Il faut savoir perdre avec le sourire

Il faut savoir perdre avec le sourire

« Ouf… ouf… ouf… »

Emma courait. Elle accompagnait chaque foulée d’une légère expiration, l’air chaud qu’elle exhalait créant des volutes dans le froid glacial. La jeune femme allait entamer son dernier tour de parc, désert à cette heure matinale. Il était 10h, elle allait bientôt devoir rentrer chez elle se doucher, pour ensuite s’habiller convenablement et aller déjeuner chez les parents de son copain. En été, dès 9h du matin, elle croisait nombre de coureurs du dimanche, mais les basses températures de mi-novembre avaient refroidi presque toutes les ardeurs. Pas la sienne. Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il gèle à pierre fendre comme aujourd’hui, elle parcourait chaque dimanche d’un pas décidé les chemins terreux du parc municipal. Cinq fois exactement. Ni plus, ni moins. Bien sûr elle s’autorisait quelques écarts lors de départs en week-end : dans ce cas, elle courait le lundi avant d’aller travailler.

Emma arriva en vue du premier agrès, et fut surprise d’y apercevoir une silhouette en tenue moulante violette. Un autre courageux, mais aux goûts vestimentaires douteux. Sa surprise fut encore plus forte quand elle reconnut l’homme : c’était Zacharie, un de ses collègues ! Elle le connaissait peu, bien qu’ils fussent tous les deux dans la même boîte depuis un peu plus de cinq ans. Il devait avoir vingt-sept ou vingt-huit ans, comme elle. Mais c’était un jeune homme peu bavard, et très souvent dans la lune. Elle ne travaillait jamais avec lui, mais le midi toute l’équipe déjeunait ensemble et parfois ils se retrouvaient face à face. C’était les rares cas où elle entendait le son de sa voix. Ils s’entendaient bien, il était sympathique, et plutôt spirituel en réalité. En revanche, à en juger par la façon dont il se servait de l’agrès censé faire travailler les abdominaux, il était peu doué en sport.

« Tu m’expliques ce que tu es en train de faire ? l’aborda-t-elle.

- Oh ! Emma ! répondit-il, visiblement surpris de la croiser ici. Je ne savais pas que tu habitais dans les parages. Je viens d’emménager moi. »

En parlant, il s’était relevé.

« C’est la première fois que je viens ici et que j’utilise ce… truc, fit-il en faisant un signe évasif de la main vers ce qui lui paraissait être un engin de torture.

- Tu as emménagé avec ta copine ? » demanda nonchalamment Emma.

Elle avait toujours été curieuse.

« Euh non. Tout seul. Je suis célibataire. » répondit Zacharie.

- Je vois. Et c’est pour ça que tu te mets au sport, tu veux être en forme pour aller draguer, le taquina-t-elle.

- Peut-être, répondit-il en souriant.

- Je vais te montrer. »

Joignant le geste à la parole, elle s’allongea, enchaîna trente abdos pour l’impressionner un peu, et se releva.

« À toi !

- Euh, je n’en ferai jamais autant. » dit-il en s’allongeant.

Il réalisa péniblement cinq abdos avant de faire une pause pour souffler.

« Tu te fous de moi là ? lui dit Emma sur un ton moqueur. Tu as à peine forcé ! Allez fais-en dix d’un coup au moins.

- Mais si, j’ai forcé… » se justifia mollement Zacharie.

Il se remit en position, en enchaîna huit, et s’arrêta.

« Fouuuuu. Comment tu fais pour en faire trente ? »

Elle hocha la tête, dépitée.

« Tu es désespérant. Allez ce n’est pas si difficile ! »

Emma essayait de le secouer un peu. Au boulot, tout le monde s’accordait à dire qu’il manquait de vigueur. Sauf son chef qui, connu pour être assez difficile, de façon surprenante ne s’était jamais plaint de son travail. Toutefois, il gagnerait toujours à être moins tête-en-l’air, ne serait-ce que pour draguer les filles.
Zacharie fit cinq nouveaux abdos, et s’arrêta, à bout de souffle.

« J’arrête. C’est trop dur. 

- Bon ok. On court maintenant. Tu as déjà fait un tour de parc ou pas ?

- Non. Je viens d’arriver.

- Parfait, donc t’es en forme. Moi j’en ai fait quatre, c’est mon cinquième. Essaie de le faire plus vite que moi !

- Tu rigoles ? 

- Ben non.

- Je ne le ferai jamais plus vite que toi. Je vais déjà essayer de la faire sans mourir et ce sera très bien. 

- Pffff… »

Soudain, elle eut une idée. Il fallait le secouer, oui ou non ?

« Si tu arrives après moi, je te jure que je te donne une fessée !

- Pardon ? s’étrangla-t-il. Tu fais quoi ?

- Tu as très bien entendu. Je te donne une fessée, ici-même.

- Mais ça va pas ? C’est mort.

- Pourquoi ? Ca va enfin te motiver ?

- Bah non. Déjà je vais perdre, et en plus je vais me prendre une fessée. Merci bien.

- T’as qu’à gagner !

- Et il se passe quoi si je gagne ? »

Emma réfléchit. Pour que ce soit juste, il fallait que le pari soit le même dans les deux sens. Peut-être que la perspective – hautement improbable – de lui coller deux ou trois claques sur le derrière le motiverait.

« Pareil. Si tu gagnes tu me donnes une fessée. Alors, c’est d’accord ? »

Il ne répondit pas tout de suite. Il la dévisagea quelques instants, cherchant sans doute à estimer ses chances de victoire. Puis haussa les épaules.

« Bon d’accord, on essaie. On revient ici-même, c’est ça ?

- C’est ça. Go ?

- Go ! »

A ces mots, il partit aussitôt d’une foulée rapide. Peu impressionnée par son départ "canon", Emma trottina derrière lui pendant une trentaine de secondes, avant de revenir à sa hauteur. Il n’avait pas encore l’air essoufflé. Elle accéléra encore et le dépassa, songeant qu’il en profiterait sûrement pour jeter un œil au prix de son effort – son derrière mis en valeur par son legging noir. Cédant à un désir de provocation, elle fit un rapide sprint pour créer un écart entre eux, puis s’arrêta soudain, se pencha en avant et s’administra elle-même une claque sur la fesse. Puis elle repartit comme si de rien n’était. Elle entendit le jeune homme rire derrière elle. Elle se demanda pourquoi elle avait fait ça. C’était un peu déplacé, surtout vis-à-vis d’un collègue de travail, mais elle en avait eu envie. Vraiment envie.

Après deux minutes à ce rythme modéré, Emma entendait encore le souffle régulier de Zacharie derrière elle. Il lui collait aux fesses, presque au sens propre. Ce n’était pas un souci, l’arrivée était encore loin et elle pouvait maintenir cette allure encore longtemps – et même accélérer si le besoin s’en faisait sentir. Cinq minutes s’écoulèrent sans que la situation ne bouge. Emma menait le train, et Zacharie suivait l’arrière-train. La jeune femme se dit qu’il était temps de porter l’accélération fatale. Mais son adversaire eut la même idée, car il revint soudain à sa hauteur, puis la dépassa. Il avait le visage rouge, mais elle était surprise de voir qu’il semblait avoir encore du souffle. La victoire ne serait pas aussi facile que prévu.

Alors qu’elle allait le rejoindre, il accéléra à nouveau, et elle dut faire un effort pour le suivre. Ses jambes commençaient à tirer – après tout, c’était son cinquième tour déjà. Pensant à la douche qui l’attendait, Emma haussa l’allure à son maximum pour les derniers deux cent mètres. Elle passa devant Zacharie. Mais elle avait surestimé ses capacités, et sentit ses forces s’amenuiser à cinquante mètres de l’agrès. Le souffle du jeune homme continuait à la suivre comme son ombre. Elle imagina les volutes d’air chaud s’agiter juste derrière sa nuque. Elle donna tout pour les derniers mètres, mais Zacharie termina en accélérant à nouveau et lui passant devant juste avant l’arrivée.

Epuisée, elle posa ses mains sur ses genoux. Face à elle, le jeune homme n’en menait pas large non plus, mais leva les bras en signe de victoire. Son t-shirt suivit son mouvement, jusqu’à laisser voir son nombril orné de trois malheureux poils trempés de sueur. Elle trouva cette posture ridicule. Mais il avait gagné.

« Bravo, dit-elle. Je ne pensais pas que tu pourrais encore accélérer.

- Je ne pensais pas non plus, à vrai dire. J’ai tout donné. 
Comme quoi, quand tu te forces un peu… Tu avais raison » dit-il.

Il la regardait avec un grand sourire. Emma savait très bien ce à quoi il pensait : il attendait de toucher son gain. Enervée d’avoir perdu mais bonne joueuse, elle se pencha en avant et posa ses coudes sur les rondins de bois sur lesquels il avait vainement tenté de faire des abdos. Son derrière lui était momentanément offert, et ainsi moulé dans son legging il devait être très désirable.

« Il faut savoir perdre avec le sourire » philosopha-t-elle. Puis elle serra légèrement les poings, attendant l’impact. Mais les claques ne vinrent pas tout de suite. Il savourait son plaisir, devina-t-elle. Se demandait par quelle fesse il allait commencer.

« Allez, donne-moi deux claques qu’on en finisse. » dit-elle.

Soudain la première tomba. Il avait choisi la droite. Il n’avait pas frappé fort, mais la fraîcheur du jour faisait ressortir davantage la douleur. Il enchaîna aussitôt sur la gauche, puis revint sur la droite, puis à nouveau la gauche, puis encore une sur chaque fesse.

Emma se releva. Elle avait largement honoré son pari, six claques c’était plus que prévu. Sans avoir vraiment mal, elle ressentait un certain picotement somme toute assez agréable.

« Allez c’est bon. Il faut que… »

Zacharie lui appliqua fermement la paume de sa main sur le dos, pour la forcer à revenir dans la position de la fessée.

« Hé ! On n’a pas fini, on avait parié une fessée ! Là j’ai à peine mis quelques claques.

- Qu’est-ce que tu racontes ?

- Allez c’est parti ! »

Sans autre annonce, il agrippa la ceinture de son legging d’une main, et tira dessus pour le faire descendre. Ce faisant, il avait aussi mis la main sur son mini-short, qui suivit le même chemin. Elle eut à peine le temps de se rendre compte qu’elle était dorénavant cul nu, que déjà les claques recommençaient. Plus fortes cette fois-ci.

Reprenant ses esprits, elle se débattit et lui cria :

« Arrête tout de suite ! Zacharie ! Stop !

- Chut ! lui intima-t-il. Voyons Emma, on est au milieu d’un parc quand même, il faut éviter que les gens t’entendent. Ils penseront quoi s’ils te voient les fesses à l’air par cinq degrés ?

- Mais… »

Certes il avait raison, mais enfin c’était lui qui lui imposait ça !

« Lâche-moi, laisse-moi me rhabiller ! »

Elle tapa du pied, donna un coup de talon au hasard, tenta de s’opposer à la force de sa main sur son dos, mais rien n’y fit. Son arrière-train continuait à recevoir des claques de plus en plus appuyées.

Soudain, Emma prit conscience de la situation. Il était dix heures du matin, en plein cœur du parc municipal, et ses fesses étaient offertes à la vue de tout le monde. À tout instant quelqu’un pouvait arriver et la contempler dans cette position humiliante. Pour ne rien arranger, les claques retentissaient sur son derrière comme autant de coups de cymbales. Comme un appel à venir assister à un spectacle.
Elle avait mal. La jeune femme avait plutôt bien résisté au début, mais le froid agissait comme une pellicule de glace venant s’agripper à ses fesses, pour être aussitôt frappée par la main allègre de Zacharie. Le résultat était comme une multitude d’aiguilles glacées s’enfonçant dans la partie la plus charnue de son anatomie à chaque claque. Emma commença à ne plus pouvoir retenir ses cris de douleurs :

« Ah… Ah… Arrête… Ah… S’il-te-plaît… Aaah… J’ai mal… 

- D’accord, juste une dernière série. »

Elle grimaça. Elle n’aurait su dire si son derrière était glacé ou brûlant. Le jeune homme se préoccupait peu de cette question thermodynamique et la fessait avec une plus grande intensité encore. Emma entendait son bras fendre l’air avant d’arriver sur son cul tremblant. L’onde de choc se transmettait dans tout son corps. C’était comme une vague brûlante qui traversait son ventre, sa poitrine, son cou, ses joues, et jusqu’au bout de ses oreilles. Elle ne retenait plus ses cris. Ils étaient libérateurs. Par une claque encore plus sonore que toutes les autres sur sa fesse gauche, Zacharie clôtura sa représentation.

« Fiou… je ne sais pas toi, mais je me dis qu’on aurait peut-être dû choisir un autre gage… j’ai vraiment mal à la main là. Enfin, c’est fait ! »

Il se moquait d’elle ? Il venait de mettre son postérieur à l’agonie, et il se plaignait de sa main. Ce garçon était ahurissant. Sans mot dire, il remonta son mini-short et son legging et lui couvrit à nouveau le derrière. Emma sentit la pression sur son dos se relâcher, et elle put se redresser lentement. Elle ne voulait pas brusquer ses muscles crispés par le froid.
Zacharie lui signifia son départ par une dernière claque sur les fesses.

« Allez, c’était sympa de se croiser. A demain au boulot ! »

La jeune femme se retourna, et le vit trottiner vers la sortie, dans son ensemble moulant violet. Elle n’esquissa pas un geste, complètement abasourdie par ce qui venait d’arriver. Son cul lui faisait un mal de chien, mais l’humiliation était encore plus cuisante. Son collègue tête-en-l’air lui avait administré une magistrale fessée déculottée dans un parc public par cinq degrés, et était rentré nonchalamment chez lui en trottinant. Un dimanche matin à 10h. Quelque chose ne tournait pas rond. Mais quoi ?
Merde ! Elle regarda sa montre. Il était plutôt 10h30. Elle devait vite rentrer chez elle pour se changer. Vérifiant qu’il n’y avait personne aux alentours, elle se massa doucement le postérieur tout en marchant. La fessée avait été un supplice. Et maintenant il allait falloir qu’elle reste assise sur son derrière abîmé pendant tout un repas avec la belle-famille…

5 Comments

  1. Très sympa à lire comme récit 😉

  2. Très sympa ton histoire 🙂

  3. Merci. Je vais me lancer sur une suite je pense. 🙂
    D’ailleurs, j’ai décidé d’écrire du point de vue féminin car je trouvais l’histoire plus amusante de ce point de vue, mais c’est un exercice périlleux pour un homme, donc n’hésitez pas à me faire signe si vous trouvez que certaines réactions sonnent faux, ca m’aide. 🙂

  4. J’ai beaucoup aimé, et je trouve que tu t’en sors très bien pour décrire le côté féminin. Bravo 🙂

  5. Bonne joueuse. Bravo jeune fille !

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