assez lugubres jusqu'à une cellule. Il trouva l'endroit à son goût dans l'état ou il se sentait, et s'affala sur la couche après avoir jeté un petit regard sur la gentille sœur qui venait de le conduire jusqu' à cet endroit. La remerciant du bout des lèvres, il s'endormit immédiatement.

Il fut réveillé en sursaut par un brouhaha. Sortant lentement de sa cellule il avança prudemment suivant les sons qui l'avaient tiré du lit. Il resta à quelque distance de ce qui se passait.

Au bout du long couloir menant à la porte d'entrée, il observa la scène.

Celle qui devait être la mère supérieure tenait tête à quelques hommes en arme, l'invectivant sérieusement, certains que le vil individu qu'ils recherchaient avait trouvé refuge en cette abbaye. À bout d'arguments, la mère supérieure se tourna vers la sœur qui était derrière son dos, celle là même qui lui avait permis de s'introduire ici. Il tressaillit un moment, pris d'une petite panique...

« Soeur Hélène, pouvez vous me jurer, devant Dieu et... ces hommes de loi, que vous n'avez fait pénétrer personne en ces lieux ? »

Tournant le dos à la scène, il ne pouvait voir, mais suspecta l'intensité du regard qui opposa les deux femmes...

« Non, ma Mère, je jure que...

- Il suffit ma fille... Messieurs, je pense que cela vous suffit... Veuillez nous laisser en paix maintenant...  ! »

Sans demander leur reste, les hommes firent demi tour et la lourde porte d'entrée claqua. La mère supérieure se retourna, levant son regard, et elle l'aperçut. Elle fit mine de rien. Baissant les yeux vers Soeur Hélène, elle lui dit :

« Venez ma fille, nous allons parler de cet incident tout à l'heure... et vous là bas, retournez vous cacher ! »

Il retourna dans sa chambre et s'allongea sur le lit, pensant aux évènements récents.

Venant d'être ordonné prêtre, il avait eu l'audace d'affronter l'évêque quelques jours plus tôt.

Dans ses jeunes années, il avait goûté, comme n'importe quel homme de son âge, aux joies du sexe avec quelques campagnardes délurées. Il avait même eu une longue aventure avec la fille du châtelain, mais sa vocation religieuse était bien ancrée, et il rentra donc dans les ordres. Parmi tous les préceptes à respecter, cependant, celui d'abstinence lui apparut bien vite insupportable, et il ne put s'empêcher de le faire remarquer à l'évêque qui venait de l'introniser. Cela le mit en rage et il fut menacé d'excommunication immédiate s'il ne revenait pas sur ces idées infâmes. Persuadé d'avoir raison, il trouva cette sanction bien disproportionnée... mais il ne savait pas qu'il n'était pas le seul à avoir profité des charmes et de l'entrecuisse de cette fille... l'évêque lui-même... mais c'était presque un secret d'état... La jalousie expliquait probablement la lourdeur de la sanction énoncée.

Devant la menace, il avait donc été obligé de s'enfuir, ce qui expliquait les hommes à ses trousses.

Le soir était tombé. Le silence régnait, entrecoupé seulement de quelques cantiques lointains. On frappa à la porte. Il se leva et ouvrit, ne découvrant qu'une assiette remplie de nourriture... personne dans le couloir. Il prit son repas et s'endormit. Ses rêves furent bien impies, peuplés par la si jolie silhouette de Soeur Hélène, avec laquelle, dans son sommeil, il s'adonna au péché de chair.

Quelques feulements insolites le tirèrent de son sommeil... Avec le rêve qu'il venait de faire, son corps était en émoi et il passa sa main sur son bas ventre, ce qui confirma ses sensations. Il tendit l'oreille... Oui, on aurait dit des miaulements, mais sortant de la gorge d'une jeune femme. Sans bruit, il se leva, enfila son pantalon, qui masquait à peine son érection florissante, ouvrit la porte et s'avança prudemment dans le noir le long du couloir désert, se guidant vers les gémissements qu'il percevait. À deux portes de celle de sa chambrette, les bruits se firent un peu plus intenses. La porte de la cellule était entrouverte... Il y glissa un œil... Ce qu'il y entrevit n'arrangea pas son érection. Il contempla longuement la scène...

Soeur Hélène était nue, affalée sur sa couche, les cuisses repliées et ouvertes, et geignait sous les coups de langue que lui prodiguait une autre soeur qu'il n'avait pas encore vue. Celle ci avait remonté sa robe de bure sur ses reins, offrant son postérieur à un cierge qu'elle agitait d'une main tout en léchant le sexe de sa jeune amie. La lécheuse releva la tête et fixa l'entrebâillure de la porte, apercevant l'homme en pleine érection devant ce spectacle... Dans un infime murmure, il entendit quelques mots.

« Mon amour... il est là... à la porte... sa virilité à la main... il nous regarde... »

La tête posée sur son lit, les yeux fermés, Soeur Hélène ne fit que se cambrer un peu plus sous les coups de langue qui avait repris, n'imaginant même pas une seconde que ce qu'on venait de lui dire était la vérité. Elle enserra la tête de la lécheuse entre ses cuisses, la jouissance arrivant enfin sous ce fantasme qui émergea dans son cerveau. Ouiiiii... ce bel inconnu qu'elle avait recueilli forçait le sexe de son amie qui la léchait, à la place du cierge qu'elle avait elle même enfoncé un peu plus tôt entre les lèvres charnues et juteuses de sa comparse... Elle jouit intensément, se mordant la main pour étouffer ses cris de plaisir... et s'affala épuisée, les yeux toujours clos. Elle ne put voir son amie lever la tête, regarder fixement l'homme qui se masturbait devant la porte, mettant un doigt en travers de ses lèvres dans une demande de silence absolu, alors qu'elle astiquait son sexe encore plus fortement à l'aide du cierge... Elle se redressa violemment, dans un geste de jouissance, le regard toujours braqué vers le fantasme qui venait de les faire jouir toutes les deux, et dont la semence venait de se répandre sur les vieilles dalles du carrelage.

Sans un bruit, il arpenta le couloir pour regagner sa chambre, la tête en émoi, mais les sens détendus... Ainsi, comme il le pressentait, il n'était pas le seul à apprécier les effets positifs de la jouissance physique, sans que cela n’entache une foi profonde... Il se rendormit immédiatement.

Le jour se levait à peine lorsqu'on frappa de nouveau à la porte. Cette fois, une jeune nonnette était là.

« Venez, s'il vous plait, notre Mère Supérieure désire s'entretenir avec vous. »

Un peu stupéfait, il écarquilla les yeux... La jeune soeur était celle qu'il avait entrevue dans la nuit, entre les cuisses de Soeur Hélène ! Il allait ouvrir la bouche mais …

« Chut, mon frère... faites comme si vous n'aviez rien vu cette nuit... Je suis Soeur Valérie, et je dois vous conduire là bas... ne dites surtout rien... à notre si bonne Mère Supérieure... nôtre châtiment serait terrible ! »

L'esprit encore un peu embué par les limbes de son sommeil agité, il la suivit en silence, arpentant les longs couloirs déserts jusqu'à un petit bureau où on l'attendait.

La Mère Supérieure était debout face à la fenêtre, lui tournant le dos. Soeur Valérie s'esquiva sur un geste de la main de la vieille Mère, fermant délicatement la porte. La Mère Supérieure parla d'une voix sèche.

« Asseyez vous. Nous savons les raisons pour lesquelles on vous pourchasse, et nous ne pouvons qu'être en accord avec l'évêque. Cependant, nos règles communautaires nous obligent à accorder notre aide à toute personne qui le demande ou en a besoin. C'est pourquoi Sœur Hélène vous a accueilli hier. Hélas, nous ne pouvons tolérer qu'un homme sème le trouble dans cet endroit de recueillement. Aussi vais-je vous demander de partir.

- Je comprends ma Mère, et vous remercie pour ce que vous avez fait.

- Mais avant que vous ne quittiez ces lieux, vous avez quelque chose à accomplir. Venez avec moi. »

Il obéit, la suivant par une petite porte qui s'ouvrait directement sur la chapelle. Les lueurs du jour naissant passant par les vitraux ne donnaient qu'une faible luminosité. Quatre très grands cierges allumés entouraient une forme agenouillée devant l'autel. Elle semblait en prière. La Mère Supérieure chuchota :

« Soeur Hélène est en prières et en repentance. Par votre faute, elle a enfreint ses vœux d'honnêteté, me mentant devant Dieu et m'obligeant à mentir aux hommes qui sont venus vous chercher hier. Elle doit expier ses péchés, et vous allez l'y aider. »

Les yeux de l'homme s'habituaient à la pénombre, et il vit que Soeur Hélène avait le dos totalement dénudé, sa robe de bure largement ouverte en arrière, dévoilant jusqu'à ses fesses, les lueurs vacillantes des cierges irisant sa peau claire.

Repensant à ses aventures de jeunesse, il ne put réprimer un frisson de désir devant ce corps à moitié nu qu'on offrait à sa vue, si jeune, si parfait. Une seconde, ses rêves érotiques de la nuit lui revinrent en mémoire, ainsi que le spectacle qu'elle lui avait offert ensuite... et il sentit une lourde chaleur envahir son bas ventre.

La Mère supérieure sortit de sous sa robe un objet qu'elle lui tendit... Un grand martinet orné de lourdes lanières de cuir. Il secoua la tête, refusant de tendre la main pour s'en saisir, mais elle insista.

« Prenez, et allez châtier cette pénitente... maintenant ! »

La voix était dure.Il obéit, avançant lentement vers l'autel, suivi de la méchante. Lorsqu'ils arrivèrent devant le corps à moitié nu de Soeur Hélène, celle ci tourna son visage vers eux, esquissant un mince sourire.

« Ma fille, reconnaissez vous avoir péché ?

- Oui Ma Mère.

- Acceptez vous de vous repentir en étant châtiée dans l'application de nos lois ?

- Oui Ma Mère.

- Acceptez vous que le responsable de vos péchés vous fouette afin de vous aider à expier vos fautes ?

- Oui Ma Mère...

- Alors reprenez vos prières et ne vous arrêtez à aucun moment.

- Bien Ma Mère. »

Elle retourna son beau visage vers le grand crucifix posé sur l'autel, joignant ses mains devant son torse et reprit ses prières à voix basse.

Il soupesa le lourd martinet dans sa main, lissant les lanières de cuir dont l'aspect prêchait pour une utilisation fréquente. Il jeta un regard sur le dos de la future punie, admirant les courbes de sa taille et la rondeur de son cul. Elle psalmodiait doucement, et les lueurs des cierges ornaient sa peau blanche de quelques reflets orangés.

Il secoua la tête et tendit le martinet...

« Non, ma mère, ne me demandez pas ça, je ne peux pas...

- Allons, mon fils, cela vous fera du bien à vous aussi. »

À cet instant, il aperçut une autre silhouette cachée derrière l' autel. Il ouvrit grand ses yeux et finit par reconnaître Soeur Valérie agenouillée, le regard fixé vers lui, les mains jointes également en signe de prière.

La mère supérieure avait remarqué cet échange de regard. Elle dit :

« Oui, vous avez bien vu... Ces deux Soeurs se vouent une amitié profonde... très profonde... Et je tenais à ce que Soeur Valérie soit présente lors du châtiment de Soeur Hélène... Allez maintenant... frappez et punissez ces... cette pécheuse... »

Il baissa la tête, ayant bien saisi le sens de cette petite erreur de langage. Il reprit fermement le martinet en main... Il leva le bras et fit glisser doucement les lanières sur le bas des reins de la fille. Elle haussa imperceptiblement les épaules, interrompant sa psalmodie une seconde. Il recommença ce geste deux fois, caressant juste l'épiderme.

La Mère Supérieure lui saisit le bras.

« Allez vous enfin vous décider ? »

Il leva les yeux, et attrapa le regard de Soeur Valérie, saisissant un minime hochement de tête, comme si elle aussi attendait le début de la sanction.

Soeur Hélène tendit son dos, interrompant sa prière d'un petit cri lorsqu'il la frappa enfin plus vertement, sur le bas des reins.

Bien qu'il soit torse nu, et malgré la fraîcheur matinale, il sentait un petite sueur s'écouler sur son dos.

Les lanières qu'il venait enfin d'abattre correctement firent apparaître deux secondes plus tard une petite trace rosée sur la peau blanche.

« Voilà, c'est mieux mon fils... Poursuivez. »

Sa main enserra un peu plus fermement le manche du martinet et il cingla de nouveau, en travers des fesses. Le cul frappé ainsi, elle tendit son dos, creusant les reins, offrant une croupe plus proéminente à la cinglée suivante... Elle cria, puis se relâcha, ravalant ses larmes naissantes et son sanglot, poursuivant sa prière de repentance.

Il frappa de nouveau, un peu plus violemment. L'air fendu par les lanières faisant vaciller les flammes des cierges, et les lueurs changeantes mettaient en relief les zébrures qui commençaient à se boursoufler.

Il tourna son visage en arrière et demanda :

« Combien de fois dois je... ?

-Poursuivez le châtiment de cette pécheuse... Je vous dirais lorsque ce sera suffisant... »

Il reprit la fouettée, lentement, laissant le corps de la fille se tordre puis se détendre, laissant aussi le temps à la voix de se remettre à murmurer sa prière après qu'elle eût crié.

Le spectacle lui paraissait irréel. Se demandant s'il rêvait ou si c'était bien lui, il commençait à prendre un certain plaisir à flageller cette si jolie fille. Il jetai par instant un regard vers Soeur Valérie qui, les yeux grands ouverts, ne perdait pas une miette de la fouettée infligée à son amante. Maintenant, Soeur Hélène élevait sa prière d'une voix plus forte mêlée de sanglot.

« O vous seul qui êtes bon et qui ne gardez point le souvenir de nos offenses... ahhhh... Seigneur, je viens vous confesser mes péchés... »

Elle pleurait bruyamment, reniflant entre chaque psalmodie. Il stoppa le cruel châtiment.

« C'est bon, ma Mère, arrêtons...  »

Mais il ne put finir sa phrase. Passant à côté de lui, elle lui arracha le martinet de la main, jetant au passage un regard insistant sur la volumineuse boursouflure qui déformait son pantalon, et se planta devant le dos de Soeur Hélène, écartant encore bien plus les pans de sa robe, avant de la cingler de toutes ses forces sans arrêt.

La pauvre jeune sœur s'affala au sol, se tordant sous les coups violents qui pleuvaient. Le châtiment toucha enfin à son terme.

« Redressez vous ma fille...  »

Soeur Hélène se releva difficilement, se remettant à genoux devant celle qui venait de la châtier si sévèrement. Sa robe avait glissé sur son torse, et le crucifix de bois qu'elle portait au cou tanguait entre ses seins.

La Mère Supérieure tendit la main qui tenait encore le martinet, et Soeur Hélène la baisa trois fois.

« Merci Ma Mère de m'avoir purifiée ainsi... Que grâce vous soit rendue. »

Elle sanglotait toujours, levant ses yeux humides vers celui par la faute duquel elle venait d'être punie.

« Levez vous mon enfant. Soeur Valérie, raccompagnez Soeur Hélène dans sa cellule et apportez lui les onguents. Et raccompagnez aussi notre frère. Qu'il prenne ses affaires et quitte notre sanctuaire tout de suite. »

Elle avait déjà tourné le dos et sortit à pas lent de la chapelle. Il avança un bras pour tenter d'aider la pauvre pénitente à marcher, mais Soeur Valérie le lui interdit. Elle rajusta un peu la robe sur les épaules de son amante, laissant le dos meurtri dévoilé à l'air libre. Ils arpentèrent en rang d'oignon les couloirs jusqu'à la porte de la chambre de Soeur Hélène et pénétrèrent dans la petite pièce. Il allait ressortir pour regagner sa chambre mais Soeur Valérie lui dit.

« Non, restez un moment. »

Elle s'approcha de la pénitente, et d'un geste doux fit glisser la robe jusqu'à ses pieds, dévoilant le corps totalement nu de la jeune femme, sous le regard médusé du prêtre. D'un geste tendre, elle l'aida à s'allonger à plat ventre sur sa couche.

« Ne bougez pas, je reviens. »

Elle sortit sans bruit, laissant les deux jeunes gens quelques instants. Il resta à deux mètres du lit, regardant fixement les traces qu'il venait d'infliger à cette peau si fragile. Il était ému par ce corps nu et martyrisé offert à son regard, ses jolies courbes, la rondeur de ses fesses zébrées, son dos strié, mais aussi les douces harmonies de ses cuisses et de ses jambes intactes. Elle ne pleurait plus, la tête enfouie dans ses bras, reniflant juste par instants. Il allait lui dire combien il était désolé mais la porte se rouvrit sur Soeur Valérie portant un pot d'onguent qu'elle lui tendit.

« Faites vous pardonner en la massant doucement avec ça... Asseyez-vous sur le bord du lit. »

Il obéit et commença à enduire lentement la peau de la crème, suivant du bout des doigts les boursouflures laissées par les méchantes lanières, mais s'interrompit brusquement devant le geste de Soeur Valérie qui venait de s'agenouiller devant lui. Sans un mot, elle écarta doucement les jambes de l'homme stupéfait, baissant lentement son pantalon... L'érection ne l'avait pas quitté et son sexe orgueilleux sortit en plein air.

« Continuez de la masser mon frère. »

Elle n'en dit pas plus, sa bouche venant d'absorber plusieurs centimètres de la queue tendue devant son visage. On lui avait déjà prodigué ce genre de caresse il y a bien des années, mais les lèvres qui entouraient son sexe étaient tellement douces, et la langue qui jouait avec tellement experte...

Fermant par instant les yeux sous le plaisir, il reprit son massage lent, déposant par petits ronds la pommade calmante sur les fesses meurtries, mais qui commençaient à onduler doucement.

Sa jouissance explosa bientôt au fond de la gorge de la fille qui le suçait avec tant de maîtrise, l'obligeant à crisper ses doigts sur le cul qu'il massait. Elle garda le membre entre ses lèvres, avalant le liquide chaud qui venait de gicler dans sa bouche, attendant qu'il reprenne un volume plus normal.

Elle se releva, essuyant délicatement du bout des doigts la commissure de ses lèvres, et les tendit vers le visage de son amie allongée, qui tourna la tête pour sucer le liquide blanchâtre, comme dans un rituel partagé avec habitude.

« Partez maintenant, et ne revenez jamais. Ne parlez de tout ce que vous avez vécu ici à personne... Vous avez fait assez de dégâts comme ça ! »

Sans un mot, il se leva, rajustant son pantalon et sortit de la chambre, jetant un dernier coup d'oeil en arrière. Les deux filles étaient nues maintenant et s'embrassaient doucement. Il referma sans un bruit la porte derrière lui, laissant les deux amantes enlacées.

Regagnant sa chambre et ramassant ses affaires, il pensa à la manière dont l'une devait être en train de consoler l'autre. Il sortit par la grand porte de chêne, son baluchon à l'épaule, partant n'importe où vers le premier chemin croisé. Il se demanda s'il aurait un jour, plus tard, bien plus tard, l'occasion de raconter ce qu'il venait de vivre dans ses mémoires. Dans les mémoires d'un prêtre défroqué peut-être...

7 Comments

  1. J’apprécie beaucoup les histoires de jeunes nonnes, et de mères supérieures. La rigidité ecclésiastique , la confession, l’expiation, la pénitence, la repentance, vont particulièrement bien avec certaines de nos fantaisies… Cet univers est cependant un peu trop féminin à mon goût, le plus souvent. Pas ici. J’ai vraiment apprécié l’habile introduction du frère dans ce cloître. De plus, ce récit est particulièrement ciselé ! C’est un vrai plaisir à lire.

    La mère sup’ qui se goure et parle des pécheuses, j’ai adoré 🙂

  2. Je dois dire que j’ai toujours été intéressé par les fantasmes religieux, mais je n’avais encore jamais osé aborder ce sujet dans mes histoires inventées, de peur de choquer certains esprits…J’espère que ce ne sera pas le cas….Merci ma jolie Fraise pour tes encouragements!

  3. Merci Anatole pour ce récit.
    J’imagine – et j’espère – que sur un site comme celui-ci, les participants sont plus accessibles et plus tolérants vis-à-vis des fantasmes des une et des autres. Et donc moins susceptibles d’être choqués.
    En tous cas, comme Fraise, j’ai apprécié l’élégance de l’écriture.

  4. C’est vrai que ce récit est un régal à lire. J’avoue que lorsque j’ai vu l’image des deux soeurs sur la page d’accueil, je me suis dit “ah non… celui-là n’est pas pour moi”. La même image sans la connotation religieuse et je me serais empressée d’aller lire :-p Ce sont les commentaires de Fraise et Paul qui m’ont donné envie d’y jeter un oeil. De façon générale, je n’érotise pas du tout ce qui touche à l’église. Enfin quand je dis “pas du tout”… Rire.. . Il m’est déjà arrivé de dévorer un jeune prêtre des yeux pendant toute une messe … ahah ! Mais bon… disons que ça me dérange d’associer mes idées perverses à un contexte religieux.
    Je n’irais pas jusqu’à dire que je n’ai pas eu de malaise du tout à la lecture de récit, mais c’est tellement bien écrit que je me suis laissée portée par les mots, l’histoire… bref finalement je ne suis pas mécontente de l’avoir lu 😉 merci Anatole !

  5. Quelle est belle cette photo ! Qu’il est bon ce récit… Les couvents c’est comme les maisons de retraite, des lieux qui exacerbent les sens ! Ou ai je mis ma canne , moi ?

  6. Quelle est belle cette photo ! Qu’il est bon ce récit… Les couvents c’est comme les maisons de retraite, des lieux qui exacerbent les sens ! Ou ai je mis ma canne , moi ?

    Tudieu ! Il y a aussi une suite a la fille sous le poirier. C’est No ël Père Anatole !

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