Les voies du seigneur

Les voies du seigneur

Les cloches sonnaient la sortie de l’église et c’était le moment que j’appréciais le plus, la rencontre avec les fidèles qui venaient se recueillir et écouter mon sermon du dimanche, on a beau faire vœux d’humilité, j’avais mon petit ego également.

« Bonjour mon Père. »

C’était l’épouse du député, un notable élu depuis une bonne vingtaine d’année.

« Bonjour.

- Je vous présente mon ainée, Élodie.

- Bonjour Mademoiselle. »

Elle me rendit un bonjour un peu intimidé.

« Mon père, j’ai un service à vous demander.

- Faites.

- Élodie fait sa médecine à Paris et il y a trop longtemps qu’elle ne s’est pas confessée, je sais que vous avez beaucoup de demandes mais si vous pouviez, avant qu’elle ne reparte... »

Elle regardait sa fille avec un regard plein de sous-entendus.

« Bien entendu, répondis-je, j’ai une disponibilité demain après midi.

- C’est parfait, bon dimanche mon père. »

Je regardai ces deux femmes s’éloigner et je me fis la réflexion que la façon de s’habiller d’Elodie ne collait pas avec sa timidité supposée.

***

J’étais dans la sacristie quand j’entendis le grincement de la porte de l’église. Je la vis s’avancer dans l’allée centrale, l’air beaucoup moins intimidée que la veille.

Son « Bonjour Monsieur le Curé" avec une voix de petite fille me fit frissonner. Et comment pouvait t’on porter une jupe aussi courte pour aller à confesse ?

« Bonjour Élodie.

- Je ne vous dérange pas ?

- Je t’attendais, viens avec moi. »

Elle me suivit à l’intérieur de la sacristie où se trouvait le confessionnal. C’était un meuble imposant avec un isoloir pour le prêtre et une loge où le ou la pénitent(e) se positionnait à genoux pour exprimer ses pêchés.

Elodie s’installa à genoux sur le petit coussin en velours (une adaptation discutable du XXe siècle) et je pénétrai dans l’espace réservé au confesseur.

« Je t’écoute, ma fille. »

Je la sentis hésitante et la rassurai.

« Tu peux tout me dire, rien ne sortira d’ici.

- Ça fait tellement longtemps. C’est maman qui a insisté pour que je vienne.

- Tu sais tes parents savent ce qui est bon pour toi, et elle a certainement une bonne raison.

- Eh bien depuis que je suis à Paris en fac de médecine…

- Oui ?

- Ce n’est pas facile à dire mais il y a des garçons et mes parents qui sont tellement vieux jeux m’interdisent beaucoup de choses... Le soir quand je suis toute seule dans mon lit, je me caresse.

- Comment es-tu sûre que tu te caresses ? Ce sont certainement des gestes involontaires.

- Même quand je mets la main dans ma petite culotte ? »

Elle ne pouvait pas me voir et c’était heureux car je devais être rouge jusqu’aux oreilles. Cette fille qui m’avouait en confession des énormités...

Que lui dire ?

« Continue.

- Et je me caresse également les seins.

- Tu pourrais essayer de mettre tes mains au dessus de la couverture ainsi tu ne serais pas tentée. »

Qu’est ce que je racontais !

« Et puis il n’y a pas que ça... Quand je vous ai vu hier, eh bien... Eh bien hier soir mes mains ne sont pas restées sur la couverture, comme vous dites !

- Enfin ma fille !

- J’ai bien remarqué comment vous regardiez maman dimanche.

- Ça commence à bien faire Elodie !  Arrête tes insinuations, même sous le secret de la confession ! »

Je commençais sérieusement à m’agacer. Cette jeune femme qui se permettait de dire que je serais tenté par le pêché de chair, moi, un ecclésiastique ! Certes je n’étais pas de bois mais s’entendre dire ça était au dessus de mes forces.

Elle continua.

« Ce soir je vais certainement penser à vous, me dit-elle avec une voix sensuelle à souhait.

- Arrête à présent, tu es diabolique !

- Je suis vilaine non ?

- Tu te moques de moi ? »

Je sortis de l’isoloir précipitamment, hors de moi. Qui était cette jeune femme ? Satan ?

La voir à genoux, penchée en avant dans l’alcôve, sa jupe remontée le long de ses hanches laissant entrevoir le fond de sa culotte me dicta immédiatement la marche à suivre.

Pourquoi eus-je envie subitement de la fesser ? Je ne sais pas mais c’est la première idée qui me vint à la vue de ce démon agenouillé.

Sans prononcer la moindre la parole j’empoignai son bras, la forçant à me suivre jusqu’à une solide chaise. Elle exprima un bredouillement de surprise, ne s’attendant visiblement pas à ce qui allait se produire.

La coucher sur mes genoux fut d’une simplicité (si je puis me permettre) biblique et ce n'était pas les protestations de cette petite dévergondée qui allaient stopper ma main divine.

Sa jupe était si courte que les premières claques arrivèrent directement sur la culotte. Je ne ménageai pas ma peine en claquant avec application ce démoniaque fessier.

« Je vous en prie, s’il vous plait … »

Ma seule réponse fut un déculottage immédiat avec un redoublement de mes coups sur les fesses, comme si la fessée allait permettre d’expulser les mauvaises pensées du corps de cette jeune femme. L’exorcisme par la fessée : je n‘étais certainement pas le premier à expérimenter cette technique.

Je ne sais combien de temps la fessée dura. Élodie ne protestait plus. Son corps, complètement relâché sur mes genoux, d’une légèreté irréelle, me calma. Je retrouvai peu à peu ma sérénité.

Comment cette fille avait-elle pu me mettre dans un état pareil ? J’étais un peu embarrassé et, avec délicatesse, je la relevai. Elle me regarda, les yeux embrumés, mais à ma grande surprise son regard était celui d’une personne qui avait obtenu ce qu’elle voulait.

« Vous pensez que je dois revenir me confesser ? » me dit-t-elle avec un sourire malicieux.

Je m’étais repris et je m’en voulais d’avoir cédé à cette violence. Je la pris dans mes bras pour la réconforter mais je m’entendis répondre...

« Je le pense, oui et ne tarde pas, tu en as vraiment besoin. »

J’étais troublé de prononcer cette phrase mais c’était tellement bon.

Elle remonta sa culotte, tapota sa jupe pour la remettre en place, la faisant tourner comme l’aurait fait une petite fille et, sûre de son effet, me dit :

« Au revoir monsieur le curé... »

La voir partir me soulagea, et en même temps les pensées qui s’associèrent à la vue de cette virevoltante créature n’étaient pas en rapport avec le contrat moral que j’avais signé avec mon bienfaiteur.

Et ce n’était pas ma prochaine confession qui allait arranger cela : j’avais rendez- vous avec la pharmacienne en fin d’après-midi. Cette femme de ma génération, dont je remettais légèrement en cause les motivations religieuses, avait certes depuis longtemps remisé ses mini-jupes, mais elle était loin de me laisser indifférent, surtout avec ses jolies courbes et ses formes voluptueuses...

Ma résistance est vaine, je me livre en aveugle au destin qui m'entraîne.

10 Comments

  1. Très frais ce petit récit 🙂

  2. j’espère que le secret de la confession n’empéchera pas M le curé de nous faire part de celle de la pharmacienne

  3. j’aime beaucoup, merci 🙂

    @monsieurno de quel film vient l’image en haut?

  4. merci @monsieurno 🙂

  5. merci pour vos commentaires 🙂
    @fesseur92
    Ah! oui la pharmacienne, son acte de contrition va être très compliqué !

  6. Tsss…cette si dévergondée Elodie mériterait qu’on l ‘envoie dans une certaine abbaye où il se passe de drôles de choses…Cf mon récit sur la Pauvre petite soeur (auto pub gratuite…!)
    Il n’empêche, ça fait envie de rentrer dedans…je veux dire dans les ordres bien sûr!

  7. Esprit d’escalier…toujours en retard…Les voies du Seigneur sont parait il impénétrables, mais celles des jolies con-fessées….
    Oups désolé….

  8. Jolie confess’ !
    Avec moi, elle aurait fait pénitence après la correction à genoux sur un des prie-dieu en rotin.
    Ça marque bien le rotin sur les genoux et c’est d’un inconfort !
    Oui, je sais, je suis zorib’ !

  9. Un récit diaboliquement divin ! L’image l ‘illustrant est PARFAITE ! Mais je préférerait néanmoins que mes jeunes paroissiennes soient un peu plus innocentes.

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