Fessée chez les politiques

Fessée chez les politiques

Hervé de R. et Barbara P. formaient tous les deux un joli couple bien assorti : comme il faut, vert bobo, équitable, libéral mais social. Ils n’avaient qu’une seule faiblesse : Hervé administrait de sévères fessées à Barbara à la moindre de ses incartades. Comment des jeunes gens si bien élevés et modernes pouvaient se livrer à des pratiques aussi archaïques ? Ils savaient bien que tout cela n’était pas politiquement correct, mais les désirs de l’un et de l’autre n’étaient pas au diapason de leurs idées : elle aimait être punie, il aimait la corriger et rien n’y pouvait changer. Elle frémissait dès qu’il prenait ce ton autoritaire qui annonçait la foudre du justicier. Il s’enorgueillissait de pouvoir ainsi manifester sa virilité. Mais l’époque des retentissantes fessées semblait loin à Barbara, qui y pensait comme d’un paradis perdu.

Un jour qu’il pleuvait des cordes, elle s’ennuyait en regardant la pluie qui ruisselle sur la fenêtre.

« Hervé ne pense plus qu’à la politique et à son nouveau Dieu. Quand revivrai-je les étreintes du début, son ardeur et sa passion ? » pensait-elle, nostalgique, telle une Marguerite songeant à son Faust parti. « Il ne me fesse plus et je ne suis plus heureuse. »

La soirée s’annonçait maussade. Ils avaient invité un couple d’amis, Alexis C. et Clémentine A. du mouvement des Insurgés.

« Quel ennui ! Ils vont parler politique jusqu’à point d’heure. »

Arrive Hervé. Barbara n’a rien acheté pour le diner.

« Et si on mangeait au japonais d’en bas ?

- Impossible, Alexis et Clémentine sont vegan, alors manger des bouts de saumons… »

Ils en sont là de leurs réflexions lorsqu’arrivent les invités.

« Salut les bourgeois ! On va mettre votre tête au bout d’une pique. Ah ah ah.

- Vous devriez, on a rien pour dîner. »

Elle jette une première bouteille à la mer, comme un signal de détresse :

« Oh la la, je crois qu’Hervé va me donner une grosse fessée. »

Elle en rajoute une couche :

« Je n’ai pas été une bonne petite femme qui prépare les bons petits plats à son mari. »

Le ton n’est pas sérieux et ce genre de phrase peut parfaitement passer pour une plaisanterie innocente au regard d’un tiers.

« Tu n’as rien préparé pour ton mari et nos invités ! »

Très bien, Hervé a mordu à l’hameçon, il la teste devant Alexis et Clémentine. Les "insurgés" ne réagissent pas, tout au plus un vague sourire sur les lèvres d’Alexis.

« Hervé est resté très vieux jeu, dit-elle.

- Mais tu sais très bien que toutes les fessées que je te donne sont méritées ! »

Hourra, Barbara est contente, le ton est enjoué, c'est bon signe.

« C’est vrai, je les mérite souvent.

- Tu les mérites toujours ! »

Valentine et Vincent rient, un peu jaune. Si c’est une plaisanterie, elle est un peu longuette. Maintenant Barbara tente le tout pour le tout :

« Regardez ce qu’il utilise quand je ne suis pas sage.

- NOOOOON » crie Hervé en courant vers Barbara qui ouvre le tiroir magique.

Elle en sort.... un martinet ! LE martinet des familles, manche en bois, une douzaine de lanières de cuir attachées par une rondelle de plastique. C’est un modèle acheté dans un bazar de la banlieue, comme on en vendait des tas jusque dans les années 70. C’est Antoinette qui l’avait choisie, sans oser l’acheter, Antoine ayant du le faire, à sa grande honte. Il aurait sans doute préféré faire cela dans une boutique spécialisée.

« Bon ben on va vous laisser, on a un sanglier sur le feu. Amusez-vous bien. »

Sitôt Alexis et Clémentine partis, Hervé et Barbara se regardent d’un air entendu. Barbara a un sourire en coin, Hervé est très sérieux.

« Agnès, je voudrais que tu présentes, en même temps que ton popotin rebondi, tes excuses les plus plates.

- Mais qu’ai-je fais de si mal ?

- Tu m’as présenté au yeux d’Alexis et Clémentine comme un dominant archaïque, patriarcal, violent.

- Et tu ne l’es pas ?

- Tais-toi ! Tu as révélé des pratiques, des goûts et des couleurs que je préférais tenir secrets.

- Quelle importance ?

- Mais tu imagine s’ils en parlent autour d’eux ?!

- Bon je m’excuse.

- On ne s’excuse pas.

- Je vous prie de bien vouloir m’excuser pour mon imprudence, mon indolence, mon impertinence, mon inconscience et…

- Ça va, ça va. Je crois surtout que tu ne comprends que la fessée et ce bon vieux martinet. Bien, nous allons revenir aux fondamentaux que j’ai négligés depuis quelques temps. »

Puis, avec le ton et le rythme d’un adjudant disant « Présentez – Arme » il dit : « Position : fessée déculottée ! »

Barbara se dirige vers une chaise assez haute, se penche en avant, posant son buste et ses bras croisés sur la chaise puis elle tend son postérieur d’un air boudeur. C’est Hervé qui s’occupe du retroussage de la jupe et du déculottage ; à vrai dire c’est ce qu’il préfère.

La fessée commence par une séance de préchauffage : quelques petites tapes sur les fesses histoire de préparer le terrain. Hervé frappe alternativement chacune des deux fesses de Barbara qui reste mutique, pour l’instant. Les tapes deviennent plus fortes, s’accélèrent, Barbara commence à bouger mais Hervé la maintient fermement.

« Passons aux choses sérieuses » dit Hervé, brandissant le martinet.

Barbara tend ses fesses et ses jambes, cambre son dos parcouru de frissons. L’attente est angoissante et très excitante. Elle aimerait qu’il la touche, la caresse, explore son entrejambe qui devient humide. Mais elle sait qu’elle n'y aura pas droit, en tous cas dans un premier temps, et que les seuls contacts qu’elle connaîtra dans un futur proche sont ceux entre ces pauvres fesses et ce vieil instrument ringard et infantilisant. Mais pourquoi le fascine t-elle autant ? Devant lui elle retombe en enfance. Elle adore être aimée et être corrigée à la fois, qu’on s’occupe d’elle.

À l’image de la fessée manuelle, la fessée au martinet commence doucement. Douce mais rapide : Hervé ne tient pas à faire attendre Barbara dans l’angoisse du coup suivant. Les fesses d’Agnès, qu’elle a assez amples, se teintent d’une jolie couleur rosée. Après une dizaine de coups Hervé crée un mouvement quasi-continu de bas en haut et de haut en bas. Le feu roulant des lanières chauffe de plus en plus intensivement le postérieur de Barbara. Elle s’agrippe à la chaise tout en se cambrant encore plus, son derrière relevé au maximum, d’autant plus qu’elle se positionne sur la pointe des pieds, son corps tendu à l’extrême. Elle mord son avant-bras de peur de crier (ce qu’elle pourrait faire d’ailleurs, qui l’entendrait ?)

Hervé s’arrête, contemplant son œuvre : une lune rouge vif avec quelques stries violacées :  il n’y a pas été de main morte ! Il s’approche, caresse la croupe affectueusement, avec deux doigts... qui glissent par monts et par vaux.

Leave a Reply